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28/04/2016

Plaintes de Gbagbo contre les faux témoins à la Cpi : Bombe ou folklore ?

Photo
de Tchedjougou Major Sagbasse.

C'est un fait avéré : après la première phase d'audition des témoins à charge contre lui et et le ministre Ble Goudé, le Président Laurent Gbagbo vient de formaliser des plaintes, pour  faux témoignages, auprès de la Cpi, en attendant d'en faire autant auprès des juridictions  françaises.

Mais, pourquoi une telle sérieuse affaire n'a t-elle pas retenu notre attention outre-mesure ?
Il me semble que cela est essentiellement dû au fait des implications d'une telle sérieuse initiative qui nous ont échappé.

CONTRE QUI LE PRESIDENT GBAGBO EST FONDE À PORTER PLAINTE POUR FAUX TEMOIGNAGES ?

Il faut d'emblée dire que la tentative de faux témoignages n'existant pas, et ne se réprimant pas, non plus, à titre préventif, une plainte pour faux témoignages n'est sérieuse que lorsqu'elle est déposée contre un témoin, devant une instance judiciaire, déclarations avérées mensongères, à posteriori, les plaintes du Président Gbagbo ne concernent que le lot des témoins ayant déjà déposé devant la Cpi contre lui et Blé Goudé.

À titre d'illustration, rappelons aux souvenirs des uns et des autres, l'entreprise de ce témoin à charge, un ancien combattant du Mpci, amputé du pied gauche, aux tout débuts des affrontements, et qui s'est fait passer pour une victime de Gbagbo, qui voulait se maintenir au pouvoir à l'issue des élections de 2010.

Est-ce une plainte pour faux témoignages contre cet autre témoin à charge qui produisit un certificat médical portant la signature et le cachet, des hommes de l'art du Chu de Treich-Ville, alors qu'il dit n'avoir été traité quau Chu de  Yopougon qui manquera de justesse ?

Que dire enfin des déclarations contradictoires, en tout cas, de semi-vérité, de notre ami Sam l'Africain, qui proclama, la main sur le coeur, que les massacres d'un millier de Wê à Duekoué-carrefour, par les Frci, dans la seule journée du 28 mars 2011,  n'étaient point planifiés, alors qu'il est gravement pris à défaut par ses déclarations contenues dans une vidéo, que les praticiens  du droit (les avocats de la Défense) se sont contentés de projeter, sans commentaire, en dehors de la seule question à l'intéressé,  de savoir s'il confirmait ?

Pour donc dire que ces plaintes ne concernent que les personnes ayant déjà comparu devant les instances judiciaires,  et y ayant fait des déclarations avérées fausses.

Il va donc sans dire que les témoins non encore entendus, qu'ils soient en cagoule ou pas, ne peuvent être visés par une telle plainte, entendu, comme indiqué plus haut, que le faux témoignage ne peut recevoir de suites pénales, que lorsqu'il est enregistré devant une instance judiciaire.

QUELLES SONT DONC LES IMPLICATIONS DE CES PLAINTES AU DOUBLE PLAN JUDICIAIRE ET PSYCHOLOGIQUE ?

Lorsque le procès doit reprendre dans quelques jours, n'est-on pas en droit de s'interroger sur l'intérêt réel d'une telle initiative, alors surtout qu'il y a encore une flopée de témoins à entendre ?

Ne valait-il pas mieux attendre la fin de toutes les auditions des témoins, pour prendre une telle initiative d'un trait ?
Telles sont les questions, recevables au demeurant, que suscite une telle initiative.

Dans un procès de cette nature, à la capacité des conseils, à donner du fil à retordre, à la partie adverse, on en juge de les vraies aptitudes professionnelles de ceux-ci. Et, en la matière, Me Altit et ses confrères ont décidé de déployer la grosse batterie.

DU POINT DE VUE JURIDIQUE :

Par-delà les sanctions pénales qui repriment le faux témoignage, lorsque le caractère faux du témoignage sera concomitamment porté par la même décision de justice, cela emportera la nullité des déclarations du témoin concerné.

ET POURQUOI N'AURAIT-ON PAS LAISSÉ LES JUGES CONSTATER EUX-MEMES LA FAUSSETE DE CES TEMOIGNAGES AU MOMENT OÙ IL RENDAIT LA DÉCISION CONTRE GBAGBO ET BLE ?

On aurait dû normalement procéder de cette façon, si nous ne trouvions pas dans un procès aux contours ambigus. Il faut donc lier le diable avec ses proores cordes pour l'exposer devsnt le public. En effet, si on impartissait aux juges, la faculté de constater la fausseté ou non, de ces témoignages par la décision unique à rendre, on les aurait pas placés face à une sorte de compétence liée.

En effet, dès lors, que les plaintes portées contre ces faux témoins auront abouti à la condamnation des délinquants, le juge Italien que nous observons s'agiter, n'aura plus de marge de manoeuvre pour prendre en considération tous ces faux  témoignages : il n'en tirera que les justes conséquences au profit de la vérité.
Il s'agit donc d'une procédure d'une technicité qui tranche avec les réalités théoriques.

DU POINT DE VUE PSYCHOLOGIQUE
Des pressions en trois directions : Les témoins masqués ou non, qui comparaîtront, à partir du 9 mai prochain, sont ainsi bruyamment avertis,  sans autre forme de serment fantaisiste.

Madame Fatou Bensouda et son bureau font l'amer constat des enquêtes escamotées, orientées. Car, si sous cette pression procédurale, tous les témoins finissent par abdiquer, leur procès pourra t-il fêter son  premier anniversaire ?

Le Président de la cour est averti que même s'il demeure le président de l'audience, cela est loin d'être un blanc seing. Qu'il se devra d'administrer l'audience avec rigueur, impartialité et compétence.

Au total, ces premières plaintes déposées par le Président Laurent Gbagbo contre les faux témoins sont la preuve la plus éloquente qu'il veut "aller jusqu'au bout" avec les malfaisants de tous poils. Une véritable arme de destruction massive !

Par Tchedjougou Ouattara SAGBASSÉ
et quelles sont les implications au triple plan judiciaire, procédural et psychologique
Tchedjougou Major Sagbasse

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