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03/11/2016

Valls en tournée africaine

Par RFI

Actuellement en tournée en Afrique de l’Ouest, le Premier ministre français a répondu aux questions de Valérie Gas (RFI) et Roselyne Febvre (France 24). Il explique sa vision de la politique africaine de la France, des défis et l’avenir du continent africain, et répond, à sa manière, sur ses ambitions présidentielles pour 2017.


RFI : Depuis que vous êtes à Matignon, vous avez enchaîné les visites en Afrique. Vous êtes allé au Tchad, vous êtes allé au Niger, au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal. Et vous voilà donc au Togo, Ghana et en Côte d’Ivoire où nous sommes. En France, vous voulez incarner le renouveau de la politique. Voulez-vous aussi renouveler la politique africaine de la France au-delà des mots et au-delà des visites d’amitié parce que les enjeux sont grands ?
Manuel Valls : - L’histoire, avec évidemment ses réussites et ses parts d’ombre, l’amitié, la langue c’est-à-dire le français, la francophonie, sont essentiels. Mais l’Afrique se transforme, l’Afrique, et je n’ai cessé de le dire au cours de ce déplacement, en effet au Togo, au Ghana, désormais en Côte d’Ivoire, c’est le continent d’avenir. L’Afrique, c’est le continent d’avenir. Et je crois pour la France et l’Europe, nous devons être capables de bâtir une alliance avec l’Afrique pour ce 21ème siècle parce que les principaux enjeux pour l’Europe et pour le monde -que sont la menace terroriste, le défi migratoire, le défi climatique avec le réchauffement de la planète, la démographie, la jeunesse, sa formation, en grande partie pour l’Europe et donc pour la France-, ça se joue en Afrique.

France 24 : Vous parlez d’alliance entre la France et l’Afrique. Et quand un responsable français vient en Afrique, on évoque toujours la Françafrique. François Hollande avait promis la fin de la Françafrique. Est-ce que l’objectif est, pour vous, atteint ou est en cours d’être atteint ?
- Mais tout cela est derrière nous. Il peut y avoir ici ou là encore des individus ou des réseaux qui agissent avec cette vieille vision qui est dépassée, mais il y a des nouveaux dirigeants en Afrique. La démocratie s’installe progressivement, même s’il y a encore bien sûr des progrès à accomplir.

RFI : Il reste un déficit démocratique ?
- Il reste non seulement un déficit démocratique, mais aussi tout simplement de gouvernance. Il faut des Etats forts, il faut lutter contre la corruption, ça ne concerne d’ailleurs pas que l’Afrique. Mais il y a surtout l’émergence de classes moyennes, nous l’avons vu au Ghana, c’est le cas aussi en Côte d’Ivoire. Il y a une jeunesse qui a soif d’avenir, d’apprendre, de s’investir. Au Ghana et en Côte d’Ivoire par exemple, il y a la révolution numérique comme partout ailleurs, les start-up qui s’installent, qui investissent. Et notre rôle, notamment à travers Business France, c’est d’accompagner ces jeunes pousses, ces start-up qui investissent dans la santé, dans le numérique, dans le service aux personnes. Donc il y a un gisement, il y a un potentiel en Afrique qui fait que, de toutes façons, la relation elle se transforme. C’est une relation maintenant gagnant-gagnant. C’est une relation bâtie sur un partenariat de confiance, et pas sur les vieilles pratiques du passé.

RFI : Vous le disiez les défis sont grands: le terrorisme bien sûr et l’immigration. Angela Merkel est venue elle aussi en Afrique et on voit un intérêt nouveau et grandissant de la part de la chancelière allemande. Et pour freiner l’immigration, elle veut soutenir le développement. Alors comment peut-être la prendre au mot et peut-être aussi au portefeuille pour avoir une politique africaine qui est à la hauteur des enjeux ?
- Vous avez raison de souligner l’importance de ces déplacements de la chancelière allemande au Mali, au Niger et en Erythrée. Bien sûr, il y avait un objectif qui est lié à la crise des migrants qui touche notamment l’Allemagne. Mais l’Allemagne a raison et nous devons le faire ensemble, bâtir ce partenariat parce que, avec l’évolution démographique, si nous ne voulons pas connaître un afflux de migrants que nous ne pourrions pas supporter, nous devons aider l’Afrique à construire son avenir.

RFI : Il faut payer plus alors, parce que l’aide au développement en France, c’est 8 milliards. Ce serait quoi, 200 milliards qu’il faudrait donner ? Et il faut demander à la chancelière, à l’Europe, à l’Allemagne, de payer ?
- La France prend toute sa place. L’Agence française du développement, c’est un budget de 8 milliards consacré en grande partie à l’Afrique, et à l’Afrique francophone. C’est 4 milliards là aussi par an pour l’Afrique donc. Et nous voulons faire passer en trois ans ces investissements souvent par des prêts, mais aussi par des aides directes, à 6 milliards. Donc la France doit prendre toute sa place. Et je vois d’ailleurs avec satisfaction que les parlementaires français nous poussent et ils ont bien raison à ces investissements. Mais l’Europe doit suivre. Il y a un beau projet, il faut le poursuivre, c’est que nos instituts culturels, l’Institut français et l’Institut Goethe puissent ensemble également investir puisque la culture, c’est évidemment essentiel. Il y a ce projet que je propose qui est un Erasmus pour les étudiants et pour la jeunesse africaine. Il faudra qu’il porte un autre nom que celui d’Erasme.

France 24 : Léopold Sédar Senghor ??
- Oui, bien sûr. On a tous le nom de Senghor, une grande personnalité africaine, mais qui avait cette grande culture et cette ouverture sur la France et sur l’Europe. Il y a la transition énergétique. Enfin, en quelques années, on est passé de l’absence d’électricité au solaire individualisé, comme on est passé d’ailleurs de l’absence de téléphone aux portables. Donc la révolution digitale, la transition énergétique, l’université, la formation, la formation d’ingénieurs et de jeunes Africains, ce sont des défis considérables. Et le sens de mon déplacement, ce n’est pas le déplacement habituel qu’on a connu dans les années 70, 80 ou 90, on vient en Afrique pour se montrer et se faire voir. Non. Moi, c’est un message d’amour pour l’Afrique, c’est une conviction profonde. Non seulement c’est un continent d’avenir, mais pour la France, vous vous rendez compte, ces millions de personnes qui parlent le français. Mais enfin c’est une opportunité, d’influence, de présence, de développement y compris pour nos entreprises qui sont dans tous les pays que j’ai visités et qui réussissent et qui sont de très grands noms. Je pense évidemment à Bolloré, je pense à Eiffage, je pense à EDF, je pense à la SNCF notamment au projet qui existe au Sénégal. Dans toutes ces entreprises qui sont présentes, je pense évidemment à tout ce qui concerne la filière cacao, il y a des opportunités pour les grandes entreprises, mais aussi pour les petites entreprises, et pour ces start-up liées à l’innovation

France24 : La Côte d’Ivoire, c’est l’allié le plus important. Puis c’est le passage obligé pour un futur présidentiable. Et aujourd’hui, c’est un jour particulier.


RFI : Vous arrivez le jour où se tient un référendum constitutionnel assez important. Est-ce qu’il faut y voir un signe de soutien que la France va porter au président Alassane Ouattara alors qu’il y a quand même ici une opposition qui est vent debout dans ce référendum ?
- D’abord, c’est une démocratie. Moi, je veux saluer Alassane Ouattara qui a permis, il y a quelques années à peine…

Vos positions sont un peu étouffées tout de même ?
- Mais c’est un pays qui a fait des choix très importants pour rassembler, apaiser. Les Ivoiriens aujourd’hui ont soif de développement, d’éducation et surtout d’apaisement. Il y a une dizaine d’années ici, c’était des tensions. Je rappelle que nous avons perdu des hommes, je ne parle pas des attentats de ce printemps dernier. Je parle de nos militaires qui pendant dix ans, dans le cadre de l’opération Licorne, se sont engagés. Donc non, j’ai confiance en la Côte d’Ivoire. C’est le hasard. Aujourd’hui, il y a ce référendum et je n’ai pas moi à me mêler des affaires intérieures politiques de la Côte d’Ivoire. Mais que ce soit un message de confiance à la Côte d’Ivoire, oui incontestablement. C’est le sens de mon déplacement.

RFI : Au Gabon, et concernant Ali Bongo, vous vous souvenez de la petite phrase que vous aviez prononcée à son propos « Qu’il n’avait pas été élu comme on l’entend ». Donc il a été réélu en août. Diriez-vous la même chose aujourd’hui ?
- Mais je dirais les choses simplement : la France prend acte de ces résultats. Il y a un président, il va y avoir des élections législatives. Les candidats ont considéré qu’il fallait que ça soit le Conseil constitutionnel, la cour Suprême qui proclame les résultats. Et ce qui compte pour la France, c’est l’avenir du Gabon qui est confronté à une crise économique due à la chute du prix du pétrole, c’est la situation de sa population. Et le seul souhait que nous pouvons émettre, c’est qu’il y ait dialogue, c’est qu’il y ait réconciliation, c’est qu’il y ait capacité de construire là aussi l’avenir ensemble entre ceux qui ont été candidats à l’occasion de cette élection présidentielle. Et ce dialogue pourra se poursuivre avec les autorités gabonaises. Je pense notamment dans le cadre à Madagascar du grand sommet de la Francophonie.

France 24 : Nous allons aborder bien sûr la question du terrorisme islamiste en France, comme en Afrique d’ailleurs.
RFI : Depuis votre arrivée, vous avez insisté assez régulièrement sur la nécessité de renforcer les dispositifs de sécurité, notamment près des écoles françaises. Est-ce que ça veut dire qu’il y a une menace précise sur la communauté expatriée française ?
- Il n’y a pas seulement une menace, il y a eu des actes. Il y a eu des attentats à Bamako, à Ouagadougou au Burkina Faso, évidemment en Côte d’Ivoire. Il y a des menaces. Chacun en est conscient.

RFI : La question était, une menace «précise» ?
France 24 : Est-ce qu’il y a eu une augmentation du niveau de la menace récemment ?
- Ces pays sont visés, très souvent parce qu’il y a bien sûr une communauté française importante, mais parce que ce sont aussi des pays qui se développent, parce que ce sont des démocraties. Ça a été vrai pour la Tunisie, c’est vrai pour le Mali, pour le Burkina Faso, pour la Côte d’Ivoire. Donc bien sûr qu’il y a une menace. Et nous avons pris toutes les mesures, et nous continuerons à les prendre, pour protéger nos compatriotes, mais aussi nos institutions et les écoles. En parlant des écoles, je continue de penser que l’investissement qui doit être le nôtre sur le réseau de nos écoles doit être plus que jamais une priorité. Nous ne pouvons pas nous permettre des baisses de subventions. Donc oui, et je l’ai dit à chaque fois que j’ai rencontré la communauté française dans chacun des pays, nous leur devons ce devoir de protection, comme de coopération avec les pays en matière de renseignements, de formation des troupes d’élite, de coopération entre les armées pour lutter contre les terroristes.

RFI : Alors le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est en Centrafrique pour sonner la fin de l’opération Sangaris. C’était prévu, et le retrait des troupes. Mais ça arrive au moment où il y a des affrontements entre musulmans et chrétiens. La première question, c’est : est-ce que c’est le bon moment ? Et est-ce qu’il n’y a pas un « rapatriement de la sécurité » pour la France, un peu plus pour les Français que pour l’Afrique ?
- On est très inquiets des graves incidents qui ont lieu ces derniers jours. Il y a eu 25 morts il y a 48 heures. Et c’est pour cette raison-là que Jean-Yves Le Drian se rend en effet à Bangui. Il y a une mission des Nations unies, la Minusca. Elle est déployée…

RFI : Elle est mise en cause aussi ?
- Et elle doit continuer à monter en puissance. Et la France assumera ses responsabilités et Jean-Yves Le Drian le dira, il est hors de question, de toutes façons nous garderons là aussi un engagement en Centrafrique, il est hors de question de laisser ce pays seul. Donc les Nations unies, l’Union européenne et la France, ensemble avec l’Union africaine, doivent permettre de sauvegarder la paix civile, même si c’est très difficile en Centrafrique.

RFI : Nous voulions aborder la question de l’enquête après l’assassinat de nos confrères de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, il y a presque trois ans jour pour jour. François Hollande a déclaré à Gérard Davet et Fabrice Lhomme, les auteurs du livre dont on a beaucoup parlé ces derniers temps « Un président ne devrait pas dire ça », que les assassins de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, sont peut-être les mêmes que ceux qui ont assassiné Philippe Verdon, un autre otage français enlevé au Mali et qui a été assassiné en 2013. Pour nous RFI et France 24, il s’agit d’un élément nouveau. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur les commanditaires de l’assassinat de nos confrères ?
- Non, je pense qu’il faut être extrêmement prudent. C’est vrai que trois ans après…

RFI : Ca a été déclassifié pourtant ?
- Absolument, parce que nous l’avons voulu, à la demande de la justice.
 
France 24 : Il y a encore des zones d’ombres ?
- Sur les circonstances exactes, oui vous avez raison, il y a des zones d’ombre de ces meurtres, les responsabilités, la chronologie précisent reste encore à établir. Et cette vérité, nous la devons aux familles bien évidemment.

RFI : On la connaîtra cette vérité ?
- Il le faut. Moi, je pense que les choses progressent. Je comprends l’impatience, l’attente des familles, la douleur.

RFI : Et puis la vérité ?
- Je comprends la préoccupation aussi des confrères de ces deux journalistes, de l’ensemble de la presse. Donc il faut que cette vérité soit ouverte. Les services français, vous venez de le dire, ont déclassifié un certain nombre de documents qui avaient été sollicités par les juges d’instruction. Donc toute la lumière, bien sûr, doit être faite sur ce double assassinat.

France 24 : Ça fait un petit bout de temps que l’on entend cela
- Mais parce que c’est difficile dans les circonstances au Nord du Mali, c’est pour cela que nous sommes présents. Toute la vérité doit être faite, nous le devons aux familles et puis à l’ensemble des journalistes dont je veux saluer le travail et qui s’engagent dans des conditions très difficiles pour informer et pour établir aussi toujours la vérité.

France 24 : On va aborder le chapitre français. Vous avez dit votre colère et la honte des militants après les confidences de François Hollande aux journalistes qui l’a plongé dans le discrédit, il n’a plus beaucoup de partisans François Hollande. Mais vous avez dit aussi que vous étiez loyal. Ça fait longtemps que vous le dites, mais vous dites aussi que vous êtes un militant libre. Alors qui va prendre le pas, est-ce que ça va être le militant qui va prendre le pas sur le loyal ? Et en clair, comme vous le demande Arnaud Montebourg dans le Journal du Dimanche du 30 octobre, est-ce que vous allez quitter Matignon pour retrouver votre liberté ?
- Il faut agir en responsabilité. Nous ne sommes pas dans une cour de récréation, ni dans un bac à sable. Il s’agit de la France. Je suis chef du gouvernement.

RFI : Pas chef du bac à sable ?
- Absolument. Je n’ai pas à démontrer ma loyauté vis-à-vis du président de la République. Elle est là, chacun le reconnaît vis-à-vis du président de la République, vis-à-vis des institutions. Vous savez dans un moment de trouble, de questionnement, de mise en cause parfois de la démocratie, de montée des populismes, tenir les institutions, tenir l’Etat, c’est essentiel. Mais j’ai une mission. Et c’est étrange d’ailleurs de le dire en cette fin de semaine où nous avons constaté une baisse historique du chômage -66 000 chômeurs de moins, 90 000 depuis le début de l’année-, où nous avons voté, le Parlement plutôt l’Assemblée nationale a voté la première partie de la loi de finance qui se concrétise…

France 24 : Pourquoi tout ce discrédit ?
…par une baisse nouvelle des impôts pour les classes moyennes et les couches populaires, une semaine où nous avons mené cette opération humanitaire maitrisée sur Calais, une semaine où le mouvement des policiers a rappelé que pour nous, c’était une priorité, ce que nous avions engagé depuis 2012. Ce que je veux vous dire, c’est que je veux défendre un bilan, celui d’une gauche réformiste et il faut l’assumer, que c’est plus que jamais l’occasion de le confronter intelligemment, démocratiquement avec la droite qui est en train de mener sa primaire et qui veut remettre en cause en grande partie le modèle social. Puis il faut ouvrir des nouveaux chapitres, des nouveaux champs, et je l’ai fait notamment sur le revenu minimum garanti. Voilà quelle est mon attitude et ma démarche.

RFI : Vous essayez de le défendre mais c’est de plus en plus difficile avec le discrédit qui pèse sur François Hollande. Ce livre de confidences dont on a beaucoup parlé rend la défense du bilan quasiment inaudible ?
- Il faut donner un sens à nos projets et il faut comparer avec ce que propose la droite parce que c’est ça un débat démocratique. Mais si je peux rajouter quelque chose, il y a des fractures dans notre société. Il y a de l’inquiétude. S’il y a du discrédit, c’est vis-à-vis d’une manière générale de la parole publique. Aujourd’hui franchement, il n’y pas envie de droite ; la gauche est divisée et l’extrême droite est là, on lui donne 30% dans les enquêtes d’opinion. Et nous serions nous en train de nous diviser.

France 24 : On a l’impression quand même qu’au sein même du gouvernement, il y a des tensions actuellement ?
- Ça ne m’intéresse pas parce que ça n’est pas à la hauteur des enjeux. C’est un honneur immense que d’être chef du gouvernement et donc moi, j’ai envie de continuer à servir la France et les Français. Mais je ne ferai jamais rien qui rajoute du désordre ou qui divise davantage. Mais aujourd’hui, est-ce que nous sommes en position de gagner dans la position dans laquelle nous sommes ? Non. Vous prenez toutes les propositions de la droite, je pense à la suppression de l’impôt sur la fortune, aux 300 000 ou 700 000 (selon les candidats) de fonctionnaires en moins, à l’absence de priorité donnée à l’école. Vous prenez toutes les idées de la droite, elles sont rejetées par les Français. Nos valeurs et nos propositions, elles sont souvent soutenues par les Français. Et pourtant, il y a ce désamour. Mais moi, je suis convaincu que quel que soit le candidat de la droite, et nous verrons à partir du mois de février, la gauche peut gagner, peut même sortir le Front national du deuxième tour.

RFI : Avec qui ? Avec Hollande, vous ou Arnaud Montebourg ou Macron ?
- Mais c’est cette discussion, ensemble, ensemble. Et c’est cette discussion-là que nous devons avoir ensemble. Moi, je veux être à la hauteur des responsabilités…
 

RFI : Le message est clair ?
…Je veux être à la hauteur des responsabilités du moment, c’est-à-dire faire en sorte que la France assume ses responsabilités dans le monde comme nous le faisons, et que la gauche puisse demain l’emporter. Et moi, j’y contribuerai d’une manière ou d’une autre.

RFI : Est-ce que François Hollande incarne bien ? Est-ce qu’il n’y a pas un problème d’incarnation comme le dit Claude Bartolone quand il se confie à des journalistes, notamment sur des secrets d’Etat ?
- François Hollande a incarné la France quand il s’est agi de sauver le Mali. François Hollande a incarné la France quand il a fallu sauver la Grèce pour qu’elle reste dans l’Europe.

France 24 : Dans le passé ???
- Non, parce que ça reste toujours d’actualité. Quand François Hollande a permis avec sa diplomatie, je pense notamment à Laurent Fabius ou à Ségolène Royal, l’accord sur la COP21, tout le monde a salué l’action de la France et celle du président de la République.

France 24 : Mais maintenant, François Hollande a du mal à incarner la France aux élections présidentielles ?
- Honnêtement, ça n’est pas la question. Non, mais ce n’est pas celle de l’incarnation.

France 24 : Mais si vous voulez gagner, il faut une incarnation ?
- Mais non, ce n’est pas celle de l’incarnation. Est-ce que François Hollande a été à la hauteur au moment des actes terroristes ? Il l’a été. Ce que j’ai à dire au président de la République, y compris sur le livre dont vous parlez, je lui dis directement. Mais moi, j’ai du respect pas seulement vis-à-vis de François Hollande, de l’homme selon la formule, c’est un ami. Mais j’ai du respect aussi par rapport à la fonction. Donc personne ne doit participer d’un jeu qui viserait à affaiblir le président de la République. Mais préserver nos institutions, la fonction présidentielle, la force que cela représente dans notre pays ? Oui, bien sûr, c’est essentiel et chacun y contribue. Et moi, je dois y contribuer bien sûr comme chef du gouvernement, mais que chacun soit à la hauteur de la situation et des grands enjeux que vous m’avez permis de traiter à l’occasion de cet entretien.

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