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24/10/2016

Au futur Secrétaire Général de l'ONU

Par Alain Cappeau, 22/10/2016
 
Lettre ouverte à Monsieur Antonio GUTERRES, futur nouveau Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies
 
En aparté, permettez-moi, cher Monsieur Guterres, de vous appeler Monsieur le Premier Ministre, avant de vous appeler Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies.
 
Cher Monsieur le Premier Ministre,

Vous venez d’être désigné comme successeur de M. Ban Ki Moon au poste de Secrétaire Général de l’ONU, et je vous en félicite. Je vous félicite également pour le travail conséquent que vous avez accompli pendant vos deux mandats comme haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, vos résultats parlant pour vous.

Sur ce, je confesse avec soulagement qu’il était grand temps que votre prédécesseur passât la main, tant il fut controversé - et c’est peu dire - au sein d’une institution qu’il aura durablement délégitimé[e]. «C’est le pire des secrétaires généraux que l’ONU ait connu… c’est un gestionnaire qui peut détruire toute l’ONU», disait de ce monsieur Inga-Britt Ahlenius, ancienne patronne du service interne à l’ONU de lutte contre la corruption, le 14 juillet 2010. Ces propos n’eurent été qu’un épiphénomène, s’ils n’avaient pas été relayés à cette même période par le quotidien britannique « the Independent » qui renchérissait en affirmant « Qu’il ne faudrait pas moins qu’une révolution dans son approche, s’il - M. Ban Ki Moon - voulait mériter un second mandat ». Nonobstant le fait que ce monsieur ait déjà bénéficié des largesses de l’inconséquent Bush Jr pour arracher un premier mandat de secrétaire général de l’ONU, il ne reculera devant aucune imposture universelle, pour s’en faire décerner un second en juin 2011, après avoir paraphé avec un zèle irresponsable en mars 2011, la résolution 1975 qui donnera tous pouvoir à l’exécutif français pour déposer en Côte d’Ivoire un Président démocratiquement élu, une première du genre ! Ce fait d’armes malsain et odieux décrédibilisera pour des lustres à la fois l’ONU et son office de judicature qu’est la Cour Pénale Internationale qui instruit aujourd’hui une procédure clownesque et gesticulatoire à l’encontre du Président ivoirien Laurent Gbagbo. Mais tout cela, Monsieur le Premier Ministre, vous ne l’ignorez certainement pas.

Nul besoin donc de soliloquer encore et encore sur la crise identitaire de votre institution car il s’agit aujourd’hui, et il en va de votre responsabilité, de redorer son code de moralité, pour qu’elle redevienne, à minima, audible. A cet égard il est temps de reconsidérer les valeurs et les idéaux de la charte des Nations Unies signée en juin 1945 et d’en repenser les exigences humanitaires et judiciaires. Monsieur le Premier Ministre, si vous ne voulez pas que l’Union Africaine aujourd’hui en ébullition suite au récent retrait de la CPI de la République du Burundi, se détourne de votre institution dans une crise hémorragique, si vous ne souhaitez pas subir une cuisante humiliation dans la procédure en cours contre le Président Laurent Gbagbo, intervenez, je vous prie, avec célérité, auprès de cette Cour Pénale Internationale pour la raisonner et faire arrêter un procès qui part à la dérive sous les coups de boutoir d’une accusation grotesque, inconsciente et sermonnaire qui sévit dans une violence comportementale suicidaire. Aucune raison d’Etat, fût-elle d’essence Onusienne, ne doit primer le droit et la justice, quand bien même des intérêts souterrains commanderaient le contraire.

Si vous avez la ferme conviction, Monsieur le Premier Ministre, que le monde ne doit pas sombrer pour que votre justice soit, alors, œuvrez de toute urgence à la réhabilitation du Président Laurent Gbagbo dans ses droits fondamentaux. Rendez-lui une liberté qui lui a été confisquée au nom d’un dogme éculé, d’une politique de marché noir. Soyez celui qui dénoncera une pseudo-posture démocratique d’une procureure sycophante, aux indignations sélectives et qui instrumentalise la morale pour en faire un argument politique. Soyez simplement, enfin, le Secrétaire Général des Nations Unies qu’une Communauté Internationale aujourd’hui avachie, attendait. Soyez le bienvenu, sans procès d’intention.

Monsieur le Premier Ministre, je me permettrai de joindre à cette présente, lorsque vous la recevrez en main propre, un rappel historique synthétique des faits qui ont amené à ce que le Président Laurent Gbagbo soit déposé le 11 avril 2011, rappel accessible par n’importe qui sur le Net. Vous comprendrez ainsi pourquoi des millions de femmes et d’hommes de par le monde soutiennent autant intellectuellement que viscéralement la cause du Président Laurent Gbagbo que votre Justice Internationale a, à son corps défendant, transsubstantié en icône. Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous feront blanc ou noir, aurait presque dit Monsieur de La Fontaine.

Enfin, sur une note plus légère, je vous prie de bien vouloir prendre en considération mon désir d’aller vous rencontrer au siège des Nations Unies, ou ailleurs à votre convenance, afin de vous convaincre que si l’homme que je suis blâme l’injustice, c’est plus pour le préjudice qu’il en reçoit par le truchement de la souffrance d’un autre homme, que pour l’aversion qu’il en a pour elle. Et ainsi de considérer forclose l’inique procédure en abjuration du Président Laurent Gbagbo.
Dans cette attente et en réitérant mes félicitations pour votre nomination, je vous prie d’agréer, cher Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération.
 
Alain CAPPEAU
Conseiller Spécial et ami de Laurent Gbagbo

In Le Temps N°3908 du Lundi 17 octobre 2016
LesAmisdeLaurentGbagbo.com

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