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31/03/2016

Lettre ouverte de Bernard Houdin à Sam l'Africain

Lettre ouverte à Sam l’Africain


Cher Sam,
Quand le substitut du Procureur, Eric MacDonald, t’a demandé, le 8 mars dernier, si tu savais qui était le « blanc » qui félicitait le président Gbagbo sur la vidéo qu’il venait de projeter à l’Audience de la Cour Pénale Internationale (CPI) où tu étais entendu comme « témoin de l’accusation », tu lui as répondu que j’étais « son Conseiller » et que je m’appelais « Bernard quelque chose comme ça » ! Mon nom, que le substitut connaissait parfaitement, crois moi, est Bernard Houdin et, comme on dit à Abidjan, « on se connaît » pour s’être croisés régulièrement au Palais ou au QG de La Majorité Présidentielle (LMP) pendant la période électorale de 2010.

Témoin P44 lors des Audiences de confirmation des charges en février 2013, la bévue de MacDonald lors d’un des premières Audiences du procès du Président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, t’a fait apparaître sous ton vrai nom, Mohamed Jichi dit « Sam l’Africain ».

Je dois te dire que ton nom circulait déjà avec insistance avant même que le substitut ne commette son impair et quand j’ai eu la confirmation le lundi, 7 mars 2016 que tu étais bien présent devant la Cour, j’avoue avoir éprouvé alors des sentiments partagés. En moi-même, connaissant ton parcours auprès du Président et, en particulier tes relations très fortes avec le Docteur Issa Malick Coulibaly, son Directeur de Campagne, je ne pouvais sincèrement imaginer que tu allais témoigner contre le Président. D’un autre côté, sachant le caractère pervers du régime Ouattara et des méthodes peu recommandables qu’il n’hésite pas à employer, j’espérais que tu n’avais pas été soumis à des pressions trop fortes, physiques, morales ou financières, qui t’auraient amené à prononcer des paroles que ta conscience aurait regrettée toute ta vie.

J’ai suivi pratiquement toutes les Audiences où tu as témoigné depuis la Galerie du Public, juste au-dessus de ta table de témoin, et, sans regarder souvent les écrans de contrôle où le public pouvait te voir t’exprimer, je me suis laissé bercé par la « petite musique » qui résonnait en moi à chacune de tes réponses. Tout au long de ces éprouvantes journées où nous avons tous revécu cette terrible période de l’Histoire de notre pays, tu as confirmé avec éclat ce que tu avais dit le premier jour : effectivement tu es allé à l’ « Ecole de la Vie » et ton témoignage, empreint de tant de sincérité et de passion pour une Côte d’Ivoire réconciliée en présence de tous ses fils, à commencer par le Président Gbagbo et le Ministre Charles Blé Goudé, aura ébranlé de façon décisive ce procès qui est désormais le « Procès de la Honte ».

Comme l’a titré un journal d’Abidjan, tu as vraiment « gaté le coin » ! (les Ivoiriens se sont compris !). Ton retour, courageux dans les conditions où vivent aujourd’hui nos compatriotes, a été salué à sa juste mesure et démontre que les uns et les autres ont soif de vérité et de réconciliation.

C’est dans ce contexte que je t’écris comme un « grand frère » comme l’on dit dans cette Afrique qui nous aura vu grandir tous les deux jusqu’à partager, ces dernières années, une partie douloureuse de son développement.
J’ai bien compris, à travers ton engagement constant à dire et répéter la Vérité chaque jour entre le 7 et le 18 mars dernier, que ton amour de la « Patrie » et ton respect profond envers le Président Gbagbo faisaient de toi un homme pas prêt à se laisser dicter le faux et à se plier à une quelconque pression. De même tu ne peux mettre en doute ma fidélité au Président et la rigueur de mon action dans sa défense depuis ce funeste 11 avril 2011.
Aussi c’est avec une immense surprise et une profonde amertume que j’ai découvert samedi 26 mars la Une de Notre Voie :
Sam L’Africain livre les vérités de La Haye : « Gbagbo ne reconnaît que le FPI dirigé par Affi »
Immense surprise parce que je sais, et tu sais, que tu n’as pu avoir AUCUN contact avec le Président Gbagbo pendant ton séjour en Hollande, sinon celui, visuel, dans la salle d’Audience de la CPI et profonde amertume parce que cette « affirmation » est totalement fausse.

Depuis ma première visite au Centre de Détention de Scheveningen, le 20 décembre 2011, jusqu’au 4 mars dernier, date de ma dernière visite (les visites ne sont pas autorisées pendant les sessions de la Cour), j’ai partagé de très nombreuses informations et confidences avec le Président. Seules quelques unes, avec l’assentiment du Président Gbagbo, ont été rendues publiques, en particulier à travers quelques anecdotes contenues dans mon livre « Les Ouattara, une imposture ivoirienne ».

Je fais partie de ceux qui ont milité pour que le Président accepte d’être candidat à la présidence du Front Populaire Ivoirien (FPI) ce qui a conduit à son élection lors du Congrès de Mama le 30 avril 2015. Tu n’ignores pas tous les obstacles que certains, dirigés par Affi N’Guessan l’ex-président du FPI, réfugiés dans les plis de la « Justice » de Ouattara, ont érigé sur la route du Président. Cet acharnement suspect et déshonorant a même conduit plusieurs cadres du FPI dans les prisons du régime où ils croupissent toujours. Affi avait même envoyé, en son temps, un émissaire pour « sonder » le Président en prison. C’était Thomas Tiacoh que j’avais moi-même rencontré à son retour de La Haye. Il avait la réponse : Gbagbo était bien candidat à la présidence du FPI.

Récemment encore le Président m’a rappelé les conditions dans lesquelles il avait nommé Affi Premier Ministre en Octobre 2000, lors de sa première élection à la Présidence de la République. Aboudramane Sangaré les connaît et tu pourras te rapprocher de lui si tu veux en savoir plus. C’est ce qui rend le Président encore plus amer face au comportement irresponsable de son ex-Premier Ministre.

Depuis notre première rencontre à la prison, fin 2011, jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours vu un Président combatif et sûr de son droit, confiant dans l’avenir et jamais animé d’esprit de revanche même contre ceux qui ont eu les pires comportements vis-à-vis de lui. En une seule occasion, quand nous échangions sur ce monsieur qui persiste dans une voie sans issue, j’ai senti en lui un sentiment de tristesse et d’incompréhension devant une telle attitude.

Je ne sais pas ce qui a pu te conduire à tenir ces propos lors de ta conférence de presse du vendredi 24 mars, tels que rapportés dans Notre Voie. S’il s’avérait que tu as bien tenu de tels propos, je t’engage à un examen de conscience et, dans le droit fil de ton témoignage pour l’Histoire à la CPI, à revenir sur ceux-ci. Tu as annoncé que tu irais à Gagnoa rencontrer « les parents de Gbagbo » le 2 avril prochain. Ta « révélation » a profondément choqué tous ceux qui avaient salué ton comportement digne et courageux au Tribunal et tu auras l’occasion, au cours de cette visite, de te sortir d’un piège qui t’a été tendu car je ne peux imaginer que tu puisses croire un seul instant à l’affirmation contenue dans le titre de Notre Voie.

Pour ton information, Auguste Kuyo, « envoyé spécial » de Notre Voie au procès, m’a rencontré chaque jour pendant les Audiences. Il sait, en son âme et conscience, pour en avoir souvent discuté avec moi, quelle est la véritable position du Président, aux antipodes du titre-choc du journal. IL ne pourra pas, sans commettre un parjure dégradant, soutenir que ce titre reflète, de quelque manière que ce soit, la position du Président.

Tu conviendras avec moi qu’il n’y a qu’un seul combat qui mérite d’être mené : celui pour une Côte d’Ivoire souveraine et démocratique réunissant tous ses fils et filles dans le respect de leurs convictions et de leurs croyances. Ce combat ne peut souffrir de calculs personnels médiocres et avilissants. A La Haye tu as su apporter ta contribution à ce combat. Ne le laisse pas être gâché par des politiciens sans scrupules.

Fraternellement,
Bernard Houdin
Conseiller Spécial du Président Laurent Gbagbo
Paris, le 28 mars 2016
communiqué par Karine Ballon

01:16 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

Commentaires

Salut.
Le discours de Mohamed Jichi dit Sam l’africain en rapport avec le FPI ne devrait étonner personne.

Il y a quelque temps de cela, à l’audience c’était plein d’émotions, Sam l’Africain, Sam le waraba, Sam dévoile tout, Sam joue un grand coup, Sam soutient le Woody de MaMa, tout le monde était heureux, sous l’émotion.

Mais réfléchissons-en un peu.

Que serait-il advenu si le nom de Sam n’avait pas été dévoilé par le micro ?
Qu’aurait il dit si sa qualité de témoin à la CPI n’avait pas été révélée ?
Est-ce parce qu’il est trop courageux qu’il a témoigné à visage découvert ?

N’est-ce pas parce que tout compte fait sa qualité de témoin avait été dévoilée et que de surcroit il a été vu à l’aéroport transporté manu militari pour la Haye, que donc l’on savait qui allait être le prochain à témoigner ?

Imaginons un seul instant que tout se soit passé dans l’anonymat. Derrière un nom de témoin codé, un visage camouflé et une voix changée, n’aurait-il pas accablé et accusé le Président Gbagbo de tous les maux ? Le Témoin Clé de l’intérieur aurait parlé.

Posons une question : Qu’est-ce qu’une personne ? Qu’est-ce qu’un homme ?
Sans prétendre avoir des connaissances particulières, l’on peut dire qu’un homme, c’est « Sa Volonté ». L’homme est Sa Vo-lon-té.

Sam s’est voulu témoin contre le Président Gbagbo. Le reste, ce sont des acrobaties pour s’adapter aux circonstances du moment et préparer le futur pour maintenir le statu quo.

C’est raison pris de ce fait que Madame l’on ne que vous remercier pour votre publication sur la franc-maçonnerie.

Ce n’est ni exagération ni flatterie de dire que c’est l’une des meilleures publications que vous ayez faite.

Non seulement, la franc-maçonnerie est située au regard des Ecritures (Genèse-Apocalypse : 66 livres, dont les 66 chapitres d’Esaïe sont un condensé), mais aussi et surtout Jésus-Christ est précisé comme socle de la foi chrétienne d’origine.

Une chose est sûre le royaume de ténèbres connaitra une fin. Et généralement c’est lorsque l’on pense que l’on a gagné que l’on vient en réalité de perdre, défaite que l’on ne constate que plus tard.

Écrit par : Couchi | 02/04/2016

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