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31/05/2016

Interview du ministre Koné Katinan


Soir_Info‬ : Mais pourquoi avoir boycotté la rencontre avec la ministre Mariatou Koné qui était récemment en mission au Ghana, alors que vous auriez pu profiter de cette mission de cette émissaire du gouvernement ivoirien, pour lui faire part de votre position sur la réconciliation nationale ?
Justin Kone Kayina‬ : Qui a boycotté la mission de Madame Koné ? Je me permets de dire que c'est elle qui a boycotté sa mission à elle. Ce qui s'est passé au Ghana, est à l'image de ce que le gouvernement ivoirien fait avec l'opposition ivoirienne. Si le pouvoir décide de choisir ses partenaires et ses opposants, ça donne les résultats que nous observons depuis plus de 5 ans. Pour moi, Madame le ministre est venue voir ses amis, et elle a voulu profiter pour donner un caractère officiel à son voyage privé. Elle a vu ses amis bien sûr. Elle a donc atteint ses objectifs. Donc, elle a réussi sa mission. Elle n'était pas venue pour les exilés, sinon elle ne se serait pas prise de cette façon. En tout état de cause, le gouvernement a de nombreux problèmes financiers. ll doit pouvoir faire l'économie de ces missions si vraiment il entend résoudre le problème des ivoiriens. Le problème des exilés n'est pas différent de celui de l'ensemble des ivoiriens, à savoir qu'il faut créer les conditions d'une réconciliation vraie. Ces choses-la sont connues, et il faut les traiter à fond en Côte d'lvoire. Sangaré Abou Drahamane et son équipe sont suffisamment informés, et ils peuvent très bien défendre la cause des exilés. L'exil n'est pas facile, il faut éviter de mettre une pression énorme sur les exilés. La démarche du gouvernement sur la question des exilés, me semble à la fois couteuse et inefficace.

Ne trouvez-vous pas que la Coordination du FPI en exil, dont vous étes membre, fait preuve de surenchère quand elle dit que si le pouvoir veut connaitre les problèmes des réfugiés et exilés, et y apporter des réponses, il doit s'adresser à Aboudramane Sangaré ?
- Où est la surenchère dans ce qui est écrit. Les exilés ivoiriens sont sur tous les continents du monde. Je vous apprends qu'il y a des exilés ivoiriens en Australie par exemple. Le gouvernement va-t-il les visiter un a un ? Soyons sérieux. Tous ces exilés vous disent qu’ils ont un représentant sur place, il faut discuter avec lui. Les conclusions de ces discussions vont être répercutées aux centaines de milliers de réfugiés éparpillés sur l'ensemble du globe. C'est une solution de facilitation. Au lieu de nous applaudir pour cette solution à la fois sage et pratique, on nous blâme. Je ne comprends pas ça.

Vous personnellement, qu'est-ce que vous attendez pour revenir en Côte d’Ivoire quand on sait que le président Ouattara a demandé, maintes fois, aux exilés de rentrer ?

- Pourquoi vous me dissociez des autres ? J'attends la même chose que tous les autres exilés. Et nos attentes ont été formulées et transmises au président Sangaré et à la direction du parti (FPI, ndlr). Donc, il n'y a pas une solution Katinan 221 part.

D'autres sont encore prêts à rentrer !
- J'imagine que d'autres sont certainement prêts à rentrer. Qu'ils facilitent la tâche au gouvernement, en rentrant. Parce qu'un exilé politique fuit un gouvernement, mais si quelqu'un, bien qu'étant en exil se déclare ami de ce gouvernement, au point d'organiser les missions pour ce gouvernement en lieu et place de l'Ambassadeur, il n'est plus en exil, il faut qu'il rentre. Ce qui est inacceptable, c’est qu’en voulant rentrer, des personnes s’évertuent a créer des situations de conflits entre ceux qui restent et leurs tuteurs. Ce n’est pas sérieux, et il convient de dénoncer cette attitude. En ce qui me concerne, l'accueil « très amical » qui a été réservé aux ministres Assoa Adou et Hubert Oulaye, m'obligent à beaucoup de prudence. Je rappelle que le grand frère Porquet Désiré est décédé suite à l'accueil « réconciliateur » réservé à son ami Assoa Adou, et que le ministre Lia-Bi à dû fuir le pays pour reprendre le chemin de l'exil qu'il avait volontairement interrompu une année et demi auparavant, sur la foi des déclarations du gouvernement ivoirien. Quand un bossu assiste à l'enterrement d'un autre bossu, il en sort toujours avec l'image de son propre enterrement.

Que voulez-vous dire exactement ?
- Je voudrais dire que l’exil n’est pas une situation facile. Je ne crois pas que les exilés ivoiriens soient des maso qui tirent du plaisir dans leur situation de détresse. Le pays nous manque. La famille nous manque, des personnes qu’on aime nous manquent etc. C’est pourquoi, il est de la responsabilité exclusive du gouvernement, de régler cette situation sans faux fuyants. Pour le moment, l’approche du gouvernement est un expédient qui relève plus de la communication propagandiste qu’une réelle tentative de solution réelle à ce problème douloureux pour la nation.

Voulez-vous parler de Kadet Bertin et autres Watchard Kédjébo, quand vous dites qu'ils organisent des missions pour le gouvernement ivoirien en lieu et place de l'Ambassadeur ?

- C'est vous qui le dites.

(Extrait d'interview, in Soir info du jour, Lundi 30 mai 2016).
mis en ligne par Kakry Khaza

00:26 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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