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10/08/2016

Poutine et Erdogan se réconcilient par nécessité mutuelle


Fâchés par un incident militaire en Syrie fin 2015, Moscou et Ankara mettent fin à leur dispute sur fond de convergence d’intérêts et d’isolation international.


Tournant tous les deux le dos à l’Occident, les chefs d’Etat russe et turc célèbrent ce mardi leurs retrouvailles à Saint-Pétersbourg. A l’origine du renversement d’alliances, le président turc Recep Tayyip Erdogan renchérit dans les signes d’amitié en évoquant son «ami Vladimir» dans un entretien accordé lundi à l’agence officielle russe TASS. Sur le plan symbolique, il a fait le choix de la Russie pour son premier voyage à l’étranger après le coup d’Etat manqué dont il a failli être la victime.

Point d’effusions verbales côté russe, mais Vladimir Poutine reçoit son homologue turc dans sa ville natale, qui est aussi l’ancienne capitale des tsars. «Choisir non la capitale administrative, mais celle de la beauté et de l’empire tsariste a une signification, mais ce n’est pas inhabituel», note Alexeï Obraztsov, expert du monde turc à la Haute école d’économie de Moscou. «On peut voir un parallèle historique et symbolique ici: l’empereur russe acceptant la capitulation du sultan turc, mais ce serait trop théâtral», tempère l’expert en relations internationales Vladimir Frolov.
Le redémarrage est spectaculaire, après une crise aiguë entre deux pays qui s’entendaient plutôt bien. Sur fond d’antagonisme grandissant dans le dossier syrien, l’aviation turque abat le 24 novembre 2015 un bombardier russe Su-24 opérant à la frontière entre Syrie et Turquie. Furieux, Vladimir Poutine réagit sur le champ en dénonçant «coup dans le dos venant de complices du terrorisme».
Sabrant frénétiquement les liens entre les deux pays, le Kremlin décide le lendemain d’une série de sanctions économiques affectant les exportations turques et les projets d’investissement communs aux deux pays. Le régime sans visa est annulé. Les agences touristiques russes sont sommées d’arrêter toute vente de voyages organisés en Turquie, qui est la seconde destination préférée des Russes et rapporte à Ankara d’importantes recettes budgétaires. Après des mois de tergiversation, Recep Tayyip Erdogan se résout au début de l’été à envoyer la lettre d’excuse exigée par Vladimir Poutine.
Jusque-là, les deux hommes avaient tout pour s’entendre: une affinité personnelle mutuelle, un style autoritaire, des penchants ultra-conservateurs et une rancœur croissante à l’endroit des Européens. D’un point de vue économique, la Russie et la Turquie sont complémentaires: Moscou produit de l’énergie, Ankara est un gros consommateur de gaz et un pays de transit clé. La Russie possède des millions d’amateurs de soleil bon marché, justement offert par la Turquie, qui exporte en retour des produits alimentaires et de la main-d’œuvre pour les grands chantiers.
A Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan vont parler du redémarrage des grands projets énergétiques communs gelés depuis novembre. Il s’agit du gazoduc Turkish Stream, qui doit transporter du gaz russe sur le fond de la mer Noire jusqu’en Turquie, puis vers l’Europe du sud. Un projet qui ne plaît pas à tout le monde à Bruxelles, où certains comptaient sur la Turquie comme pays de transit de gaz non russe. Il s’agit aussi de la construction par le groupe d’Etat russe Rosatom de la centrale nucléaire Akkuyu, avec un financement venu de Moscou. Il sera aussi question du rétablissement des contacts entre les militaires des deux pays, des modalités d’échanges d’informations entre les deux aviations, pour éviter qu’un incident se reproduise, ainsi qu’une compensation turque pour l’avion russe détruit.
«La confiance ne sera pas rétablie en un jour et réclamera beaucoup d’efforts. Mais ils ont à tel point besoin l’un de l’autre pour se renforcer mutuellement dans leurs relations avec l’Occident et afin de trouver un règlement au dossier syrien qu’ils travailleront dur pour gommer les angles», estime Vladimir Frolov. Sur la Syrie, «un accord sur le partage des sphères d’influences est certainement possible» avance l’expert. Découplé des Occidentaux, le président Erdogan a été contraint de raboter ses ambitions, car Moscou n’a pas dévié d’un iota.
LeTemps.ch
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Erdogan : «Avec la Russie je veux prendre un nouveau départ»




A la veille de sa visite officielle en Russie le 9 août, le président Erdogan a accordé un entretien à l'agence de presse russe TASS. Le chef d'Etat turc a exprimé sa volonté de se rapprocher de la Russie, malgré les tensions de ces derniers mois.

«Une nouvelle ère doit s'ouvrir dans les relations entre la Russie et la Turquie». Recep Tayyip Erdogan souhaite faire table rase des tensions passées avec la Russie et le fait savoir proposant notamment de nouvelles coopérations militaires, culturelles et économiques. Dans une interview à l'agence de presse russe Tass accordé ce lundi 8 août, le chef de l'Etat turc invite à plusieurs reprises son «cher ami» Vladimir Poutine à nouer de nouvelles relations entre leurs deux nations. 
Recept Tayyip Erdogan a aussi salué l'intervention de la Russie en Syrie, estimant : «Une solution à la guerre en Syrie ne peut être trouvée sans la Russie. La crise syrienne ne sera résolue que si nous coopérons avec la Russie» a déclaré le chef d'Etat turc.
Erdogan a aussi précisé que la Turquie avait besoin «rapidement» de l'aide de la Russie pour la construction de la centrale nucléaire d'Akkuyu. En effet, l'entreprise russe Rosatom supervise ce chantier qui doit faire sortir de terre une nouvelle centrale nucléaire turque en 2020. 
Le président turc Erdogan et son homologue russe Poutine doivent se rencontrer le mardi 9 août à Saint-Petersbourg afin de mettre fin aux tensions apparues entre les deux pays en novembre 2015, quand la Turquie a abattue un avion de chasse russe près de la frontière syrienne.

Erdogan tente de se réconcilier avec la Russie
Depuis la mort du pilote russe, Moscou a imposé un certain nombre de sanctions économiques et commerciales contre la Turquie. Les conséquences ont été fâcheuses pour l'économie turque : par exemple, le nombre de touristes russes se rendant en Turquie a chuté de près de 87% dans la première partie de l'année 2016 comparé à la même période l'année précédente. 
Mais depuis le mois de juin 2016, Ankara ne cesse de vouloir mettre fin aux tensions avec Moscou,notamment en présentant officiellement ses excuses pour la mort du pilote du chasseur abattu : «Je tiens à exprimer toute ma sympathie et mes condoléances à la famille de ce pilote russe et lui présenter des excuses» avait notamment écrit Erdogan dans un message envoyé au chef d'Etat russe. «La Russie est un ami et un partenaire de la Turquie» avait-mêmerajouté le chef d'Etat turc. 
Depuis, les relations semblent s'être améliorées entre Moscou et Ankara : dans un entretien accordé à la chaîne turque TRT, le président turc estimait que des «pourparlers productifs» avaient repris avec la Russie en ce qui concerne la guerre en Syrie.
RT.com

Le président turc Recep Tayyip Erdogan rencontre son homologue russe Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg mardi 9 août pour discuter des relations russo-turques "y compris la restauration des liens économiques et la coopération anti-terroriste". M. Erdogan a remercié M. Poutine de l'avoir accueilli en cette "période délicate".

Le président russe Vladimir Poutine a souligné que la visite de M. Erdogan montrait la volonté de "rétablir le dialogue et les relations russo-turques". Et d'ajouter qu'il avait été l'un des premiers à contacter le président turc après la tentative de coup d'Etat.

"Je voudrais dire que c'est notre position de principe: nous nous prononçons toujours contre toutes les actions anticonstitutionnelles", a précisé le dirigeant russe.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a répondu que son administration était ravie d’avoir reçu un coup de téléphone du président russe.
"Effectivement, votre coup de fil juste après la tentative de coup d'Etat m’a réconforté ainsi que mes collègues et notre peuple", a déclaré le chef de l'Etat turc.
D'après Vladimir Poutine, cette visite montre que "nous voulons tous rétablir le dialogue et les relations russo-turques".
"Nous aurons aujourd'hui l'occasion de discuter… tous les volets de nos relations, y compris la restauration des liens économiques et la coopération anti-terroriste", a déclaré M. Poutine.
"Je crois que toutes ces démarches, que nous allons entreprendre ensemble, mèneront à l'élargissement de notre coopération", a assuré M. Erdogan.
Et de souligner, que "les relations russo-turques ont véritablement repris un sens positif".
"Nous connaissons tous les deux notre processus de détermination de nos principaux objectifs (dans la coopération bilatérale, ndlr)", a-t-il ajouté.
Il s'agit des premières négociations depuis l'incident avec le bombardier russe Su-24 abattu par les forces aériennes turques en novembre 2015. Le président russe a adressé ses condoléances à M.Erdogan suite à l'attaque terroriste à l'aéroport international Atatürk d'Istanbul survenue le 28 juin. Le 27 juin, le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan avait présenté ses excuses pour la destruction en novembre 2015 du bombardier russe.
sputniknews

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