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09/09/2016

Interview de Demba Traoré, à paraitre dans Le Nouveau Courrier

Demba Traoré, directeur national adjoint de campagne Gbagbo 2010 chargé de la communication et des TIC parle.



"Avouons le tout de suite. Mes jeunes collaborateurs et moi aurions pu être Yeo Sihifowa l’informaticien accusé d’être « hacker » ou tous les autres informaticiens ivoiriens qui sont mis en cause dans cette crise par le Camp Bongo. Je tiens cependant à préciser que je ne connais Yeo Sihifowa et ses partenaires ni d’Adam ni d’Eve. Je ressens de la peine pour eux et je suis déçu par le silence du gouvernement ivoirien face au traitement qu ils subissent au Gabon. En ce moment précis j’ai une pensée pour tous les jeunes qui ont travaillé avec moi en 2010 en Côte d’Ivoire pour collecter les résultats pour un des candidats et qui se sont mobilisés spontanément pour me permettre de faire une offre à un des candidats dans un pays de la sous région début 2016. J’ai froid dans le dos quand je pense que j’ai fait des propositions de service à des candidats au Gabon qui n’ont fort heureusement pas reçu de suite, C’est Dieu qui est fort avons-nous coutume de dire en Côte d’Ivoire. Au nom donc de tous ces jeunes qui ne demandent qu’à vivre de leur savoir faire, ici l’informatique, je ne peux pas me taire. Oui si les journalistes ont le droit d’exercer leurs métiers partout où besoin en est, et qu ils sont soutenus par reporters sans frontières et les autres organisations professionnelles, s’il en est de même pour les avocats pourquoi n’en serait-il pas de même pour des informaticiens ? Nous aussi avons le droit d'exercer notre métier sans être inquiété.


Collecter des résultats des élections bureau de vote par bureau de vote avec le transfert des images des procès verbaux à l’aide d’applications installées sur des smartphones GSM ou satellitaires n’est en rien une opération d’intrusion illégale ou abusivement nommé hacking.

La mise en place d’un système de collecte des résultats, quand c’est bien exploité permet à un candidat de confirmer ou d’infirmer les tendances et d’anticiper sur le résultat définitif. Cette plateforme devient plus efficace quand elle est couplée avec des sondages au sortir des urnes à la mi journée et à la fermeture des urnes. L’ensemble ayant l’avantage de permettre à un candidat qui a accepté sa défaite d’appeler le vainqueur d’avance et de le féliciter comme ce fut le cas dans 2 à 3 pays de la sous-région. (...)
Comme on vient de le voir la mise en place d’une plateforme de gestion des élections par les candidats doit être encouragé quand on veut vraiment promouvoir la démocratie. Cette pratique est loin d’être un acte criminel d’intrusion de système d’information ou de piratage par des « hackers » comme le gouvernement gabonais veut le faire croire. En effet Ali Bongo est en plein dans la surenchère et la diversion quand il brandit des jeunes comme complices de son adversaire Jean Ping pour avoir organisé la fraude. Comment des résultats transmis à partir de téléphones satellitaires peuvent-ils compromettre des procès verbaux en papier de la CENAP ? Le Gabon a-t-il en place une plateforme de vote électronique de bout en bout dont l’intégrité a été compromise par Yeo et ses prétendus complices ? Si telle n’est pas le cas comment des « hackers » aussi ingénieux qu ils soient peuvent-ils commettre à l’aide de téléphones satellitaires des procès verbaux en papier ?"
(Extrait d'une tribune à paraître).

Théophile Kouamouo

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