Shlomit
topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

08/05/2016

Un ex-FDS répond à son ancien CEMA

UN EX-FDS REPOND AU GENERAL MANGOU PHILIPPE

Il y a quelques jours, j'ai fait une publication que j'ai intitulée "Aucun témoin à charge dans ‪#‎LeProcèsDeLaHonte‬ ne sera jamais mon héros." A la suite de cette publication, j'ai reçu, au moment où je quittais Dakar, un courrier manuscrit dont l'auteur, qui a préféré garder l'anonymat, se présente toutefois comme un membre des ex-FDS encore en activité dans les FRCI. Le contenu de son courrier se veut une réponse, point par point, aux propos tenus par le Général de corps d'armée Philippe MANGOU à la suite de la divulgation de son nom (parmi d'autres) comme témoin à charge contre le Président Laurent GBAGBO.

Je vous retranscris textuellement ci-dessous ce courrier, ainsi qu'il me l'a demandé, sans aucune prise de position personnelle de ma part et en laissant chacun en apprécier le contenu, la recherche de la vérité devant être l'objectif de tous.
_____________________

[ "....j'ai demandé à la troupe de quitter les lignes de front et de rentrer chez elle...."
- effectivement, ceux qui ont eu la chance de quitter ces lignes sont rentrés chez eux, au village, à domicile.....Les autres, qui étaient aux postes avancés y ont été abandonnés. Ils ont été abattus un peu plus tard par les rebelles. Ainsi, des centaines de membres des FDS ont été assassinés par la faute du CEMA qui n'a pas donné l'ordre de repli qui est un mode de combat (mouvement vers l'arrière) pour réorganiser et faire mouvement en toute sécurité..
Cet ordre de "rentrer chez eux" a affaibli l'armée. Il a privé l'armée de son personnel et de son matériel des fronts. 10% des militaires des fronts sont rentrés à Abidjan dans leurs unités ou corps sans leur matériel. De grandes unités de l'intérieur sont rentrées à Abidjan avec seulement 5% de leur effectif. Comment défendre la ville d'Abidjan avec un tel plan?

Ayant réussi à désorganiser les corps, il prend la fuite, un matin de mars 2011, sans crier gare comme une recrue. Se rendant compte plus tard du professionnalisme des FDS de son lieu de cachette d'où il souhaitait leur capitulation, il réapparaitra pour dire au chef "...de démissionner parce qu'il n'y a plus de munitions...."
Comment peut-il savoir le point des munitions et matériel dans sa fuite? Lui qui a déserté, abandonnant la troupe en pleine crise, en qualité de qui peut-il demander à son chef de démissionner? La dignité et l'honneur d'un officier exigent qu'il démissionne soi-même. Ne pas le faire et demander à son chef de le faire est une irresponsabilité, une traitrise, une lâcheté. Cela s'appelle aussi "un coup d'état" comme son prédécesseur Doué, en 2002 et 2004, qui n'a pas assumé parce qu'il n'est pas courageux.
"quittez les lignes et rentrez chez vous...." rappelle un autre épisode en septembre 2002 à Bouaké "...sortez de la ville et rejoignez vos positions....", alors que pour la 2ème fois, les FDS ont réussi à s'emparer des points stratégiques de la ville de Bouaké. Les colonnes de Béoumi, Sakassou et M'bahiakro ont pris possession du camp Génie, du camp commando, le centre commercial, Brobo, de l'ENSOA et la préfecture de police et progressent pour faire jonction. Un ordre est donné de quitter la ville prétextant que la colonne que la colonne de Tiébissou commandée par un autre traitre Adjoumani, qui deviendra cdt BB en 2004, n'est pas en mesure de rentrer dans la ville de Bouaké.

- comment demander à des unités qui ont combattu depuis Daoukro, M'bahiakro, Béoumi, Sakasou pour prendre possession des points stratégiques de Bouaké, d'abandonner et rejoindre le point de départ?
Il suffisait de demander à une autre unité de recueillir celle de Tiébissou au corridor Sud.

-Les populations traversées par les FDS ont été massacrées, égorgées après le retrait. Les manifestants à l'intérieur de la ville de Bouaké ont été tués. Sakassou, Béoumi, M'bahiakro, Kouassiblékro, Brobo....etc ont été le théatre des tueries.
On apprendra un peu plus tard après le retrait que les premiers éléments de tête étaient parvenus au corridor sud et que l'ordre de "quitter la ville et de rentrer..." les avait contraint à abandonner le matériel lourd au corridor sud et qu'ils avaient été surpris d'apprendre que les autres unités avaient pris possession des sites stratégiques de la ville. Le conseiller français du com'théatre a-t-il eu raison de lui? lui qui aime tant les gloires....les bonnes choses, la gain facile.....jusqu'à quel niveau a-t-il été influencé?

- cette fameuse phrase rappelle encore le 1er et dernier bouclage à Abobo, près d'Anyama, commandé par un officier de la gendarmerie. Une heure seulement après son exécution, les gendarmes se sont retirés sur ordre du Général Kassaraté sans les attaches du CEMA. Trois heures après le retrait des gendarmes un ordre suivant est donné "...retirez-vous et rentrez..." sans autre forme de procès.
- il a été passif, irresponsable durant toutes les opérations d'Abidjan devant Kassaraté qui lui refusait les chars et autres armement du GEB.
- cela s'appelle complicité, irresponsabilité, traitrise. Oui, la Côte d'Ivoire te reconnait comme un traitre, un poltron qui les a abandonnés.
-Sous tes yeux, le Général Kassaraté a affaibli le camp commando d'Abobo, en affectant dans une unité créée pour les besoins de la cause au commandement supérieur 70% des gendarmes d'Abobo. Sous tes yeux, le CECOS a été affaibli avec l'affectation des gendarmes et policiers.
Cela s'appelle irresponsabilité, traitrise, complicité.
-Cette irresponsabilité a occasionné la mort de centaines de militaires, policiers et gendarmes.....]

Telle est la teneur de ce courrier. A chacun d'apprécier...
Ferro Bally

18:16 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

Les commentaires sont fermés.