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08/09/2016

Un témoin sous protection spéciale parle du GSPR

Un nouveau témoin a fait son entrée dans le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (CPI) ce mercredi 7 septembre. P-501 bénéficie de mesures de protection spéciales. La quasi-totalité de l'audience s'est faite à huis clos partiel, afin de préserver l'anonymat du témoin.


Par Camille Dubruelh
Voix déformée, pseudonyme, visage flouté, le témoin P-501 s'est vu accorder des mesures de protection drastiques.  « Personne ne sait qui vous êtes », l'a d’emblée rassuré le président de la chambre. En début de semaine, le juge Cuno Tarfusser avait donné quelques indications quant à la nécessité de ces mesures. La chambre a pris cette décision au regard « du poste qu'il a occupé pendant la crise », prenant en compte les risques professionnels et personnels encourus par le témoin et sa famille.
En décembre 2014, P-501 avait déposé par écrit au bureau du procureur. C'est ce document qui servira de base aux différentes parties pour l'interrogatoire. Celui-ci sera donc bref, les questions ne visant qu’à réclamer des précisions. « Vous n'êtes ni un témoin à charge, ni à décharge », a rappelé le président de la chambre avant de passer la parole au bureau de la procureure.
Les questions de l'accusation seront toutes posées en huis clos partiel. Impossible d'entendre l'interrogatoire mais certaines réponses font en tout cas réagir Laurent Gbagbo. Hilare, secouant la tête et agitant son doigt en signe de négation, l'accusé ne semble pas vraiment d'accord avec le récit du témoin.

Un interrogatoire publique quand les réponses sont à huis clos
Suite aux questions de l'accusation, la séance a brièvement repris en public. C'est Me O'Shea, avocat de la défense de Laurent Gbagbo, qui a pris le relai pour poser des questions au témoin.
« En 2010, 2011, combien de personnes étaient employées par le Groupe de sécurité de la présidence de la république (GSPR) ? » demande l'avocat. « Je n'ai pas l'effectif en tête », répond P-501. « Combien de personnes travaillaient à la résidence présidentielle un jour comme celui-là ? » reprend la défense, faisant visiblement référence à une journée mentionnée plus tôt lors du huis clos partiel. « Je ne peux pas vous dire », explique le témoin. Alors qu'il commence à fournir une explication, la chambre réclame le passage à huis clos partiel, craignant que ne soient révélés des indices sur son identité.

Me O'Shea interroge ensuite P-501 à propos d'un décret définissant les missions du GSPR. L'avocat demande confirmation au témoin quant à l'affectation ponctuelle de membres de cette unité à la « protection des hautes personnalités ivoiriennes et étrangères en visite en Côte d'Ivoire ». « Effectivement », répond-il, expliquant que le commandant du groupe « désigne des éléments pour être à la disposition » d'une haute personnalité étrangère si besoin.

Les questions se portent ensuite sur des « registres » présentés au témoin. « Est-il juste de dire que sur certaines pages, vous ne reconnaissez pas l'écriture ? »demande Me O'Shea. Le témoin acquiesce, expliquant ensuite n'avoir pas revu ces documents depuis fin mars 2011. « Vous ne savez pas si des informations ont été ajoutées à ces registres ? », reprend l'avocat de la défense. « Je n'ai pas remarqué d'information supplémentaire », précise P-501. L'interrogatoire public s'arrêtera là. La chambre jugeant les réponses trop risquées pour le témoin, le reste de la journée se déroulera donc à huis clos partiel.

Les articles écrits à l’occasion du procès relatent les faits tels que décrits par l’accusation, la défense, la représentante des victimes ou les témoins. Ils ne traduisent pas la pensée d’Ivoire Justice et doivent être compris comme des récits d’audiences.
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