Shlomit
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01/03/2016

quelques indiscrétions sur le départ précipité de Sam l'Africain

Le président de l’Alliance pour la Côte d’Ivoire et la patrie (Nacip, parti de l’opposition ivoirienne) n’oubliera pas de sitôt la journée du samedi 27 février 2016.

Ce jour-là, Sam l’Africain, qui ne se doutait de rien, a été contraint de quitter le territoire ivoirien pour rejoindre La Haye où il doit témoigner dans l’affaire ‘’le procureur contre Laurent Gbagbo et Blé Goudé’’ devant la Cour pénale internationale (Cpi). Comment en est-on arrivé là ? Après la crise post-électorale et le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Cpi, des enquêtes préliminaires menées en Côte d'Ivoire dans la perspective de son procès ont permis d’enregistrer des centaines de témoins parmi lesquels Sam l’Africain, connu pour être un proche de l’ex-président ivoirien et de la galaxie patriotique. Selon des informations obtenues dans son entourage, c’est en 2017 que le président de la Nacip devrait se retrouver à La Haye pour témoigner dans le procès ouvert le 28 janvier dernier. Mais l’on se souvient de la bourde intervenue, le vendredi 5 février, lors d’une session à huis-clos à la Cpi. Requis par le procureur Eric Mac Donald, ce huis-clos a été diffusé par erreur en quelques minutes, sur la chaîne publique de la Cpi, et publié sur des réseaux sociaux. Pendant que les micros étaient ouverts, le procureur, qui estimait que des blogueurs «tentent de déterminer l'identité des témoins 9, 10 et 11», s'est mis  à prononcer leurs noms qui ont été clairement entendus sur la chaîne publique du tribunal. Cet incident a fait scandale, d’autant plus que la protection des témoins aux procès devant la justice internationale est cruciale. Et c’est justement sur la base de cette bourde, et pour veiller à la sécurité des témoins ainsi dévoilés qu’une équipe de la Cpi, selon nos sources, était à Abidjan samedi dernier pour emmener avec elle l’un des témoins dont l’identité a été révélée par erreur, le 5 février dernier. Mais, celui-ci s’oppose à ce changement de programme.
Face à un substitut du procureur lui enjoignant de partir immédiatement pour La Haye, Sam l’Africain, que nous avons pu joindre aux environs de 21h15 le samedi avant le décollage de son avion, a confirmé avoir émis des réserves quant à un départ aussi brusque et inattendu qui ne lui avait pas été notifié auparavant. Arguant qu’il n’a pris aucune disposition, ni pour lui, ni pour sa famille dont il craint pour la sécurité, l’homme n’était pas disposé à partir dans ces circonstances. Face à ces réticences, c’est sous la contrainte d’un mandat d’amener, toujours selon nos informations, qu’il a quitté Abidjan dans la nuit du samedi. C’est dans la matinée du dimanche 28 février qu’il est arrivé à La Haye où le procès contre Laurent Gbagbo et Blé Goudé doit reprendre le 7 mars prochain.
Quelles dispositions pratiques pour la sécurité de sa famille restée en Côte d’Ivoire ? Après la bourde du vendredi 5 février, la Cpi pourra-t-elle véritablement renforcer son système de protection des témoins pour éviter pareille déconvenue à l’avenir ? Les autres témoins vont-ils subir le même sort que lui ? Attendons pour voir.
H. Oulaï, L'Inter
Linfodrome

21:02 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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