Shlomit
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23/08/2016

Sarkozy, le commandeur des croyants


Cet article du Point, dont la fin est malheureusement est réservée aux abonnés,  commence bien, son début, et surtout son titre me semblent assez justes. Les mœurs conjugales de l'homme Sarkozy en font plutôt un homme au ban de l'Eglise et un novice, voire un ignare, pour ce qui est de son enseignement. Mais il n'en a cure, "le 21 ème siècle sera religieux, où ne sera pas aurait dit Malraux"; et l'ancien Président qui ne sait décrocher de son addiction du pouvoir, en use et abuse. Après avoir fait ses emplettes en Arabie saoudite le 3 août dernier, comprenez après s'être fait remettre une mallette de billets ( au nom de ses anciens liens) pour (re)battre campagne, le voici qui refait surface. Afin de pouvoir battre campagne une fois encore, il vient d'intrôniser son poulain Laurent Wauqier, -qui piaffe d'impatience à l'idée de pouvoir bientôt être lui aussi calife à la place du calife-, au poste de chef de file des républicains et Eric Woerth au poste de Secrétaire général. Pour le moment, tel l'ancien président Mitterrand et son pèlerinage à la roche de Solutré, le président de la région Auvergne-Rhone-Alpes, annexe le Mont Meyzenc, depuis la croix des Boutières, chaque 15 août, afin de gravir ses derniers 250mètres, et plastronner à 1749 et 1753m avec son staff et un important cortège sécuritaire, assistés même d'un hélicoptère!
Et pourtant selon les sondages, notre revenant Nicolas, n'est pas le mieux placé, certains scandales, sa gabegie financière, ses résultats médiocres en matière d'emplois, sa politique étrangère guerrière et sanglante le placent bien en bout de chaine; plusieurs hommes politiques, de son propre camp, lui avaient demandé de se retirer.  Le titre est bien trouvé.
"Commandeur des croyants" !
La folie des grandeurs de notre homme englobe le rôle politique dévolu au pape, et tel un nouveau croisé, -pas le soldat lambda-, mais l'émissaire de Dieu, le seul, l'unique en France, ce citoyen français, au dessus des autres, se remet au blanc de la pureté perdue; car, après avoir mis à feu et à sang le Côte d'Ivoire et la Lybie, il faut se refaire une virginité. Après BHL, le voici aussi qui pose en blanc. ce n'est pas l'homme à la blouse blanche, le médecin, le chirurgien qui sauve des vies. Son drapé rappelle davantage le linceul, celui qui recouvre les corps ensanglantés des morts lointains, ceux qui n'affectent pas les foules françaises, ceux qui meurent misérablement pour que les multinationales auxquelles il est affilié puissent engranger de gros bénéfices. Et pourtant, le sang versé crie vengeance, et son Dieu -Gott mit uns, ou plutôt Gott mit mir, Sarkozy-ne doit guère nous impressionner!
Shlomit
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Sarkozy, le commandeur des croyants

Le candidat à la primaire des Républicains fait de la défense de l'identité religieuse de la France un sujet majeur de sa campagne. Une stratégie risquée.


Il est faux de dire que Nicolas Sarkozy nous rejoue la même rengaine identitaire, celle déjà entonnée en 2007 et en 2012. En réalité, l'ancien président de la République innove en évoluant dans un registre différent de celui de ses précédentes campagnes présidentielles. De ce que l'on sait et de ce que l'on voit de ses premiers pas de candidat à la primaire des Républicains, l'homme agite cette fois-ci un encensoir religieux autour du thème – fondamental pour de nombreux Français – de l'identité. Le « long manteau de cathédrales » ou l'exaltation des « racines chrétiennes », formules inspirées par Patrick Buisson, évoquées par lui en 2012 n'étaient qu'un chapitre dans une campagne qui se voulait d'abord une défense de l'identité culturelle du pays.
L'ancien président semble vouloir désormais en faire un axe majeur, à dimension religieuse, de sa campagne des primaires. Reconnaissons-lui le mérite de la constance : l'homme voue un intérêt ancien et sincère à ces questions. Son livre intitulé La République, les religions, l'espérance, (Cerf) paru en 2004, en est l'illustration. Son entretien avec le dominicain Philippe Verdin s'attarde sur la place de la religion dans la société mais aussi dans le cœur des croyants. Son ton y est paisible et empreint d'humilité. On devine chez lui un immense respect vis-à-vis de ceux qui entretiennent un dialogue avec le Ciel. Il y est aussi question de la spiritualité, des textes, du divin. En somme, de la foi.
Le symbole de la croix
Aujourd'hui, à l'orée de cette campagne des primaires, l'appropriation de symboles religieux de manière assumée (la bannière mitterrandienne de son compte Twitter, affiche un village dominé par le clocher d'une église) ou subliminale (la lettre « t » sur la couverture de son livre Tout pour la France, chez Plon, apparaît telle une croix chrétienne) donne à ce thème une dimension strictement identitaire, à l'heure où la France est prise pour cible par les djihadistes de l'État islamique et que monte dans le pays un fort rejet de l'islam dans sa version rigoriste. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy croit pouvoir attirer à lui les partisans de la Manif pour tous, opposés au mariage homosexuel. La stratégie est simple, d'aucuns diraient grossière, mais, dans le contexte, elle serait la seule qui marche.
L'unique croix qu'une droite républicaine s'était autorisée à afficher jusqu'ici était la croix de Lorraine, symbole du gaullisme et de la Résistance. Lequel symbole, parions-le, sera volontiers repris, si ce n'est déjà le cas, par le FN de Florian Philippot puisque les Républicains lui en font le cadeau, comme ils lui ont offert Valmy, la question sociale, la défense des relégués sociaux... Marion Maréchal-Le Pen se fera, quant à elle, un devoir d'invoquer les saints pour contrer l'offensive sarkozienne et redire à ceux de nos compatriotes qui ne l'auraient pas compris : « Oui, je ne crois pas que Jésus-Christ soit venu mourir sur terre pour porter un message qui aurait été remplacé quelques siècles plus tard par le prophète Mahomet. »
Est-ce le rôle d'un journaliste en charge de questions politiques que de s'adonner à ce genre d'analyse politico-religieuse ? Pas vraiment. Il le fait par la volonté du politique en campagne, qui s'empare d'une imagerie et de références qui souvent le dépassent pour en faire soit un glaive, soit un bouclier. Au diable, la spiritualité, la prière, les vibrations intérieures, l'intime, les murmures et les silences. Le pape François n'est pas entendu. Il y a à l'évidence quelque chose qui cloche...
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