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16/10/2016

cathédrale orthodoxe russe de Paris : Inauguration repoussée au 4 décembre.. .


L’annulation par Vladimir Poutine de sa venue à Paris repousse l’inauguration officielle de la nouvelle cathédrale orthodoxe sur les bords de Seine.
L’affectation finale de l’édifice, entre-temps devenu bien diplomatique, n’est toujours pas clairement définie.




On ne voit qu’elle, surplombant le quai Branly et le pont de l’Alma de ses cinq bulbes dorés, à deux pas de la Tour Eiffel. Le chantier de la nouvelle cathédrale russe orthodoxe, financée rubis sur l’ongle par le Kremlin à hauteur de 150 millions d’euros sur l’ancien site de Météo France, est arrivé à son terme. L’ensemble devait être inauguré à la fin du mois d’octobre par un trio annoncé de longue date : le patriarche Kirill de Moscou, responsable de l’Église orthodoxe russe, ainsi que les présidents Vladimir Poutine et François Hollande.La crise syrienne en a décidé autrement.

La photo entre les deux chefs d’État, initialement annoncée le 19 octobre au cours de la visite éclair – finalement annulée – de Vladimir Poutine à Paris, n’aura pas lieu.

Les futurs occupants du site – le diocèse orthodoxe russe de Chersonèse, rattaché à Moscou – mettent désormais les bouchées doubles pour que l’inauguration religieuse, prévue cette fois le 4 décembre en présence du patriarche Kirill, puisse avoir lieu dans les meilleures conditions. « Tout l’aménagement intérieur reste à faire et le temps nous est compté », s’inquiète un responsable du diocèse.
La France demeure un symbole fort aux yeux de Moscou
Négociée sur un coin de table entre Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine en 2007, en marge de la visite à Paris du précédent patriarche de Moscou, Alexis II, la construction de la cathédrale du quai Branly incarne le retour au premier plan de l’orthodoxie russe après la longue parenthèse soviétique. Terre d’accueil de nombreux Russes orthodoxes au lendemain de la révolution d’octobre 1917, la France demeure un symbole fort aux yeux de Moscou.
Le XXe siècle et la guerre froide ont façonné un paysage russe orthodoxe diversifié dans l’Hexagone : nombre de communautés sont passées dans l’orbite du Patriarcat de Constantinople, en particulier les cathédrales de la rue Daru (Paris), de Nice et de Biarritz ; d’autres ont constitué une Église russe hors frontières résolument hostile à Moscou ; enfin, certains sont demeurés fidèles à l’Église mère malgré la soviétisation.
Depuis la chute du système soviétique et la fin de 70 ans de persécutions, l’Église orthodoxe russe opère un spectaculaire retour au premier plan. Ciment de l’identité russe à l’intérieur du pays, mais aussi dernière institution à couvrir le territoire de l’ex-URSS (Russie, Biélorussie, Ukraine, pays Baltes, Kazakhstan, républiques d’Asie centrale), elle s’emploie méthodiquement, sous la conduite du patriarche Kirill, à rapatrier dans son giron tous les morceaux perdus au cours du XXe siècle.
Kirill, un acteur à part dans la galaxie orthodoxe
Après avoir passé un accord avec la quasi-totalité des Églises russes hors frontières (2007), Moscou a ainsi obtenu devant les tribunaux la récupération de la cathédrale de Nice (2011). En attendant que ses vues se concrétisent sur Biarritz et sur la rue Daru, la construction d’une cathédrale sur le quai Branly participe de cette nouvelle dynamique d’expansion et de visibilité de l’orthodoxie russe dans le monde, dans laquelle le Kremlin a aussi son intérêt en termes d’influence.
Enfin, la démographie joue en faveur de Moscou : forte de ses 150 millions de fidèles (plus de la moitié de l’orthodoxie mondiale), cette dernière entend prendre le pas sur sa rivale Constantinople pour le leadership sur l’orthodoxie. La rencontre historique, en début d’année, entre le patriarche Kirill et le pape François a ainsi permis au responsable de l’Église russe d’endosser le statut d’acteur religieux planétaire. Le refus de Moscou de participer au concile panorthodoxe présidé par le patriarche œcuménique de Constantinople, en juin, en fait plus que jamais un acteur à part dans la galaxie orthodoxe.
Reste toutefois, sur les bords de la Seine, à trouver une affectation finale à ce nouveau joyau architectural. Autorisé à devenir un bien diplomatique (chapelle rattachée à l’ambassade russe) par la justice française, afin de le mettre à l’abri de toute saisie dans le cadre du feuilleton judiciaire international Ioukos (La Croix du 8 mai 2016), l’ensemble ne peut plus accueillir d’école russe à côté de la cathédrale, comme il était initialement prévu.
Samuel Lieven, laCroix.com

12:44 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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