Shlomit
topblog Ivoire blogs

24/07/2016

Les Ivoiriens ont faim et leur gouvernement pense qu'ils ont soif.

En politique, il est toujours moins fatiguant de dire la vérité.

Absent d'Abidjan depuis quelques temps pour des raisons personnelles, je suis avec intérêt l'évolution de la chaîne des troubles liés à l'histoire des factures de la CIE.
Dans cette affaire, je suis stupéfait par une chose: Le manque de responsabilité du gouvernement ivoirien qui laisse sur les bras d'un seul ministre, celui de l'intérieur et de la Sécurité, la responsabilité de gérer (maintien de l'ordre public) des crises relatives à une affaire créée par une incroyable fuite en avant et une communication gouvernementale catastrophique servie à une population abusée depuis 25 ans, qui n'a plus confiance en son infernale classe politique et qui, comme je l'ai écrit voilà six mois, est au bord du passage à l'acte: la révolte sociale avec pour carburant, la cherté de la vie, l'affaire des factures d'électricité, et les déclarations insupportable d'un Premier ministre et d'un porte parole du Gouvernement qui semblent évoluer sur une autre planète.
Je n'arrive pas à comprendre comment un pays peut avoir un ministre du pétrole et de l'énergie et qu'il n'y ait personne dans ce gouvernement pour lui demander de passer à la télévision pour expliquer à ce peuple méprisé, une bonne fois pour toutes, ce qui se passe avec cette affaire de factures d'électricité et situer les responsabilités. Comme s'il suffisait de demander au ministre de l'intérieur de maintenir l'ordre via les commissariats démunis des villes, pour régler un problème de fond que personne ne veut ou ne semble capable d'adresser... Laisser la CIE aux prises avec des populations en colère qui brûlent par endroit tout sur leur passage, comme si cette société décidait des augmentations des tarifs ou fixait le prix du KW, voilà ce que j'appelle la politique de la catastrophe qu'on espère éphémère. Tout bon journaliste sait, et nous l'avons ecrit depuis novembre 2015, qu'une étude révèle que le secteur de l'électricité en Côte d'ivoire, en raison du manque d'investissements prospectifs pendant plus d'une décennie, est complètement sinistré et qu'aucun investisseur sérieux ne veut y risquer un seul dollar tant que l'Etat n'a pas procédé à une incroyable série d'augmentation des tarifs sur une certaine période et que les bailleurs de fonds pressent le gouvernement d'ajuster les prix et que le Gouvernement l'a fait, fait semblant de revenir sur se décision tout en maintenant la décision en l'enrobant dans des décisions surréalistes de prolongation des délais de paiement des factures. Et on pense que c'est une solution, mais cette solution a le don de distraire provisoirement les populations tout en leur faisant comprendre qu'elles ont affaire à un gouvernement qui les infantilise et se moque de leur souffrance, de leur faim. Les Ivoiriens ont faim et leur gouvernement pense qu'ils ont soif...
La suite dans l'éléphant déchaîné du mardi prochain.

Tiémoko Antoine Assalé

00:52 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

Les commentaires sont fermés.