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31/07/2016

Alassane Ouattara affirme ne rien savoir des massacres en Côte d'Ivoire


--par Desmond Butler--
AP30 juillet 2011


WASHINGTON (AP) — En visite officielle aux Etats-Unis, le président ivoirien Alassane Ouattara réaffirme que le processus de réconciliation nationale est en cours. Dans un entretien à l'Associated Press, le président ivoirien assure ne rien savoir des exactions contre des partisans de Laurent Gbagbo dont Amnesty International et d'autres ONG accusent ses forces.

Plus de deux mois après son investiture, M. Ouattara assure que tous ceux qui seront reconnus coupables d'atrocités seront punis, quels qu'ils soient. "Je suis contre l'impunité", déclare-t-il dans cet entretien accordé vendredi soir.
Un rapport d'Amnesty International publié cette semaine accuse pourtant les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) de Ouattara, aidées par une milice composées de Dozos (chasseurs traditionnels), de continuer à s'en prendre à des populations supposées favorables à l'ancien président Laurent Gbagbo, du fait de leurs ethnies. Selon l'ONG, plus d'un demi-million de personnes déplacées qui font partie de ces mêmes groupes ethniques n'osent pas rentrer chez elles.

Un rapport d'une autre ONG, Human Rights Watch (HRW), daté de juin, accusait pour sa part les forces du président d'avoir tué 149 partisans présumés de Gbagbo depuis son arrestation, le 11 avril. Le document pointe notamment le rôle de Chérif Ousmane, chef de guerre dans la région de Bouaké (nord) et ancien pilier de la rébellion ivoirienne, qui aurait ordonné l'exécution de 29 personnes.
"Ça ne peut pas être vrai (...) Chérif Ousmane est l'un de nos meilleurs soldats", répond Alassane Ouattara, affirmant que les soldats servant sous les ordres d'Ousmane sont connus pour être particulièrement bien entraînés et respectueux.
"Dans tous les cas, si nous découvrons que quelqu'un a commis des atrocités, cette personne sera jugée comme il convient et des sanctions seront prises", affirme-t-il, estimant que le rapport de HWR est basé sur des témoignages de mercenaires.

Les violences signalées depuis plusieurs semaines posent toutefois la question du contrôle que parvient à conserver le président ivoirien sur les forces qui l'ont aidé à prendre le pouvoir après une crise politique de quatre mois. "Si le président Ouattara est sérieux dans sa volonté de rendre une justice impartiale, il doit s'assurer de manière plus efficace que les commandants de ses forces de sécurité n'ont pas de sang sur les mains", souligne Matthew Wells, auteur du rapport de Human Rights Watch.

Dans son entretien à l'AP, Alassane Ouattara souligne qu'il faudra du temps pour que la Côte d'Ivoire panse ses plaies, après des années de violence. Il rappelle également la mise en place d'une commission d'enquête indépendante, annoncée la semaine dernière, qui sera chargée de faire la lumière sur les violations des droits de l'Homme commises durant la crise post-électorale. Cette commission doit rendre ses conclusions d'ici la fin de l'année.

Il affirme également avoir déjà fait beaucoup depuis sa prise de fonctions fin mai, disant notamment avoir restructuré les forces de sécurité et redonné confiance en l'économie ivoirienne.
Il invite enfin les réfugiés installés dans des camps au Liberia et en Guinée, ainsi que les militaires en exil à rentrer chez eux. "S'il n'y a rien contre eux, ils seront bien sûr libres (...) Surtout, je leur ai dit que leur sécurité serait assurée", déclare-t-il. "Je pense que la réconciliation a débuté". AP
jp/v0/mw
news/yahoo.com

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