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19/09/2016

Le procès politique intenté au Président Laurent Gbagbo

 
Contribution d'Alain Cappeau

Posté le 16/09/2016 - Par Cappeau Alain
Pour mémoire. Rappel historique des faits qui ont amené à ce que le Président Laurent Gbagbo soit déposé le 11 avril 2011. Les acteurs, les instigateurs, les intrigues. A l’intention de ceux qui découvriraient l’imposture en cours, et de ceux qui souhaiteraient disposer d’une vulgarisation chronologique d’une démarche conspirationniste.
 
Le procès qui se tient à la CPI depuis le 28 janvier 2016, dit Laurent Gbagbo/Charles Blé Goudé contre le procureur est un procès politique, qui réunit :
- Un « Etat persécuteur », en l’occurrence une petite frange d’une Communauté d’intérêts représentée par l’ONU,
- Des magistrats serviles ou partisans (Cf. entre autres, la confirmation des charges contre Laurent Gbagbo en date du 12 juin 2014, quand la juge présidente De Gurmendi de la chambre préliminaire aurait fait confirmer les charges par un juge mourant pour avoir la majorité sur un troisième juge réfractaire),
- Des culpabilités fabriquées de toutes pièces par les procureurs Ocampo et Bensouda et des condamnations pour l’exemple. La tête d’un chef d’Etat, pour une fois, « ça aurait quand même de la gueule », aurait dit un magistrat en échange off !
 
I/ Les racines du mal
Dans les faits, l’origine de ce procès remonte à l’accession au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000. En effet, celui-ci souverainiste avait laissé entendre que la Côte d’ivoire devait s’émanciper d’une tutelle imposée par son ancien colonat, la France. Or cette posture déplaira fortement à l’exécutif français de l’époque au point de décider de l’écarter de son poste, par tous les moyens.
Pour ce faire il fallait trouver celui qui pourrait docilement être installé à la tête de la Côte d’Ivoire, en lieu et place du Président Laurent Gbagbo. Ce qui fut fait en la personne de M. Ouattara. Mais comment dès lors déloger celui qui était considéré comme le père du multipartisme et de la démocratie en Côte d’Ivoire ?
Le réseau Françafricain d’alors sortit de son chapeau un joker du nom de Soro Guillaume, dit le rebelle, et installa d’une manière opaque une base arrière d’intelligence avec une rébellion formée, financée et armée au Burkina Faso sous la protection zélée du Président Blaise Compaoré, depuis délogé de sa fonction.
La première tentative avortée de coup d’Etat pour déposer Laurent Gbagbo eut lieu le 19 septembre 2002, après que celui-ci ait clôturé le forum de la réconciliation en Côte d’Ivoire en présence, entre autres, de M. Ouattara.
La France, en butte à une résistance inhabituelle en Afrique de la part d’un souverainiste, ne cessera de faire progresser ses pions en Côte d’ivoire pour le déstabiliser, jusqu’aux accords de Linas Marcoussis du 24 janvier 2003 concoctés par quelques français de peu, empoisonnés par leur idéologie, qui devaient enlever une gouvernance de fait au Président Laurent Gbagbo. Mais c’était sans compter sur l’intelligence politique de ce dernier qui fit montre d’une diplomatie et d’une pédagogie exceptionnelles pour continuer de diriger à sa main son pays.
En novembre 2004, l’exécutif français excédé de ne pouvoir mater ce trublion qu’était devenu, à ses yeux, le Président Laurent Gbagbo, aurait lancé une opération de bombardement sur sa propre base militaire de Bouaké, commettant alors une bavure des plus insoutenables qu’un Etat, dit des droits de l’homme, puisse perpétrer. Aujourd’hui, 12 années après, trois anciens ministres français sont inquiétés par la justice française qui instruit enfin des plaintes des familles des huit militaires français qui auraient été sacrifiés sur l’hôtel de la Françafrique.
En 2007 les accords dits de Ouagadougou auront permis à Laurent Gbagbo de s’accorder un répit tout relatif avant d’aller aux prochaines présidentielles. Cet accord bancal qui lui « imposait » de prendre comme premier ministre celui-là même qui avait pris les armes contre lui, Soro Guillaume, stipulait d’une manière très explicite qu’un désarmement total du pays devait être opéré avant la tenue de ces prochaines élections présidentielles.
 
II/ Des élections truquées
 En octobre 2010, sous les diktats d’un nouvel exécutif français, ami intime de Ouattara et consorts, Laurent Gbagbo se résignera à organiser les élections présidentielles non sans avoir désamorcé, au cours de cette année, de nombreux préparatifs de tricheries (rappelons-nous l’affaire Beugré Mambé), et constaté que plus le temps passait, moins le désarmement du pays imposé par l’ONUCI était possible et plus les obus, les explosifs, les kalachnikovs et les caisses de munitions s’empilaient dans les caches des terroristes et autres mercenaires venus entre autres du Burkina Faso. C’était pour la coalition armée qui fourbissait ses armes, une affaire de temps et de convenance. Il fallait être prêt au cas où le coup d’Etat électoral fomenté ne fonctionnerait pas comme prévu.
Les élections présidentielles de 2010 se déroulèrent dans des conditions abjectes, entre corruption, barbarie, crimes et fraudes sous couverts d’une ONUCI particulièrement complaisante. Lors du deuxième tour de ces élections, la Commission Electorale « Indépendante », majoritairement favorable à M. Ouattara, n’a pas été en capacité, dans les 3 jours qui ont suivi la clôture du scrutin, de donner les résultats provisoires attendus. Ce n’est que le lendemain de cette date butoir, le jeudi 2 décembre 2010, que le Président de cette CEI, M. Youssouf Bakayoko se présentera seul à l’hôtel du Golf, alors quartier général de M. Ouattara, pour prononcer l’élection de ce dernier. Cette mascarade sera immédiatement entérinée par M. Choi, le représentant du secrétariat général de l’ONU. Et ainsi le coup d’Etat électoral serait consommé !
Sans attendre cette annonce, le candidat Laurent Gbagbo, dès le 1er décembre 2010, avait introduit, dans les règles de l’art, auprès du Président du Conseil Constitutionnel ivoirien, cinq requêtes en annulation du deuxième tour de scrutin pour 7 départements du nord de la Côte d’Ivoire, du fait de graves fraudes qui auraient entaché la régularité du scrutin. Après examen des procès-verbaux et croisement des chiffres, le Conseil Constitutionnel déclara, le 3 décembre 2010, Laurent Gbagbo vainqueur de ces élections, avec 51,45% des suffrages, le 4 décembre celui-là prêtera serment au cours d’une cérémonie d’investiture.
 
III/ L’engrenage guerrier
 Pour l’exécutif français et ses affidés de circonstance en Côte d’Ivoire, ce coup d’Etat électoral non abouti restait une épine en travers de leur gorge, car Laurent Gbagbo qui était bien assis au palais présidentiel du plateau, dans son fauteuil de Président, ne cessait de réclamer un recomptage des voix, alors qu’il aurait pu se satisfaire de son investiture. Ce recomptage ne sera jamais accepté, ni par cet exécutif français et encore moins par les démocratures africaines qui lui vouaient allégeance, ni même par le Président de l’Union Africaine d’alors… un certain Jean Ping, en butte à la même problématique aujourd’hui au Gabon !
Pour la classe dirigeante française, l’insoumission d’un dirigeant africain valait crime de lèse majesté. Gbagbo le mauvais élève serait l’homme à abattre, par n’importe quel moyen. C’est ainsi qu’une lettre de cachet fut dépêchée auprès du secrétaire général des Nations Unies, pour faire que la France déclarât la guerre à la Côte d’Ivoire. Dans une transaction donnant donnant, la résolution 1975 fut délivrée manu militari par ce secrétaire général pour que « l’usurpateur » Gbagbo, qu’on qualifiera alors de dictateur, soit déposé et remplacé par le doux factieux Ouattara : une imposture d’anthologie.
Les forces françaises puissamment armées, appuyées par une coalition de mercenaires venus de toute la sous-région bombardèrent la résidence présidentielle des jours durant et tuèrent "légalement" » une centaine de civils présents. Laurent Gbagbo sera arrêté le 11 avril 2011, après avoir défendu bec et ongles sa légitimité constitutionnelle. La souveraineté et l’intégrité de son pays, la Côte d’Ivoire, agressé militairement, ont été défendues par le chef de l’Etat et chef des armées Laurent Gbagbo, dans le cadre d’une légitime défense prévue aux articles 100 et 101, chapitre 2, section 1 du code pénal ivoirien.
Dans une apathie générale en Côte d’Ivoire, une démocratie française avachie, une ONU servile, une presse jargonneuse raciste et quelques pouvoirs africains abouliques n’ayant que faire d’une dialectique victimaire, auront permis l’arrestation de Laurent Gbagbo puis sa déportation à la Cour pénale Internationale le 29 novembre 2011, où il sera inculpé de crimes contre l’humanité.
 
IV/ La Cour Pénale dans son microcosme
 Avant le début de ce procès qui a démarré le 28 janvier 2016, soit 4 années et un mois après son extradition, tout aura été opposé à Laurent Gbagbo. A huit reprises une liberté provisoire lui sera refusée au motif qu’il jouirait d’une trop grande popularité. Même assister aux funérailles de sa maman lui sera interdit, c’est dire le degré d’humanisme qui règne dans le cercle ragoûtant de cette instance ! On oubliera les séances de confirmation des charges Hitchcockienne, avec ses jugements arbitraires et son épilogue macabre. Paix à l’âme du juge allemand Klaus.
Même la requête initiée le 2 février 2015 auprès de 16 chefs d’Etat et de gouvernement membres permanents et non, du Conseil de Sécurité des Nations Unies et auprès de l’Union Africaine, pour introduire auprès de ce Conseil, une demande « de sursis à enquêter ou à poursuivre », en regard de l’article 16 du statut de Rome, sera restée lettre morte, chacun voulant s’exonérer de ses responsabilités.
Alors devant cette impassibilité générale, il fallait coûte que coûte que le procès en abjuration contre Laurent Gbagbo se tînt. Quelle gabegie ! Quel amateurisme de la part d’une accusation aux abois ! Dans un simulacre de procédure, tout sera fait pour que cette judicature de marchands d’illusions se mette une balle dans le pied en affirmant que c’était bien les forces armées de l’exécutif français qui avaient attaqué la Côte d’ivoire, en mettant de fait le Président Laurent Gbagbo devant son devoir de défendre sa souveraineté. C’est donc bien la France qui pourrait être accusée de crimes contre l’humanité ! Alors à quand un coup d’Etat citoyen et démocrate qui imposerait la caducité de la procédure en cours contre Laurent Gbagbo ? Et si l’effet d’aubaine que représentent les tractations occultes franco-gabonaises qui concernent les résultats des dernières élections présidentielles du 27 août 2016 au Gabon, pouvait nous permettre de saisir une juridiction internationale pour faire valoir rétroactivement nos droits dans l’affaire Gbagbo contre le Procureur à la CPI !
 
Alain CAPPEAU
Conseiller spécial et ami du Président Laurent Gbagbo
Lesamisdelaurentgabgbo.com

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