DOUALA/AÉROPORT | LES FRANÇAIS HORS DÉLAIS!
Après un mois entier de fermeture pour «travaux» décidée depuis la discrète maison-mère française Aéroports de Paris (ADP), l'aéroport international de Douala ne sera peut-être remis en exploitation que ce début avril 2016 en infraction au calendrier initial. On n'a jusque-là procédé qu à des vols d'essai.

Coincé par leurs propres promesses --- et surtout parce que nous avions annoncé ici que le consortium français Satom-Sogea-Razel chargé des travaux ne respecterait jamais le délai butoir du 21 mars 2016 pour cette obstruction sans précédent en temps de paix ---, le ministre des transports, Edgard Alain Mebe Ngo'o, a présidé le 22 mars à Douala une soi-disant «réouverture officielle» au milieu d'un aéroport encore en travaux, avec pas moins d'un demi-kilomètre de travaux inachevés...

Motus et bouche cousue des médias et des autorités sur les immenses désagréments les milliers de passagers débarqués pendant des semaines à Yaoundé-Nsimalen et condamnés à souffrir, sans aucune mesure compensatoire, l'un des axes les plus meurtriers d'Afrique à destination de Douala. Autre «aubaine»: au Cameroun, on n'a aucun sens de l'évaluation des manques à gagner et des pertes; pas de statistiques rendant compte d'éventuel ralentissement de l'économie dû au long blocage de l'aéroport...

Aucune remise en question donc. Aucun mot sur la sécurité stratégique de l’aéroport. D’autant que les Français savent désormais s'y faire avec les visages africains: le «chef des travaux» du consortium français porte un nom bantou qui pousserait tout naïf au sommeil: François Mboulana Bassega... Proche du chef de l'État, le ministre des Transports, M. Mebe Ngo'o, soutien de la mafia ADP, est également l'homme qui a signé en octobre 2016, presque en catimini, une étrange convention de concession de... 50 ans (??!!) avec les Français portant sur les 07 aéroports viables du pays...
En clair, l’après-Biya ne sera pas de tout repos.
J.-M.Soboth.