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01/05/2016

Côte d’Ivoire: l’ONU lève les dernières sanctions

 Alassane Ouattara entouré d'hommes d'affaires français au palais présidentiel, ce 28 avril 2016 à Abidjan.
© ISSOUF SANOGO / AFP

La Côte d'Ivoire tourne la page de la crise postélectorale. Le Conseil de sécurité a levé jeudi 28 avril les dernières sanctions qui pesaient sur Abidjan. Elles concernent des sanctions ciblées comme le gel d'avoirs et des interdictions de voyager ou encore l'embargo sur les armes décrété en 2004. L'ONU annonce également le départ définitif de sa mission l'ONUCI à la fin juin 2017.

Le Conseil de sécurité a plus souvent l'habitude de voter des sanctions que de les lever. Les diplomates ne cachaient donc pas leur satisfaction du travail accompli en Côte d'Ivoire ces douze dernières années. Une véritable « success story » selon eux, rapporte notre correspondante à New York, Marie Bourreau. La résolution adoptée unanimement « salue les progrès remarquables accomplis par la Côte d'Ivoire sur la voie d'une paix et d'une stabilité durables et de la prospérité économique ».

Tous les outils à disposition du Conseil de sécurité avaient été utilisés pour ramener la stabilité dans le pays depuis 2004 : sanctions ciblées avec gels des avoirs et interdiction de voyager contre six personnalités, dont le couple Gbabgo et des proches de l'ancien régime, embargo sur les armes et sanctions économiques.

Toutes ces sanctions sont donc levées « avec effet immédiat », précise la résolution. L'embargo avait déjà été assoupli en 2012. En 2014, l'ONU avait levé un embargo datant de 2005 sur les ventes de diamants ivoiriens.

La mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, l’ONUCI, sera prorogée pour une dernière période prenant fin le 30 juin 2017. Passée cette date, ce sont les forces de sécurité ivoiriennes qui assureront la protection du pays. Les effectifs militaires de la mission passeront de près de 4 000 actuellement à 2 000 d'ici au 31 août 2016. A son apogée en 2012, l’ONUCI comptait 9 762 hommes.

Une nouvelle appréciée par la Côte d’Ivoire

L’embargo sur les armes avait partiellement été levé en 2012 pour permettre l’acquisition d’armes ou d‘équipements non létale. Mais à présent, il n’y a plus de limite à l’achat d’armes pour une armée qui, selon certains experts, connaît de nombreuses carences et dispose d’un matériel obsolète.

Le matériel de transport du type Acma, de grosses jeeps servant de transport de troupes, pourra être renouvelé. En cause : il en manquerait 2 500 pour l’armée. De même, les vedettes et patrouilleurs maritimes, que vient d’acquérir la marine ne sont pas armés, ce qui pourrait évidement occasionner certains problèmes en cas de confrontation avec des pirates qu’ils croisent non loin de côtes ivoiriennes. Enfin, l’armée a besoin également d’hélicoptères, qui depuis les événements de 2010 et 2011, n’ont pas été remplacés.

Dans la loi de programmation militaire 2016-2020, le gouvernement ivoirien a prévu de dépenser 800 milliards de Francs CFA, 1,220 milliard d’euros pour l’équipement de l’armée.

« La Côte d’Ivoire a retrouvé la normalité »

A Abidjan, le président ivoirien, Alassane Ouattara a reçu ce jeudi le secrétaire d'Etat français chargé du Commerce, ainsi qu'une importante délégation de chefs d'entreprises français. L'occasion pour le chef de l'Etat ivoirien d'appeler à l'accroissement des échanges entre son pays et la France et de se réjouir de la levée de l'embargo.

« Les perspectives d’augmentation de nos échanges, c'est quelque chose que nous saluons et je sais que votre séjour ici nous permettra d’aller encore plus vite dans cette ambition qui permettra à la France de réoccuper sa première place, la place qui est dans notre cœur. Vous connaissez les liens très forts entre bien sûr la République française et la Côte d’Ivoire, entre les Ivoiriens et les Français. Ces moments douloureux que nous avons vécu en 2004 sont derrière nous et je suis particulièrement heureux de voir autant d’entrepreneurs qui soient là et je voulais vous remercier de cette confiance », a déclaré Alassane Ouattara.

« La Côte d’Ivoire a retrouvé la normalité, poursuit le président ivoirien, et ceci est d’ailleurs confirmé aujourd’hui par une résolution du Conseil de sécurité qui va annoncer la levée de l’embargo et des sanctions sur la Côte d’Ivoire. Donc après 15 années de turbulences, la Côte d’Ivoire est devenue maintenant un pays normal et nous comptons sur vous pour que cette normalité se traduise en croissance encore plus forte, en croissance partagée, en croissance pouvant réduire la pauvreté parce que c’est cela l’objectif. »

RFI.fr
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BONJOUR À TOUS
ONU. UNE RÉSOLUTION FRANÇAISE POUR VENDRE DES ARMES À LA CÔTE D'IVOIRE.

La levée par l'ONU des sanctions qui frappaient injustement le président Gbagbo et certains de ses proches est assurément une bonne nouvelle dont pourront se servir ses avocats et ceux qui se battent pour qu'ils soient libérés, pour demander que l'ONU aille plus loin en votant une résolution pour un arrêt des poursuites. C'est donc logiquement que cette nouvelle a réjoui un certain nombre de ces partisans du président Gbagbo, surtout que les bonnes nouvelles sont très rares depuis 2011 et la prise brutale du pouvoir par Ouattara avec l'aide décisive des militaires français.

Cependant, à l'analyse des décisions prises par l'ONU, à l'unanimité nous dit-on, on se rend compte que la France lève en réalité les sanctions pour elle-même car elle voudrait que la Côte d'Ivoire puisse jouer pleinement son rôle de client acheteur d'armes de toutes sortes. Elle a donc usé de la méthode Coué pour faire admettre à ses interlocuteurs que " la paix est revenue dans une Côte d'ivoire qui a retrouvé le chemin de la prospérité économique ". Un tableau très flatteur donc qui ferait rêver tout investisseur dans un pays dont on vante ainsi les mérites et qui se targue de faire une croissance à deux chiffres.

Et tout va tellement bien désormais dans ce pays que la présence de l'ONU ne se justifierait plus au-delà de juin 2017. Elle devrait donc quitter ce pays avant juillet 2017. A partir de juillet 2017 donc, ce sont des forces ivoiriennes qui devront assurer la sécurité pleine et entière du pays. Et pour que cela puisse se faire sans grandes difficultés, il faut lever l'embargo sur les armes " avec effet immédiat " car ces forces armées ivoiriennes ont besoin de tout et donc, il faudra beaucoup acheter.

Et c'est ici que se trouve sans doute la vraie justification de cette levée des sanctions qui, pour brouiller les pistes, a été agrémentée du cas de personnes détenues et n'ayant pas la possibilité de ce fait d'avoir accès à leurs comptes et ne peuvent pas se déplacer, pour ce qui concerne les interdictions de voyager. Ce qui rend donc la chose anecdotique, c'est-à-dire que ça ne touche pas à l'essentiel pour ce qui concerne le président Gbagbo et ses proches dont les partisans, les sympathisants et les ivoiriens en général n'attendent rien d'autre que la libération...

Cette levée des sanctions, disions-nous, c'est donc pour que la France puisse commercer avec la Côte d'Ivoire. Immédiatement ! Ainsi, l'embargo sur les armes est levé et "il n’y a plus de limite à l’achat d’armes pour une armée qui, selon certains experts, connaît de nombreuses carences et dispose d’un matériel obsolète." Une armée qu'il faudra donc équiper et les besoins, " les nombreuses carences et le matériel obsolète " sont clairement identifiés comme on peut le lire ici :
" Le matériel de transport du type Acma, de grosses jeeps servant de transport de troupes, pourra être renouvelé. En cause : il en manquerait 2 500 pour l’armée. De même, les vedettes et patrouilleurs maritimes, que vient d’acquérir la marine ne sont pas armés, ce qui pourrait évidement occasionner certains problèmes en cas de confrontation avec des pirates qu’ils croisent non loin de côtes ivoiriennes. Enfin, l’armée a besoin également d’hélicoptères qui, depuis les événements de 2010 et 2011, n’ont pas été remplacés."

Tout un programme donc d'achats qui entreront dans le cadre d'une loi de programmation militaire 2016-2020, qui sera exécutée au pas de course puisqu'elle s'étalera sur quatre ans seulement. "Le gouvernement ivoirien a prévu de dépenser 800 milliards de Francs CFA, 1,220 milliard d’euros pour l’équipement de l’armée."

La Côte d'Ivoire devra donc acheter probablement 2500 Jeeps, équiper des marins pour "combattre des pirates" dont personne n'a entendu parler, et acheter également des "hélicoptères qui, depuis les événements de 2010 et 2011, n’ont pas été remplacés". Doit-on penser ici que la durée de vie d'un hélicoptère est de cinq ans, ou doit-on penser que la France, après avoir détruit les hélicoptères de l'armée ivoirienne en 2010-2011 voudrait maintenant vendre des hélicoptères à cette même armée ?

Curieux tout de même de mettre autant d'argent dans l'achat d'armes de toutes sortes, 200 milliards par an, alors que le peuple crie famine..Mais pour Ouattara qui s'exprimait devant le secrétaire d'état français au commerce et une pléthore de chef d'entreprises français, tout cela, combiné avec « Les perspectives d’augmentation de nos échanges... permettra d’aller encore plus vite dans cette ambition qui permettra à la France de réoccuper sa première place, la place qui est dans notre cœur.» Tout un programme donc.
Bon week-end à tous
Alexis Gnagno

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