Shlomit
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28/04/2016

la CIE

AFRICAINS, INTÉRESSEZ-VOUS DE PLUS PRES A L’ÉCONOMIE.
Certains commentateurs de mon précédent post sur l'augmentation des factures d'électricité en Côte d'Ivoire ont fait part d'une de leurs préoccupations.
Le problème n'est-il pas le monopole de la CIE sur la distribution ?
La solution n'est-elle pas la libéralisation du secteur ?

Je verse au dossier quelques informations et éléments de réflexion.
- La convention qui lie la CIE au gouvernement ivoirien prend fin en 2020. D'ici là, elle pourra théoriquement être renégociée.
- Les contraintes et les "pièges" de l'organisation du système électrique ivoirien vont au-delà du "monopole" de la CIE dans la distribution. C'est la nature même des partenariats public/privé qui sont la règle dans ce secteur qui pose problème. Tout est mis en oeuvre pour "rassurer" les investisseurs et "sécuriser" leurs investissements. Les producteurs indépendants d'électricité ont verrouillé leur affaire. Dans les contrats de longue durée qui les lient à l'Etat, il est stipulé que l'Etat doit leur garantir un prix qui préserve leurs marges bénéficiaires. Par ailleurs, un système "take or pay" a été mis en place. Même si l'Etat ne prend pas leur production, notamment parce qu'il la trouve trop chère, il doit la payer. Et il doit payer en priorité les producteurs privés !
- La CIE, qui est contrôlée par un fonds d'investissement (ECP via Eranove), gère la caisse. Après avoir prélevé les factures, elle se rémunère, elle paie les producteurs indépendants d'électricité et les fournisseurs de gaz (dont Foxtrot International, propriété des frères Bouygues qui sont partis de la CIE pour mieux rester dans le secteur). S'il lui reste de l'argent, elle paie la redevance de l'Etat (qui devrait lui permettre d'investir dans le réseau, mais en réalité y parvient à peine), reverse la TVA et les autres taxes... Si l'argent ne suffit pas, tant pis. En gros, c'est l'Etat qui supporte les déficits du secteur !
- Si l'on libéralise la distribution, les concurrentes de la CIE devront toujours payer les producteurs auxquels l'Etat s'est lié pour très longtemps au prix qui garantira le retour sur investissement de leurs actionnaires. Elles pourront toutefois rationaliser leur gestion, faire baisser leur rémunération et donc diminuer le prix au consommateur. A condition que l'Etat ne fixe plus un tarif unique, mais une sorte de fourchette dans laquelle les prix devront se situer...
- Mais si l'Etat lui arrache le monopole de la distribution, Eranove, qui contrôle la CIE, mais est également présente dans la production au point que ses centrales représentent près de 40% de l'énergie thermique du pays et plus du quart de la production totale, aura dans ses mains de quoi montrer sa capacité de nuisance.
- Toutefois, si je devais conseiller les autorités politiques, je leur dirais de tenir ce langage à la CIE/Eranove. "Votre position vous met en situation de conflit d'intérêt. Vous ne pouvez pas être à la fois producteur d'électricité à titre privé ; récepteur de cette électricité qu'une de vos entités facture à l'Etat via une autre de vos entités ; et gestionnaire des centrales hydro-électriques de l'Etat qui font d'une certaine façon concurrence à vos centrales thermiques dont le prix est pourtant moins bon marché. Retirez-vous de la distribution et de la gestion de l'appareil productif de l'Etat, et contentez vos de produire de l'électricité".

Théophile Kouamouo

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