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11/07/2016

Amadou Soumahoro n’a pas “Peur” de l’Exil. Mais de 21 Millions de Signatur es pour Gbagbo

Amadou Soumahoro n’a pas “Peur” de l’Exil.

Mais de 21 Millions de Signatures pour Gbagbo


Un jugal a été jeté le 7 Juillet 2016 aux Ivoiriens par le camp de Malheur de ce peuple autrefois trempé dans l’innocence de la vie. Une supposée “peur” du RDR de perdre le pouvoir ou sa hantise de voir le “FPI revenir au pouvoir.” Le lendemain, politiques, et réseaux sociaux se sont rués sur ce “fake.”  Les media, sans analyse pertinente en ont fait leur Une.

Exultation de la Presse du Pouvoir

Le Nouveau Réveil, plus amer avec le FPI que Le Patriote depuis un peu avant Avril 2011, mentionnait en rouge, “Amadou Soumahoro, président du directoire du RHDP, formel. On ne s’amuse pas avec le pouvoir.” Le Patriote, quotidien de violence dans les mots et les actes titrait, sur encre rouge-noir, “Soumahoro cogne fort: Si le FPI revient aux affaires, nous irons tous en exil.” Le Jour en blanc et rouge sang avertissait. “Soumahoro prévient: Si nous perdons le pouvoir, nous nous retrouverons en exil avec nos femmes.” Soir Info, en noir sur fond jaune, livrait ce titre. “Amadou Soumahoro: Si le FPI revient au pouvoir, nous faisons nos valises pour l’exil.” L’Inter en noir-rouge cible la menace du RDR au PDCI. “Amadou Soumahoro met en garde le PDCI. ‘Si vous mettez le FPI au pouvoir, la première victime, ce sera vous.’”

Soumahoro Ignoré dans la Presse de Gauche

Ce même jour, le point d’intérêt n’est pas le même dans les journaux de combat. Ils consacrent leur Une à la CPI, à Simone Ehivet Gbagbo et à Sidiki Bakaba. Aujourd’hui sur une belle page blanche avec Rawlings en couverture, tout aussi blanc dans sa barbe que ses cheveux, titre.  “Libération de Gbagbo: Rawlings sort de son silence.” Et à côté, “Sidiki Bakaba porte plainte contre les FRCI et l’Etat de Côte d’Ivoire.” Le Quotidien aborde trois sujets. “Le témoignage de Abehi à la CPI.” La plainte de Bakaba “contre la France et les forces pro-Ouattara.” Et l’état de santé de Simone Ehivet sous la plume du doyen Cissé Abou sur le titre “Pourquoi tant de haine contre Simone Gbagbo?” LG Info se focalise sur la convocation de Sidiki Bakaba et la santé de Simone Ehivet. Sur le premier sujet, il écrit, “La justice Française déboute Ouattara.” Sur le second, il rappelle les actes de maltraitance en détention de la première dame Simone Ehivet dans une planche intitulée. “Les médecins de Mme Gbagbo font de grave révélations. Elle a bel et bien été privée de soin.” Le Temps sur l’affaire “Simone a bénéficié de soins médicaux,” titre,  “Les mensonges du procureur mis à nu…La réaction musclée des médecins de Mme Gbagbo.” Sur l’assignation de Bakaba en justice à Paris, il note comme son confère LG Info, “La plainte de Ouattara rejetée.” Le Nouveau Courrier est le seul dans cette catégorie qui prête une légère attention à Soumahoro avec un titre qui colle à ce mercenaire de l’impérialisme. “Arrogance, mépris, confiscation de pouvoir. Amadou ‘cimetière’ a encore frappé.”

Teneur du Message Révélée par “L’Inter” et “Le Nouveau Courrier”

Une lecture avisée de ces Unes fait ressortir la teneur du message de Soumahoro, président par intérim du RDR, à travers deux quotidiens. L’Inter et Le Nouveau Courrier, qui ont mis la plume sur le gramme de vérité de ce discours a priori adressé au FPI. En fait, entre les lignes, le parti à la Rose n’est pas le premier destinataire du contenu du discours de Soumahoro.

L’essence de ce message hypocrite à double but s’adresse à l’allié PDCI. L’âne du RDR. Sous un ton de menace suivant le titre de L’Inter il rappelle au PDCI qu’il est sa monture politique. Et si l’on s’appuie sur la Une du Le Nouveau Courrier, Soumahoro fait savoir à Bédié que Ouattara s’inscrit pour la non-alternance du pouvoir en 2020.

PDCI Faiseur du Roi RDR

En fait, pour le RDR, le PDCI n’a pour fonction sur l’échiquier politique Ivoirien que de  faire les rois et non se faire roi. Ce que révèle la Une de L’Inter. “Amadou Soumahoro met en garde le PDCI: ‘Si vous mettez le FPI au pouvoir, la première victime, ce sera vous.’”  L’analyse politique de Soumahoro est fausse dans la mesure où le FPI a prouvé en 2010 qu’il n’avait pas besoin du PDCI pour être porter au pouvoir—N’en déplaise à Mamadou Koulibaly qui a trahi le parrain. Menti sur les chaînes étrangères sur celui qui l’a fait homme-politique.

Ce faisant, Soumahoro admet implicitement que le RDR, “minoritaire en écriture–rdr–comme en réalité sociologique”—pour reprendre la belle expression du Doyen Abou Cissé et sa requalification en écriture du “rdr,” ne pèse pas et ne peut arriver au pouvoir que par la violence.  Pourtant, l’aveuglement est tellement poussé au RDR, que cette brute oublie que le contexte de 2010 ne sera pas celui des années à venir.

Les cadres du PDCI, les militants et sympathisants, qui ont été bernés par les media ont une autre lecture de la vie politique Ivoirienne. Et la base, aussi bien du PDCI, que du RHDP, attend que leurs élites trouvent une formule inspirée entre autres par la vision de Laurent Gbagbo pour libérer leur pays.

Non-Alternance en 2020 Pour le PDCI

La Une du Le Nouveau Courrier. “Arrogance, mépris, confiscation de pouvoir. Amadou ‘cimetière’ a encore frappé,”  insiste sur le désir de la “confiscation de pouvoir” par le RDR.

Pour ce faire, la stratégie pour un pouvoir à vie des Ouattara est copiée sur celle des années Compaoré à la tête du Burkina. Division, refus de réconciliation, crimes politiques, prisonniers politiques, maintien en exil d’opposants, ajoutés à tout cela, le rattrapage ethnique, la stratification des Ivoiriens en classe, le dépeuplement de l’Ouest et son repeuplement par des étrangers.

Les termes du discours de Soumahoro indiquent donc que la révision constitutionnelle en cours de préparation a pour but le maintien au pouvoir de cette bande d’usurpateurs, au mépris des règles élémentaires de la démocratie et de l’Etat de droit. Pour y arriver, le RDR met le FPI en avant pour essayer de faire peur au PDCI afin de sauver une alliance circonstancielle, sur béquilles, bâtie sur la violence contre les institutions de la République.

“Le Nouveau Réveil” Sans Lucidité

Le Nouveau Réveil, très anti-Gbagbo, nourrissant une haine viscérale du FPI, n’a pas perçu la supercherie.  Il se réjouit avec ce titre. “Amadou Soumahoro, président du directoire du RHDP, formel. ‘Un cadre PDCI au pouvoir en 2020, cela ne pose problème à personne.” Ils ont déjà oublié les clauses définissant l’alternance au pouvoir définies dans le cadre du jeu politique au sein du RHDP. Mais aussi le tour de force du RDR qui les a subtilisé 600 000 voix et la seconde place au premier tour des présidentielles 2010. Les propos de Soumahoro avertissent Bédié. Pas d’arrangement politique en 2020. Mais une compétition pipée.

En compensation, un Cognac pour Bédié. Un contrat d’importation du riz pour son fils. La place d’accompagnatrice de Nouvian pour Henriette Bomo. Toutes ces miettes pourraient résoudre la question des Bédié.

Mais le peuple qui soupire après la liberté, la paix, et le bien-être, continuera en attendant la libération de Gbagbo, à crier “Gbagbo Kafissa!” alors que l’exigence désormais c’est “sissankoni Gbagbo bêye” ou “Gbagbo est enfin là.”

Résistance et Piège de la Communication

Ce que le RDR ne souhaite pas. Alors, la cellule de communication de ce parti des loubards essaie de jouer sur la psychologie-politique des résistants.  Connaissant la fougue du désir de souveraineté qui les anime, le RDR sait néanmoins que les résistants manquent l’essentiel. La formation idéologique et politique. Soumahoro a donc mission d’agir sur le terrain que les deux camps affectionnent. Mais dont les subtilités du piège d’une communication biaisée échappent aux résistants.

Ceci explique pourquoi, quelques mots tenus par Soumahoro, distillés sur les réseaux sociaux et dans les media conventionnels, ont suffi à détourner les résistants, les patriotes, de l’essentiel. La libération du président Gbagbo. Donc, du pays des serres de l’impérialisme.

Ce même stratagème a marché en 2010.  A l’époque, occupés à discuter et commenter les mensonges du RDR, et même s’empoigner par textes interposés, les résistants avaient durant la période cruciale du dénouement du coup d’Etat Franco-Onusien, manqué de discernement et de lucidité politique. Nerfs de toute victoire sur l’envahisseur. A tel point que les faux résultats des élections avaient été préalablement balancés sur les réseaux sociaux. Et les “résistants-jouisseurs,” adeptes des boîtes de nuit, et de scoop,  aidés par l’alcool avaient été les vrais canaux de divulgation de cette info au lieu de la démentir et la contredire avec des arguments politique et juridique.

La mise en scène de Youssouf Bakayoko et Choï participait à la logique de ce piège communicationnel. Les explications juridiques du Conseil Constitutionnel n’en pouvaient rien.

Cette erreur stratégique des résistants due à la méconnaissance de la théorie du tri communicationnel contribua à la victoire politique du RDR d’abord. Et militaire ensuite. Alors qu’il était en mauvaise posture.

Patriotes et Panafricains, Tout Autre Combat

Aujourd’hui encore, le RDR, se trouve dans l’impasse manifeste de 2010 aggravée par les querelles intestines au RHDP et au sein même du RDR. Trouver la solution pour en sortir sans perdre le pouvoir est leur priorité.

Les résistants, les panafricanistes, et le FPI ont aussi leur objectif à atteindre. Ce but c’est la libération du président Gbagbo. Les intrigues du camp de la haine incarné par le RDR qui a annexé le PDCI avec Bédié inclue n’intéressent pas les patriotes. Les considérations subjectives qui ont incliné par le passé la balance en faveur des traîtres et le camp ennemis devraient être balayées. Les dérives constatées pendant le parcours de la lutte aussi. L’immobilisme d’un côté ou l’éparpillement des énergies de l’autre devraient être évacués pour une véritable alternative à la libération du pays.

La “Peur” Expliquée—21 Millions de Signatures Pour Gbagbo

Toutes les explications mises à l’écart, c’est la tournure prise dans le déroulement des procès à Abidjan et à La Haye qui explique la “peur” du RDR. Non pas le FPI au pouvoir. Car sous Gbagbo, aucun Ivoirien et aucun homme politique n’avait été contraint à l’exil. Aucun Ivoirien ou leader politique n’était en prison pour ses idées politiques. L’application stricte de l’article 12 de la Constitution était observée.

 Ce qui a fait revenir d’exil Ouattara et Bédié. D’ailleurs, à la mémoire oublieuse de ce dernier qui a appelé les militants et sympathisants du PDCI à voter pour le candidat Ouattara au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2010, le Woody a dit, “celui qui aime Bédié votera pour celui qui a fait revenir Bédié d'exil plutôt que pour celui qui l'a fait partir en exil.”

Les propos de Soumahoro ne devraient donc pas détourner les résistants du focus de la lutte qui se trouve à la CPI. Surtout dans la pétition de 21 millions de signatures pour la libération du président Gbagbo qui est la “peur du RDR.” Et non “l’exil.”

Feumba Samen

09:14 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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