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27/06/2016

Bédié ne trônera pas parmi les Héros Nationaux


Bédié ne trônera pas parmi les Héros Nationaux à cause de sa Mentalité Politique Haineuse—Analyse

L’Histoire s’écrit tous les jours. Et chacun écrit la sienne. Henri Konan Bédié a surement fini d’écrire la sienne sur le plan politique pour deux raisons au moins. Théoriquement, il est sur la courbe descendante de la vie pour un être de son âge. Et objectivement sur la pente décroissante et brute de sa carrière politique. Bédié quitte le chemin de l’Histoire sans jamais fouler le paillasson du hall des grands faits historiques à cause de sa mentalité haineuse envers les peuples, de son attitude à l’égard des vies humaines, et de son opinion pernicieuse contre Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien–FPI.

Prêter attention à Bédié sur le flan politique n’a de sens que si l’on porte un regard analytique sur les références historiques du Rassemblement Démocratique Africain–RDA–, que le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire–PDCI–s’est attribué comme second nom. Ainsi donc, outre le contexte de la création et les objectifs historiques du RDA, le contenu politique du PDCI version Ivoiritaire est vide. Bédié encore plus.

Combat du RDA Pilier du PDCI

Le Rassemblement Démocratique Africain, était le plus grand parti politique qui a joué un rôle clé dans la décolonisation de l'empire Français en Afrique occidentale et équatoriale Française. L'idéologie politique du RDA ne cultivait pas  la sécession pure et simple des colonies de la France. Ses positions idéologiques étaient plutôt anti-coloniale et panafricaniste.

Ce parti fut formé lors d'une conférence à Bamako—colonie du Soudan Français, tenue du 18 au 21 Octobre 1946. Le but de cette rencontre était de réunir les dirigeants Africains affiliés au Parti Socialiste Français–PSF–avec ceux associés au Parti Communiste Français–PCF–pour la reconfiguration des relations entre la France et les colonies Africaines. Néanmoins, les dirigeants socialistes Français voyant dans cette initiative un coup à leur leadership, obligèrent leurs membres Africains à boycotter ces pourparlers. Resté l’unique parrain du RDA, le PCF lui offre ses premières opportunités politiques.

Dès ce sommet jusqu’à la dislocation de cette entité politique en 1958, Félix Houphouët-Boigny a la charge de la présider. Fily Dabo Sissoko–Soudan Francais–, Sourou-Migan Apithy–Dahomey–, Jean-Félix Tchicaya–Congo Brazza–, Gabriel d'Arboussier–Sénégal–, et Mamadou Konaté–Mali–, occupent le post de vice-présidents. Au sein de l’Assemblée nationale Française, les sections RDA optent pour une stratégie qui consiste à ne pas avoir un allié naturel. Mais à s’aligner sur les positions du parti Français qui défendrait les intérêts de l’Afrique. Hélas, elles commettent une erreur politique et stratégique de taille. Au lieu de couper le cordon ombilical de dépendance avec la France pour une indépendance complète des colonies, elles choisissent l’option ambiguë d’une relation égale entre les colonies et la France.

Après les indépendances mal négociées par Houphouët, et la dispersion des forces du RDA, plusieurs partis postindépendance héritent de ce nom. Héritage aussi du PDCI.

Bédié nourri au lait de Etienne Djaument et Sékou Sanogo

Lourd, lent, nonchalant, traumatisé par le putsch de Noël de 1999, Henri Konan Bédié, comme une ombre, traîne tel un fantôme hanté et hantant l’échiquier politique sans réel emprise sur les sujets politiques. Les multiples discours lors du cinquantenaire et septantaine de ce parti, vidés de leur substance historique, instruisent que Bédié est déconnecté du combat originel anticolonial du PDCI.

Pourtant, le 6 Février 1949 aurait donné de la chair à l’écriture de ces textes importants pour l’Histoire de la Côte d’Ivoire. Date qui enseigne qu’à l’occasion d’une réunion à Treichville du Bloc Démocratique de Etienne Djaument, leader proche des colons, de graves incidents provoqués avaient mis le feu à la mèche de la machine du harcèlement-répression du gouverneur-colon Péchoux contre les militants du RDA. Ce que le président Laurent Gbagbo dans son costume d’historien parle de “deuxième pacification” après celle meurtrière de Angoulvant dans les années 1910.

 Suite à ces répressions-coloniales, 30 militants du RDA avaient été arrêtés dont huit du comité directeur—Philipe Vieyra, Séry Koré, Albert Paraiso, Lamad Kamara, Jacob Williams, Jean Baptiste Mockey, Bernard Dadié, Mathieu Ekra, pionnier du mouvement anticolonialiste Ivoirien.

Le Rapport Damas n° 11348  parlant de ces prisonniers fait des révélations choquantes. “Tantôt, les gendarmes Européens les forçaient à danser à la cadence des coups qu’ils recevaient, tantôt, on leur demandait de crier : RDA et d’insulter Houphouët.”… “Moussa Sidibé fut battu, son corps zébré de plaies fut enduit de chaux vive et il lui fut défendu de se laver. Bamori Fofana et Tiadoua Fofana portaient tous  la barbe. Elle fut arrachée par les gardes de cercle, fourrée dans leur bouche avec ordre de l’avaler sous une pluie de coups. Paul Séry fut battu jusqu’à ce qu’il tombe inanimé sous les rires des Européens.” 

Dans le Réveil du 23 Mai 1949 sous le pseudonyme de Mourou Ben Daouda, Bernard B. Dadié, alors qu’il est lui-même incarcéré à la prison de Grand–Bassam, résume le patriotisme de ces militants-résistants. Il écrit ces vers. “Nous vivrons parce que toujours sur la brèche, Nous nous battrons pour la paix; Nous nous battrons pour la liberté; Nous saisirons les bellicistes au collet; Et sur leurs méfaits ferons le jour, un jour cru, Pour sûr, nous saisirons les bellicistes au collet.”

Peut-on dire que Bédié a une idée du  sens de ces vers? Il a été nourri au lait de la soumission. Celui qui a fait grandir Etienne Djaument, Sékou Sanogo, et autres. Le lait maternel perdu.

Zouéba a trahi le sang des martyrs

Comme aujourd’hui avec Bédié, sans essence patriotique, et Alassane Ouattara à la solde de l’impérialisme international, l’administration coloniale a joui de la complicité des traîtres pour intensifier les représailles sur l’ensemble du territoire. Néanmoins, leur violence s’écrasait sur les boucliers anti-loi coloniale des populations.

A Bouaflé, les provocations de Sékou Baradji contre les militants du RDA donnent l’occasion de répressions contre ce parti. Bilan officiel. Trois morts et de nombreux blessés. Le député Félix Houphouët  Boigny est poursuivi par la justice coloniale pour fait des manifestations dans cette ville. Il  échappe à cette justice grâce à la mobilisation exceptionnelle du peuple convergeant vers Yamoussoukro contre l’ordre colonial. La même chance ne sourit pas au Sénateur Biaka Boda. Il est enlevé dans la nuit du 27 au 28 Janvier 1950. Torturé, il est achevé à coup de baïonnettes et décapité par des gendarmes sur la route de Bouaflé—Informe Devalois Biaka, dans son ouvrage, Côte d’Ivoire, la disparition du patriote Victor Biaka Boda.  

A Dimbokro, Marcel Amondji dans son livre Côte d’Ivoire, le PDCI et la vie politique de 1944 à 1985,  informe que suite à l’arrestation du leader local du RDA, Samba Ambroise par les forces coloniales, une manifestation de protestation avait été organisée le 30 Janvier 1950 sur la place du marché. La répression coloniale-meurtrière fait 13 morts tirés dans le dos et des dizaines de blessés.

Décrivant l’horreur à Séguéla, il note qu’une manifestation pour la libération des militants RDA mis aux arrêts suite aux provocations de Sékou Sanogo, transfuge du RDA, se solde par trois militants assassinés par la police. Parlant du mois de “Janvier 1950 qui fût particulièrement sanglant,” il révèle que “chaque jour de ce mois fut inscrit en lettre de sang dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.” Puis précise. “Sur l’ensemble de l’année 1950, il y eu plus de cinquante morts, des centaines de blessés, près de 5000 détenus.”

Le témoignage de Bernard B. Dadié à  Me Verges sur la répression contre le RDA entre 1949 et 1950 est illustratif sur la sauvagerie de l’administration coloniale qui tenait à taire le patriotisme Africain à travers les pillages, incendies, saccages, viols, arrestations massives, selon Coffi Gadeau. Sur les données chiffrées de ces représailles, Gabriel d’Arboussier indique,  “nos militants totalisent déjà 134 années de prison, 25 années de réclusion dont Zoro-bi-Tra à lui seul en compte 8, et la Côte d’Ivoire n’est pas la seule à subir cette répression.”

Au front contre la répression coloniale, les femmes s’étaient engagées. L’une de leurs premières actions fut la marche sur la prison de Grand Bassam le 24 Décembre 1949 et le boycott du commerce Français du 15 Décembre 1949 au 15  Janvier 1950. Matthieu Ekra dans une interview au Médecin-journaliste Sénégalais Doudou Guèye—fondateur et principal animateur de la section Sénégalaise du RDA, explique. “Elles [les femmes-combattantes] amenaient les plats truffés de messages divers, et quand elles repartaient, avant même que les plats passent à la fouille de sortie, nos propres messages étaient déjà dehors. C'est ainsi que les articles pour la presse, pour Le Réveil comme pour Le Démocrate de l'époque, partaient régulièrement tous les jours de la prison, sans gros problèmes.”

Pas de Anne Marie Raggi… ou de Monique Adjoba au sein des Femmes PDCI de Bédié

Les femmes du PDCI-“RDA” version Konan Bédié, en tête desquelles Henriette Koizan Bomo Konan Bédié—née à Bouaflé, aussi molasses que les limaces, plates dans la tête en ce qui concerne les patriotisme-résistant, perfectionnent à merveille les signes et actes qui déterminent et qualifient les esclaves de maison. Pour ces femmes qui allient “Ivoirité” et “Rattrapage ethnique” de leur nouvel allié Ouattara, tout est dans la chair.  Mais aussi dans le visuel. Avoir la peau blanche et son corollaire. Pas de philosophie de libération nationale. Pas de Anne Marie Raggi, de Marie gallo, de Marguerite Sackoum. Ces femmes du leadership de la lutte anti-coloniale à l’instar de Simone Ehivet Gbagbo qui est sur leurs traces. Ou de Monique Adjoba, Jacqueline Gnoama, et encore Anne Marie Raggi, qui ont servi d’agent de liaison entre l’extérieur et les prisonniers de Bassam.

Ces femmes de ’49-’50  n’existent plus au sein du PDCI-“RDA.” Cela ne pourrait étonner. Henri Konan Bédié ignore le sens du combat du PDCI et du RDA. Il ne connaît pas l’histoire de ces partis. Si non il n’aurait pas perdu lamentablement le pouvoir en 1999.

Sans vision, Bédié prêche l’Houphouëtisme: Une Idéologie désuète

Sans vision ni pour le parti, ni pour la nation, Bédié crée une hémorragie au sein du PDCI-“RDA.” En  1994 plusieurs cadres en majorité originaires du Nord quitte son bateau et lance le Rassemblement des Républicains–RDR–. A la suite du RDR de Djenni Kobenan et non du Burkinabè Alassane Ouattara, de nombreux cadres issus du PDCI démissionnent. Plusieurs formations politiques sortent des flancs de ce parti. Au nombre de celles-ci, l’Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d'Ivoire –UDPCI– créée après l’assassinat de Robert Gueï, l’Union Démocratique Citoyenne de Côte d'Ivoire–UDCY– de Mel Eg Théodore, le Rassemblement pour la Paix, le Progrès et le Partage–RPPP– de Laurent Dona Fologo, le Parti pour l'Unité de la République de Côte d'Ivoire–PURCI– de Aya Djibo Martine, l'Union Républicaine pour la Démocratie–URD– de Akissi Boni Claverie. D’autres militants sont radiés par le roi Bédié.

Pire. De son incapacité à gérer les hommes, et comptant uniquement sur les acquis de Houphouët, le PDCI perd après analyse des résultats des  présidentielles de 2010, le Nord, le Sud, l'Est, et l'Ouest, et se classe au troisième rang national.

Pourtant, en 2008 Laurent Dona Fologo avertissait à travers le site macotedivoire.info ceux qui construisent leur ligne politique sur l’Houphouëtisme. “Le nom d'Houphouët Boigny, même s'il est vendable politiquement pour certains, baisse au fur et à mesure que l'électorat se rajeunit. Les jeunes gens dont l'âge varie de 18 à 30 ans n'ont pas connu Houphouët-Boigny. Ils parlent de lui aujourd'hui comme les Français parlent de De Gaulle. C'est de l'histoire.” Malheureusement, Bédié n’a pas une oreille politique. Donc, ne peut entendre et comprendre les messages politiques.

Alliage des Idéologies contraires

La politique d’intérêts égoïstes ne respecte aucune logique. Si non, comment expliquer que Bédié qui a été humilié par Ouattara, chassé sans ménagement du pouvoir, mis à la retraite anticipée, puisse porter aujourd’hui le sac et le crachoir de son tombeur?

Il n’y a que le caractère inhumain de ces deux hommes qui les rapproche, puisque les fondements théoriques de leurs partis n’ont rien de commun. Le préambule des statuts du PDCI adoptés au 5e  Congrès renseigne que “le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire dit PDCI, né du Syndicat Agricole Africain –SAA– de Côte d’Ivoire, fidèle reflet des aspirations profondes de nos masses, a pour mission, dans le cadre du rassemblement démocratique Africain d’affirmer au niveau de la Côte d’Ivoire la personnalité Africaine. Il s’assigne en conséquence pour but de promouvoir une politique de bien-être, de paix, de neutralité absolue et de coopération internationale dans l’égalité, la tolérance, la solidarité et la dignité.”

De son côté, une section d’une motion du 2e Congrès ordinaire du RDR, tenu du 1er au 3 Février 2008 indique, “Considérant la convergence de vue entre le RDR et les Forces Nouvelles pour l`avènement d`une Côte d`Ivoire réconciliée, prospère et forte; Considérant l`engagement du RDR et des Forces Nouvelles dans le processus de sortie de crise; Considérant l`alliance au sein du G7 relative à l`organisation d’élections démocratiques et transparentes, ouvertes à tous et certifiées par la communauté internationale; Vu le nouveau contrat social porté par le président Alassane Dramane Ouattara en vue du rassemblement de toutes les intelligences et de la construction de la Côte d’Ivoire nouvelle; le 2e Congrès ordinaire des 1er, 2 et 3 Février 2008 encourage le Président du Parti à poursuivre ses contacts avec les Forces Nouvelles en vue de développer une action politique commune.”

Ouattara Alassane qui ment excessivement mais ne cache pas ses intentions par excès de zèle trahit lors de ce Congrès sa connexion avec la rébellion en tant que parrain de ce groupuscule de tueurs. “Je vous invite chers frères et sœurs des Forces Nouvelles à investir vos énergies dans l’engagement politique à nos côtés.” Un appel hypocrite à rejoindre la “case”—logo de son parti que ces massacreurs n’avaient jamais quitté.

Si Henri Konan Bédié a essayé d’être un chef d’Etat, son incapacité à gérer les normes politiques conflictuelles l’a noyé. Ouattara lui, a fait de l’Etat une “Mutuelle Nordiste” en reconnaissance aux  ressortissants du nord qui l’ont aidé au plan national à prendre le pouvoir par les armes et sur le sang des Ivoiriens. Ce qui explique son idéologie du “Rattrapage ethnique.”

On ne pourrait pas reprocher à Bédié l’œuvre du sang. Mais plutôt son silence face à la cavalerie meurtrière de Ouattara, et son soutien à Konan Kouadio Bertin qui s’était initié à la violence en partageant l’idéal meurtrier du RDR quand il s’est associé à Karamoko Yaro pour mettre le pays à feu et à sang pour le compte des occidentaux et un minable poste de député. Pour un sans-emploi, c’est une mine d’or.

De l' "Alcoolodrome", au Delirium 

De l' "alcoolodrome", au delirium, Bédié  rêve d’une action en justice contre Fanny Pigeaud, journaliste pour Mediapart, pour “mensonge,” “manipulation” qui, “tel un pigeon, distille ragots et contre-vérités” sur sa noble personne. Lui, “icône nationale, homme de paix, de sagesse, d'honneur et de grande dignité,” qui “n'a jamais été mêlé et ne sera, sans doute jamais mêlé, à un trafic aussi laid, sordide qu'incroyable de marchandage électoral, hideux et détestable!”

Une Histoire bizarre. Maurice Kacou Guikahué, secrétaire exécutif du PDCI-“RDA” a affirmé le 5 Juin 2014 au cours d’une conférence de presse que le candidat de son parti à la présidentielle de 2010 avait été dépouillé de 600 000  voix. “On nous a effectivement volé 600 000 voix lors de la présidentielle de 2010. Mais la Commission Electorale Indépendante–CEI–n’a rien à voir. C’est parce que nous n’avons pas été vigilants.” Excusant la CEI, il poursuit. “Vous savez comment les élections se passent. Il y avait des bureaux de vote où le PDCI n’était pas représenté. Certains de nos représentants, prétextant ne pas avoir reçu leurs perdiems, ont vendu nos voix à nos adversaires. Dans certains cas, les résultats ont été inversés. On n’a pas été vigilants. C’est comme si vous laissez votre porte ouverte et quelqu’un vient voler vos affaires.” Bédié et les siens sont si lâches qu’ils évitent de nommer le RDR, auteur de cette forfaiture.

En couvrant son meurtrier électoral, Bédié peut-il, sans verser dans la folie, s’en prendre à ceux qui l’accusent d’avoir vendu son droit d’aînesse pour un plat de haricot? Les parrains de Ouattara ont félicité ce taiseux pour sa docilité. Pour n’avoir pas dévoilé le deal qui a permis à Ouattara d’être second aux présidentielles de 2010. Le réveil(?) de  Bédié prouve que l’alcool, la lâcheté, et la politique, ne font pas bon ménage. Mais pas l' "Ivoirité" et le "Rattrapage éthique".

Sans Linceul de Paix ni Funérailles

Le sinistre et tragique Ouattara et l’endormi Bédié, sont la somme de tous les vices imaginables. “Vice de la haine. Vice de l’intolérance. Vice de la calomnie. Vice de la division. Vice de l’épuration politique. Vice du tribalisme. Vice de l’arrogance” comme l’écrivait en 2011 Hassane Magued dans son papier, Côte d’Ivoire: Bédié Konan, le chef devenu un chiffon!.

Tous deux partagent “le réflexe ethnique, la répression des étudiants, la bastonnade d’hommes politiques, la chasse aux militants et sympathisants du FPI, le détournement de deniers publics, l’orgueil, et le mensonge.” Précise Magued. Ils n’ont pas su ni pu écrire leurs noms dans les bonnes pages de l’Histoire.

Bédié mourra sûrement couvert d’un linceul de honte. Son acolyte Ouattara pourrait être poursuivi pour crime économique, crime de guerre et crime contre l’humanité, sous la pression des Ivoiriens et dès que tous les contrats d’exploitation de pétrole, de gaz et de minéraux seront signés avec les multinationales occidentales. S’en suivra alors sa persécution spirituelle comme ce fut le cas de Hissein Habré. Puis, il crèvera sans linceul de paix ni funérailles pour “le rôle d’assassin du peuple Ivoirien qu’il s’est donné.”

L’Histoire leur a déjà tourné le dos. Les Ivoiriens aussi. Et la gueule de la terre  est déjà ouverte pour les placer dans l’endroit le plus ténébreux de ses entrailles. Car insensés ils sont. Ils ont marché dans les ténèbres et n’ont point reçu la lumière, comme dit la Bible.

Banni du Musée Houphouët Boigny

Pour les Soixante-dix ans du PDCI, une cérémonie de reconnaissance aux personnalités qui ont marqué de leurs empreintes ce parti septuagénaire avait été organisée le 13 Avril 2016 à la maison du parti à Cocody. Une vingtaine d’anciens parmi lesquels Emile Constant Bombet, ancien ministre de l’Intérieur, N’Koumo Mobio, ancien maire d’Abidjan, Georges Ouégnin, ancien chef de protocole du président Houphouët-Boigny, avaient été élevés au rang de grand officier dans l’Ordre du bélier. Dix grandes familles entre autres celles de Delafosse, Akoto François, Lamine Touré, Sikalia Yao, Jeanne Gervais et Gon avaient reçu la reconnaissance du parti pour leurs contributions à son dynamisme.

Bédié, Réélu à la tête du parti avec 93,3 % des suffrages en Octobre 2013, et qui a annoncé un an plus tard qu’il soutiendrait Alassane Ouattara, le candidat du RDR à la présidentielle de 2015, n’aura sûrement pas une telle reconnaissance si une bonne crème de son parti recadrait  sa philosophie et son idéologie du moment. Les prémices du rejet de cet homme pas politique mais suiviste se sont dessinées en 2014 après l’appel de Daoukro en soutien à la candidature unique de Ouattara aux présidentielles de 2015. Puis, se sont accentuées avec la violation des résolutions du 12e Congrès du PDCI, et l’annonce de la “fusion” entre le PDCI et le RDR.

Suite à ces dérapages stratégiques, les militants de Paris avaient exigé la “démission pure et simple” du “judas Henri Konan Bédié, pour haute trahison.” Konan Kouadio Bertin, député de Port-Bouet et président des jeunes du PDCI avait alors déclaré, “Henri Konan Bédié rêve debout.” le Président de la coalition des militants PDCI-RDA pour la sauvegarde des résolutions du 12e Congrès, William Koffi, lors d’un point de presse le 17 Septembre 2014 dénonça “un acte anti-démocratique” de Konan Bédié. Puis, annonça que “la déclaration d’Henri Konan Bédié …est un acte isolé et solitaire et n’engage que sa personne et non [leur] formation politique.” Enfin, à la mémoire oublieuse de Bédié, il rappela. “Le congrès a décidé de présenter un militant actif à la présidentielle de 2015. Une remise en cause de cette décision équivaut à une remise en cause de l’élection de Henri Konan Bédié à la tête du parti.”

Nestor Koffi, membre du bureau politique du PDCI et Joël Ettien cadre de ce parti, avaient au nom de la coalition, la diaspora et les Ivoiriens de l'extérieur appelé le 17 Septembre à “un soulèvement pour une désobéissance militante à l'endroit de Bédié le Judas.” Pour ne pas être “le complice” de celui qui a prouvé par ses actes, “sa haine et son désir d'effacer la mémoire du président Houphouët et de  vouloir  à tout prix sauvegarder ses intérêts égoïste.”

Edoukou Klimbié Benson, membre fondateur de la délégation du PDCI-RDA France estimant que Bédié, “la honte des Baoulés, des Akans,” avait fait  “le lit de son cauchemar, de son bourreau de 1999,” écrivait, “Bédié à la tête du PDCI-RDA, c’est vingt-deux ans d’infortune, d’échec, de désolation, de chaos, de désillusion, d‘incapacité, d’insubordination, d’irresponsabilité et de délinquance politique”  qui, “face aux vrais enjeux, face aux grandes décisions pour faire gagner le PDCI-RDA, il s’est toujours dégonflé… Mais Quand il s’agit de s’enrichir sur le dos du PDCI-RDA, des militants, là, il est imaginatif, il est offensif, il est conquérant.”

Confronté à toutes ces récriminations, Bédié donne raison à tous ceux qui disaient de lui qu’ils “préféreraient un guatémaltèque à lui,” “que Bédié est un looser, un incapable,” “que Houphouët-Boigny, s’est trompé de choix,”  ou que “Bédié n’est pas un houphouëtiste, ni Pdciste, il est un opportuniste qui va se servir du PDCI,”  ou encore que “Bédié est un homme d’affaires, il ne comprend rien et ne comprendra jamais rien à la politique,” et qu’enfin,  “pour Bédié, il n’y a que l’argent qui compte, rien que ses intérêts.”

Ainsi jugé, il n’est pas évident que cet homme, rond non de soupe mais de Bourbon, qui a vendu ses droits pour un plat de Benga—haricot, entre dans l’histoire glorieuse du PDCI-RDA, et encore moins qu’il siège parmi les héros de la Côte d’Ivoire combattante de Gbagbo et de Simone Ehivet.

Feumba Samen

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