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10/08/2016

Gbagbo n’est pas Christ. Cuno ne sera-t-il pas Pilate?

Évoquer les Assises de la CPI et d’Abidjan, ce dont il est sûrement question, c’est le projet et la mise en œuvre de l’extermination du plus humain en l’homme par l’homme. Une mise en cage de la souveraineté des nations à travers la séquestration des Gbagbo. Un reniement violent de l’autre et de sa pensée politique qui ressemble fort bien aux injustes procès faits à Hegel et la philosophie spéculative.

Injustes Procès

Hegel n’est d’ailleurs pas une exception. L’histoire de l’humanité est un enchevêtrement de procès iniques. En commençant par le plus connu. Celui de Jésus devant Ponce Pilate—Matthieu 27:11-26; Luc 23:1-25; Jean 18:28-40; 19:1-16 . Le récit de Marc étant assez semblable à celui de Matthieu.

Quatre Évangiles qui présentent cette scène douloureuse et émouvante. Mais qui conclut à la perfection de Jésus en face de la perversion de l'homme. De l'homme religieux en particulier—Le sanhédrin. Le tribunal religieux des Juifs qui a conclu, “Il mérite la mort” (Matt 26:66). Tribunal qui porta ensuite l’affaire devant Pilate qui déclara que ni lui ni Hérode n’ont trouvé quoi que ce soit de mal en Jésus. “Rien qui soit digne de mort” (Luc 23:16). Néanmoins, Christ fut condamné et crucifié (Jean 19:17-37).

"Haï, Rejeté, Moqué"

Le président Gbagbo n’a pas subi le martyr du Christ. Mais que de similitudes dans la souffrance. A l’image de Christ dont les chefs religieux juifs voulaient à tout prix mettre à mort, tandis que Pilate était indifférent, Gbagbo avait été trahi et rejeté par les leaders religieux. Musulmans—instrumentalisés par Ouattara, et Chrétiens appâtés par le gain.

Avant d’être déporté à La Haye, il avait été “livré aux nations pour s’en moquer, supportant la honte, et les rudes insultes,” comme les Juifs l’avaient fait pour Christ (Matthieu. 20:19). Et Gbagbo n’a “pas caché [son] visage aux outrages ni aux crachats” (Esaïe 50:6). Les rebelles et les soldats Français pour pouvoir écrire un jour dans leurs mémoires qu’ils ont frappé un chef d’Etat Africain, “lui donnèrent des coups de poing, [alors que] d’autres le frappaient avec la paume de leurs mains.” Exactement ce que les Juifs firent à Christ (Matthieu 26:67-68 ; Marc 14:65) dont “les souffrances” (I Pierre 1:11) aux dernières heures de sa vie terrestre commencèrent à Gethsémané. Alors que celles de Gbagbo marquant la fin du long putsch lancé en 2002 débutèrent au Palais présidentiel. 

Accusé sur un Château de Mensonges

D’un procès à l’autre, L’un et l’autre vont subir l’injustice. Christ devant Pilate reprenant les chefs d’Accusation portés contre Lui par les chefs religieux, s’entend demander, “Es-tu, toi, le roi des Juifs?” (Matthieu 27:11). Une question que Pilate posa  non pas pour vérifier l’autorité et l’identité divine de Christ. Mais pour se rassurer. Silvia Alejandra Fernández de Gurmendi, juge-présidente de la chambre préliminaire III à la CPI, bien que connaissant le Woody, le testa sur son identité. Puis lui reprocha son insoumission à l’ordre mondial établi. Une reproduction d’un des actes d’incrimination des Juifs contre Jésus accusant. “Nous avons trouvé cet homme pervertissant notre nation et défendant de donner le tribut à César, se disant lui-même être le Christ, un roi” (Luc 23:2).

Malgré ces plaintes outrancières, Pilate flaira le mensonge et n’eut aucune envie de condamner Christ. Démarche prise par les juges Belge Christine Van den Wyngaert et l’Allemand Hans Peter Kaul qui avaient demandé l’arrêt des poursuites contre Gbagbo parce qu’ils n’avaient trouvé quoi que ce soit de mal, “rien qui soit digne de mort” ou “d’un procès ” (Jean 19: 4-5). Mais Silvia de Gurmendi sur la base d’un château de mensonges l’accusa d’avoir fomenté un plan commun pour “pervertir la Côte d’Ivoire” et confisquer le pouvoir pour se faire roi.

Une mascarade. Puisque Gbagbo est en procès pour n’avoir pas cédé les ressources de son pays aux Césars de ce monde comme tribut.

Contrairement à Hérode et Pilate, de Gurmendi aurait pu mieux faire. Arrêter la procédure. Envoyer le président Gbagbo dans n’importe quel pays qui voulait lui rendre son honneur et sa liberté. Mais le cœur endurci, cette femme indigne qui use de la corruption pour recruter de faux témoins, n’avait pas écouté les voix qui réclamaient la libération du Woody.  

Cuno sera-t-il Pilate?

Pourtant, depuis 2011 des preuves l’innocentant pullulent.  Un cas parmi tant d’autres, c’est la révélation de Charles Onana, journaliste et écrivain, auteur d’un excellent livre sur la Côte d’Ivoire, cité par Jean-Marc Soboth, Senior journalist, qui dit, “J'ai vu la construction de l'acte d'accusation contre le Président Laurent Gbagbo au mois de Mars 2011, c'est-à-dire avant son arrestation le 11 Avril 2011.…Il n'y avait aucun élément sérieux dans ce document préparé par deux avocats Parisiens d'Alassane Ouattara.”

Sur ces bases et sur les dépositions des témoins à charge devenus tous ou presque des “témoins hostiles,” Cuno Tarfusser à l’opposé de Silvia de Gurmendi, a la latitude de dire, non seulement comme Pilate, “je ne trouve pas de crime en lui” (Jean 19 :6). Mais aussi de  déclarer qu’il “n’a rien à faire avec ce juste” (Matthieu 27: 19). Et le libérer.

Décision difficile à prendre dans ce monde où les intérêts se croisent et s’entrechoquent. Personne donc ne peut être insensible aux pressions morale et psychologique que Pilate a subies de la part des Juifs. Ni celles que Tarfusser encaisse. Mais les Ecritures disent que celui qui détient une autorité la détient de la part de Dieu (Rom. 13:4; 1 Pierre 2:14). Par conséquent, il porte l’entière responsabilité qui s’y rattache.

“”Cuno sait-il cela? Va-t-il suivre les injonctions d’Abidjan et du Capital international? Va-t-il  comme les Juifs dont, la conscience endurcie leur avait permis de condamner Jésus, l’innocent, le bienfaiteur, l’envoyé de Dieu? Ces derniers au moins avaient agi en respect aux ordonnances de la loi qu’ils ont rappelé à Pilate. “Nous avons une loi, et selon notre loi il doit mourir, car il s’est fait Fils de Dieu” (Jean 19 :7).

Sans Jamais se Renier

Malgré cet acharnement, Christ devant Pilate et la foule haineuse, eut une attitude admirable. Gbagbo aussi. On voit avec quelle sagesse il a gardé son calme dès son kidnapping, sa déportation à Korhogo, et son extradition à La Haye.  Puis, lorsque l’occasion lui avait été donnée le 5 Décembre 2011 de se prononcer sur son inculpation, Il n’adapta pas son discours pour s’expliquer et se disculper. Ni calibrer le ton pour en atténuer les conséquences possibles. Il n’avait rien fait pour échapper à la condamnation. Il avait fidèlement rendu le témoignage pour lequel il s’est engagé en politique. Un peu Comme Christ “qui a fait une belle confession devant Ponce Pilate” (1 Tim. 6:13), montrant Sa seigneurie.

Sans jamais se renier, le Woody a préféré depuis qu’il est en politique—à l’image du Christ engagé pour le salut des âmes (Psaumes 3 :8, 68 :20 ; Luc 19 :10 ; Jean 3 :16-17)—, porter sa croix (Jean 19:17-18) et suivre le chemin de la droiture et de la justice. Supporter la pression des circonstances, des hommes ou des tentations.

Cuno corrigera-t-il Pilate ?

Si Cuno—à l’instar des Juifs qui se sont appuyés sur leur loi pour condamner le Christ—, respecte la loi d’une justice juste (Esaie 61:1, 3-4; Luc 4:18), il sortira le Woody de leurs geôles. Il évitera à l’humanité l’erreur de Pilate qui, sur le plan humain avait tous les éléments pour conclure à l’innocence de Jésus. Mais céda par faiblesse à une condamnation qu’il estimait injuste.

Feumba Samen

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