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31/03/2016

vers la Rupture ?

FRANCE- COTE D’IVOIRE, L’IMPOSSIBLE RECOLONISATION (Troisième partie)

VERS LA RUPTURE ?
1. Les germes de la rupture :
le coup de force contre le président Gbagbo et le régime d’exception mise en place par Ouattara

On le sait désormais, pour le président Nicolas Sarkozy, en intervenant militairement dans la crise post-électorale de Côte d’Ivoire, en s’appuyant sur la résolution 1975 du Conseil de sécurité qu’il a réussi à manipuler avec le montage des femmes mortes-vivantes d’Abobo, « renverser le président Gbagbo était vital pour la France ». Sarkozy n'a aucun scrupule à proclamer qu’il est heureux d’avoir chassé Gbagbo pour installer Ouattara. Il l’a fait par instinct narcissique mais il le fallait pour la survie de la France. Pour la grandeur de la France ! Et il n’a pas lésiné sur les moyens pour écarter Gbagbo du pouvoir et installer Ouattara que lui-même reconnaissait comme étant un homme de paille. En effet, pour imposer celui-ci sur le terrain, Sarkozy s’échina dans quatre domaines pour réaliser ce que les militaires de la Force Licorne ont appelé « l’opération dégommage de Gbagbo » :

- D’abord, au plan communicationnel, c’est la France, à travers les agents de la Force Licorne et de la DGSE (1) qui, non seulement lui monta une nouvelle télévision, la télévision de Côte d’Ivoire (TCI), avec l’appui de Canal+Horizon, Intelsat et Eutelsat, mais alla même quelquefois jusqu’à lui rédiger son discours à lire sur téléprompteur. En outre, pour suivre l’évolution de la situation sur le terrain, Sarkozy ne manqua pas d’appeler son poulain une ou deux fois tous les deux jours. C’est encore lui, qui fit prendre en charge par le budget français, les factures du Golf Hôtel où Ouattara s’était réfugié avec ses hommes.

- Ensuite, au plan diplomatique, le président Sarkozy s’employa à manipuler certains chefs d’Etat, notamment Abdoulaye Wade du Sénégal, Jonathan Goodluck du Nigéria alors président de la Cedeao et tenta de déconnecter le président Jacob Zuma de l’Afrique du Sud du dossier ivoirien après son entretien avec ce dernier lors de sa visite en France en mars 2011. Le but de cet activisme diplomatique était d’isoler le président ivoirien sur l’échiquier international et le présenter comme un mauvais perdant à l’issue de l’élection présidentielle de 2010.

- Puis, au plan économique et financier, le président français organisa l’étouffement financier de la Côte d’Ivoire en faisant arrêter les ressources en provenance des institutions de Bretton Woods, et fermer les banques ivoiriennes sous contrôle de la Bceao dans l’espace Uemoa. Et cela, dans la perspective de pousser à la rue les salariés. Dans le même registre, il organisa avec l’Union européenne l’asphyxie des pharmacies avec l’embargo sur les médicaments afin de provoquer des manifestations populaires contre le régime Gbagbo.

- Enfin, il fit faire une incursion dans la hiérarchie militaire pour la retourner contre le président Laurent Gbagbo. Le chef d’Etat-major de l’armée ivoirienne, le général Philippe Mangou tomba dans son escarcelle, et la ligne de commandement entre la hiérarchie et les soldats de rang dont nombreux étaient acquis à la défense de la Patrie, fut rompue.

Cette « opération dégommage de Gbagbo », un président régulièrement élu par son peuple, a été saluée par la classe politique française à commencer par le Parti socialiste. On comprend donc, que le président ivoirien n’a pas été déchu parce qu’il a perdu les élections et que, en voulant se maintenir au pouvoir, s’est rendu coupable d’assassinat en masse des soi-disant pro-Ouattara, son adversaire, mais tout simplement, parce qu’il a été une illustre victime du néocolonialisme français, pour n’avoir jamais accepté de se comporter comme un porteur de valises des autorités françaises comme au temps des colonies. Aujourd’hui, déporté à La Haye, il est jugé par les puissances impérialistes occidentales à la Cour pénale internationale (Cpi) qui est leur instrument pour écarter les « gêneurs ». Les Ivoiriens ont accueilli cette action de la France comme une agression contre leur souveraineté et une humiliation. Ils ont découvert, sur le tard certes, à travers elle, non seulement l’enjeu de l’ordre international, mais que la lutte contre le colonialisme ne prend pas fin avec la proclamation de l’indépendance. Kwamé Nkrumah avait pourtant, très tôt, attiré l’attention sur ce fait en disant :
« Sur notre continent, il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir que la lutte contre le colonialisme ne prend pas fin lorsqu’on a réalisé l’indépendance nationale. Cette indépendance n’est que le prélude d’un combat nouveau et plus complexe pour la conquête du droit de diriger nous-mêmes nos questions économiques et sociales, en dehors des entraves écrasantes et humiliantes de la domination et de l’intervention néo-colonialiste ».(2)

Même si, pour de nombreux observateurs, quelque soit le verdict à l’issue du procès intenté contre le président ivoirien, « l’histoire finira par retenir que Laurent Gbagbo a commis un seul crime : celui d’avoir résisté à la servitude imposé par l’ordre néocolonial assoiffé de sang africain » (3), les Ivoiriens, eux, désormais remontés contre la France, ne conçoivent plus leur liberté et leur existence que hors du champ de domination de cette puissance occidentale. Ils sont de plus en plus nombreux à chercher à remettre en cause son tutorat sur les pays africains surtout que depuis son avènement imposé au pouvoir, Alassane Ouattara, son poulain a installé un régime de terreur dans le pays. Ce régime de terreur qui rappelle le statut d’exception colonial appliqué cette fois par un Nègre contre ses frères au nom de la France, est sans cesse décrié, mais en vain, par de nombreux observateurs de la vie politique ivoirienne ainsi que par des organisations non gouvernementales comme Amnesty International et Human Right Watch.
Sur ce sujet lisons ici le témoignage d’une internaute :
« Au titre de la violation des droits de l’homme, on note plus de cinq cents (500) prisonniers civils et militaires croupissent à ce jour encore dans les prisons officielles sur l’ensemble du territoire, sans compter ceux maintenus au secret, dont on ignore le nombre et les lieux de détention. Ce régime de terreur a, par ailleurs, contraint des centaines de milliers d’Ivoiriennes et d’Ivoiriens à l’exil en violation de l’article 12 de la Constitution ivoirienne qui stipule : « Aucun ivoirien ne peut être contraint à l’exil…». Toujours, au titre des violations des droits de l’homme, le régime Ouattara, dans sa posture de terreur et de dictature, réprime systématiquement et sauvagement les réunions et manifestations des partis d’opposition, excepté ceux que le régime s’est constitué lui-même et qu’il entretient financièrement avec l’argent du contribuable, pour ses sales besognes. Quotidiennement, le régime Ouattara procède à des enlèvements d’opposants et aux saccages de leurs biens. Les derniers cas d’enlèvement en date concernent ceux de messieurs Bamba Souleymane, un proche du candidat Essy Amara, les ministres Dano Djédjé et Hubert Oulaye et Koua Justin du Front Populaire Ivoirien (FPI). Quant au député Konan Kouadio Bertin dit KKB, il a vu ses bureaux vandalisés. S’agissant des actes de tortures, l’on peut mentionner, entre autres, les cas des ministres Lida Kouassi et Blé Goudé, de Jean-Yves Dibopieu… Les exécutions sommaires ne sont pas exclues des pratiques de ce régime aux antipodes du respect des droits de l’homme, ainsi que l’ont plusieurs fois révélé les organisations de défense des droits de l’homme. En somme, retenons qu’au niveau de la violation des libertés individuelles et collectives, la gouvernance Ouattara est la plus grande catastrophe depuis 1960 ». (Henriette Atta, une internaute, juin 2015).(4)
Pour de nombreux Ivoiriens, cette double action de la France qui agit par les armes pour remettre au pas les Etats indépendants d’Afrique et par l’intermédiaire de ses suppôts pour reconditionner les peuples africains et en faire des simples acteurs à son service, ne peut plus durer et ne doit plus prospérer. Chez de nombreux internautes ou cyberactivistes, la seule porte de salut pour la Côte d’Ivoire et partant de l’Afrique francophone, c’est la rupture, de gré ou de force avec la France. Cette volonté de rompre se radicalise au fil du temps conséquence non seulement de la prolongation de la détention du président Laurent Gbagbo à La Haye mais surtout des sorties sans retenue dans la presse du président Sarkozy qui, en voulant justifier son action meurtrière en Côte d’Ivoire, donnent l’impression de se délecter d’un certain triomphalisme.
Les discours du genre :
« La France ne peut pas permettre que ses anciennes colonies créent leur propre monnaie pour avoir le contrôle total sur leur banques centrales. Si cela se produit, ce sera une catastrophe pour le trésor public qui pourra entraîner la France au rang de 20ème puissance économique mondial. Pas question de laisser les colonies françaises d’Afrique avoir leur propre monnaie », sont proprement choquant. (5)
Ce type de discours n’est pas innocent chez cet ancien chef d’Etat qui se dit passionné de la France et qui ne cesse de rappeler au peuple français que la seule préoccupation qui doit le guider, est l’intérêt de la France.(6) Ce discours qui rappelle à la conscience africaine que le continent noir reste toujours une colonie pour la France, apparemment empreint de patriotisme mais qui révèle son esprit chauvin contre les autres peuples hors de France, est partagé pourrait-on dire, par l’actuel locataire de l’Elysée. En effet, au cours de la semaine des ambassadeurs en août 2015, François Hollande soutint lui aussi que tous les actes qu’il pose à l’extérieur, participent de la même volonté de faire de la France, une grande nation. En tout cas, c’est en ces termes qu’il s’est adressé aux représentants de la France à l’extérieur :

« Mesdames, Messieurs les ambassadeurs, l’action extérieure de la France est au service des objectifs que nous avons fixés pour la réussite de notre pays. Il n’y a pas une dissociation entre la politique extérieure et la politique intérieure. Ce que nous voulons, au-delà de nos sensibilités, c’est assurer le rayonnement de notre pays, son influence. Nous sommes encore une des rares nations au monde capable de donner une direction, de prendre des initiatives, d’engager des processus, d’éviter parfois le pire et de trouver des solutions. Notre pays a vocation à assurer son rayonnement, mais aussi ses intérêts économiques, et sa sécurité. 2,5 millions de Français vivent à l’étranger et je salue ici ceux qui les représentent. Ces citoyens, expatriés, comptent sur vous, le réseau diplomatique et consulaire, pour défendre leurs intérêts, non seulement lorsqu’ils sont en détresse, mais lorsqu’ils sont en mouvement, pour leurs projets. Il est important de répondre à leurs demandes, car ces Français, loin de la France, mais qui sont liés charnellement à la France, assurent le développement économique de notre pays, son rayonnement culturel, et constituent une force pour la France. Ils doivent se sentir pleinement soutenus. Grâce à nos entreprises, et c’était l’enjeu de la diplomatie économique, nous remportons des marchés qui renforcent notre économie, et je vous demande d’exercer pleinement votre autorité sur l’ensemble des services et opérateurs à votre disposition, pour appuyer chaque jour la démarche des entrepreneurs. Je salue aussi le rôle du réseau culturel, scientifique, éducatif, universitaire, à l’étranger…Le nôtre a davantage d’ambitions car il veut faire rayonner la francophonie, mais c’est plus que cela, faire parler en français, faire écrire en français, accueillir toutes les cultures, y compris dans nos établissements. C’est faire en sorte que la France puisse être pleinement attendue, regardée, espérée, et de ce point de vue ce que vous faites, ce que ce réseau est capable de promouvoir, est essentiel pour l’idée de la France » (7).
C’est donc au nom de cette vision que, prenant prétexte de la lutte contre le terrorisme, Hollande a déployé les forces armées françaises au Mali.

Réagissant à toutes ces visées néocoloniales de la France, de nombreux cyberactivistes dont la plupart ont créé des sites et des réseaux à relents nationalistes et à vocation panafricaniste,(8) ne cessent de dénoncer l’ingérence française dans les affaires intérieures des Etats africains francophones et appellent à la résistance comme en témoigne ce post-ci de Ma Mian Edjoké (9) :
« REBELOTTE et puis IL N'Y A RIEN... semble dire l'histoire Africaine.
Dans la nuit du 20 Septembre 1979, le contre espionnage français (toujours eux) déposait Bokassa 1er, les Africains fraichement sortis du colonialisme ne purent significativement réagir. Le 11 Avril 2011, l'armée française déposait par les mêmes méthodes, le Président légitime de la Côte d'Ivoire, Monsieur GBAGBO Laurent. Côté Africains, et Ivoiriens en particulier, toujours aucune réaction à la hauteur du déshonneur.
31 ans plus tard, alors que nous avions décidé de poursuivre la lutte à partir du stade où nos ancêtres l'avaient laissée, voilà que nous constatons que nous stagnons faute de courage. Que nous apporte ce procès ridicule de la CPI contre le Président GBAGBO et le Ministre Blé GOUDÉ en dehors du cynisme avec lequel le colon nous toise. Pensons nous vraiment que le Président GBAGBO Laurent mérite de passer CINQ ans de sa vie en prison à cause du sens d'une chanson zouglou " C'est comment, comment." ?? J'ai toujours dit que depuis 4 siècles, les colons ont gardé le même regard sur nous, si nous ne nous faisons pas respecter, JAMAIS, ces colons ne nous respecteront !! Voilà un gouvernement qui prétendait ne jamais avoir de prisonniers d'opinion mais, spontanément, il gracie 70 prisonniers dits d'opinion. Voilà des ong (Human Right., Amnesty), conçues en Occident, qui dénoncent à longueur d'années les dérives de dramane allassane ouattara mais cela n'empêche pas les occidentaux de commercer avec le dictateur. Voilà que des militaires français vont jusqu'en Syrie assassiner des hommes et des femmes au nom de la lutte contre le terrorisme et lorsque les FDS ivoiriennes se défendent contre les attaques terroristes rebelles sur le territoire ivoirien, les colons crient au crime contre l'humanité. Des exemples de ce type de foutaises sont légions depuis 2002 mais l'apothéose semble être ce procès du Président GBAGBO Laurent et de son ministre GOUDÉ BLÉ à la CPI ces derniers temps. Nos ancêtres ont amené la lutte émancipatrice de la Race Noire à un stade précis, par honneur et respect pour leurs sacrifices, pour notre dignité, avançons le curseur sinon, ce que nous sommes entrain de faire actuellement, ÇA NE RESSEMBLE À RIEN DU TOUT !!!
Je considère que le Président GBAGBO Laurent et le Ministre Blé GOUDÉ, sont entrain de se reposer actuellement à la Haye, après tous ces sacrifices offerts à la nation. Les interventions des uns et des autres en tant que témoin " hostile " à charge, peuvent être considérées comme une pièce de théâtre les aidant à passer le temps, en attendant que Nous lavions avec FORCE et FRACAS toutes ces humiliations que les colons et leurs complices locaux nous servent sans cesse. DIEU a toujours existé, nous avons toujours prié mais 31 ans plus tard, le même diable refait avec succès ses mêmes pratiques, entre nous, sincèrement chers parents Africains, ne pensons nous pas que nous sommes un peu à côté de l'essentiel ??
Je dis et je redis, il nous faut une REVOLTE et si certains pensent que c'est uniquement dans une guerre conventionnelle que nous pouvons agir, je voudrais les rassurer, Nous pouvons empoisonner l'existence de l'ennemie de n'importe quelle façon, pourvu que sa vie soit polluée sur nos terres afin qu'il sache qu'il n'est pas chez lui. Nous entamerons les manifestations populaires et démocratiques et si jamais nous rencontrons en face une attitude hostile de qui que ce soit, alors nous répondrons à hauteur de leurs abus. Nous n'avons d'autre choix que d'AGIR maintenant, ne pas le comprendre, c'est simplement affirmer que le colon est encore maître chez nous.
La REVOLTE et rien d'autre. Le reste ne nous intéresse plus !!
À BON ENTENDEUR SALUT ..!!! »(10)

2. Oser rompre avec la Françafrique :
une nécessité.

« Je hais les victimes qui respectent leurs bourreaux » a dit un jour, le philosophe Jean-Paul Sartre. Et il a raison. Car ces victimes qui aiment et applaudissent leurs bourreaux comme des femmes qui chérissent leurs violeurs, sont de parfaites déséquilibrées, des masochistes, qui sont dans un complexe de reniement de soi, voire d’abjuration de leurs qualités de sujets libres. Il y a chez elles, une sorte de déficit d’estime de soi. En Côte d’Ivoire, on voit ce genre de personnes, des personnalités politiques, qui s’entichent de la compagnie d’Alassane Ouattara, leur bourreau, et qui n’attendent de lui que ses largesses et sa reconnaissance pour exister. Or, avec ce que la Côte d’Ivoire a vécu depuis le 19 septembre 2002 et surtout le 11 avril 2011, ce pays peut-il continuer de vivre main dans la main avec la France, identifiée désormais comme son bourreau ? La logique serait de voir tous les Ivoiriens, quelque soit leur obédience politique et religieuse, dans la diversité de leur statut social, former un seul bloc autour de l’idéal de défense de la Patrie face à une France néocolonialiste et oppressive.

Sous nos yeux en effet, pour sauvegarder sa colonie et ses précieux intérêts en Côte d’Ivoire menacés par les positions indépendantistes et souverainistes clairement affichées par le président Laurent Gbagbo, la France a monté une rébellion, l’a armée, encadrée, entraînée, et financée pour déstabiliser les institutions démocratiques d’une République indépendante. Elle a en plus provoqué une crise électorale et est intervenue militairement pour installer confortablement son client-sujet dans le fauteuil présidentiel. Et tout cela dans le sang. La France a fait gicler le sang des Ivoiriens pour maintenir sa juteuse colonie. Désormais, il y a un fossé de sang entre les deux pays. Ces actes meurtriers posés par la France en Côte d’Ivoire, actes qui s’étendent chaque année dans les autres pays francophones, ont poussé de nombreux Ivoiriens et autres Africaines à développer et à entretenir une « haine » implacable contre l’ancienne métropole. Une mentalité de rejet qui n’a pas encore pris, il est vrai, des proportions collectives radicales et irrévocables à cause des liens historiques qui unissent la France à une grande partie de l’Afrique, mais de plus en plus est perceptible sur les réseaux sociaux et est au cœur des discussions de salon. La récente visite de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire l’a bien révélé. Cette visite a provoqué une levée de boucliers contre cet ancien chef d’Etat assimilé à un criminel qui revient sur les lieux de son forfait. Pour de nombreux Ivoiriens, cet acte de Sarkozy qui vient en rajouter aux humiliations et aux crimes que l’Afrique a connu dans l’histoire à travers la traite négrière, l’esclavage et la colonisation devaient être inscrits comme crimes contre l’humanité et punis, s’il y avait une vraie justice libre dans le monde. En désespoir de cause, ils sont comme cloués par une colère mal contenue dans une attitude de révolté.

En effet, quand on a été témoin des crimes de la France, on ne peut qu’être envahi par ce seul sentiment : la révolte. Et être révolté, ici, c’est dire : « non ! », c’est dire : « ça suffit ! ». « En somme, ce non affirme l’existence d’une frontière » (11) à ne plus franchir.
Mais chez certains Ivoiriens, qui se réclament anti-violents, cette révolte est tranquille et tempérée. Ils se contentent de pousser des soupirs ou de sangloter face au tableau chaotique qu’a laissé le brasier de la France dans le pays pour installer « sa » démocratie au bout de l’obus (12). Pour d’autres, les plus nombreux, et particulièrement, la jeunesse qui se réclame patriote et nationaliste, cette révolte s’exprime sous forme de contestation de l’ordre néocolonial, comme nous l’avons vu plus haut, avec l’exemple de Man Mian Edjoké, et d’engagement dans un mouvement dialectique irrésistible et irréversible vis-à-vis de la France.
Cet engagement des jeunes déterminés à se défaire de la France se comprend aisément quand on sait qu’ils ont été les plus touchés par la crise post-électorale. Ils sont nombreux à avoir subi les balles et les éclats d’obus des armées françaises et onusiennes. Ceux qui ont survécu, s’ils ne sont pas retenus dans les geôles du pouvoir où ils subissent des traitements inhumains, ils sont traqués chaque jour et ils ne trouvent leur salut qu’en allant se réfugier en exil. Et ce sont parmi ces jeunes exilés qu’on trouve les plus actifs à mobiliser l’opinion contre la France et ses suppôts africains.

Les Ivoiriens, ayant pris, de plus en plus conscience des rapports de maître et d’esclave qui ont toujours existé entre les Européens et les Africains depuis leur premier contact au XVe siècle et surtout entre la France et la Côte d’Ivoire dans un contexte d’indépendance proclamée des Etats africains, il leur est apparu que la seule alternative qui s’offre à eux, c’est le combat pour la vraie décolonisation, combat qui n’a véritablement jamais eu lieu dans leur pays comme ce fut le cas en Algérie ou en Indochine.

Le premier en Côte d’Ivoire et peut-être en Afrique, à formuler et à formaliser ce sentiment de révolte, à inscrire son engagement politique dans un combat et à donner une orientation de rupture avec la France, est indiscutablement le ministre Justin Koné Katinan à travers deux ouvrages publiés chez L’Harmattan en 2013 (13) et 2015 (14). Il est vrai que le Pr Mamadou Koulibaly, avant lui, attira l’attention en 2003, et cela est un mérite, dans la nébuleuse des discours et sous le crépitement des armes, pour montrer que c’est la France qui a attaquée la Côte d’Ivoire en se servant des hordes d’assaillants venus du Burkina Faso, du Libéria et d’autres pays de la sous-région. (15) Mais comme il le dit lui-même, son livre, sans être « une œuvre de résistance à la bourrasque provoquée par les hordes rebelles… », était un appel pour porter la croisade contre les déstabilisateurs de la Côte d’Ivoire (16). Katinan est donc véritablement le premier à proposer courageusement aux Ivoiriens et par delà ceux-ci, à tous les Africains francophones, non seulement d’oser rompre avec la France qui a pris en otage leur destin. Rompre ici s’entend divorcer, ne plus cheminer ensemble, ne plus regarder dans la même direction, ne plus rien partager en commun, et prendre chacun sa route pour affronter son destin en maîtrisant son idéal et sa vie matérielle avec tous les risques à braver qui, une fois surmontés, permettent dans l’expérience acquise de bâtir les conditions parfaites de son existence. Mais Katinan ne s’arrête pas là. Il invite à réinventer le développement de l’Afrique et surtout l’Etat, et dans son second ouvrage, il incite à une nouvelle prise de conscience des rapports de force dans le monde, et à abandonner le pessimisme des âmes damnées pour organiser la vraie lutte de libération sur des bases révolutionnaires comme celles qui ont porté de bons fruits dans les Etats latino-américains actuels. Il écrit :
« Aucune lutte politique n’a de sens en Afrique si elle ne porte sur la remise en cause de l’ordre politique et économique inhumain mis en place par le système onusien. Je milite pour l’avènement d’une classe politique africaine audacieuse, généreuse dans l’effort, pour donner corps à l’espérance légitime de nos peuples. J’exècre toute référence à la fatalité ou à une quelconque préférence divine de tel peuple par rapport à tel autre…J’attends me battre… pour ne pas que (l’avenir) de notre continent nous échappe définitivement». (17)
Et de conclure :
« S’il y a des personnes en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier, qui pensent que l’adversité est trop grande et trop forte, et que la solution pour notre peuple passe par la soumission, alors, ils ont certainement un autre mobile, qui se situe très loin, de la recherche du bien-être de ce peuple. Un schéma qui ne prospère pas depuis plusieurs siècles, est à abandonner. C’est le minimum qui d’coule du bon sens, qui est un don universel qui transcende les clivages raciaux. La liberté est un bien commun de l’humanité. Nul n’a le droit de s’en priver par couardise ou par une ambition compromettante. Puisqu’elle est offerte à tous, elle mérite que l’on se sacrifie pour elle. C’est dans le combat pour la liberté que les grands hommes se révèlent. Et Laurent Gbagbo en est assurément un ».(18)

Mais comment combattre la France ? Avec quels moyens ?
Questions lancinantes qui poussent certains Africains, bien que partageant l’idée noble et patriotique du combat contre cette puissance de l’Otan, à développer des complexes et à tenir des discours à la fois démissionnaires et démobilisateurs. En effet, après avoir évalué la puissance de frappe de la France qui s’affiche comme une nation conquérante et les armes de destruction massive dont elle dispose, ils ont fini par abdiquer en pensant que c’est prendre ses rêves pour de la réalité. Ils soutiennent que la France, mue par sa défaite historique dans sa guerre coloniale contre l’Indochine en 1954, n’entendra pas une seconde fois perdre la face, surtout en Afrique. Ils n’ont pas totalement tort, car comme l’a bien vu Frantz Fanon, « le régime colonial est un régime instauré par la violence… Un tel système établi par la violence ne peut logiquement qu’être fidèle à lui-même, et sa durée dans le temps est fonction du maintien de la violence… Violence dans le comportement quotidien, violence à l’égard du passé qui est vidé de toute substance, violence vis-à-vis de l’avenir, car le régime colonial se donne comme devant être éternel ». (19) De plus, ils pensent- et cela est aussi vrai -, que se lever contre la France aujourd’hui, c’est mettre à dos tous les pays de l’Otan, solidaires dans le mal, quand il s’agit de défendre leur impérialisme et leur modèle idéologique et démocratique dans n’importe quel coin de la planète. Or, abdiquer, c’est affirmer sa lâcheté. C’est exprimer sa peur, cette peur qui pousse l’homme à s’interdire tout. Cette peur fait sombrer dans le désespoir qui conduit au suicide dans la mesure où, comme l’a dit le pape François, « elle nous affaiblit, nous rabaisse, nous paralyse ».(20) « Celui qui vit dans la peur, poursuit-il, ne fait rien, ne sait quoi faire afin qu’il ne lui arrive rien de mal… La peur rend malade une communauté. Le manque de courage rend malade une communauté ».(21)

Pour éviter justement ce suicide collectif, d’autres adoptent une attitude qui implique une certaine transcendance métaphysique et se réfugient dans l’absolu des prières interminables attendant Dieu, le Justicier, qui viendra mettre de l’ordre dans notre monde injuste. Beaucoup de croyants et surtout les chrétiens à ce niveau ne savent pas que, même le Christ qu’ils servent, a réuni en sa personne les modèles de citoyen et du soldat. Il a non seulement servi sa nation et lui a conféré son rayonnement dans le monde par ses enseignements et ses œuvres publiques mais en plus, en bon soldat, toute sa vie a été une bataille permanente, Lui, la Lumière du monde, contre les Ténèbres, c’est-à-dire les forces du mal.

Ainsi, on peut considérer que toutes les attitudes qui poussent à refuser le combat sont, d’un point de vue sartrien, à la fois, « complicité et participation au crime ». Contre toutes les attitudes défaitistes qui nuisent aux possibilités de l’homme à affronter les obstacles sur les chemins de sa vie, le même Sartre bouscule l’audace humaine en affirmant qu’ « il n’y a de réalité que dans l’action ». (22) Et d’ajouter : « L’homme n’est rien d’autre que son projet. Il n’existe que dans la mesure où il se réalise, il n’est donc rien d’autre que l’ensemble de ses actes, rien d’autre que sa vie ». (23) L’homme est la réponse de lui-même, de ses capacités à donner un sens à son existence. Et c’est en prenant leur destin en main que, l’histoire nous l’enseigne, les nations fortes d’Afrique qui se font respecter à l’échelle mondiale sont celles dont les peuples ont engagé de vraies luttes de libération du joug colonial. On peut citer les exemples de l’Algérie, de l’Angola, de l’Afrique du Sud, du Nigeria, etc. On ne peut donc rompre les liens coloniaux et néocoloniaux que dans le combat.

Or la réalité africaine aujourd’hui est que les nouvelles générations, on l’a vu, semblent avoir compris cela. Elles aspirent de plus en plus à vivre libres, pleinement libres, et entendent se voir considérées comme des personnes humaines entières qui doivent jouir au même titre que tous les peuples du monde, des biens universels de la terre. Le vrai problème qui se pose à elles, ce n’est point, pense Koné Katinan, les moyens à trouver et à les mettre à leur disposition pour lutter contre la France, et par delà cette nation, tout le bloc de ce qu’il appelle la gouvernance de 1945, mais bien la prise de conscience de la situation perverse d’assujettissement à laquelle cette gouvernance travaille à la maintenir et l’élaboration d’une idéologie de combat pour en sortir. A voir d’ailleurs les comportements actuels du bloc de l’Otan dans le monde arabe et en Afrique, les Africains n’ont pas d’autre choix que de se battre s’ils ne veulent pas mourir recolonisés et esclaves. Cela a été bien perçu par Jean-Claude Djéréké qui décrit les travers de la Françafrique, ce système créé au lendemain des indépendances africaines qui appauvrit d’année en année l’Afrique francophone et qui, contrairement aux Etats anglophones, « piétine et tourne en rond depuis 1960 parce que la France n’a jamais voulu qu’elle se prenne en charge. Un président qui veut y rester longtemps au pouvoir doit non seulement avoir l’onction des dirigeants français mais les laisser faire main basse sur les richesses de son pays. Peu importe s’il ne peut traiter d’égal à égal avec les autorités françaises, s’il est reçu par un petit fonctionnaire français à Roissy-de-Gaulle lors de ses visites en France. L’important est que les bases militaires installées par la France dans son pays le protègent avec sa famille ou son clan contre d’éventuelles tentatives de coup d’Etat… » (24)

Parce que, poursuit-il, cette Françafrique ruine les économies des Etats africains du pré-carré français, assassine ceux qui se refusent d’être des sous-préfets au service de la France, elle apparaît à ses yeux plus qu’une dictature. Aussi partage-t-il l’idée selon laquelle « nous n’avons pas d’autre choix que de la combattre et de l’abattre ».(25) Mais avant de commencer cette grande bataille contre la France, il faut d’abord informer et éduquer les masses sur la réalité de l’entreprise néocoloniale de la France en Afrique.
« Il le fait, note Marcel Amondji son préfacier, en homme qui sait qu’il n’est point d’action efficace qui suppose une réelle connaissance des hommes et des choses et que, par conséquent, tout appel à l’action doit être aussi un enseignement. Enseigner, c’est aider les autres à s’ouvrir aux choses et aux êtres tels qu’ils sont ».(26)

Ils sont de plus en plus nombreux, les Africains et les Ivoiriens, mais aussi de nombreux européens, amis des Africains, des écrivains, des analystes, des politologues, des journalistes, des cyberactivistes et autres internautes qui se mobilisent pour éduquer les masses africaines, les mobiliser et les sensibiliser pour engager la révolution permanente selon une expression chère à Trotski, voire la grande bataille de libération. Cette bataille, pour lui donner toutes ses chances de succès, ne doit pas être le fait d’un seul homme ni même d’une seule nation. Elle doit être panafricaine. Que l’on imagine un seul instant une révolution panafricaine en un temps ciblé qui met à rude épreuve la présence française dans tous les Etats francophones. Malgré toutes ses forces militaires éparpillées dans nos Etats, il sera difficile, assurément, à la France de venir à bout des masses populaires en effervescence. C’est, à mon sens, dans l’encadrement de nos masses, ce qu’il faut leur inculquer car, Frantz Fanon l’a bien vu, la lute de libération des peuples, « transforme des spectateurs écrasés d’inessentialité en acteurs saisis de façon quasi grandiose par le fardeau de l’Histoire. Elle introduit dans l’être un rythme propre apporté par de nouveaux hommes, un nouveau langage, une nouvelle humanité. Elle est création d’hommes nouveaux. Cette création ne reçoit sa légitimité d’aucune puissance surnaturelle ». (27)

Dans cette entreprise d’encadrement et d’éducation de nos peuples, l’objectif visé, c’est de mettre ensemble tous les Africains opprimés pour former une communauté consciente d’opprimés contre les oppresseurs qui généralement forment une communauté d’oppresseurs et réaliser la révolution internationale pour détruire l’impérialisme, ainsi que ses satellites à savoir les Etats compradores, les oligarchies financières et leurs complices de la périphérie. Cette entreprise reste à construire. Ils sont nombreux, les Africains, notamment les Ivoiriens, les Burkinabé, les Maliens, les Centrafricains, les Camerounais, les Congolais et aujourd’hui les Béninois qui en ont pris conscience. Il s’agit de les unir par un discours idéologique clair et dynamique et les organiser pour rendre impossible la recolonisation de l’Afrique.
Lazare KOFFI KOFFI.

Notes
1. DGSE : Direction générale de la sécurité extérieure.
2. Extrait de son discours le 24 mai 1963, au sommet consacrant la création de l’Oua, à Addis-Abeba.
3. Bernard Desgagné, « Le résultat de la démocratie des bombes », in Le Courrier d’Abidjan, 17 avril 2013.
4. Sur le même sujet, dans sa livraison du 7 mai 2015, l’Afp rapporte un rapport d’Amnesty international qui dénonce les emprisonnements tous azimuts des personnalités de l’opposition.
5. Nicolas Sarkozy, s’est illustré dans ces propos choquants pour des nombreux Africains en prenant position sans prendre de gant contre la volonté de nombreux Africains de se retirer de la zone franc donc du CFA. Le franc CFA (Franc des colonies françaises d’Afrique, au départ, devenu Franc de la communauté franco-africaine en 1958 et enfin Franc de la Communauté financière africaine au lendemain des indépendances) est le nom de deux monnaies communes à plusieurs pays d’Afrique constituant en partie la zone franc d’Afrique centrale (CEMAC) et la zone franc d’Afrique de l’Ouest (UEMOA). En Afrique, les zones franc constituent des espaces monétaires et économiques. Ces ensembles, formés d’États et de territoires, sont issus de l’évolution et des transformations de l’ancien empire colonial français et d’États qui n’étaient pas des colonies françaises comme le Cameroun et le Togo (d’abord colonies allemandes), la Guinée équatoriale (espagnole) et la Guinée-Bissau (portugaise). Après l’accession à l’indépendance, la plupart des nouveaux États sont restés dans un ensemble monétaire homogène, dont le cadre institutionnel a été rénové et qui a été structuré par un système de change commun. Leurs devises sont des contre-valeurs à parité fixe avec l’euro, dont la valeur est garantie par le Trésor public français, dans le cadre du traité de Maastricht.
6. Nicolas Sarkozy, 14 février 2016, in vidéo publié sur sa page Facebook.
7. Extrait du discours de François Hollande à l’ouverture de la Semaine des Ambassadeurs, Elysée, 25 août 2015.
8. On peut citer par exemple L’élan patriotique, La Nouvelle Afrique, Afrique digne, A bas l’impérialisme, Le panafricanisme et la renaissance africaine, Le panafricaniste, Réseau des Cyberactivistes de Côte d’Ivoire, La Résistance ou rien, Réseau africain pour la libération du président Laurent Gbagbo, Comité de lutte contre l’ingérence française en Afrique, etc.
9. Ma Mian Edjoké : Ce groupe de mots qui forme ce nom, signifie mot à mot en nzima (apollonien): « Je-suis-serré-dans-affaire », mais il faut entendre : « Je suis fatigué alors je vais devenir un problème (une menace) pour eux ». Comme lui, d’autres jeunes comme, Steve Beko,khaza Kakry, Fier Ivoirien, Touré Zeguen, Adolphe Inagbé, Appolinaire Kouao, Mathias Seybi, Excellence Zadi, Gbagbo Espoir, Yaya Marie-Thérèse Assi, Millé Claude Mrandjo, etc., n’ont de cesse de fustiger la France et d’appeler à la remise en cause des relations de dominateur et de dominés entre la Côte d’Ivoire et la France.
10. Ma Mian Edjoké, Facebook du 10 mars 2016.
11. Albert Camus, L’homme révolté, Gallimard, Paris, 1951
12. On trouve ce type de révolte chez Robert-Jonas Kouamé Bibli qui, après avoir dit qu’il écrit sur fond de révolte profonde, il avoue que sa révolte est tranquille, tempérée. Chez lui, la révolte est juste « une réaction qui féconde la pensée aux prises avec des situations qui heurtent la raison… » (Cf. Robert-Jonas Kouamé Bibli, Côte d’Ivoire. Du chaos à la renaissance. Derniers assauts contre la souveraineté, L’Harmattan, Paris, 2015, p. 19.)
13. Justin Koné Katinan, Côte d’Ivoire. L’audace de la rupture, L’Harmattan, Paris, 2013.
14. Justin Koné Katinan, Idéologie, conscience et combat politique en Afrique, L’Harmattan, Paris, 2015.
15. Mamadou Koulibaly, La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire, L’Harmattan, Paris, 2003.
16. Idem, p. 8.
17. Justin Koné Katinan, Idéologie, conscience et combat politique en Afrique, L’Harmattan, Paris, 2015, p. 11.
18. Idem, p. 240.
19. Frantz Fanon, cité par Saïd Bouamama, Figures de la révolution africaine. De Kenyatta à Sankara, La Découverte, Paris, 2014, p.154.
20. Pape François, extrait de discours publié par Jean-Claude Djéréké, Facebook du 22 mars 2016.
21. Idem
22. Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, Nagel éditions, Paris, 1946.
23. Idem.
24. Jean-Claude Djéréké, Abattre la Françafrique ou périr. Le dilemme de l’Afrique francophone, L’Harmattan, Paris, 2014, p. 151.
25. Idem, p. 152.
26. Marcel Amondji, préface à Jean-Claude Djéréké, op. cit. p.12.
27. Frantz Fanon, cité par Jean Ziegler, op. cit. p. 272
Lazare Koffi Koffi

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