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13/05/2016

Burkina Faso : Interpol refuse d’exécuter le mandat d’arrêt contre Soro. Un jur iste burkinabé trouve ce refus justifié

L’affaire du mandat d’arrêt lancé par les autorités judiciaires du Burkina Faso est sur le point de tourner à la tragi-comédie.

En effet, sur requête du commissaire du gouvernement burkinabé, la cour de cassation de ce pays a annulé, le jeudi 28 avril dernier, le mandat d’arrêt émis le 8 janvier 2016 contre Guillaume Soro, le président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Cette décision d’annulation est également valable pour les autres mandats d’arrêt internationaux émis contre Blaise Compaoré et Fatoumata Diendéré. Selon le procureur général de la Cour de cassation Armand Ouédraogo «ces annulations ont été faites pour vice de forme parce qu’il aurait fallu demander les réquisitions du commissaire du gouvernement (procureur), du tribunal militaire avant d’émettre les mandats. Cette formalité n’ayant pas été accomplie, la Cour a donc décidé d’annuler tous les mandats internationaux.

Seulement 24 heures après l’annulation des mandats d’arrêts sus-cités, le procureur militaire a annoncé que les autorités de la justice militaire du Burkina Faso allaient relancer les mandats d’arrêt contre Soro et Compaoré. «Nous avions introduit la requête pour corriger un vice de procédure, cela étant fait, on ne voit pas d’empêchement particulier à ce que ces mandats puissent être repris», a affirmé le Colonel Norbert Koudougou. Cette intention de relancer ces mandats d’arrêt se trouve contrariée par le refus de Interpol d’exécuter les mandats d’arrêts émis par le Burkina Faso notamment contre le président de l’assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, dans l’affaire du putsch manqué.

Selon les termes d’une note transmise aux autorités judiciaires des pays concernés, Interpol précise qu’au terme de l’article 3 du statut de l’organisation, la qualification “d’attentat à la sûreté de l’Etat” donne au mandat contre Guillaume Soro un caractère politique. Ce qui ne serait pas en conformité avec le Statut et les règlements d’Interpol qui stipulent que «toute activité ou intervention dans des questions ou affaires présentant un caractère politique, militaire, religieux ou racial est rigoureusement interdite à l’Organisation». Dans l’interview (en haut de la page) que lui a accordé les confrères de “Radio Omega “, le Docteur Mamadou Hébié, professeur assistant en Droit international de l’Université de la Haye aux Pays-Bas, estime que la réticence de Interpol à être mêlée au mandat d’arrêt contre Guillaume Soro est justifiée.

C’est justement cette appréciation faite par Interpol de l’affaire Guillaume Soro qui frise le ridicule et rend son refus assez comique. Car on sait que cette même organisation a servi de bras séculier pour transférer plusieurs Ivoiriens, dont le commandant Jean Noël Abéhi, du Ghana en Côte d’Ivoire à la demande des autorités ivoiriennes qui accusaient ces derniers de tentative de coup d’état contre leur régime.

Eburnienews.net
pour entendre la bande son de l'intervention du juriste, cliquer sur le lien ci-dessus.

09:24 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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