Joseph Arthur de Gobineau, fils d’un officier royaliste d’origine bordelaise, Louis de Gobineau, et d’Angélique-Madeleine Mercier de Gercy, une Bordelaise descendante, par sa mère, Agnès Doyen, d’une famille esclavagiste du Cap (république d’Haïti), est né le 14 juillet 1816 à Ville-d’Avray.

Ayant partagé jusqu’en 1832 l’exil de sa mère (réfugiée en Allemagne à cause d’une escroquerie), il rejoint ensuite son père à la retraite à Lorient , puis s’installe à Paris rue Saint-Benoît (1835) où, passionné par la civilisation et la langue persanes, il partage son temps entre de modestes emplois et des ambitions littéraires qui le conduisent dans un premier temps à tenter de placer quelques articles.

Protégé de Tocqueville, il devient  en 1848-1849 son éphémère chef de cabinet au ministère des affaires étrangères et réussit par ce biais à entrer, en 1849, dans la carrière diplomatique, ce qui lui permettra de voyager jusqu’à sa retraite en 1877.

Gobineau est mort le 13 octobre 1882, lors d’un voyage à Turin où une plaque apposée par Mussolini célèbre toujours sa mémoire.

Bien qu’il ait publié des oeuvres de fiction, Il s’est principalement fait connaître par son Essai sur l’inégalité des races humaines (1853 et édition complète en 1855) qui a connu un retentissement important au point d’inspirer la pensée nazie et fasciste – et plus généralement les doctrines suprémacistes – même si l’ouvrage, indiscutablement raciste et négrophobe, mais également fataliste, ne propose pas de solution ni de programme eugéniste pour remédier à un métissage considéré comme inéluctable.

Gobineau est l’inventeur du mythe aryen.

L’écrivain Jean Gaulmier (1905-1997) s’est enthousiasmé aveuglément pour Gobineau, s’efforçant de mettre en avant son aspect orientaliste. Il a tenté de le réhabiliter en favorisant – ce qui ne s’imposait peut-être pas – une édition complète dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade (Gallimard) dont le responsable actuel, Hugues Pradier, n’a pas encore jugé utile de consacrer un volume à Aimé Césaire.

L’Haïtien Anténor Firmin fit paraître en 1885 un essai qui se voulait une réponse à Gobineau, De l’égalité des races humaines, qui n’eut évidemment pas le même retentissement, et qui a le défaut de ne pas mettre en cause l’idée même de race humaine, ouvrant la voie au thème très ambigu de la négritude.

Gobineau avit épousé le 10 septembre 1846 une béké de la Martinique, Clémence Monnerot Destourelles , grand-tante du communiste afro-descendant martiniquais Jules Monnerot .

Clémence Monnerot, née le 20 août 1816 à Fort-de-France, était la fille de François Monnerot (1764-1827) « négociant » (en esclaves) et de Luce-Victoire du Châtelier Destourelles, apparentée à une famille d’armateurs négriers nantais.

Ayant eu deux filles, Clémence Monnerot, épouse de Gobineau, est décédée à Paris en 1910.

Le frère de Clémence, Émile Monnerot, avait épousé Anna Niger (dont le nom dit suffisamment l’origine). Ils sont les grands-parents de Jules Monnerot.

Ainsi le beau-frère du l’inventeur du mythe aryen avait-il convolé avec une Afro-descendante. C’est sans doute ce qui conduisit Gobineau à conclure que le métissage était inéluctable.

Le fait  (peu connu) que Gobineau soit le rejeton d’esclavagistes de Saint-Domingue et de Bordeaux, et en outre le conjoint d’une béké de la Martinique, n’est sans doute pas sans rapport avec sa pensée et avec la naissance du mythe aryen.
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