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11/08/2016

Cette olympiade restera comme l’une des plus sales … sur le plan politique et humain



Efimova, l’esprit olympique et la politique

Cette olympiade restera dans les esprits comme l’une des plus sales. Pas sur le plan du dopage, mais sur le plan politique … et humain. Les sportifs s’accusent les uns les autres dès qu’ils perdent ou qu’une concurrente remporte une médaille qu’ils estiment imméritée, en raison de sa nationalité. La nageuse russe Yulia Efimova en est un exemple: sifflée, rejetée, en larmes, elle ose gagner une médaille d’argent et provoque la colère de ses petits camarades américains. Si beaux, si propres, si droits, comme l’Amérique éternelle hollywoodienne.
Déjà lorsqu’elle avait levé le doigt en signe de victoire lors de la première demi-finale du 100 m, ce qui est un signe normal en la situation, sa concurrente américaine Lilly King, qui regardait sur écran la course, déclarait:
«Tu te dis “numéro un” alors que tu as été au sein du scandale de dopage. Je ne suis pas une fan!»
Question fair play, c’est beau.
Ensuite, tout se dégrade encore à la finale. Lorsqu’elle se met en place pour nager, Y. Efimova est sifflée par des supporters américains.
Lorsqu’elle remporte la deuxième place, ses concurrentes américaines qui remportent la première et la troisième place l’ignorent ouvertement et ne lui serrent pas la main.
Il faut dire que nerveusement, la situation est très dure. Efimova est tout d’abord interdite de JO suite au rapport McLaren, car elle a été prise pour stéroïdes en 2013 et a effectué sa peine. Ensuite elle est touchée, puis blanchie, dans l’affaire du Meldonium.
Les sportifs américains estiment qu’elle n’a pas sa place aux JO; Phelps et King l’accusent presque ouvertement d’être dopée comme tous les russes, il faut dire que leur Agence antidopage américaine USADA a mis le paquet pour écarter la Russie. Ils sont contrariés d’autant plus que la Russie a gagné des médailles, déjà 10 en tout.
Toute la presse parle de cette nageuse « repêchée de justesse ». Ils oublient de préciser que sur le plan juridique, le TAS ne pouvait simplement pas imposer de double peine. Elle a fait une erreur, elle le reconnait, elle a payé. Depuis, elle n’ a pas été prise pour dopage et innocentée dans l’affaire du Meldonium. Donc il n’y a pas eu repêchage de justesse, mais acharnement et rétablissement in extremis de l’équité.
Elle est arrivée 3 jours avant la compétition, car elle a appris sa participation juste avant l’ouverture des JO. Imaginez les entraînements, sans savoir si tu participes, la pression, la presse et tout le reste. Avec le comportement des autres sportifs, elle a craqué et s’est mise à pleurer.
Toute la presse reprend ce « comprenez-moi », mais oublie des paroles importantes critiquant la politisation du sport et cette volonté de certains de faire entrer la guerre froide dans les JO. Le journaliste de Kommersant indique qu’elle pleurait à chaudes larmes en remportant sa médaille, silencieusement, avec des hauts le corps, pendant près d’une demi-heure. Les vannes ont lâché. Mais lors de la cérémonie de remise des médailles, elle avait retrouvé le sourire.

L’ambiance est réellement toxique à ces JO. L’on voit aussi Camille Lacourt, perdant, accuser le chinois de dopage en disant qu’il y a toujours au moins deux dopés sur le podium. Amusant, les Chinois, les Russes, oui, mais pas un mot sur les Américains. Deux Américaines sur le podium de natation, mais elles elles sont propres, la preuve, elles l’affirment, comme la presse. On ne touche pas à certains. Il a perdu, c’est dommage, mais ce n’est pas le seul. Les escrimeuses françaises aussi, sorties par les Russes, s’en prennent à l’arbitrage et à leurs concurrentes. Il est vrai qu’avec une énorme équipe et une seule médaille à ce jour, la France enchaîne les contre-performances. Mais est-ce une raison pour s’abaisser à ce point? Faut-il toujours suivre l’exemple de nos chers amis américains? Je ne me souviens pas avoir vu un tel étalage de bassesse les autres années.
En dehors du problème de retour à la guerre froide, l’on voit également d’autres signes flagrant de politisation, qui n’ont pas leur place aux JO. Le sport n’est pas là pour justifier une politique.
Ainsi, gros plan sur la nageuse syrienne « réfugiée » de 18 ans qui, sous la bannière olympique, n’a pas dépassé le stade des pool, mais peu importe, une grande conférence de presse et un excellent retour dans la presse. Yusra Mardini qui  » a donné une belle leçon et d’espoir » selon France 24. Espoir de quoi? De la paix, de la fin d’Assad? Un soutien à la politique de la « coalition démocratique américaine » lancé au passage.
L’on retiendra également l’escrimeuse américaine Ibtihaj Muhammad, qui n’est pas allée très loin, mais a fait la Une et a reçu les félicitations des Obama. Car elle était la première américaine en hidjab aux JO. Quel exploit, félicitations! Je ne vois pas le rapport avec le sport … mais il est vrai que ses performances ne justifient pas une conférence de presse, alors allons-y pour le hidjab. En lisant l’article dans le Los Angeles Times, il est clair que le port du hidjab est pour elle un combat et elle se bat pour qu’il soit porté dans le sport.
Bref, les JO sont utilisés pour faire la propagande d’une vision de la religion. ce qui n’est pas vraiment son rôle…

00:18 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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