Shlomit
topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

22/02/2016

Odette Lorougnon aux Ivoiriens : « Restons mobilisés»

UNE COPIE DE L'INTERVIEW AVEC LG-INFO:

En perspective au triomphe de la vérité à la Cpi, Odette Lorougnon aux Ivoiriens : « Restons mobilisés»
La vice-présidente chargée de la mobilisation et des organisations féminines, par ailleurs présidente de l’Organisation des femmes du parti de Laurent Gbagbo, Marie-Odette Lorougnon réagit aux temps forts des trois premières semaines du procès conjoint de Blé Goudé et Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (Cpi). Interview.

Vous avez comparu devant la barre à la Chambre correctionnelle du Tribunal de première instance du Plateau. Une première comparution le vendredi 22 janvier et une deuxième, le vendredi 29 janvier 2016, soit un jour après l'ouverture du procès de Laurent Gbagbo à La Haye. Au terme de l'audience, un non-lieu a été prononcé. Avez-vous le sentiment d'avoir été victime d'une injustice, puisque vous n'avez pas pu sortir du pays ?
- Je voudrais dire que rien ne m'étonne du comportement du pouvoir. Quand bien même qu'il sait qu'il n'y a rien contre ma personne, mais il fallait trouver un prétexte pour m'empêcher de sortir du pays. C'est un comportement qui n'honore pas la Côte d'Ivoire, parce que ce pays n'appartient pas seulement à ceux qui sont au pouvoir. C'est pourquoi je dis que ce comportement ne m'étonne pas parce qu'ils savent comment ils sont venus au pouvoir, dans la violence. Et le monde entier sait comment Ouattara est venu au pouvoir. Mais ce pouvoir est le vainqueur d'une guerre, il se comporte comme celui qui a gagné la guerre. Il construit l'histoire à sa façon et il écrase sans ménagement autres. Donc nous sommes les vaincus. Laurent Gbagbo est le vaincu et par conséquent, il faut que tous ceux qui l'accompagnent soient écrasés. C'est de cette tyrannie dont j'ai été victime, non seulement en m'empêchant de sortir du pays, mais aussi en me collant un procès imaginaire, sous le prétexte d'une affaire pendante devant le procureur. Ce qui veut dire que Ouattara et son équipe sont dans une dynamique d'écraser et d’anéantir tous ceux qui sont pro-Gbagbo. Mais il faut que ce pouvoir cesse de brutaliser et d'utiliser les institutions de la République que nous les contribuables soutenons, comme des moyens de brimades contre les proches de Laurent Gbagbo. C'est pourquoi nous voulons dire au pouvoir que la République, c'est notre chose à tous et que l'on ne saurait pour réprimer d'autres pour leur conviction politique. Nous avons aussi droit à liberté d'aller et venir, une prérogative que doivent conférer nos institutions à tous les citoyens et non à une seule catégorie parce qu'elle est au pouvoir. Il faut que cela cesse. La République, c'est notre République, c'est la chose publique appartenant à tous les enfants de Côte d'Ivoire. Donc on ne pas utiliser ses institutions pour en faire des kalaches et des gourdins pour écraser et anéantir les autres.

Vous n'êtes plus partie pour La Haye, on le voit mais vous pu apprendre que La procureur aurait avoué qu'il n'y a réellement aucune charge solide contre Gbagbo. Et elle déclare agir sous la pression de la France. Quels en sont vos commentaires ?
- Ce n'est pas la première fois que le Procureur se met à table. Quand un procureur n'arrive pas réunir les preuves contre un monsieur comme Laurent Gbagbo, ou tout autre prévenu, normalement le bon sens voudrait qu'il soit purement et simplement mis en liberté. Que cette personne bénéficie de la présomption d'innocence et que le doute profite à l'accusé. Je pense que c'est pour cela que La Cpi avait demandé à Bensouda d'aller chercher de nouvelles preuves. Mais nous voyons encore qu'à l'ouverture de ce procès, c'est encore la même compilation des soi-disant preuves qui sont des coupures de journaux, des vidéos fabriquées et rien que de faux témoignages, sans oublier ce que le Rdr a écrit. C'est en plus tout ce que eux-mêmes ils ont fait, c'est à dire que les tueries et les violences au cours de cette crise postélectorale qu'ils ont aussi créée de toutes pièces. Ce sont toutes ces fausses pièces qu'ils ont compilées dans un document pour les remettre à Bensouda. Mais nous disons pour un tel travail, la Procureur doit faire intervenir son intelligence. Ce n'est pas parce qu'on lui dit que c’est 5000 pages de preuves que cela va forcement accuser et condamner quelqu'un. Donc le monde entier est en train de voir l'incapacité de Bensouda et le monde entier est train de voir qu'elle n'a pas le niveau requis qu'on lui a attribué. Elle a été surestimée. Et le monde entier est en train de constater qu'elle a des connaissances approximatives du droit pénal. Ce qui nous amène à dire qu'elle sait très bien qu'il n'y a rien contre Gbagbo, et comme elle-même elle semble le dire, c'est sous la pression de la France qu'elle agit. Et elle est train d'agir, elle persiste et tombe dans le mensonge. Pour cela, Bensouda fait la honte de l'Afrique et des femmes d'Afrique. Elle fait la honte des femmes intellectuelles de l'Afrique, parce qu'elle se fait complice d'une communauté internationale. Elle-même le dit, qu'elle agit sous la pression, donc avec la complicité française, voire onusienne. Mais nous disons qu'elle va échouer et elle va échouer. Et la honte mondiale se reversera sur elle. Elle est en train de se revêtir du manteau de la honte dont veut se débarrasser la France et l'Onu.

Que réagissez-vous au fait que le président de la Cour interdise qu'on attribue à Gbagbo, le titre de Président de la République ?
- Je pense que tout cela fait partie du complot. C'est le complot que le monde entier est en train de voir. Les gens n'ont pas supporté que Laurent Gbagbo sorte comme ça dans un rétroviseur, et devienne Président de la République parce qu'il ne comptait pas dans les calculs des occidentaux qui n'ont pas compter avec lui. Mais le peuple ivoirien à compter avec le Président Laurent Gbagbo. Même si la Cpi ne veut pas qu'il en soit ainsi, mais nous lui rappelons que Laurent Gbagbo était bel et bien Président de la République au moment des faits. C'est pourquoi nous répliquons pour dire à la Cpi que les Ivoiriens sont souverains et c'est en vertu de cette norme que le peuple ivoirien a porté son choix sur Gbagbo qui demeure toujours notre président. N'en déplaise à tous ceux qui ont orchestré un complot pour le déposséder dans la brutalité et la violence, du pouvoir qu'il a hérité de son peuple.
C'est donc un Laurent Gbagbo qu'il faut éliminer par tous les moyens qui se retrouve devant la Cpi où il lui est interdit d'être appelé Président. Voilà qui confirme le plan commun, c'est bien d'un plan qu'il s'agit qui nous dit que la France et l'Onu n'ont pas accepté que Gbagbo soit Président. C'est là que nous voyons le complot et le plan commun qui a été fait. Ce plan commun c'est d'enlever et d'empêcher un individu qui draine derrière lui tout un peuple. Un homme qui par sa capacité et ses idées a pu de convaincre les Ivoiriens qui se réclament en lui. Un homme qui a toujours voulu que son pays libre et que son peuple dispose de lui-même dans un État souverain. C'est ce combat qui a fait de lui Président de la République en 2000 après une élection démocratique. C'est de cela qu'il s'agit et à ce titre Laurent Gbagbo demeure toujours Président. Nous-mêmes qui avions été député, nous avons toujours le titre de Député et nous appelle, Mme le Député. À fortiori un Président qui a gouverné ce pays pendant dix ans. Interdire cela veut dire que la Cpi reste dans sa petitesse d'une Cour aux ordres des impérialistes et de leurs complices Africains que sont Ouattara et Bensouda. Mais c'est peine perdue pour eux, car Laurent Gbagbo reste Président parce qu'il a été Président de la République et il était en fonction quand la France, l'Onu et leurs complices sont venus le bombarder. Et ce titre là, ce n'est pas la Cpi qui peut le lui enlever. Gbagbo reste Président. Imposer le contraire, comme le dit la Cpi, n'est qu'un procès politique et la preuve est tout faite. Car si le procès n'était pas politique, Gbagbo Laurent ne pouvait se trouver hors de son pays, devant une juridiction internationale où il n'y a aucune preuve contre lui.
Mais c'est la politique de la France de Nicolas Sarkozy qui a amené aujourd'hui Gbagbo loin de son peuple. Donc c'est la politique qui a fait déporter Laurent Gbagbo à La Haye. Et Comme Gbagbo est populaire, la Cpi considère sa popularité comme un crime. Il est populaire, donc il peut encore agir au plan politique dans son pays. Et puisque la Cpi même démontre que le procès est politique et que Bensouda soutient qu'il n'y a rien de sérieux contre Gbagbo et qu'elle est sous pression française, alors nous demandons à La France de faire libérer Laurent Gbagbo parce que rien n'est retenu contre lui. Nous disons à la France que Blé Goudé et Laurent Gbagbo doivent retourner chez eux. Que cette France n'accepte pas qu'on héberge un criminel comme Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire et en revanche des dignes fils du pays innocents soient détenus par une volonté à La Cpi, loin des leurs. C'est pourquoi nous demandons à La France de tout faire pour libérer ces deux illustres fils de ce pays. Si Ouattara et la France tiennent à la réconciliation nationale, alors cela passe par le retour des acteurs clés et incontournables que sont Laurent Gbagbo et Blé Goudé. Nous voulons la paix dans notre pays et le retour de ces deux peut nous donner cette paix. C'est pourquoi nous interpelons François Hollande qui est aujourd'hui Président de la République française. Quand son prédécesseur a gâté, il lui revient de tout réparer pour la paix en Côte d'Ivoire. Que Hollande répare le tort que Sarkozy a fait aux Ivoiriens. C'est Sarkozy qui a mis la Côté d'Ivoire dans cette ornière. Donc le rôle de Hollande est de réparer et nous attendons même qu'il agisse avant la présidentielle française, s'il tient à sa carrière politique.

Que dites vous des témoins à charge contre Laurent Gbagbo, notamment les généraux des Fds avec qui il a travaillé au moment des faits ?
- Nous avons été surpris d'apprendre que ce sont ces mêmes officiers supérieurs de l'Armée en qui Gbagbo a fait confiance, qui sont prêts à le vendre. Mais nous voulons rappeler à ces généraux traîtres que ce n'était Gbagbo qui était sur le théâtre des opérations. S'il y a un compte à demander, c'est bien à eux, qui étaient au devant des troupes. Ils étaient ceux-là qui organisaient la résistance sur le terrain. Donc, Laurent Gbagbo ne devrait pas être à la Cpi seul. Les généraux qui sont aujourd'hui dans les grâces du pouvoir Ouattara, ne doivent en aucun cas. Si aujourd'hui ils veulent témoigner contre Gbagbo parce, c’est aussi l’histoire mais qu’ils retiennent que la vérité aura raison de leur témoignage, si tel est qu'ils veulent agir contre Gbagbo. Car on peut trahir quelqu'un, mais jusqu'à ce point là.

Quelles réactions face aux témoignages déjà effectués sur des événements pour lesquels Bensouda soutient que Gbagbo aurait un plan commun ?
- Ce que nous sommes en train de suivre, c'est du jamais vu. Parce qu’on ne voit pas les témoins parler et on ne comprend pas non plus ce qu’ils disent. Et pourtant dans les justices françaises, européennes ou américaines, on juge des personnes et les témoins comparaissent à visage découvert. Mais c'est la première fois que nous voyons une grande juridiction comme la Cpi, sous le prétexte de leur procurer la sécurité, cacher volontairement des témoins. Or, nous avons vu, dans nos procès criminels en Côte d'Ivoire, que ce soit au procès en Assise, ou dans les autres procès, tous les témoins à charge parler publiquement devant la barre. Si cela se fait en Côte d'Ivoire, pourquoi la Cpi choisit-elle de cacher des témoins qui disent qu'ils ont vu Laurent Gbagbo donner des ordres pour tuer les partisans du régime actuel ou violer des femmes. Comme ici, si un témoin estime qu'il a vu un fait se dérouler, alors il doit témoigner à visage découvert. Comme cela se passe en Côte d'Ivoire et dans bien d'autres justices. Il y a que celui qui n'a pas vu mais à qui on demande de mentir, qu'on fait passer avec des passages totalement brouillés. Ce qui veut dire que tous ces témoins qui sont passés sont une pure fabrication de Bensouda, en complicité avec Ouattara. C'est pourquoi, ils veulent les protéger en masquant leur voix et leurs images. Parce que ce sont de faux témoins, ce sont des témoins factices. Ils ont tout écrit pour eux avec ce qu'il faut dire et non. Ce qui est de la vérité. Nous avons même entendu dire un des témoins qu'il ne se reconnaissait pas dans ce que le Procureur a écrit. Ce qui nous amène à déduire que c'est loin d'être un procès légal.
Ce procès n'est autre que la suite et la matérialité du plan commun que la France sous Sarkozy et Ouattara ont concocté pour réduire à néant un souverainiste qu'est Laurent Gbagbo. Et ce rôle a été confié en dernier ressort à une femme Noire, pour détruire un autre Noir, comme au temps colonial. C'est cette mission que Bensouda exécute bien en brouillant ses témoins. Car pour nous, un témoin oculaire doit dire ce qu'il a vu et entendu sans masque, avec la possibilité pour le public d'apprécier la posture et gestes du témoin devant la barre. C'est ça rendre justice. Mais tel que cela s'opère à la Cpi, c'est un procès sur fond de mensonge qui va perdre la Cpi.

De l'espoir pour vous pour Gbagbo et Blé Goudé, par rapport aux offensives de leurs défenseurs ?
- Le jour où les Avocats de Blé Goudé et Laurent Gbagbo sont intervenus après la Procureur, j'ai dit que le procès est gagné. Pour moi, le procès est gagné. Le deuxième constat que j'ai fait et qui fonde mon espoir est que c'est le procès de tous ceux qui ont tué en Côte d'Ivoire. C'est à dire les hommes du régime Ouattara, à savoir Soro Guillaume et ses chefs de guerre. Et la Défense a montré les preuves comme quoi toutes ces accusations sont de purs montages. Prenons l'exemple des présumées tueries de femmes à Abobo, je m'excuse mais on ne peut pas avoir été tué par un obus de char, comme il a été dit, et brusquement se relever. On ne peut mourir et se rélever. C'est pourquoi, on se demande si ceux qui font de telles déclarations sont en phase avec leur propre conscience. Car on ne peut pas comprendre qu’on veuille faire triompher en vain le mensonge, et on persiste quoique découvert. C’est pourquoi, je voudrais interpeler Ouattara pour lui dire qu’il devrait être reconnaissant envers le Président Gbagbo, plutôt que de vouloir fabriquer du mensonge sur fond de haine. Qu’il se souvienne au moins que c’est le Président qui l’a fait rentrer d’exil, au moment où Bédié le traquait, lui Ouattara. C’est encore Laurent Gbagbo, qui a fait de lui candidat à la présidentielle de 2010. Ce n’est pas rien, quand les lois ivoiriennes lui interdissent ce poste, pour ce que vous savez. C’est pourquoi, je voudrais qu’on soit sérieux. Si Ouattara veut obtenir la réconciliation nationale, si la quête de paix n’est pas un simple slogan chez lui, s’il ne parle pas que pour plaire qu’à l’extérieur, alors nous lui demandons de faire libérer Laurent Gbagbo de l’injustice dont il victime à La Haye. Avant que la honte ne tombe sur lui ; Ouattara. Car la vérité est en train de se pointer au grand jour.

Votre appel ……
- Nous profitons de votre plume pour dire merci à la diaspora africaine dans son ensemble. Cette diaspora qui n’a jamais tari en mobilisation et qui se mobilise chaque jour pour Laurent Gbagbo. Tout comme nous voudrions exprimer notre reconnaissance aux chefs d’Etats africains qui se mobilisent eux-aussi pour Gbagbo. Nous les exhortons à peser de tout leur poids, pour demander à Hollande de faire libérer Gbagbo. Nous demandons à la Cedeao, à l’Ua, à tous les intellectuels africains d’écrire à la Cpi, pour lui dire que c’est une erreur de juger Laurent Gbagbo, car il est la victime et non le bourreau, car les preuves sont là. Nous voudrions aussi dire aux Ivoiriens que nous n’avons pas le droit d’accepter que deux illustres fils de ce pays soins injustement aux mains d’une cour impérialiste qui manœuvre pour les maintenir loin de leur peuple. Si nous cautionnons cela, nous aurions fait des précédents. Et que la paix que nous souhaitons ne sera qu’une illusion. Laurent Gbagbo et Blé Goudé sont des acteurs de paix et de réconciliation. Leur présence en Côte d’Ivoire est plus que d’actualité. Fatou Bensouda et la Cpi doivent en tirer les conséquences et prendre la décision qui va sauver toute une nation de l’impasse. Ce qui par la libération et le retour à la maison de Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Blé Goudé et tous les autres prisonniers politiques qui sont reclus loin de leur famille par la méchanceté d’un régime. Il est temps d’y mettre fin pour prévenir l’irréparable. Prévenir l’irréparable veut dire qu’on impérativement poser l’acte préventif. Ce qui suppose la libération des prisonniers où qu’ils soient. Cela vaudra mieux pour les ivoiriens et le pays tout entier. Restons mobilisés, chers compatriotes démocrates, l'heure de la verité et de la victoire a sonné. Que Dieu nous bénisse.


Interview réalisée par Marcel Dezogno, Lg infos
Marie Odette Lorougnon Gnabry

20:48 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

Les commentaires sont fermés.