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15/07/2016

14 juillet à la Haye :Dernier jour du témoin secret

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Cette journée d’audience du procès de Gbagbo/Blé Goudé, la dernière avant la reprise du procès fin août, a de nouveau été l’occasion d’interroger l’un des témoins. Ce 14 juillet à la CPI, il était surtout question d’armes lourdes, des évènements d’Abobo et du Commando invisible.

Par Antoine Mouteau

Comme lors des séances précédentes, l’identité et le matricule du témoin n’ont pas été révélés. Cependant, d’après le déroulement de l’interrogatoire, il s’agirait de la même personne interrogée ces derniers jours. « Voici votre dernière journée de témoignage », a d’ailleurs déclaré le juge-président au moment d’ouvrir l’audience. Indice supplémentaire : Geert-Jan Knoops, conseil de la défense de Charles Blé Goudé, a questionné le témoin sur des déclarations qu’il aurait tenues lors de l’audience du 12 juillet dernier.

Des voitures de taxis pour ouvrir le feu

Pendant la majeure partie de la séance, de nouveau interrompue par plusieurs huis clos, c’est Me Geert-Jan Knoops qui a mené l’interrogatoire. L’avocat du chef des Jeunes patriotes a d’abord axé ses questions sur les évènements d’Abobo. Il a rappelé au témoin ses déclarations du 12 juillet sur des attaques commises par le Commando invisible, notamment sur des voitures (taxis) qui auraient été utilisées pour ouvrir le feu sur des policiers au niveau du rond-point de la gare d’Abobo. La présence de grenades a été démentie par le témoin. Selon lui, le Commando invisible a pu utiliser des grenades dans d’autres situations, mais dans ce cas, seules des kalachnikovs auraient été aperçues.

Containers, tables et bancs, érigés en barrages

Me Geert-Jan Knoops a ensuite demandé au témoin ce qu’avait, selon lui, utilisé le « commando invisible » pour constituer des barrages à Abobo. « Les containers utilisés pour constituer des barrages étaient publiquement visibles », a réagi le témoin. « Donc, si j’ai bien compris, les barrages étaient formés de containers. Mais il y avait aussi des tables et des bancs, c’est ça ? », a relancé Geert-Jan Knoops. « C’est exact », a conclu le témoin.

Plus tard, le conseil de la défense de Charles Blé Goudé évoquera des « représailles » dont aurait parlé le témoin lors d’une séance précédente. « Je ne parlais pas de représailles. Mais de mesures de sécurité », a rétorqué le témoin. « Vous voulez donc parler de mesures pour protéger les forces de l’ordre ? », a renchéri l’avocat. « Non, il s’agissait de mesures générales. »

« Une guérilla »

L’avocat Geert-Jan Knoops s’est également penché sur l’usage d’armes lourdes. « Les FDS avaient-elles l’autorisation d’utiliser des armes lourdes ? Et que comprend cette terminologie d’armes lourdes ? », a-t-il demandé. Selon le témoin, il faut demander une autorisation pour tout. Et contrairement à une kalachnikov, « une arme lourde est une arme qui n’est utilisable que par au moins deux personnes », a-t-il ajouté.

« Hier, vous nous avez dit que la situation à Abobo ressemblait à une guérilla. À partir du moment où l’on mène une guérilla, il y a des contraintes de zone urbaines liées à la présence de civils », a ensuite estimé l’avocat. « Savez-vous si les autorisations dépendent de la sécurité civile ? », a poursuivi Knoops. « Oui, c’est ce que j’ai dit », a répondu le témoin. Selon lui, il fallait systématiquement justifier les motivations et objectifs avant l’utilisation d’armes dites lourdes. « Normalement, l’usage d’armes lourdes n’est pas autorisé. Mais lorsque vous avez en face de vous un ennemi qui ne respecte pas les règles, que faîtes-vous ? », a lancé le témoin à l’avocat et à l’auditoire. « Donc dans ce contexte bien spécifique, que serait votre réponse bien spécifique ? », demande de nouveau l’avocat Geert-Jan Knoops. « En prenant toutes les mesures de sécurité, on peut demander l’autorisation », résume le témoin.

La crainte du commando invisible par les FDS a ensuite été évoquée par la défense de Charles Blé Goudé, mais le témoin a affirmé ne « pas avoir de détails » sur le sujet. L’avocat Geert-Jan Knoops a également mentionné des questions, posées lors de la séance de la veille, autour des évènements de la RTI, avant que la séance ne passe au huis clos.

Après la levée du huis clos, c’était au tour de Melissa Pack, substitute de la procureure, de poser des questions au témoin. « Vous avez fait référence de l’utilisation de mortiers. Savez-vous quelle est la procédure à suivre pour utiliser un mortier ? », a-t-elle interrogé. « L’utilisation d’un mortier requiert l’autorisation de l’État-major des armées », a reconnu le témoin. La séance est ensuite de nouveau passée au huis clos avant de s’achever complètement. Rendez-vous le 30 août pour la prochaine audience, si tout se passe comme prévu.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont en procès à la Cour pénale internationale pour répondre des accusations de crimes contre l’humanité qui pèsent contre eux. Ils sont jugés sur leur responsabilité pour les meurtres, viols, autres actes inhumains ou tentatives de meurtres et persécutions commis en Côte d’Ivoire par les forces pro-Gbagbo lors de la crise postélectorale de 2010-2011.

Les articles écrits à l’occasion du procès relatent les faits tels que décrits par l’accusation, la défense, la représentante des victimes ou les témoins. Ils ne traduisent pas la pensée d’Ivoire Justice et doivent être compris comme des récits d’audiences.

Ivoire Justice est une plateforme créée par le programme « Justice internationale » de l’ONG RNW Media, basée aux Pays-Bas. Nous nous efforçons d’expliquer et donner des informations sur les affaires ivoiriennes à la CPI mais nous n’en sommes en aucun cas rattachés.

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