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11/09/2016

Gabon: Jean Ping reste ferme à l’égard de la Cour constitutionnelle

C’est une nouvelle étape de la contestation électorale au Gabon après la présidentielle et la réélection sur le fil d’Ali Bongo. L’opposition, le camp de Jean Ping, a donc finalement déposé un recours devant la Cour constitutionnelle. Un recours pour demander le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote dans la province du Haut-Ogooué où Ali Bongo l’a remporté avec 95% des voix et un taux de participation de quasiment 100%. Jean Ping s’est adressé ce vendredi à ses partisans, à son quartier général, et a montré une position très ferme à l’égard de la Cour.
Selon Jean Ping, les neuf juges de la Cour constitutionnelle sont maintenant face à un choix entre la stabilité et l’instabilité du Gabon. La stabilité ce serait de déclarer Jean Ping vainqueur après un recomptage des voix du Haut-Ogooué. L’instabilité durable et profonde, selon lui, ce serait de confirmer la victoire d’Ali Bongo. D’après Jean Ping, un verdict favorable au président contraindrait le peuple à prendre son destin en mains, parce qu’il n’aurait « plus rien à perdre ». Il a ajouté qu’il se tiendrait alors à ses côtés, qu’il irait jusqu’au bout pour faire respecter la vérité des urnes.
L’opposant s’est adressé aux magistrats de la Cour constitutionnelle eux-mêmes, leur demandant de dire le droit, de faire preuve de grandeur, de dépasser leurs intérêts personnels. Il a rappelé qu’en déposant un recours, il se comportait en légaliste. Maintenant, il attend que le recomptage des PV bureau de vote par bureau de vote fasse jaillir la vérité et ramène la sérénité dans le pays, car, « je suis un républicain et un démocrate. Je crois en l’Etat de droit », a-t-il affirmé. Pour lui, la Commission électorale et le ministère de l’Intérieur se sont fourvoyés en affichant leur soutien au président sortant avant d’appeler Ali Bongo « le président sorti ».

Scène de liesse au QG de l’opposition
Cette allocution s’est faite devant plusieurs centaines de militants. Des partisans réunis au QG, sur fond de chants religieux, parce que la chapelle ardente installée en mémoire des victimes des violences est toujours active. Il y a une sorte de haie d’honneur qui s’est formée, acclamant les personnalités politiques une à une. Puis, lorsque le chef de file de l’opposition est arrivé en faisant le V de la victoire ça a été la liesse. Les gens ont crié : « Jean Ping président ! Jean Ping c’est dosé », ce qui est un slogan de campagne. L’hymne gabonais a été entonné à deux reprises. Puis Jean Ping est rapidement reparti après son discours dans la même ambiance.
Mais tout n’avait pas commencé dans ce climat. Un peu plus tôt, alors que la presse se rassemblait, un journaliste a été pris à parti. Il s’agissait d’un reporter de Gabon Télévision, la chaîne nationale qui s’appelait avant la RTG. Les gens lui reprochaient d’être inféodé au pouvoir, de ne pas être objectif. Il a même dû être exfiltré par le service de sécurité, alors que certains souhaitaient carrément le lyncher en criant « RT-PDG » du nom du parti au pouvoir. Dehors, l’homme a tenté de discuter en disant qu’il était là pour écouter le message, qu’en tant que démocrate, il pouvait aller du côté du pouvoir ou de l’opposition et qu’il était un citoyen d’abord. Un Gabonais comme les autres.

Pour le camp Bongo, Ping veut faire « le buzz »

Suite aux déclarations de Jean Ping, la réaction des autorités ne s'est pas faite attendre. Le porte-parole d'Ali Bongo, Arnauld Engandi-Alandi, les juges ne se laisseront pas influencer par les propos de Jean Ping, qu'il accuse de vouloir « faire parler de lui » mais aussi de « couardise ».

« Je pense que monsieur Ping aime, ce que les jeunes appellent "le buzz", faire parler de lui. Donc on va toujours aller dans de grandes tirades lyriques sans faits, critique-t-il. Ça peut être une tentative d’intimidation mais je pense que les juges qui sont à la Cour constitutionnelle ont suffisamment de vécu, d’expérience pour ne pas se laisser intimider par ce qui n’est, jusqu’ici, que des mots. »

Le porte-parole critique aussi la posture de l'opposant. « Qu’il s’affiche en disant "je prendrais mes responsabilités, je demanderais au peuple de ma suivre" mais de laisser, comme ça, le peuple sans chef de file en prétendre que le peuple tout d’un coup veut être animé d’une volonté et qu’il n’y aura personne pour le guider, je trouve ça un peu lâche sur les bords. Je pense que monsieur Ping dit clairement qu’il demandera au peuple de poser des actes, soit d’insurrection, de vandalisme ou toute autre chose. Mais là encore je pense qu’il faut relativiser les faits. Nous qui avons accès à certaines informations, on a bien vu comment tout ceci était planifié à coups de beaucoup d’argent, beaucoup de financement, notamment extérieurs. Je pense que pour un leader, c’est de la couardise.
RFI.fr
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GABON / CÔTE-D'IVOIRE: MOQUÉ ET TANCÉ SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX SUR SA DEMANDE DE RECOMPTAGE, PING EXPLIQUE MALADROITEMENT POURQUOI IL AVAIT REFUSÉ LE RECOMPTAGE EN COTE-D'IVOIRE.
Jean PING s'est essayé à donner une réponse à tous ceux qui lui reprochent d'avoir refusé le recomptage en Cote- d'ivoire alors qu'il le demande aujourd'hui pour lui dans le cadre de l'élection présidentielle Gabonaise.

En effet, sur les réseaux sociaux, il ne se passe pas un jour sans que les internautes lui rappellent que ce qu'il a refusé au Président Laurent GBAGBO ne devrait pas valoir pour lui et que ce "recomptage serait une injustice" faite à Bongo...Une phrase qu'il avait sorti pour refuser le recomptage en Côte d'Ivoire.
Lassé de se voir reprocher son refus de recomptage Jean PING a tenté une explication maladroite et absurde.
Ainsi, il a affirmé: «Concernant le cas Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire (il faut noter que) l’Union africaine n’est pas une institution supranationale », c’est-à-dire une organisation dont les décisions sont au-dessus des lois des Etats membres. Elle est dirigée par un chef d’Etat en exercice et « la Commission de l’UA ne fait qu’exécuter les décisions des chefs d’Etat »
Il rajoutera que dans le processus de validation des résultats de la présidentielle ivoirienne de novembre 2010, c’est l’ONU, qui supervisait officiellement les joutes électorales et dont les résolutions sont supranationales, avait d’abord « reconnu que c’est Ouattara qui a gagné les élections », ensuite la Cedeao, la France et « tout le monde »,
L’Union africaine, « au niveau des chefs d’État a emboité le pas à la Cedeao pour reconnaître que c’est Ouattara qui a gagné les élections, à partir de là, la chose qu’il convenait de faire c’est de garantir la paix » a t-il confié.
Enfin, il affimera que : « Ce que nous avons fait, c’est de trouver une porte de sortie à tout le monde et qu’est-ce qu’il y a d’erroné dans ça, qu’est-ce que vous reprochez à la Commission de l’UA »,
(Source: www.oeildafrique.com)

Une explication tirée par les cheveux, absurde et qui finira par convaincre les plus sceptiques que PING ne jure que par les décisions imposées de l'extérieur.
PING explique donc que l'UA n'a pas de décisions qui lui soient propres, qu'elle n'est qu'une caisse de résonance, qu elle est sans pouvoir, que ses membres n'ont aucune personnalité et aucun avis propre à donner et qu'ils ne font que calquer leurs décisions sur celle de la France et de l'ONU... Quand on sait que la France est quasi systématiquement à l'origine des résolutions de l'ONU concernant la Côte d'Ivoire et les pays francophones autant dire donc que c'est la France qui impose ses décisions à l'UA...
La France serait donc, par voie de conséquence, supranationale... ? Ses décisions l'emporteraient sur celles des cours constitutionnelles des pays en question ...Les Constitutions des pays ne vaudraient donc plus rien face à la volonté de la France.
PING explique donc que l'UA n'a fait que suivre comme un mouton les décisions qui lui ont été dictées de l'exterieur et qu'ils ont été incapables d'avoir une analyse propre d'une situation conflictuelle.
Mais qu'attendre donc des pays de la CEDEAO par exemple, dont tous les Présidents ne sont que des serfs de la France et qui craignant pour leurs fragiles fauteuils se plient systématiquement aux décisions de la France et de l'Europe...?
Qu'attendre de pays de la CEDEAO majoritairement françafricains ? Une décision contraire à la volonté de la France ? Sérieusement ? Vous y croyez vous ?
Avec PING c'est "Ce n'est pas moi c'est les autres"..il n'a aucun avis à donner sur rien dès qu'il n'est pas touché directement et veut bien se plier à la décision venant de l'extérieur.
Terrible aveu d'un homme qui n'a pas hésité effectivement à faire appel à l'extérieur pour déposer son adversaire...On comprend mieux...PING ne jure que par ce qui vient de l'autre côté ... une tendance née ou peut être accentuée de sa pratique au sein d'une UA sclérosée, incapable de décisions propres...
Ce n'est pas une explication que PING a tenté de donner c'est un aveu d'impuissance et de moutonnisme.
Lamentable...
NB: Ce billet n'est pas une forme de soutien à BONGO dont la servilité est aussi réelle que celle de PING.

Malcolm Any


23:00 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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