Shlomit
topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

26/07/2016

Voyages : 12 fois 12 en moins de 5 ans !

Veritas
144ème voyage à l’Etranger


Des observateurs attentifs de la vie sociopolitique ivoirienne dont des journalistes qui suivent le chef de l’Etat ivoirien dans ses pérégrinations, révèlent que M. Alassane Ouattara, revenu, dans la nuit du lundi 18 juillet dernier, de Kigali (Rwanda), achevait ainsi son 144ème voyage à l’extérieur du pays depuis son arrivée à la tête de l’Etat, en avril 2011, dans les conditions que nous savons tous. Ce 144ème voyage a été consacré au 27ème sommet de l’Union africaine (UA) qui s’est tenu au Rwanda du 16 au 18 juillet 2016. Alassane Ouattara s’est envolé pour Kigali, le 15 juillet pour revenir le 18 juillet, soit un séjour de trois jours. 72 heures durant lesquelles, l’avion présidentiel ivoirien a dû attendre son illustre passager et sa délégation. 

Stationné à l’aéroport de Kigali, l’avion a évidemment payé sa place de parking. Une redevance de stationnement ayant un coût qui dépend à la fois de la masse maximale au décollage (MTOW) de l'avion, du type de zone de stationnement utilisé et de la durée du stationnement. Tout compte fait, ce montant s’évalue à plusieurs dizaines de millions de fcfa voire des centaines.
144 voyages donc 144 frais de redevance de stationnement au coût qui varie assurément de certains aéroports à d’autres, sans oublier le coûteux kérosène, les frais de mission de la délégation et ceux liés au chef de l’Etat, lui-même ; les frais de commodités diverses, d’hébergement, de restauration etc. Tout cela fait beaucoup d’argent décaissé au nom du contribuable ivoirien. Au-delà de tout ce décompte, un fait reste certain, le chef de l’Etat ivoirien a beaucoup voyagé depuis plus de cinq ans qu’il est au pouvoir. Sans avoir toutes les statistiques concernant ses homologues du continent africain, on pourrait affirmer, de façon empirique, qu’il figure parmi les chefs d’Etat au sud du Sahara qui voyagent le plus. Mais ce qui constitue un constat irréfutable, c’est qu’Alassane Dramane Ouattara est le dirigeant de la Côte d’Ivoire qui aura le plus voyagé en cinq ans d’exercice du pouvoir. Ni Houphouët-Boigny, ni Gbagbo en passant par Bédié et Guéi n’ont réalisé cet «exploit».
Qu’est-ce que ces nombreux voyages ont rapporté à la Côte d’Ivoire ? Question fondamentale dont la réponse peut être appréhendée sous deux axes. D’une part, au niveau de la visibilité du pays au plan international ; d’autre part, s’agissant des retombées pour la gouvernance Ouattara. Il faut le reconnaître, le retour timide de la Côte d’Ivoire au plan international sous Gbagbo, contrarié par l’instabilité du pays liée à la rébellion armée, a connu un véritable essor sous Ouattara. «Côte d’Ivoire is back !» (la Côte d’Ivoire est de retour), disait Gbagbo. Ouattara pourrait affirmer : «It’s now ok!» (c’est maintenant fait). De toute évidence, cette victoire n’a pas un seul père. Gbagbo et Ouattara peuvent se targuer tous deux d’en être les pères.
Si au plan du repositionnement international, les innombrables voyages d’Alassane Ouattara à l’étranger ont, somme tout, porté fruit, au niveau de la gouvernance du pays, on se demande ce que le chef de l’Etat a ramené de positif pour la fin de la crise sociopolitique, la réconciliation nationale et la cohésion sociale. En termes de résultats, rien de perceptible. Bien qu’il se soit, par exemple, déjà rendu en Afrique du Sud ; qu’il ait rencontré plusieurs fois Jacob Zuma, le président sud africain, Alassane Ouattara ne s’est jamais inspiré de l’exemple du pays de Mandela pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire. En dépit de ses relations quasi-familiales avec le roi du Maroc, Mohamed VI, le chef de l’Etat ivoirien n’a pas trouvé nécessaire de « copier-coller » (ce serait moins dramatique) l’exemple marocain de la réconciliation nationale. A travers l’ «Instance Equité et Réconciliation», commission mise sur pied par Mohamed VI, le 12 avril 2004, pour réconcilier les Marocains suite aux années de plomb sous le règne de son père, le roi Hassan II.
Les nombreux voyages à l’extérieur n’ont donc eu aucun impact sur la gouvernance sociopolitique d’Alassane Ouattara qui est restée la même depuis plus de cinq ans. Avec son lot de prisonniers politiques, d’exilés, d’opposants affamés (les avoirs bancaires toujours gelés)…d’absence de réconciliation nationale.

Didier Depry
didierdepri@yahoo.fr
(In Quotidien Notre Voie N°5358 du jeudi 21 juillet 2016)
Didier Depry

23:56 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

Les commentaires sont fermés.