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06/09/2016

"Paris renforce son dispositif militaire à Libreville"

Il y a eu des élections présidentielles au Gabon dimanche dernier. Les résultats devaient être donnés par la commission électorale mardi en fin d’après-midi. Mais déjà lundi en fin de matinée Robert Bourgi, un des pions de la françafrique, avait depuis l’ambassade gabonaise de Paris donné les résultats : Jean Ping gagnant dans 6 des 9 régions.
Ali Bongo et Ping sont tous deux des pions dociles, mis sur l’échiquier, appelé "pré carré" par la France. Nicolas Sarkozy aurait aimé qu’Ali, -qui s’appelait Alain avant que son père n’embrasse l’islam- prenne la succession de son père, François Hollande ne voulant pas chausser les bottes de son prédécesseur, a préféré Jean Ping, plus malléable et docile que le quadragénaire, successeur de son père Omar Bongo.

En fait Ali Bongo cherche des poux à certaines entreprises françaises comme Total auxquelles il a imposé des arriérés d’impôts non négligeables, se chiffrant à des centaines de milliers d’Euros… Il va sans dire que les lobbies financiers n’apprécient pas cette exigence, -payer le pétrole et les produits du sol et sous sol à sa juste valeur-, alors qu’on pouvait jusqu’à présent tout avoir presque gratuitement. Jean-Ping qui a été le gendre d’Omar Bongo est un vieux monsieur, bien soumis à la France ; c’est lui qui présidait l’Union Africaine en 2011, et Laurent Gbgabo lui avait demandé de le soutenir en demandant le recomptage des voix, mais il avait refusé, affirmant sans détour que le véritable gagnant était Ouattara. Aujourd’hui il semble récolter la monnaie de sa pièce.

Ali Bongo, connaissant le jeu de la France a joué au plus fin, trichant encore mieux que Ping. Alors que Ping bénéficie du support des Français, et de hackers très professionnels...-venus de Côte d'Ivoire !- Ali Bongo a cherché lui aussi de l'aide en Côte d'Ivoire, directement chez Ouattara, et toute une logistique abidjanaise, bien rodée, a suivi. L’ancien chef d’état major de Gbagbo, Philippe mangou, devenu ambassadeur au Gabon grâce à sa traitrise, est aussi mentionné parmi les ivoiriens ayant aidé le camp Ali Bongo.

La France a soutenu Ping, mais elle est très mal à l'aise aujourd'hui : l’affaire ivoirienne peu glorieuse refaisant surface avec cette histoire de décompte des voix qui est accepté semble-t-il aujourd'hui pour soutenir Ping et qui a été injustement refusée à Laurent Gbagbo, il y a 5 ans. La France essaie donc de faire profil bas, appelant à calmer le jeu par cette attitude conciliante de l'attente des vrais résultats issus d'un recomptage des voix. Mais ne nous illusionnons pas, quel que soit le candidat, il sera totalement inféodé à la France. Ali Bongo a joué rusé, plus rusé que la France; Ping joue son va-tout, il va sur ses 74 ans et ne veut pas perdre sa dernière chance d'accéder au sommet de l'état. Le 2 septembre, il s'est autoproclamé président du Gabon, invitant le président Hollande à s'ingérer dans les affaires gabonaises. Il vient d'appeler le peuple à une grève générale, ... Quant à son programme, rien n'est promis aux Gabonais. Ils seraient bien fous de se passionner pour cette joute dont ils ressortiront perdants à tous les coups. Le candidat de l'alternance évidemment, et pour la seconde fois n'arrive que troisième, ses vrais chiffres à lui, ont été très certainement revus à la baisse pour gonfler les voix des deux autres.

Hier, le quai d’Orsay a fait savoir qu'une quinzaine de franco gabonais étaient portés disparus; voilà, s'il le fallait, une excuse toute trouvée pour une prochaine « ingérence humanitaire » à la française, comprenez un coup d’état pour placer celui qui saura au mieux servir les intérêts de la France ou plutôt de ses lobbies financiers et industriels. En attendant les français installés au Gabon supplient la France de ne rien entreprendre, et de ne prendre fait et cause pour aucun des deux "élus".

Ce matin à 11h, la lettre du Continent écrivait "Paris renforce son dispositif militaire à Libreville". Décidément, la France n'a pas encore accepté de laisser les Africains décider eux-mêmes de la destinée de leurs pays, officiellement indépendants!
Dernier coup de théâtre! A la démission du ministre de la justice, s'ajoutent maintenant celles du président de l'Assemblée nationale et du Chef d'état major des armées gabonaises, Auguste Roger Bibaye Itandas, nommé en mars 2015; Quelques huiles ont été soudoyées pour faire croire que même au sein du camp Bongo, il vaut mieux choisir Ping! A ce jeu de la corruption, les Français excellent ! Et qui sait, c'est peut-être notre cher ex-cema ivoirien, ambassadeur de Côte d'Ivoire au Gabon Philippe Mangou qui a été chargé de trouver les bons arguments pour faire démissionner son collègue?
Shlomit Abel

16:12 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

Commentaires

Cher Monsieur Shlomit,
avant que d'écrire des inepties, prenez la peine de vous renseigner auprès de ceux des gabonais qui comme moi vive la situation. Nous comprenons bien que vous prenez pour argent comptant les sottises qui sortent de la bouche du porte-parole d'Ali Bongo et même d'Ali Bongo lui-même. Mais quand on est loin de la scène, il toujours facile d'affabuler. Vous savez, la situation ne nous Gabonais vivons aujourd'hui n'est nullement un combat de poste entre Ali et Jean Ping. Non, Monsieur...! Ici, aujourd'hui, c'est Ali contre le peuple Gabonais. Jean Ping n'est autre que notre Etendard, su été un autre leader de l'opposition, que la situation aurait été la même. Il est urgent et important que tous les journalistes et les journaleux qui s'intéressent à la situation actuelle du Gabon le comprennent. Les Gabonais sont allé voter et ils ont élu celui qu'ils ont choisi pour les représenter. Par un tour de passe passe, Ali Bongo veut s'installer au pouvoir et se déclare vainqueur. En 2009 Ali a réussi sont coup, mais cette fois, à la vie à la mort, les Gabonais, nous ne disons pas Jean Ping, non, les Gabonais prendront leur responsabilité et chasseront Ali du pouvoir. Si vous pensez que c'est l'affaire de Jean Ping, vous avez tiré à côté.....!
Des hackers venu de Côte d'Ivoire pour aider Ping, des kalachnikovs au QG de Ping, du n'importe quoi. Monsieur Shlomit, vous avez cru à cette bêtise, nous vous plaignons.....

Écrit par : Mouthou | 07/09/2016

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