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29/06/2016

Affaire « Médiapart accuse Bédié d’avoir cédé sa 2e place à Ouattara en 2010»

Affaire « Médiapart accuse Bédié d’avoir cédé sa 2e place à Ouattara en 2010»

Que Bédié nous explique les remerciements Jean-Marc Simon …

Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda serait en transe, fort remonté contre notre consœur Fanny Pigeaud de Médiapart qui a porté des accusations contre lui. Et son Cabinet a produit mercredi 22 juin 2016, un communiqué fumant dont voici la substance : « Faire croire qu’en 2010, l’homme d’honneur et de dignité qu’est et reste Henri Konan Bédié, a troqué sa « 2e place » à l’élection présidentielle contre un plat de lentilles, relève d’une grotesque affabulation. (…) Henri Konan Bédié n’a pas reçu un seul centime et n’a jamais accepté, ni négocié, encore moins conclu, un quelconque marché électoral ou de dupes ». En clair, après le premier tour de la présidentielle 2010, Henri Konan Bédié aurait cédé sa place acquise dans les urnes, à Alassane Ouattara pour affronter Laurent Gbagbo au deuxième tour. D’où la réaction passionnelle de son Cabinet. Soit. Mais nous, nous ne disons pas que « Henri Konan Bédié, a troqué sa « 2e place » à l’élection présidentielle contre un plat de lentilles ». Mais nous estimons que ce sujet est trop important pour l’histoire de la Côte d’Ivoire pour qu’il demeure flou dans l’esprit des gens. Même si Henri Konan Bédié n’a pas pris « un plat de lentilles », ni « un seul centime », que s’est-il passé tout de même ? Les Ivoiriens ne sont pas dans les secrets des dieux et tous aptes à comprendre des langages codés.

Les accusations voilées de Jean-Marc Simon

C’est pourquoi il est impérieux que le président du Pdci nous fasse l’amitié d’une lecture expliquée. Cette question revient, chaque fois, dans les causeries et les écrits d’ici et d’ailleurs. Qu’en est-il en vérité ? Comment Henri Konan Bédié explique-t-il les paroles suivantes ? Celles d’un diplomate, d’un intellectuel, qui tourne sept fois sa langue avant de parler. Le jeudi 1er mars 2012, l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire Jean-Marc Simon, après avoir fait ses adieux à Henri Konan Bédié, déclare ceci : «Je viens d’être reçu par le président Henri Konan Bédié. C’est une audience de congé, c’est une audience de départ. Je tenais, naturellement, avant de quitter mes fonctions et ce pays, à venir saluer l’ex-chef d’Etat, le président du Pdci, qui a joué un rôle si important dans la crise qu’a connue la Côte d’Ivoire aussi bien dans la crise pré-électorale que la crise postélectorale. Tous ont beaucoup apprécié son attitude tout à fait digne d’éloges. Après le premier tour où il a accepté de ne pas être présent au 2ème tour et à apporter un soutien sans faille à celui que les Ivoiriens ont ensuite désigné, le président Alassane Ouattara». Selon Bédié, que veut dire l’auteur, le diplomate français par « il a accepté de ne pas être présent au 2ème tour » ? Que Bédié nous explique. Pour des gens simples de niveau comme nous, « avoir accepté » suppose qu’on ait proposé à la personne une idée. Ici quelle idée, logiquement ? Selon le texte, l’idée « de ne pas être présent au 2ème tour ». Chose qui renvoie à la notion de « négociation, négocié » ou de « marché », que le Cabinet a carrément rejetée. Ou peut-être à l’idée de « menace ». S’il ne s’agit pas de cela, que Bédié nous explique pourquoi sorti de chez lui, Jean-Marc Simon a dit cela. Pourquoi ? Qu’a-t-il fait en 2010, à part son échec au premier tour de la présidentielle, pour que l’ambassadeur de France dise de lui que « tous ont beaucoup apprécié son attitude tout à fait digne d’éloges » ? Qu’a-t-il fait qui arrange tant la France de Nicolas Sarkozy, Sarko qui n’a pas hésité à écrire personnellement au président de Commission électorale indépendante de Côte d’Ivoire (Cei), Youssouf Bakayoko, le suppliant de publier les résultats ? Que Bédié ait la gentillesse de ne pas se taire éternellement sur cette question. Qu’il nous fasse une lecture expliquée. Qu’a-t-il fait de si gentil pour la France ?

L’aveu de Bédié

Ensuite, la lecture expliquée, Bédié doit la faire également sur ses propres déclarations. Parlant de l’élection de 2010, lui-même a avoué le 3 octobre 2013 lors du 12e congrès du Parti démocrate ivoirien (Pdci) : «Le rang que j’ai occupé à l’élection de 2010 n’était pas le mien… Mais vous conviendrez avec moi que les dés étaient déjà pipés. » Et de s’esquiver dans un prétexte : « Le recomptage des voix qui paraissait indiqué en la circonstance, la menace que nous sentions déjà venir, l’accusation de mauvais perdant dont je serais l’objet, m’ont amené à ne pas poursuivre, d’autant plus que mon jeune frère, le Président Alassane Ouattara était arrivé en seconde position… » Que veut dire Bédié par là ? S’il était si persuadé que son « jeune frère, le Président Alassane Ouattara était arrivé en seconde position», sur la base de quoi alors Bédié pouvait-il affirmer que « Le rang (3e) que j’ai occupé à l’élection de 2010 n’était pas le mien », dans la mesure où le second tour n’admet pas de candidat classé ex aequo (2e ex aequo), c’est-à-dire trois candidats ? S’il est convaincu que son « jeune frère, le Président Alassane Ouattara était arrivé en seconde position», alors quel était son vrai rang, lui ? Et il occupait le rang de qui, en fait ? Gbagbo 1er, Ouattara 2e, entre les deux au second tour, où se trouvait sa place qui ne lui a pas été finalement attribuée ? Où ? Que Bédié ait le courage d’expliquer les choses aux Ivoiriens ?
La vérité ne viendrait-elle pas de son bout de phrase : « la menace que nous sentions déjà venir, l’accusation de mauvais perdant dont je serais l’objet » ? Car le recomptage dont il parle étant la proposition du candidat Gbagbo, qui menaçait et pouvait menacer alors Bédié ? La menace ne pouvait pas venir de Laurent Gbagbo déjà premier. Il n’avait donc pas intérêt à discuter une deuxième place. La menace dont parle Bédié avec délicatesse ici ne pouvait venir que de Nicolas Sarkozy, ami d’Alassane Ouattara. Sarkozy avait pris cette élection comme son propre combat qu’il tenait à ne pas perdre. Aurait-il alors menacé Bédié de ne pas aller au second tour, sinon… accusation de biens mal acquis… de mauvais perdant, etc. ? Rhétorique de pression connue du président français d’alors. Que Bédié nous explique tout, tout ce qu’il a souffert, une fois pour toutes.

Germain Sehoué
gs05895444@yahoo.fr

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