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26/06/2012

L’affaire Ouattara (1990-1993)

et la crise de l’houphouetisme: De quoi Alassane Ouattara est-il le vrai nom?

22 juin 2012-

 «Tels furent les derniers soins du Roi, telles les dernières actions de sa prévoyance, tels les derniers coups de sa puissance, ou plutôt de sa déplorable faiblesse, et des suites honteuses de sa vie : état bien misérable, qui abandonnait son successeur et son royaume à l’ambition à découvert et sans bornes de qui n’aurait jamais dû y être seulement connu, et qui exposait l’Etat aux divisions les plus funestes, (…). Voilà au moins de quoi la mémoire du Roi ne peut être lavée devant Dieu ni devant les hommes. » Duc de Saint Simon.

« Notre combat n’a rien à voir avec lui puisqu’il n’a pas suffisamment de courage pour dire que notre combat est juste. »

clip_image001[2][2]7 décembre 1993 – 11 avril 2011. Pas moins de dix-huit ans, dont dix ou onze de guerre civile ouverte ou larvée, auront donc été nécessaires à Alassane Ouattara pour recueillir les fruits de son coup d’état du 7 décembre 1993. Encore n’est-il arrivé à ses fins qu’avec la complicité – pas vraiment volontaire sans doute – de celui contre qui il avait joué ce jour-là ; et grâce aussi à l’appui massif des moyens aériens conjoints de la France et de l’Onu…

Mais, le plus remarquable, c’est que tout au long de cette aventure à suspense, ce sont toujours d’autres gens qui allèrent au charbon, ou qui tirèrent les marrons du feu, pendant que l’intéressé lui-même « épiait son destin à l’abri des palissades », attendant pour apparaître que tout danger fût écarté. Ce qui lui attira, en 2002, cette remarque perfide de Guillaume Soro à qui on demandait si son mouvement avait des rapports avec Ouattara : « Notre combat n’a rien à voir avec lui puisqu’il n’a pas suffisamment de courage pour dire que notre combat est juste. » (Afrique express N° 257, 17 octobre 2002). Ainsi en fut-il jusqu’au 11 avril 2011 inclus, où, aux dires de l’ambassadeur Jean-Marc Simon pour une fois digne de foi, il ne dut sa victoire qu’à l’ingérence massive des troupes françaises sur l’ordre de son ami Nicolas Sarkozy : « Quand les Frci ont tenté de s’approcher de la résidence de Laurent Gbagbo, elles se sont heurtées à une résistance extrêmement forte parce qu’il y avait des mouvements absolument démentiels autour de la résidence et sur tous les carrefours de Cocody, si bien que les FRCI se sont retrouvées en difficultés. Au petit matin, elles ne parvenaient pas à franchir les lignes après avoir essuyé de nombreuses pertes en matériel, mais aussi en vies humaines. C’est donc à ce moment là que des décisions ont été prises d’en finir avec cette tragédie qui menait le pays vers une véritable guerre civile. Et donc l’intervention de la force Licorne s’est faite à ce moment-là pour ouvrir les axes et permettre aux FRCI d’avancer vers la résidence de Cocody. Et donc l’ordre a été donné de déployer la forces Licorne dans Cocody » (Rfi 11 avril 2012).

Soit dit en passant, voilà qui devrait clore définitivement le débat sur le point de savoir qui, de la France et de ses « tirailleurs sénégalais » rebaptisés Frci, a capturé Laurent Gbagbo et ses compagnons.

« Ouattara, c’est la dernière chance pour la Côte d’Ivoire, me disait-on alors au siège du FMI. »

Le premier de ces défricheurs fut Houphouët lui-même, avec dans les reins, détail important, l’épée des « instances financières internationales » représentées en l’occurrence par le directeur général du Fmi… « J’étais à la résidence du chef de l’État, le mercredi 23 mai 1990, dans la salle attenante au grand salon où se tenait le conseil des ministres. Ouattara y présentait ce qui allait devenir, pour la presse, le plan Ouattara. Il avait obtenu des bailleurs de fonds de ne pas procéder à une réduction globale des salaires (ce qui du même coup calmait la rue où les manifestations des syndicats s’étaient multipliées). C’était la fin d’un plan d’austérité mal négocié par le gouvernement et la mise en œuvre, au 1er juin 1990, d’un plan de rigueur. Ouattara, c’est la dernière chance pour la Côte d’Ivoire, me disait-on alors au siège du FMI. Il faut qu’il réussisse. Il a la bénédiction du Fonds. Tout ce que l’on espère, c’est qu’il n’y ait pas de problèmes politiques qui viennent se mettre en travers de ses efforts » (Michel Camdessus, cité par Jean-Pierre Béjot, La Dépêche diplomatique 14 juillet 2003).

Le deuxième fut Georges Kobina Djéni, dit Djéni Kobina, le fondateur visible du Rassemblement des républicains (Rdr). En fait, Djéni n’était pas un homme seul et peut-être même n’était-il que le prête-nom d’une nébuleuse comprenant des personnages bien plus considérables que lui, tels Philippe Yacé et Marcel Jacques Gross. Yacé, qui ruminait depuis 1980 son dépit d’avoir perdu au profit de Bédié ses espérances de succéder à Houphouët, croyait tenir enfin l’occasion de sa revanche. Gross était la doublure de Yacé, son Guy Nairay si vous voulez, depuis plus de vingt-cinq ans (Voir La Lettre du Continent n° 397 du 04 janvier 2001). En 1994, lors de la scission du Pdci ayant donné naissance au Rassemblement des républicains, M.J. Gross était l’un des pères fondateurs de ce parti. Depuis 1999, avec le titre de Directeur de cabinet associé [il est mentionné sous ce titre, mais sans son nom, dans un discours de Ouattara (lepatriote.ci 09 janvier 2002) – mais en se gardant bien d’y apparaître au grand jour –, il forme dans l’ombre du président du Rdr une sorte de tandem avec Marcel Amon Tanoh, un neveu de Philippe Yacé, aujourd’hui Directeur de cabinet en titre d’A. Ouattara, mais qui semble n’être que le masque de Gross. Il est à noter toutefois que, dans la dernière mouture de l’organigramme du RDR visible sur le site de ce parti, le nom et le titre de J.-M. Gross ont disparu sans qu’on puisse en savoir le pourquoi. Peut-être l’homme a-t-il changé de râtelier… Si on en croit Jeune Afrique (17 septembre 2010), « Pour préparer la campagne présidentielle, Laurent Gbagbo a fait appel au groupe de communication Euro RSCG. […]. Cette cellule de cinq personnes sera dirigée par Marcel Gross, directeur associé de la société, qui connaît bien la Côte d’Ivoire […]. Gross et son équipe sont déjà sur place. Ils interviendront en tant que conseillers techniques en matière de communication politique, d’organisation d’événements et de promotion de l’image du candidat. » Vous avez dit cheval de Troie ?… C’est effectivement la toute première image qui se présente à l’esprit quand on voit comment l’opinion fut littéralement bombardée de sondages hyper favorables à Laurent Gbagbo, qui ne pouvaient qu’endormir la vigilance de ses partisans tandis que se concoctait dans l’ombre le coup d’Etat électoral destiné à porter Ouattara au pouvoir.

clip_image002[2][2]Lamine Diabaté, un ancien ministre d’Etat, fut le troisième à donner son coup de pouce à Ouattara avec son fameux discours d’Odienné en 1995, où, après leur avoir dit que le Pdci les avait trahis et les méprisait, il appela ses « parents Malinké » à reprendre leurs fusils pour parachever la conquête de cette terre que leurs ancêtres avaient commencée sous la conduite des colonisateurs français : « Ils ont organisé une campagne de dénigrement : ils ont injurié Alassane, son père, sa mère et nous. Mais ils ne nous connaissent pas. Parce que c’est avec des fusils et des balles que nos grands-parents ont conquis cette terre. Ils ne nous font pas peur ». C’est un épisode sur lequel les partisans de Ouattara, dont beaucoup appartiennent au Pdci, observent une discrétion qui n’a d’égale que la rouerie avec laquelle Lamine Diabaté excitait ses « frères » contre Bédié.

L’entrée en scène du nouvel homme providentiel

Pour la période qui nous intéresse (1990-1993), c’est Houphouët qui joua le rôle décisif. Après le chahut dont il fit l’objet début mars 1990, il avait perdu tout son crédit auprès de ses soutiens habituels, qui songèrent même alors à l’écarter du pouvoir, estimant son maintient dangereux pour l’avenir de son régime : « Les partenaires étrangers de la Côte d’Ivoire pressent avec une insistance croissante le président Mitterrand d’intervenir auprès du Vieux pour le convaincre de prendre sa retraite. Le pape Jean-Paul II lui a également suggéré de suivre l’exemple de son autre modèle, George Washington : prendre du recul, se retirer à Yamoussoukro et ne plus “intervenir dans les affaires de l’Etat que comme dernier recours”. » (Siradiou Diallo, Jeune Afrique Plus N°2, septembre-octobre 1989). Mais, devant la difficulté de le remplacer dans le rôle « d’homme de la France » où il avait tant excellé, on préféra lui procurer les moyens – financiers et sécuritaires – de se maintenir sur son trône, tout en le poussant vigoureusement à céder une part substantielle de ses immenses pouvoirs à un Premier ministre, qui serait aussi le véritable chef du gouvernement. Pour des raisons évidentes, vu le contexte politique et social, ce Premier ministre ne pouvait pas être l’un des agents français qui, tel Antoine Césaréo, le bâtisseur de basiliques, en faisaient déjà fonction sans en avoir le titre.

Pour autant, et conformément à une pratique à laquelle Houphouët n’avait jamais dérogé en 30 ans de règne, il n’était pas non plus question de prendre le titulaire de la nouvelle charge parmi les hommes politiques ou les hauts fonctionnaires ivoiriens proprement dit. Au demeurant, les plus dévoués à Houphouët et à son système étaient discrédités autant que lui-même, et on ne pouvait pas être assuré d’une fidélité sans faille de la part des tièdes. Quant à choisir quelqu’un qui avait été noté à un moment de sa vie comme contestataire, c’était totalement exclu. Aussi bien, le but n’était pas de réformer le système comme tous les Ivoiriens le souhaitaient, mais seulement de le maintenir à flot jusqu’à ce que l’accalmie ayant succédé à la tempête, il puisse continuer tel qu’il avait toujours fonctionné depuis 1963. Le choix se porta sur Alassane Ouattara. « Le président [Houphouët] se résolut finalement à nommer Alassane Ouattara comme Premier ministre. Les raisons de ce choix furent multiples, la compétence de ce dernier se doublant d’une vraisemblable intrigue de sérail. Cette nomination tenait aussi au fait que la nationalité de M. Ouattara, élément qui indifférait à Houphouët, ne lui permettait pas d’intervenir dans la succession organisée par l’article 11 de la constitution, qui désignait le président de l’Assemblée Nationale » (Dutheil de la Rochère, Marchés tropicaux, 5 janvier 2001).

Gouverneur de la Bceao, un poste traditionnellement réservé à la Côte d’Ivoire, Ouattara était l’élu idéal : il était « Ivoirien », mais il n’avait jamais été mêlé à l’histoire politique compliquée de « son » pays. Pour mémoire, notons que pour le poste de gouverneur de la Bceao, Ouattara avait déjà été préféré à un « Ivoirien de souche », qui le prit si mal que le fidèle Alliali dut s’entremettre pour éviter le pire : « A la mort du gouverneur de la Beceao Abdoulaye Fadiga, le choix d’Houphouët-Boigny s’est porté sur Alassane Ouattara pour lui succéder. Un autre cadre ivoirien de l’institution ayant longtemps travaillé avec Fadiga, Charles Konan Banny, pouvait lui aussi prétendre aux fonctions de gouverneur. En tant que leur aîné et ancien administrateur de la banque centrale j’ai reçu ensemble Alassane Ouattara et Charles Konan Banny et leur ai prodigué d’utiles conseils pour une collaboration franche et amicale. » (Disciple d’Houphouët-Boigny ; p. 115)

L’entrée en scène du nouvel homme providentiel se fit en deux temps. D’abord, il fut seulement appelé pour une tâche ponctuelle limitée dans le temps, avec un statut quelque peu bizarre sans doute, mais, bah ! qui eût songé à s’en formaliser du moment que son travail devait bénéficier au pays ?

Le 18 avril 1990, un mois après l’abandon du plan d’austérité de Moïse Koumoué Koffi sous la pression de la rue, un décret du président de la République créait un comité interministériel de coordination et de relance économique (Cicpsre). A la surprise générale, le gouverneur de la Bceao était chargé de la présidence de ce comité. Il n’était pas membre du gouvernement, mais le gouvernement se trouvait de facto placé sous son autorité. Dans son livre de souvenirs, Camille Alliali raconte sa propre surprise et comment il tenta, en vain, de mettre son patron en garde contre une telle innovation : « Je lui ai fait observer qu’il n’était pas habituel qu’une personnalité qui n’était pas membre du gouvernement puisse être nommée à la tête d’un comité composé de ministres. Il a perçu la difficulté et m’a fait savoir qu’il m’enverrait le secrétaire général du gouvernement pour qu’ensemble nous trouvions la forme à donner à cette mission. Je n’ai vu arriver ni le secrétaire général du gouvernement ni autre collaborateur du président… » (Disciple d’Houphouët-Boigny ; p. 114).

Voilà donc Ouattara installé pour cent jours, le temps de tester la vigueur d’éventuels réflexes nationalistes résiduels ayant pu échapper au savant travail de dépossession des Ivoiriens de leurs droits civiques auquel Houphouët s’employa avec zèle tout au long de ses quarante ans d’hégémonie. Pas de réactions de rejet perceptibles mais, au contraire, jusqu’à des leaders de l’opposition prétendument radicale qui faisaient antichambre chez lui ! C’est qu’alors aucun ivoirien n’imaginait qu’il faudrait bientôt compter ce nouveau venu, ce venu d’ailleurs, parmi les candidats à la succession d’Houphouët ni, a fortiori, qu’il s’imposerait si facilement comme le favori de l’épreuve !

Le 7 novembre, un autre décret nommait pour de bon Alassane Ouattara Premier ministre, chef du gouvernement. Entre temps, toujours par la seule volonté d’Houphouët, il avait été élevé au rang de deuxième personnage du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) auquel il n’avait jamais appartenu.

Comme un contre-feu destiné à parer à toutes les surprises pouvant émaner soit d’un parlement ingouvernable, soit d’un Pdci devenu imprévisible

Entre le 18 avril et le 7 novembre 1990, la situation intérieure avait subi de profondes modifications. D’une part, fin avril 1990, l’opinion avait imposé au pouvoir les libertés d’opinion, d’expression et d’association, et plusieurs partis politiques indépendants s’étaient déclarés. Début octobre, faute de pouvoir départager les nombreux prétendants en lice, le congrès de l’ancien parti unique s’était séparé sans pourvoir au poste de secrétaire général nouvellement rétabli. En outre, de lourdes incertitudes pesaient sur les résultats des élections législatives annoncées pour la fin novembre. Une cuisante défaite de l’ancien parti unique n’était pas impossible. Les estimations les plus optimistes donnaient en effet pour certaine une entrée massive de l’opposition au parlement avec pour conséquence la transformation de ce qui n’était jusqu’alors qu’une simple chambre d’enregistrement, en un vrai parlement. Menace d’autant plus réelle que, depuis la perte de son monopole, l’ancien parti unique connaissait une grave crise d’identité.

Enfin, l’agitation politique et sociale se poursuivait. D’autre part, peu à peu et de manière pour ainsi dire furtive, grâce à ses traditionnels appuis extérieurs, Houphouët avait repris la main. Le 28 octobre, il avait été reconduit par 2.993.806 voix contre 548.441 voix à son unique challenger, Laurent Gbagbo, le candidat du Front populaire ivoirien (Fpi) soutenu par les autres partis de l’opposition radicale. Pour autant, tout n’était pas encore gagné pour le triomphateur de ce scrutin arrangé. Après l’échec du 9e congrès de l’ancien parti unique, les assises de rattrapage prévues début 1991 ne s’annonçaient pas sous les meilleurs auspices. Notamment, il n’était pas sûr qu’à l’issue de ce congrès extraordinaire, le Pdci continuerait d’être l’instrument docile qu’il était depuis les purges de 1963-1964. Dans de telles conditions, l’élévation de Ouattara et son prépositionnement dans ces deux postes clés peuvent être interprétés comme un contre-feu destiné à parer à toutes les surprises pouvant émaner soit d’un parlement ingouvernable, soit d’un Pdci devenu imprévisible.

Par précaution, Houphouët avait dissous unilatéralement tous les organes statutaires du Pdci avant le congrès. « Au regard de la tension qui montait au Pdci à la veille du congrès ordinaire de ce parti en 1990 et face à une fronde sociale et à l’opposition difficilement maîtrisable, le président Houphouët-Boigny a décidé de reporter le congrès [et de dissoudre] toutes les instances et tous les organes du parti. Il n’y avait donc aucun démembrement du parti et aucun débat n’avait plus lieu en son sein. Tout revenait au nouveau collaborateur qui était à l’époque Alassane Ouattara. Même la question du parti était entre les mains de cet individu que nous ne connaissions vraiment pas exactement. (…). Devenu plus fort que nous, il n’écoutait plus personne et faisait ce qui lui paraissait bon. Face à de telles dérives, nous avons constitué un groupe de cadres du parti pour prendre nos responsabilités en tant qu’anciens. » (Laurent Fologo, Le Temps 19 février 2008). Dissoudre l’appareil du Pdci c’était, d’une part, réduire à l’impuissance ceux qui auraient pu être tentés de s’opposer à la fulgurante ascension de Ouattara en se prévalant des statuts et du règlement intérieur de ce parti et, d’autre part, d’assurer à celui-ci, si l’entreprise était couronnée de succès, une liberté d’action aussi étendue que celle dont il jouissait lui-même. En un mot, c’était garantir la continuité assurée du système houphouéto-foccartien. Ainsi quand le joueur à bout de ressources veut quand même rester dans la partie, il sort son joker…

« Du point de vue d’Houphouët-Boigny, la distinction entre “étrangers” et “nationaux” n’avait pour ainsi dire légalement pas d’objet. »

Quoique, en principe, Ouattara ne fût pas d’abord destiné à jouer le même rôle que les inamovibles Guy Nairay et Alain Belkiri ou le très mystérieux représentant personnel Ghoulem Berrah ou encore l’entreprenant Antoine Césaréo, il fit son entrée dans le système de la même façon qu’eux, c’est-à-dire par la porte dérobée des secrets et du bon vouloir de l’autocrate. Cette fois cependant, le procédé souleva une sourde réprobation au sein même du Pdci. Le recours à Ouattara ne pouvait pas être justifié par les mêmes raisons (l’absence de cadres compétents parmi les nationaux) qui avaient servi en leur temps pour justifier le recrutement de tous ces Français qui peuplaient les bureaux de la présidence… En 1990, la Côte d’Ivoire regorgeait de diplômés dont plusieurs dizaines sans doute étaient aptes à ce travail. Mais cette nomination était le gage de la bienveillance des bailleurs de fonds. D’autre part, il ne s’agissait pas simplement d’introduire Ouattara dans l’entourage du chef de l’Etat ; en le plaçant motu proprio au-dessus des plus hauts dirigeants du Pdci, Houphouët l’installait au centre de la scène où les Ivoiriens jouaient à… « faire la politique ». Les Ivoiriens pouvaient tolérer bien de choses, mais pas qu’on empiète sur leur terrain de jeu !

Rappelez-vous la scène entre Banny et Berrah… Aussi, contre son habitude, Houphouët dut justifier son choix : « J’ai fait venir auprès de moi un jeune compatriote, parce que beaucoup d’entre vous ne le connaissent pas, et on parle déjà d’un étranger, Alassane Ouattara. C’est un originaire de la grande métropole d’alors, Kong. Vous savez, la guerre de Samory n’a pas épargné cette grande cité dont les chefs précisément étaient les Ouattara. On a sauvé les chefs. Mais la ville a été détruite. Et les uns sont allés vers Bobo-Dioulasso, d’autre vers le Ghana et certains vers chez nous. Alassane Ouattara, le gouverneur Ouattara est de ceux qui sont d’ici, chez nous. Sa mère est d’Odienné. Il a des frères députés, on ne les traite pas d’étrangers ; l’un de ses cousins a travaillé pendant huit ans avec moi à la Cedeao, à Lagos, on ne l’a pas taxé d’étranger… Ce sont des gens de l’opposition qui inventent tout cela » (Le Patriote 09 mai 2001). L’ironie de l’histoire, c’est qu’il dut aussi expliquer aux gens de Kong que ce Ouattara était bien un des leurs ! Ce qu’il fit par le truchement de son fidèle Balla Kéita, qui semble s’être acquitté de cette mission sans trop de conviction : « Lorsque le président Houphouët m’a demandé d’aller à Kong, il m’a dit ceci : “Il faut que tu ailles dire aux gens de Kong que son père est de cette région et sa mère de Gbélégban.” » (Le Jour 04 août 1999).

Les partisans de Ouattara à l’étranger soutenaient que la preuve que leur champion était un authentique Ivoirien, c’est que Houphouët l’avait appelé pour diriger son gouvernement. C’est l’argument développé par un certain Seyni Loum, se disant avocat de Ouattara : « Quand on regarde le cursus d’Alassane Ouattara, on ne peut pas contester son ivoirité et surtout un élément fondamental, le président Félix Houphouët-Boigny qui est un homme d’Etat à la dimension de l’Afrique et du monde, a choisi un homme comme lui pour être Premier ministre à un moment dur de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Qu’on puisse contester l’ivoirité d’un homme à qui il livrait les secrets d’État, à qui il a transféré des pouvoirs présidentiels par intérim me semble étonnant. » (Africa International N° 329, novembre 1999). Drôle d’avocat ! Ce n’est pas un plaidoyer, c’est un vrai réquisitoire !

Souvenez-vous de la remarque de l’ancien ambassadeur Dutheil de la Rochère à ce propos, d’ailleurs confirmée par un mot d’Houphouët lui-même au sujet de la paire Nairay-Belkiri, que son mentor Jacques Foccart cite avec gourmandise dans son livre d’entretien avec Philippe Gaillard : « Ces Français me sont utiles. Si j’avais un directeur de cabinet et un secrétaire général ivoiriens, je serais colonisé par les Baoulés ou par d’autres. » (Foccart parle 1 ; pp. 223-224). Enfin, il suffit de rappeler que les deux personnages les plus importants de l’équipe Ouattara après lui-même, le Directeur et le Directeur adjoint de cabinet du Premier ministre, étaient respectivement le Guinéen Sydia Touré et le Béninois Pascal Koupaki, pour que la véritable signification de sa nomination saute aux yeux. Longtemps réputé natif de Dimbokro, en Côte d’Ivoire – comme Ouattara ! –, Sydia Touré devait être parachuté en 1996 Premier ministre de sa vraie patrie. Et c’est seulement alors qu’on découvrit qu’en réalité il était né en Guinée. Cette même année, Pascal Koupaki fut, lui aussi, appelé à de hautes fonctions dans sa vraie patrie.

Peut-être Alassane Ouattara est-il vraiment né à Dimbokro… Reste que c’est en Haute Volta, actuel Burkina Faso, où son père était à la tête d’une chefferie, qu’il fit toutes ses études primaires et secondaires ; que c’est comme ressortissant de ce même pays qu’il bénéficia d’une bourse des Etats-Unis pour y poursuivre des études supérieures ; enfin, que c’est toujours en tant que Burkinabé qu’il fut recruté au Fmi comme directeur Afrique après avoir été le vice-gouverneur de la Bceao au même titre.

Un autre argument des tenants de l’ivoirité de Ouattara, c’est que l’un de ses frères fut longtemps député à l’Assemblée nationale ivoirienne : « Il a, disait Houphouët, des frères députés, on ne les traite pas d’étrangers ; l’un de ses cousins a travaillé pendant huit ans avec moi à la Cedeao, à Lagos, on ne l’a pas taxé d’étranger ». C’est encore un de ces arguments qui prouvent le contraire de ce qu’on aimerait leur faire dire. Ecoutons encore C. Alliali : « [Alassane Ouattara] ne m’était pas inconnu. Je l’ai rencontré pour la première fois alors que j’étais ministre d’Etat. (…). Il s’est présenté à moi comme étant le jeune frère de Gaoussou Ouattara, que je connaissais comme militant du Pdci-Rda proche de Ouezzin Coulibaly pendant la période de lutte anticoloniale. » (Disciple d’Houphouët-Boigny, p.115). Cette anecdote confirme que ces Ouattara-là étaient bien des Voltaïques, sinon depuis la séparation de la Haute Volta et de la Côte d’Ivoire en 1947, du moins depuis que Ouezzin Coulibaly en était devenu le vice-président du conseil de gouvernement en 1956.

Si Ouezzin Coulibaly n’était pas mort prémaurémént en 1958, Gaoussou Ouattara aurait très certainement poursuivi sa carrière politique à ses côtés, en Haute Volta, et il ne serait jamais devenu député ivoirien. Il y a aussi une anecdote de Bédié qui va dans le même sens : « Gaoussou Ouattara sait bien qu’il est venu me recommander son jeune frère alors que j’étais ambassadeur à Washington. Alassane Ouattara commençait ses études à l’Université de Philadelphie. Il bénéficiait d’une bourse américaine qu’il avait obtenue en tant que citoyen de la Haute-Volta, le premier nom du Burkina-faso. » (Fraternité Matin 17-18 juillet 1999)

Après la mort d’Abdoulaye Fadiga, Ouattara devint le gouverneur de la Bceao, une fonction traditionnellement réservée à la Côte d’Ivoire. Mais, sous Houphouët, « réservée à la Côte d’Ivoire » ne voulait surtout pas dire « réservée aux seuls citoyens ivoiriens »… Je ne résiste pas au plaisir de citer à ce propos la thèse ridiculement alambiquée, mais très plausible néanmoins, d’un célèbre ivoirologue : « [Si F. Houphouët-Boigny] fut sans conteste partisan de la balkanisation des Etats africains (…), son nationalisme s’accorda avec l’idée que le territoire ivoirien devait être le pôle d’attraction des populations africaines voisines, et que le peuple qui le constituait devait se réinventer au gré de ce nécessaire cosmopolitisme. (…) dans la mesure où, du point de vue d’Houphouët-Boigny, le peuple n’était pas véritablement souverain et qu’il lui appartenait au contraire de le façonner à sa manière, la question (…) de la distinction entre “étrangers” et “nationaux” n’avait pour ainsi dire légalement pas d’objet. » (Jean-Pierre Dozon, Politique africaine n° 78, juin 2000). Dans de telles conditions, il y avait fort peu de chances qu’Ouattara fût le choix d’Houphouët s’il avait eu plus d’attaches avec la Côte d’ Ivoire profonde que Sydia Touré, Pascal Koupaki, Ghoulem Berrah, Alain Belkiri, Guy Nairay ou Antoine Césaréo.

« Nous l’avons choisi en raison de la place qu’il occupe dans le cœur, dans la raison de ceux qui ont eu, à l’étranger, à travailler avec lui.»

La manière un peu cavalière dont il fut associé aux immenses pouvoirs d’Houphouët ne suffit pas pour expliquer comment ni pourquoi Ouattara s’est cru tout désigné pour les exercer à titre personnel lorsque celui-ci disparaîtrait ? Avant d’accepter de venir présider le Cicpsre, il avait négocié, et obtenu, la possibilité d’un éventuel retour à la Bceao au cas où Houphouët eût mis prématurément fin à sa mission. Ses émoluments de gouverneur de la banque centrale continuèrent à lui être versés tout le temps qu’il fut Premier ministre (La dépêche diplomatique, 14 juillet 2003). Après son installation dans cette fonction, il resta longtemps sans nourrir d’ambitions particulières – ouvertement du moins. On sait, par exemple, qu’il menaça à plusieurs reprises de démissionner.

Il ne changea de posture qu’après son mariage avec la veuve Folloroux, qui avait, comme on sait, la haute main sur tous les biens immobiliers d’Houphouët, et dont un chroniqueur dira en 1993 : « Elle est lucide sur le plan politique et sait ce qu’elle veut pour elle et pour son mari. » (Jeune Afrique économique N° 173, novembre 1993). Ce mariage semble avoir agi sur Alassane Ouattara comme une sorte de potion magique qui lui assurait un avantage décisif sur Henri Konan Bédié, alors président de l’Assemblée nationale et, en cette qualité, dauphin constitutionnel. Celui qui, lors de son arrivée à la tête du Cicpsre donnait parfois l’impression de marcher sur des œufs, devint soudain ce chevalier sans peur qui osait déclarer publiquement son envie d’être président de la République de Côte d’Ivoire, et sa ferme volonté de renverser la constitution et les lois, s’il fallait absolument en passer par là pour réaliser son rêve. C’était le 1er octobre 1992, à la télévision, une question banale :

Cela vous dirait-il d’être candidat lors de l’élection présidentielle prévue en 1995 ?

– Pourquoi pas ?

Et voilà comment tout a commencé. Jusqu’alors, « les élus Pdci se gardaient bien d’attaquer Alassane Ouattara sur sa politique. « II était alors considéré comme l’homme du Président. Il leur inspirait de la crainte. Les bouches se sont ouvertes quand le Premier ministre a indiqué lors d’un débat télévisé, le 1er octobre [1992], qu’il n’excluait pas de se présenter à l’élection présidentielle de 1995. » (Francis Wodié, cité par Stéphane Dupont, Jeune Afrique économique avril 1993).

En fait les élus Pdci auraient dû découvrir le pot aux roses bien avant cette scène télévisée s’ils lisaient la presse afro-parisienne. Dès les premiers jours de l’année 1992, la mise sur orbite de Ouattara avait commencé par le truchement de certains journalistes bien connus pour leur tropisme françafricain. « (…) Pressé par les uns et par les autres, écrit par exemple Ziad Limam, le chef de l’Etat ira plus loin. Sacrifiant, les uns après les autres, certains de ses anciens lieutenants, il cédera à un Premier ministre flambant neuf, Alassane Ouattara, ancien fonctionnaire au FMI, ex-gouverneur de la BCEAO, qui prenait le contrôle des caisses de l’Etat, la quasi-totalité de ses pouvoirs économiques et financiers. En Afrique, ce genre de mesure est plus que symbolique. C’est un passage de témoin. » Et il poursuit : « (…) quand Houphouët quittera-t-il le pouvoir ? (…) Alassane Ouattara peut-il lui succéder ? Personne ne connaît réellement les intentions des deux hommes. Mais leurs destins sont désormais liés. Pour durer, le Président a besoin de son Premier ministre. Et plus longtemps le chef de l’Etat restera en place, plus le « PM » pourra s’installer au cœur de la vie politique ivoirienne… » (Jeune Afrique 9-16 janvier 1992).

Ainsi, tandis qu’en Côte d’Ivoire même Ouattara était encore le seul à soutenir publiquement sa propre candidature, à l’étranger au contraire – et notamment en France, mais aussi au Sénégal et au Gabon –, il était déjà perçu comme le futur successeur rêvé d’Houphouët. Vers la même époque, un propos d’Houphouët vient corroborer ce constat : « M. Ouattara (…) a fait ses preuves pendant la période difficile que nous avons connue en 1990, dans une commission provisoire qu’il présidait et qui était chargée d’assainir la situation économique et financière du pays. Nous l’avons choisi en raison de la place qu’il occupe dans le cœur, dans la raison de ceux qui ont eu, à l’étranger, à travailler avec lui. » (Fraternité Matin 09 décembre 1991). Dans la bouche du vieux fantoche qui sait sa fin proche, et qui semble enfin résigné à l’idée de perdre aussi le pouvoir, cette parole revêt une importance particulière. Confessant que ce Premier ministre n’était pas son choix, mais le choix de l’étranger, Houphouët nous dit d’une certaine manière de quoi Alassane Ouattara est le vrai nom.

Marcel Amondji

Source : Cercle Victor Biaka Boda

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13:10 Écrit par Shlomit dans Houphouët-Boigny, Ouattara | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

15/07/2011

Pour mémoire

Côte d’ivoire: Les révélations troublantes et explosives de Jean-François Probst.

 

L’ancien bras droit de Jacques Chirac était l’invité de Yannick Urrien mardi 21 décembre 2010 à 8h10 sur Kernews. Lisez et écoutez plutôt…

 

Jean-François Probst, l’ancien bras droit de Jacques Chirac, est un éminent spécialiste de l’Afrique. Après une carrière politique extrêmement riche (il a notamment été conseiller de Jérôme Monod au RPR, secrétaire général du groupe RPR au Sénat, conseiller d’Alain Juppé et directeur de la communication de la Mairie de Paris pour Jean Tibéri), il est aujourd’hui consultant international en communication et conseille des chefs d’entreprise, des politiques et des chefs d’État africains. Il était l’invité de Yannick Urrien mardi 21 décembre à 8h10 sur Kernews.

 

Nous publions quelques extraits de l’entretien avec Jean-François Probst. Ce script ne constitue pas l’intégralité de l’entretien sonore: compte tenu de la longueur de l’entretien, nous avons du trier, de notre point de vue, les citations les plus marquantes de M. Probst.

 

Kernews : Pour quelles raisons le gaulliste que vous êtes estime-t-il que nos compatriotes, particulièrement ceux qui sont attachés aux souverainetés nationales, doivent sintéresser aux événements de Côte dIvoire qui, selon vous, marqueront lhistoire de lAfrique ?

 

Jean-François Probst : Pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui, il faut se reporter à la fin de la IVème République. Les socialistes n’arrivaient pas se dépêtrer des affaires coloniales et c’est là que le général De Gaulle a joué un coup majeur, pour l’intérêt supérieur de la France et des Africains : il a octroyé par référendum à chaque pays la possibilité de devenir indépendant et souverain. La base de l’indépendance nationale lorsque l’on est gaulliste, c’est le 18 juin 1940. C’est le refus de l’occupant, c’est le refus de la collaboration avec l’ennemi, c’est la capacité, malgré la difficulté, à résister. En Côte d’Ivoire, la flamme d’une résistance générale, contre les colonisateurs, les anciens colonisateurs ou les nouveaux colonisateurs que sont les États-Unis, la Chine ou l’Inde, cela existe.

 

Dans le monde entier, des centaines de milliers de jeunes gens s’informent et voient bien qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Ce qui ne fonctionne pas, c’est un point très cher à la doctrine du général De Gaulle : l’organisation des Nations Unies, «le machin» comme l’appelait le général. C’est une organisation qui n’a pas lieu de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays pour régler ou annoncer les choses à sa manière. Dans ce qui se passe, la responsabilité de l’ONU est patente. Les Nations Unies ne font pas respecter leurs résolutions de manière générale, que ce soit en Israël, en Iran ou au Kosovo après les trafics d’organes…En Côte d’Ivoire, les Nations Unies n’ont pas fait leur travail pour organiser une élection dans un pays qui a connu une dizaine d’années de crise. Monsieur Gbagbo a été élu en 2000. Il n’est pas arrivé du ciel, il n’est pas seulement un homme un peu socialiste soutenu par les socialistes français. C’est un Ivoirien qui a souffert dans le passé en tant qu’opposant et c’est d’ailleurs Monsieur Ouattara qui l’avait mis en prison quand il était premier ministre de Monsieur Houphouët-Boigny. Pour revenir à ce qui nous préoccupe, les Nations Unies auraient dû organiser des élections incontestables.

 

Or, ce qui vient de se passer montre que rien n’était prêt : les listes électorales n’étaient ni faites ni à faire, on a vu 20 000 électeurs supplémentaires par rapport aux inscrits dans le nord où Ouattara et Soro ont été des rebelles à l’élection… Il y a eu des fraudes, tricheries et truandages… Le délégué des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Monsieur Choi, a, à mon avis, une technique coréenne qui n’a rien à voir avec la démocratie moderne. S’il souhaite par la suite qu’il y ait deux Côte d’Ivoire, comme il y a deux Corée depuis 70 ans, c’est son affaire…Mais en Afrique, on est en Afrique, on n’est pas en Asie ! Il y a 15 000 Français en Côte d’Ivoire et ils ne doivent pas subir les effets de la carence, de l’incompétence de l’ONU dans l’organisation d’élections. On voit bien qu’il y a eu beaucoup de fraudes. On me dit qu’il y en a eu des deux côtés. Probablement, mais je vois les cinq régions dans lesquelles certains bureaux de vote sont quasiment à 95% pour Monsieur Ouattara… Il y a eu des empêchements de voter, des violences, des viols et on m’a même raconté que dans certains villages, les amis de Messieurs Ouattara et Soro y allaient à l’arme pour intimider les gens et même parfois les tuer.

 

Les Nations Unies ne peuvent pas fermer les yeux sur de telles affaires. Monsieur Choi n’a pas fait son travail dans le nord… Est-ce que cela exonère pour autant le président Gbagbo et son équipe de tous les défauts ? Sûrement pas, mais ce n’est pas à nous, gens de l’extérieur et prétendument de la communauté internationale, de nous ingérer dans les affaires de la Côte d’Ivoire…La Côte d’Ivoire n’est pas un pays qui est appelé à vivre en guerre civile. C’est un pays que je connais depuis 1969, c’est un pays gaulliste et houphouëtiste dans son cœur et dans ses tripes, c’est un pays uni et rassemblé avec de nombreuses ethnies et des étrangers. Et voilà que les Nations Unies, au lieu d’installer et de préserver la paix, viennent de sécréter la guerre. Je dis que Monsieur Ban Ki-Moon et Monsieur Choi vont avoir très mauvaise conscience et du sang sur les mains.

 

Pourquoi lONU a-t-elle fermé les yeux sur les fraudes dans le nord et pourquoi soutient-on Monsieur Ouattara à Washington en lui attribuant cette victoire ?

 

Avant de parler des États-Unis, de Monsieur Obama, de Washington et de la CIA, finissons de parler des Nations Unies et de leur rôle. Je crois qu’il y a beaucoup de soldats dans les chars marqués UN. Il y a beaucoup de fonctionnaires et de bureaucrates et, d’après des témoins sur le terrain, on n’a pas vu beaucoup d’observateurs dans les bureaux de vote des cinq régions du nord où il y a eu toutes ces fraudes. Là où l’ONU a encore un rôle encore plus critiquable, c’est que le président de cette fameuse commission électorale indépendante – qui, en réalité, n’avait d’indépendante que le nom – Monsieur Bakayoko, à peine avait-il quelques résultats partiels, s’est enfui à l’Hôtel du Golf…Tout cela est une farce ! Les Nations Unies couvrent cette ouattaresque pantalonnade et c’est très grave ! Cela s’apparente à un vol et un cambriolage de voix d’Ivoiriens par Monsieur Ouattara, malheureusement téléguidé par l’extérieur…

 

Vous avez évoqué la CIA… (1)

 

De mon point de vue, et du point de vue de certains observateurs avertis et connaissant bien les affaires ivoiriennes, il est évident que depuis longtemps la CIA téléguide avec quelques longues cornes, et assez facilement semble-t-il, le couple Alassane et Dominique Ouattara… Les rebelles du nord sont manipulés de l’extérieur, et pas seulement par l’islam avec Al Qaïda, des islamistes du nord de l’Afrique qui voudraient bien pousser jusqu’au sud. Tout cela est un imbroglio dans lequel les États-Unis nagent comme d’habitude à contre-courant. Ils ont engendré beaucoup de guerres et beaucoup de conflits civils, avec de nombreux morts dans de nombreux pays où il y a du diamant, de l’uranium, de l’or, du pétrole et d’autres richesses… Tout le monde fait la danse du ventre autour de la Côte d’Ivoire, mais les États-Unis, avec leurs manières lourdingues et obamesques, un peu comme Bush le faisait en Irak, arrivent à entraîner derrière eux des petits satellites ou des vassaux. Malheureusement pour mon beau pays de France, que le général De Gaulle avait fait sortir du commandement intégré de l’OTAN, le président Sarkozy a réintégré l’OTAN.

 

Le président Sarkozy est à la traîne des États-Unis et la France est un wagon de queue de la grosse locomotive américaine…Les USA voudraient le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, le Mali, le Niger et cette Haute-Volta, devenue Burkinabè, qui veut percer vers le sud jusqu’à Yamoussokro pour, disent-ils, transformer la basilique Houphouët-Boigny de Yamoussoukro en mosquée. Obama, comme Sarkozy, c’est un peu une marionnette entre les mains du complexe militaro-industriel américain et des grandes multinationales de l’agroalimentaire qui font ces barres chocolatées qui rendent obèses tous les enfants du monde. Cette action américaine me fait retourner un peu en arrière, au moment de la mort du président Houphouët-Boigny.

 

La France avait déjà cette espèce de difficulté à être ensemble de façon gaullienne pour reconnaître les bienfaits et les défauts de la politique d’Houphouët. Mais Houphouët a dû gérer un pays après l’indépendance, il a commis sûrement des erreurs. Il a sûrement commis celle de mettre dans le même marigot Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, qu’il a nommé premier ministre pendant que sa femme, Dominique, jouait un rôle semble-t-il bizarre à Abidjan et à Yamoussoukro. À la mort d’Houphouët, dans l’avion qui emmenait les autorités, Chirac ne parlait quasiment plus à Balladur… Messmer l’Africain représentait un peu l’autrefois. Il était difficile pour ces gens-là de se parler, même pour Mitterrand qui était carrément attaché aux années 40-50, pour ne pas dire à Vichy puisqu’il y avait carrément reçu la francisque…

 

Le seul en France, socialiste d’ailleurs, qui avait une vision de l’avenir, c’était Gaston Defferre. Aujourd’hui, le président Sarkozy n’a aucune compétence dans le domaine de l’Afrique. Il l’a d’ailleurs démontré par deux stupides discours : celui de Dakar, qui était à la fois raciste et précolonial, et celui de Pretoria, que je viens de relire, dans lequel il annonçait que la France retirait toutes ses bases et tous ses militaires…Aujourd’hui, ce qu’il reste à faire à Monsieur Alain Juppé et à Madame Alliot-Marie, c’est conseiller au président Sarkozy de tenir son engagement : retirer les troupes françaises et pas à cause des élections cafouilleuses de Côte d’Ivoire, mais parce que nous allons vers un monde nouveau, vers la communauté de destin de 53 pays d’Afrique : 1 milliard d’habitants et pas seulement le petit Gabon, dont ne s’occupent que les Balkany, les Bourgi ou les Guéant…

 

Nicolas Sarkozy pourra de façon grossière et indécente s’agiter, vociférer, s’ingérer dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire, mais il n’aura que des réponses cinglantes des Ivoiriens qui lui répondront que la Côte d’Ivoire n’est pas une sous-préfecture française. Donc, de grâce, que les Américains, que la France de Monsieur Sarkozy, que l’Europe de Messieurs Baroso et Van Rompuy, se calment et s’abstiennent de commentaires vasouilleux et menaçants… Pendant ce temps, Monsieur Netanyahou n’a que faire des recommandations des Nations-Unies et Monsieur Ahmadinejad s’assoit sur les recommandations des Nations Unies et de Monsieur Obama…

 

Sommes-nous en train de vivre un cas de manipulation médiatique mondiale comme ce fut le cas avec lIrak ?

 

Incontestablement. Il y a intoxication des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs sur la situation qui prévaut à Abidjan et en Côte d’Ivoire. Bien sûr, il y a la responsabilité des journalistes, dont certains ne connaissent rien à la réalité ivoirienne : c’est le cas de Monsieur Jean-Michel Apathie qui s’est fait moucher par un artiste africain…Mon cher Yannick Urrien, je suis né en 1949, j’ai travaillé dans la politique, et des manipulations, il y en a eu plus d’une…

 

D’abord, il y a un grand nombre de monopoles de journaux qui sont tenus par des marchands de canons, des marchands d’avions, des marchands de caleçons ou de béton…Mais c’est aussi vieux que le monde, la manipulation, l’intoxication, c’est aussi vieux que la politique étrangère…Mais cela n’a jamais été aussi accéléré qu’aujourd’hui, parce qu’il y a les médias et surtout Internet, avec les révélations de Wikileaks qui sont tout-à-fait extraordinaires ! Donc, on peut mentir à la population mondiale une fois, comme disait Abraham Lincoln, mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps. Par conséquent, les États-Unis, qui sont un géant aux pieds d’argile, feraient mieux de réfléchir plusieurs fois avant d’installer la guerre dans des endroits où ils finiront, comme partout, par être rejetés…

 

Ce qui se passe en Côte d’Ivoire, ce n’est pas seulement de l’intoxication et de la désinformation, ce n’est pas simplement l’instrumentalisation d’un gars comme Ouattara pour mettre le pied dans la porte des richesses. La nouvelle guerre qui se tient maintenant dans tous les coins du monde, c’est celle entre les États-Unis d’Amérique et la République populaire de Chine. L’Afrique de l’Ouest sera l’eldorado des vingt prochaines années dans le monde et, si nous ne comprenons pas que nous avons le devoir, même cynique, d’un rapport Nord-Sud intelligent, il vaut mieux que nous allions nous coucher et la France deviendra un espèce de vaste musée où l’on viendra voir les statues de cire de Monsieur Sarkozy, de Madame Dati ou de Monsieur Delanoë au musée Grévin…Il faut aussi que les journalistes, comme Monsieur Elkabbach, arrêtent de prendre les élites africaines pour des petits «négros Banania»… Cela dépasse l’entendement ! Je viens de réécouter l’interview par Monsieur Elkabbach de Monsieur Pierre Kipré, brillant ambassadeur de la République de Côte d’Ivoire en France, et je me demande s’il ne serait pas temps que les Duhamel, Apathie et Elkabbach aillent directement à la maison des vieux artistes de Ris-Orangis ! On sent l’incompétence, l’arrogance et presque l’injure.

 

Cela rejoint ce que pensent de nombreux Français de Nicolas Sarkozy. Ce garçon a trop tété le biberon de Charles Pasqua et il est le roi de la rodomontade. La politique étrangère, cela nécessite du calme, de la hauteur de vue et de la discussion. Je recommande aussi à nos reporters de France Info et d’ailleurs, d’arrêter de camper dans des halls d’hôtel et de lire des papiers qui leur sont confiés par je ne sais qui à l’ambassade de France ou par d’autres officines… Je suis très peiné pour mon pays, parce que l’on disait la France fille aînée de l’église et la Côte d’Ivoire petite sœur de la France.

 

Les Ivoiriens et nous, nous étions faits pour nous aimer et nous entendre. À Abidjan, il y a quelque chose d’un peu marseillais et en France il y a quelque chose de très ivoirien, ce goût de l’indépendance, de la liberté de la souveraineté et de la rébellion. Ne négligeons pas le fait que 60% des Ivoiriens ont moins de 20 ans. Ne négligeons pas que, comme les gaullistes de la Résistance, ils ont envie de s’opposer aux colonisateurs et au totalitarisme…Seulement, les Chinois ont une diplomatie un peu plus intelligente que la nôtre…Actuellement, ce n’est pas difficile, parce que des crétins gèrent notre approche française de l’Afrique…

 

L’ONU n’a pas été capable de préparer et de contrôler convenablement ces élections et je les entends dire, dans le camp Ouattara de l’Hôtel du Golf, que le Conseil constitutionnel est à la solde du président Gbagbo. Mais ils sont injurieux ! Est-ce que Monsieur Louis Joxe était à la solde de De Gaulle ? Est-ce que Monsieur Roger Frey était à la solde de Pompidou ? Est-ce que Monsieur Roland Dumas était à la solde de Mitterrand ? Est-ce que Monsieur Jean-Louis Debré était à la solde de Chirac ou à la solde du président Sarkozy ? Les journalistes, prétendus spécialistes de l’Afrique, qui essaient de faire passer Gbagbo pour Mugabe se trompent : je crois que Gbagbo est plus proche de Mandela que de Mugabe.

 

__________________________________________________________________
(1) Voir les excellents articles de Thierry Meyssan et Wayne Madsen sur les liens respectifs de Nicolas Sarkozy (voir ici) et de Barack Obama (voir ici , ici et ici) avec la CIA.

20:46 Écrit par Shlomit dans Houphouët-Boigny | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

07/05/2011

Pour mémoire

Thérèse Houphouët-Boigny choisit Gbagbo

 

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In Le Nouveau Courrier N°131 du 17 Novembre 2010 par Gilles Naismon

 

L’ex-première dame de Côte d’Ivoire a décidé d’apporter son soutien au président sortant Laurent Gbagbo dans la course au fauteuil présidentiel.

 

«Parmi les deux personnalités qui sont en lice pour la magistrature suprême de notre pays, il est non seulement celui-là même qui incarne le mieux les valeurs d’Houphouët Boigny, mais c’est lui qui a décidé de poursuivre ses œuvres après sa mort. Gbagbo a continué de poursuivre le transfert de la capitale à Yamoussoukro. Alors que ceux qui demandent le soutien du Pdci aujourd’hui, le parti que Houphouët a créé, sont ceux-là même qui l’ont déstabilisé, fragilisé en 1994 après sa mort.»

 

Tels sont, résumés, les propos que Thérèse Houphouët-Boigny, selon une source crédible, a tenu, lundi dernier, lors d’une réunion avec les chefs coutumiers de Toumodi. Il s’agissait pour l’ex-première dame de se déterminer et de mettre ses parents en ordre de bataille derrière le candidat de la Majorité présidentielle. Ce faisant, il pourra poser des actes qui honorent la mémoire du premier président ivoirien. Mais mieux, poursuivre majoritairement les œuvres qu’il a entreprises et que la mort ne lui a pas donné l’opportunité d’achever.

 

Thérèse Houphouët-Boigny ne compte pas s’arrêter à de simples réunions d’éclairage de «grands électeurs», elle a décidé de faire des apparitions publiques aux côtés de certaines personnalités du staff de campagne du candidat de la Majorité présidentielle ou de Laurent Gbagbo lui-même durant la campagne pour le deuxième tour. Elle donne d’ailleurs le ton ce mercredi 17 novembre à Yamoussoukro, selon notre source, pour apporter son soutien au président-candidat qui animera un meeting dans la cité des Lacs. En plus d’apporter son soutien à Laurent Gbagbo sur des bases objectives, l’épouse du premier président ivoirien a-t-elle également perçu la symbolique du détachement du portrait de Félix Houphouët-Boigny du mur le jour même de l’investiture du candidat des Républicains, à la maison du Pdci-Rda? D’aucuns avaient déduit que «le père fondateur de l’ex-parti unique n’est pas content de ce que son héritage soit «bradé» au Rdr, à Alassane Ouattara» qui, avec certaines personnalités au sein du Pdci, ont ébranlé les acquis qu’il a laissés en place.

 

En choisissant Laurent Gbagbo, Thérèse Houphouët-Boigny ne souhaite sans doute pas avoir sur la conscience la disparition de l’héritage de son ex-époux au profit de ceux qui l’ont fragilisé. Et qui veulent faire son deuil en le phagocytant dans les prochaines années, une fois parvenus au pouvoir.

 

lenouveaucourrier.ivoire-blog.com

21:46 Écrit par Shlomit dans Houphouët-Boigny | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

29/03/2011

Dominique Nouvian Ouattara

Le mot d'humeur de Jean Charles Fadinga

Dominique Ouattara, femme fatale à la Côte d'Ivoire
(21.10.2010)
Les secrets de l'ascension des Ouattara enfin révélés !


images?q=tbn:ANd9GcSpI6QquF76mt1GWf2fBGZZMUfhXjmhO5vFCp0h_f4SmuHvlw3cDominique Nouvian, d'origine sépharade, naît le 16 décembre 1953 à Constantine (Algérie), elle est de nationalité française et épouse, en 1973, un professeur au lycée technique d'Abidjan, très âgé, le Pr Folleroux.

Bamba-Vamoussa.jpgIl est l'ami du ministre de l'enseignement professionnel et technique, Bamba Vamoussa (il a été ensuite ministre de l'éducation nationale de 1990 à 1993), avec lequel elle commence une relation forte, elle est son 2e bureau. Elle rentre alors en contact avec le gouverneur de la BCEAO, Abdoulaye Fadiga, dont elle est également le 2e bureau. Elle se partage simultanément entre les trois lits. Son ascension dans les circuits de pouvoir en est facilité et, dès 1979, elle crée AICI (société immobilière), structure qui gère le patrimoine présidentiel ivoirien, qu'elle détourne à son profit au fil des ans.

fadiga.pngPar Fadiga, elle connaît ADO, dont elle devient la maîtresse. Il est à cette époque vice-gouverneur de la BCEAO à Dakar, pour le compte de la Haute Volta (Burkina Faso), poste qu'il occupe de janvier 1983 à octobre 1984. De novembre 1984 à octobre 1988 il est directeur Afrique du FMI à Washington. Après la mort de Fadiga (le 11 octobre 1988), il rentre en Côte d'Ivoire où, sur la pression insistante de Dominique, il est nommé gouverneur de l'institution bancaire pour la Côte d'Ivoire (octobre 1988 à décembre 1993).

Pendant ce temps, notre Dominique nationale part à la conquête de l'Europe en créant une agence AICI à Paris, dans le 16ème arrondissement. Cette agence, située avenue Victor Hugo, devient rapidement la vitrine de ce qui est devenu le Groupe AICI en Europe. La même année, elle est élue présidente d'honneur de la Chambre Syndicale des Agents Immobiliers de Côte d'Ivoire (CSDAIM). Suivent, en 1991, la création d'une agence à Cannes, et en 1993, un cabinet de gestion de Syndic de copropriétés à Paris qui gère plus de 200 immeubles parisiens.

1700378.jpgEntretemps, le président Houphouët-Boigny, tombe sous l'influence de Dominique Ouattara (ses adversaires, déjà nombreux la surnomment « la putain dangereuse »). Il nomme ADO président du Comité interministériel de relance de l'économie ivoirienne (avril à novembre 1990). C'est alors, en octobre 1990, qu'elle épouse ADO, le président Houphouët-Boigny en aurait pleuré de chagrin. Ensuite la « femme fatale » pousse le président Houphouët-Boigny, qui ne dispose déjà plus de toutes ses facultés, à nommer ADO premier ministre, fonction qu'il occupe du 7 novembre 1990 au 9 décembre 1993 . Elle obtient, du président Houphouët-Boigny, à l'arrivée d'ADO à la Primature, qu'il soit chargé de lancer le processus de privatisation des structures étatiques de l'économie ivoirienne.

ADO et son épouse lancent alors une gigantesque opération de prédation du patrimoine de la Côte d'Ivoire. Après la mort du président Houphouët-Boigny, ADO devient directeur général adjoint du FMI (1er juillet 1994 au 31 juillet 1999). Il en profite pour fonder à Washington, le 10 Juin 1999, l'Institut International pour l'Afrique (IIA) à Washington. Puis, le 1er août 1999, le RDR (Rassemblement Des Républicains), dont il prend la présidence.

Dominique profite des fonctions internationales de son époux pour faire prospérer ses affaires. En 2001, une nouvelle agence AICI voit le jour au Gabon, à Libreville. En février 2006, AICI International s'installe à Ouagadougou, au Burkina Faso,

Parallèlement à la poursuite de ses activités dans le domaine immobilier, Dominique Ouattara devient, en 1996, la patronne d'EJD Inc., société qui gère l'Institut Jacques Dessange basé à Washington. Celui-ci est aujourd'hui un des endroits les plus fréquentés de la capitale américaine. Dominique Ouattara acquiert, en 1998, les franchises Jacques Dessange aux Etats-Unis. Elle devient alors la présidente de la compagnie French Beauty Services à Washington, regroupant toutes les franchises Jacques Dessange du pays : salons de coiffure, instituts de beauté, école de coiffure, distribution des produits Jacques Dessange. Le Groupe se développe et représente aujourd'hui un des actifs les plus prometteurs du groupe Jacques Dessange.

Le cumul des activités très rémunératrice d'ADO et l'empilement de « pompes à fric » de Dominique supposent des moyens de réintégration « légale » sur des comptes en banques des fortunes ainsi dégagées. Il faut donc couvrir cela sous une apparence inattaquable. C'est donc l'humanitaire qui devient la priorité. Tout d'abord, à partir 1980, elle effectue des missions « humanitaires » en Côte d`Ivoire. Les flux financiers prenant de l'ampleur, elle décide, en 1998, de créer la fondation Children of Africa. Quoi de plus imparable ? Qui croirait que les enfants d'Afrique sont la couverture d'un gigantesque système de prédation et de transferts de fonds. Cosa Nostra en a rêvé, Dominique Ouattara l'a fait !

observatoiredeladiaspora.wordpress.com

18:41 Écrit par Shlomit dans Côte d'Ivoire, Houphouët-Boigny, Ouattara | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

Ouattara et la fortune d'Houphouët-Boigny

(10.01.2011)

Faux et usage de faux en écriture publique ou comment Dominique et Alassane Ouattara ont mis la main sur la fortune d'Houphouët-Boigny

 

Houpouët-Boigny.jpgLa fortune du président Ivoirien était évaluée à sa mort entre 7 et 11 milliards de $ (Raymond Baker, Capitalisms’s Achilles Heel, 2005, p. 52, et Quid, 1992). Outre des comptes en banques bien garnis (UBS, SIB, Everlasting, entre autres) et des parts dans des sociétés de premier plan comme De Beers (30 % des parts semble-t-il) ou bien Piaget et Harry Winston, ainsi que des sociétés immobilières (en Suisse : SI Grand Air, SI Picallpoc, Intercafco), le président ivoirien aurait possédé une dizaine de propriétés en région parisienne, dont une gentilhommière de style Louis XIV à Soisy-sur-Ecole, l’ancien appartement de Jean Gabin dans le VIIIe arrondissement de Paris, un autre dans le XIe ainsi que sa résidence personnelle, rue Masseran (VIIe), avec un parc de 8 590 m², évaluée en 1998 à 18,3 millions d’euros. Un immeuble sis 144 avenue Victor Hugo (XVIe), mais aussi, selon la Lettre du Continent du 30 septembre 2004, avenue Bosquet, rue Jean Nicot, boulevard Saint-Germain, rue de la Chaise, rue de Grenelle… Il détenait aussi une superbe villa à Mougins, une maison en Suisse, au Chêne Bourg et une propriété en Italie, à Castel Gondolfo.

 

Ces biens étaient somptueusement meublés et décorés de tapisseries anciennes et de toiles de grands maîtres comme Pierre Bonnard, Van Gogh, Bernard Buffet ou Renoir. Il s 'y trouvait aussi du mobilier XVIIIe de grande qualité, dont certaines pièces provenant des appartements royaux à Versailles. La partie de ces œuvres se trouvant rue Masseran a été vendue à Fontainebleau en juin 2008, mais nul ne sait ce qu'il est advenu du reste. La rumeur a couru que le célèbre antiquaire Fabius aurait vendu, à la demande de Dominique Ouattara, une partie du mobilier provenant des propriétés sises en France, en faisant état de mandats le lui permettant. Certains tableaux avaient, avant la mort d'Houphouët en 1993, été vendus par Sotheby's et Christie's pour financer le futur hôpital attenant à la basilique de Yamoussoukro, promesse faite à Jean-Paul II. Il n’a jamais été réalisé. Seule la première pierre a été posée par le pape en septembre 1990, au moment de la consécration de la basilique. On ignore ce qu'est devenu le produit de cette vente.

 

On sait que l'immeuble du 144 avenue Victor Hugo fait partie du patrimoine des Ouattara, comme la villa de Mougins. On ignore le statut juridique actuel de la plupart des autres biens, à l'exception de l'hôtel de la rue Masseran, qui est finalement revenu en 2007 à l'Etat ivoirien.

 

Comment certains de ces biens ont-ils pu se retrouver garnir l'escarcelle des Ouattara ?

 

Lorsqu'Alassane était premier ministre et que sa femme gérait les biens du Vieux, ils disposaient de la capacité de faire émettre par l'administration ivoirienne tous les titres permettant les tranferts de propriété à leur profit. C'était d'autant plus facile que le Vieux avait, la dernière année, totalement perdu l'usage de ses facultés intellectuelles. Les six derniers mois, hospitalisé dans le service du professeur Bernard Debré, au pavillon Albaran de l'hôpital Cochin à Paris, il était maintenu artificiellement en vie et Alassane Ouattara a plusieur fois scandalisé les médecins et infirmières du service lorsqu'il s'enfermait quelques minutes dans la chambre où le Vieux était réduit à l'état de légume, ayant perdu toute conscience, et qu'il en ressortait en déclarant : « le Vieux m'a dit... ».

 

Soyons clair : la fortune des Ouattara est la conséquence de l'émission, à partir de la Primature, de vrais/faux documents leur ayant permis d'habiller juridiquement le tranfert à leur profit de biens immobiliers et mobiliers appartenant à Félix Houphouët-Boigny. C'est donc essentiellement la Côte d'Ivoire qui a été volée, le Vieux n'ayant pas laissé de testament (ou celui-ci ayant été volé) et étant supposé avoir confié ses biens à l'Etat par legs verbal.

 

Les héritiers directs n'ayant pas réussi à sauver grand chose, la question qui se pose aujourd'hui est : l'essentiel de cette immense fortune n'a-t-elle pas été détourné par les Thénardier africains Dominique et Alassane Ouattara ?

 

L'élu de la communauté internationale devrait s'empresser de clarifier les choses et produire un état précis de son patrimoine. C'est le plus sûr moyen de rassurer les Ivoiriens. Ou bien c'est un aller simple pour la MACA ?


The Libreville Times

09:35 Écrit par Shlomit dans Côte d'Ivoire, Houphouët-Boigny, Ouattara | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

27/03/2011

Les deux sous (dessous) de Ouattara

Sur les traces de la fortune d'ADO à Ouattara

 

16.11.2007. 15:09

 

Comme Charles Konan Banny qu'il a précédé au poste de gouverneur de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), Alassane Ouattara est aujourd'hui détenteur d'une importante fortune amassée dans des circonstances quelquefois irrégulières. Incursion dans le jardin secret des avoirs du président du Rassemblement des républicains à travers le monde.

 

Alassane Dramane Ouattara fait son apparition sur la scène politique après février 1990. A part quelques cadres ivoiriens dont l'ancien chef de l'État, Henri Konan Bédié, feus Diaby Aboubacar Ouattara et Lamine Diabaté, ancien ministre d'État, et ancien directeur national de la BCEAO qui a été inhumé hier, peu d'Ivoiriens connaissent celui que Houphouët-Boigny avait fait venir de Dakar pour sauver son pouvoir en déliquescence. La lutte pour la restauration du multipartisme battait son plein et le front social était en ébullition au moment où Ouattara dépose ses bagages sur les bords de la lagune Ebrié. Président d'un comité interministériel chargé de réfléchir sur les maux qui minent le pays et lui apporter des solutions, il devient six mois plus tard le Premier ministre de Côte d'Ivoire. Ce après la réélection d'Houphouët-Boigny pour un autre mandat de cinq ans qui sera dirigé d'une part par Alassane Ouattara (3 ans) et d'autre part par le dauphin constitutionnel Henri Konan Bédié (2 ans soit de 94 à 95).

 

En effet, à partir du 7 décembre, date officielle du décès de Félix Houphouët-Boigny, c'est le président de l'Assemblée nationale d'alors qui devient le nouveau chef de l'État. C'est lui qui est donc aux commandes au moment où la dévaluation du franc CFA survient. L'ère Bédié venait de s'ouvrir. Mais pendant la première moitié du quinquennat d'Houphouët-Boigny, c'est Alassane Ouattara, en sa qualité de premier ministre, qui dirigera le pays. En l'absence du ''vieux'' très affaibli par la maladie et qui suivait des soins dans un hôpital de l'Hexagone. Le Bélier de Yamoussoukro ne pouvait donc rien contrôler et la gestion du pays revenait de fait à celui qui avait été appelé juste pour donner un coup de fouet à l'économie ivoirienne. L'appétit vient en mangeant, dit l'adage. Ouattara qui s'est fait entourer d'une équipe de politiciens et de technocrates ambitieux dont la plupart quitteront par la suite le PDCI pour donner jour au RDR dont il est le président rêve déjà de diriger le pays à la mort de son bienfaiteur.

 

Il se mettra donc en tête d'occuper officiellement le fauteuil de chef de l'État de Côte d'Ivoire à la mort d'Houphouët Boigny. ''Président par intérim'', c'est par ce titre redondant, qui dépeint pourtant avec exactitude la réalité du pouvoir pendant cette période, que ceux qui profitaient du ''règne'' de l'ancien gouverneur de la BCEAO aimaient à le désigner. C'est en réalité au cours de cette période au cours de laquelle il a cumulé les postes de Premier ministre et de ministre de l'Économie et des Finances du poumon économique de l'UEMOA que Ouattara a constitué son immense fortune. Par des pratiques contraires aux règles de la bonne gouvernance qu'il a toujours revendiquée parlant de sa gestion des affaires de l'État.

 

De son passage à la Primature

 

Alassane Dramane Ouattara a longtemps travaillé à la Banque centrale de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) où il a occupé de hautes fonctions. D'abord en tant que vice-gouverneur pour le compte de la Haute Volta (Burkina Faso), puis gouverneur de l'institution bancaire pour la Côte d'Ivoire. Dès 1990, il rentre en Côte d'Ivoire où il est coopté au poste de premier ministre six mois plus tard. Une responsabilité qu'il assumera trois années durant, avant de déposer ses valises à New York afin d'y occuper le poste de directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI). Au terme d'une telle carrière professionnelle, l'époux de Dominique Nouvian Folleroux a pu se constituer un trésor. Quoi de plus normal ! Mais un retour sur le parcours de l'homme, surtout des faits qui ont lieu lors son passage à la Primature, finit de convaincre le plus incrédule que l'essentiel des avoirs d'Alassane Ouattara a été acquis de façon frauduleuse.

 

Alors qu'il était le locataire de la Primature en effet, Alassane Ouattara avait mis sur pied un mécanisme de gestion qui lui permettait de pomper les ressources publiques. La trouvaille est de taille car le Trésor public qui était censé recueillir les recettes de l'État en provenance des régies financières est purement et simplement mis à l'écart. Le seul maître à bord, de surcroît ministre de l'Économie et des Finances, avait préféré à la caisse officielle de l'État de Côte d'Ivoire une régie interne à la Primature. Tous les fonds en provenance des régies financières que sont les Douanes ivoiriennes dirigées en son temps par Doua Bi Kalou, les Impôts, le Port d'Abidjan, et même le Trésor public qui en était réduit à collecter des ressources insignifiantes, convergeaient ainsi vers la Primature. Bien évidemment, le président Houphouët-Boigny qui était miné par la maladie et qui avait une confiance totale en Ouattara avait abandonné la machine étatique dans la main de l'économiste qui ne rêvait pas mieux. La caisse de l'État en vient petit à petit à être totalement confondue avec les biens privés de Ouattara.

 

Par ce procédé, il arrive à faire main basse sur des ressources financières énormes transportées en Europe à chaque déplacement du premier ministre au chevet du président Houphouët-Boigny qui suivait des soins médicaux en France avant d'être transféré en Suisse. Sous le prétexte des visites donc au Bélier de Yamoussoukro dont l'état de santé préoccupait la nation tout entière, Ouattara fera sortir du pays des fonds énormes. Sans avoir à rendre compte à qui que ce soit. Chaque semaine, il prenait la destination de l'Europe où il planquera son butin dans les paradis fiscaux. Des personnes qui ont participé à ces opérations de transferts de fonds et que nous avons pu rencontrer dans le cadre de nos investigations sont convaincues que ce sont des centaines de milliards qui ont été ainsi emportés entre 1993 et 1994. Le général Abdoulaye Coulibaly, qui était le pilote d'Houphouët-Boigny, à en croire ces témoins des faits dont certains travaillaient à CODIVAL, est bien placé pour dire la destination de ces fonds.

 

Décembre 1993, Houphouët Boigny décède. Moins d'un mois après, la dévaluation du franc CFA contre laquelle il s'était longtemps battu devient effective. Le jour même de son inhumation. Il n'a pas réussi à s'imposer aux Ivoiriens comme il le souhaitait, en se proclamant comme le président par intérim de la Côte d'Ivoire, mais Ouattara peut désormais jouir de la manne importante dont il dispose, logée dans les banques suisses, dans la principauté de Monaco, au Luxembourg... Avec la dévaluation, les montants emportés deviennent deux fois plus importants. Du simple au double. Dans sa tentative de faire main basse sur le pouvoir par tous les moyens, y compris les coups d'Etat, il n'hésitera pas à s'en servir. La suite, on la connaît. Des actions subversives à répétition depuis la mort de Houphouët-Boigny : contre Bédié, puis Guéi Robert et enfin Laurent Gbagbo.

 

Le patrimoine d'ADO à l'étranger

 

En dehors des fonds emportés des caisses de l'État, qui ont permis à Alassane Ouattara d'ouvrir des comptes dans les paradis fiscaux, Ouattara dispose de biens immobiliers et autres à travers le monde. Des biens acquis pour la plupart avec l'argent volé dans les caisses de l'État. Au nombre des biens immobiliers dont il dispose, on note entre autres un immeuble sis au Plateau, jouxtant la direction du Trésor public. Avec le concours de Mme Dominique Nouvian Folleroux, la patronne de l'Agence internationale de la commercialisation immobilière (AICI) qui deviendra plus tard son épouse, de nombreuses réalisations du patrimoine de l'État passeront aux mains de Ouattara. Contre un franc symbolique ou moyennant des sommes en deçà de la valeur des biens ainsi frauduleusement acquis.

 

Hors de la Côte d'Ivoire, il faut dire que le leader du RDR a acheté pour des millions de dollars en Haïti une vaste plantation de canne à sucre. Cela, sur conseil de son parrain, feu Grégoire Yacé Philippe. Aussi possède-t-il des bateaux commerciaux qu'il s'est offerts après son départ de la primature, qui lui rapportent énormément. Au Burkina Faso, il détient une cimenterie rachetée et qui n'est pas le seul bien à son actif dans ce pays. Mais c'est au pays d'El Hadj Oumar Bongo que se concentrent la plupart de ses biens. Un parc maritime et des biens de natures diverses à son nom sont dans ce pays de l'Afrique centrale où le chef de l'État qui se présente comme son parrain lui fait de nombreuses faveurs. Vu la couverture dont il bénéficie et les largesses dont il est l'objet dans l'acquisition des marchés publics dans ce pays, il ne faut vraiment pas s'étonner d'entendre dire que Ouattara a décidé de bitumer sur fonds propres plus de 1000 km de voie de ce pays. Cela, gratuitement. Par ailleurs, le fonctionnaire international qui a des liens solides dans le milieu de la haute finance depuis Dakar se livre au blanchiment d'argent.

 

Ayant une parfaite maîtrise des flux financiers à travers le monde, l'ancien premier ministre se sert de structures écrans pour se livrer à des activités pour le moins répréhensibles. Ainsi, derrière les actions de haute portée humanitaire dont l'ONG Children's of Africa, qui est une propriété de son épouse peut se vanter, circule de l'argent sale. Le circuit que suit ce réseau est tellement complexe et bien pensé qu'il serait impossible à n'importe quel spécialiste de la lutte contre le blanchiment d'argent d'épingler l'ONG. De nombreuses sociétés exerçant dans les secteurs les plus divers, donc beaucoup d'affaires et de sous, se cachent en tout cas derrière le choix des Ouattara de s'adonner à une activité humanitaire.

 

Outre Children's of Africa, il y a Jacques Dessange. Et une autre structure comme l'International Institute for Africa (IIA) basée à Washington, avec délusion entre Ouattara et cette société. Elle a été mise sur pied depuis son passage à la Primature et a pour mission essentielle de financer de façon subtile les activités subversives du leader politique et de faire du lobbying à son profit dans certains cercles. Mais bien entendu, cette structure de droit américain tire ses revenus du recyclage de l'argent sale en provenance de pays sous embargo. A l'image du Liberia et de la Sierra Leone où la vente de diamant et d'or a été longtemps interdite par le conseil de sécurité de l'ONU. Au pays où il a vécu de longues années en tant qu'étudiant puis directeur général adjoint du FMI, il a pu intégrer les réseaux mafieux de vente d'armes et c'est par des sociétés écran telles l'International Institute for Africa (IIA) qu'il a armé sans discontinuer les auteurs des coups d'État à répétition qui déboucheront sur une rébellion après un énième échec en septembre 2002.

 

Les comptes de Ouattara à l'étranger

 

Comme nous l'avons signifié plus haut, le président du RDR dispose de plusieurs comptes dans les paradis fiscaux et des pays comme la France et les États-Unis où il a des intérêts. En Suisse et à Luxembourg particulièrement, on dénombre au total six comptes où s'effectuent des opérations de diverses natures. Selon qu'il s'agisse d'une activité lucrative ou d'une autre se rapportant à ses activités politiques ou subversives.

 

Dans ce dernier cas, c'est l'International Institute for Africa (IIA) qui est actionnée. Cette structure qui est sa propriété comme nous l'avons déjà indiqué plus haut, détient un compte à la Dexia Banque international à Luxembourg sise à 69 rue d'Esch, L-2953 Luxembourg. ''Dexia Banque Internationale à Luxembourg est une banque à vocation résolument européenne. Nous recherchons des nouveaux talents pour épauler nos 5000 collaborateurs implantés dans 16 pays afin de contribuer activement à notre mission au sein du groupe Dexia : le développement international des métiers de gestion d'actifs, de banque privée et d'administration de fonds d'investissement. Nous voulons pouvoir compter sur des collaborateurs capables de relever tous les défis et bien décidés à grandir au rythme de notre entreprise. Grâce à nos activités variées et nos filiales implantées en Europe et en Asie, la mobilité interne et internationale sont des réalités au sein de la Dexia BIL. En tant qu'entreprise socialement responsable, Dexia a mis en place de nombreuses mesures visant à améliorer le bien-être de son personnel, que ce soit sur son lieu de travail ou en dehors. Gestion de carrière, formation, égalités des chances, santé, équilibre travail/Vie de famille, autant de domaines dans lesquels Dexia BIL est fière de pouvoir offrir à ses collaborateurs des solutions innovantes'', lit-on sur le site internet de la banque.

 

Le compte de Alassane Dramane Ouattara dans cette banque date de juillet 1999. Et le fait qu'il porte le nom de la société de droit américain ne doit pas étonné car il s'agit d'une société écran. Le vrai propriétaire du compte est bel et bien Alassane Ouattara comme ont pu le confirmer des hauts cadres de l'établissement bancaire qui ont requis l'anonymat pour des raisons de confidentialité. De même, la déontologie de notre métier ne nous autorise pas à rendre publiques certaines informations en notre possession sur le sujet. A en juger par sa date de création, on se rend bien compte que c'est au moment où il démissionnait de son poste de directeur général adjoint du FMI. Il annonça dans la même période son désir de renter en Côte d'Ivoire pour y prendre part à la vie politique. Surtout, il envisageait de se présenter à la présidentielle. Quelques mois après, soit en décembre 1999, alors qu'il venait de dire publiquement qu'il allait attenter à la sûreté de l'État, une banale mutinerie emportera le pouvoir Bédié.

 

Les scandales qui ont émaillé sa Primature

 

Son passage à la tête de la primature a en outre été marqué par plusieurs scandales financiers. Au lendemain de sa nomination au poste de premier ministre, il se signale par l'affaire des 19 tonnes d'effets personnels non dédouanés. L'affaire fera grand bruit mais n'inquiétera pas le gouverneur venu de Dakar qui ne s'arrêtera pas à ce forfait. Il prend goût à la mal gouvernance et il est très difficile de l'arrêter, surtout que Houphouët-Boigny est agonisant. Éclate alors l'affaire ''Ouattara vend et rachète''. Le chef du gouvernement brade à tout vent le patrimoine de l'État ivoirien. Le hic, c'est qu'il se trouve être à la fois vendeur et acquéreur. Un délit d'initié. La clameur publique dénonce ce pillage en règle du patrimoine de l'État. Une action dont lui seul était le bénéficiaire, vu qu'il cédait à vil prix les structures dont certaines étaient très sensibles à des proches et amis. Des sociétés écrans bien sûr étaient déjà dans le jeu.

 

Des contrats juteux sont passés entre le Port autonome, la SODECI, la CIE, et des entreprises françaises telles que Bouygues et Bolloré, moyennant des francs symboliques pour la plupart. Sans les Français, il ne restait plus à la Côte d'Ivoire qu'à déclarer faillite, voulait-on faire croire. Pour toutes ces actions en faveur de la France, Ouattara percevra des pots de vin qui s'élèveront à des milliards. Des ristournes déposées dans des banques françaises particulièrement. Déjà à la BCEAO, il aurait conçu un réseau digne d'une mafia pour ses activités illégales. En accédant au poste de gouverneur de la banque centrale, il s'ouvrait la voie pour venir faire main basse sur la Côte d'Ivoire. Dix sept ans après son arrivée dans le paysage politique ivoirien, l'homme qui a bien planifié son affaire était à deux doigts à la mort d'Houphouët de s'emparer de la magistrature de l'État. Avec l'argent des Ivoiriens.

 

Par Safiatou Ouattara

 

S: l'intelligent d'Abidjan

 

ivoirediaspo.net

12:55 Écrit par Shlomit dans détournements de fonds, Houphouët-Boigny, Ouattara | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |