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02/02/2016

procès Gbagbo: la procureure prise à son propre piège

En ce moment, linfodrome, à travers son journaliste César DJEDJE MEL,qui en général reprend des articles de Soir Info, est très désireux de partager avec ses lecteurs une information objective; rappelons que la RTI ne retransmet pas le procès de La Haye, le gouvernement ne veut pas qu'une vérité autre que la version officielle puisse circuler. Aujourd'hui même, le bruit court que les FRCI ont reçu l'ordre de disperser les personnes rassemblées pour suivre en différé d'une demi-heure, les audiences retransmises depuis le Ghana sur une chaine télé (LG TV infos)qui a vu le jour dans le milieu des exilés ivoiriens, avec commentaires et analyses en direct. Mais depuis la fin de la matinée, la retransmission connait des "problèmes techniques, problèmes qui sont autant de solutions momentanées pour les bourreaux et les acteurs de cette farce politico-juridique.

Fatou Bensouda aurait bien fait de se limiter à la crise post-électorale de 2010-2011 pour démontrer que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont responsables des faits pour lesquels ils sont poursuivis. En remontant aux évènements d'après Houphouet Boigny pour montrer comment Laurent Gbagbo et ses proches dont Blé Goudé ont préparé, selon elle, son maintien au pouvoir par tous les moyens, le procureur de la CPI s'est fait prendre à son propre piège.

Elle avait déclaré à l'entame du procès que «il ne s'agit pas de déterminer qui a gagné les élections de 2010 ou qui aurait du les remporter. Il s'agit d'établir la responsabilité pénale de deux accusés pour ce qui est arrivé dans le cadre des violences post-électorales de 2010 et qui relève de la compétence de la CPI». Mais, dans son argumentaire, le procureur a du se référer à des faits antérieurs à la crise post-électorale, dans l'objectif de clouer les accusés. Elle croyait pourtant bien faire.
Fatou Bensouda était loin de penser qu'elle ouvrait la boite de pandore que l'Accusation allait exploiter à fond. Les avocats de Gbagbo n'en demandaient pas moins, eux qui ont toujours estimé, contrairement au procureur, que le procès en ce moment à la CPI est celui de l'élection présidentielle, y ont exhumé des faits qui accablent le pouvoir ivoirien.

Nous écrivions dans un article précédent que la Défense allait s'engouffrer dans cette ouverture de Bensouda pour tenter de lui porter l'estocade. Et nous n'avons pas menti. Tout comme le procureur, Me Altit et son équipe ont remonté le temps pour présenter un Laurent Gbagbo contraire «au despote que le procureur veut montrer».

«Laurent Gbagbo est un démocrate, il est un vrai démocrate. Il a lutté toute sa vie pour l'instauration de la démocratie (…) il a préféré l'exil et la prison aux compromissions», a déclaré Me Altit.

A l'aise sur ce terrain gracieusement offert par le procureur, terrain qu'elle semble mieux maîtriser que Fatou Bensouda, parce que le socle de son argumentaire, la Défense de Gbagbo a ressorti des éléments pour montrer que son client est une victime, de la «Françafrique», et non le bourreau. Que tout a été fait dans le but de le destituer.

Image contre image, vidéo contre vidéo, depuis les débuts en politique de Gbagbo, l'avènement du multipartisme, l'arrestation de Gbagbo sous Houphouët du temps Alassane Ouattara en tant que Premier ministre ivoirien, en passant par la présidentielle de 2000, les différents coups d'État puis la rébellion de 2002 pour aboutir à la présidentielle de 2010, Me Altit et son équipe ont essayé de prouver que leur client est vraiment irrépréhensible, qu'il est le contraire de l'homme que l'Accusation a présenté.

En somme, les avocats ont affirmé que le problème, c'est Ouattara et non Gbagbo. Ils relèvent que c'est pour installer dans le fauteuil présidentiel Alassane Ouattara, le choix de l'occident, que Laurent Gbagbo est aujourd'hui à la CPI. Dans leur argumentaire, les tueries attribuées aux ex-rebelles ont été ressorties, mis sur le compte de Ouattara.

Seulement, Me Altit croit, à cause de ce que selon lui Bensouda s'est engagée dans le même combat de l'occident contre Laurent Gbagbo dont elle a une vision figée, au point de fermer les yeux sur certains faits qui montrent que leur client est un «démocrate» et non «un despote», que le procureur n'osera pas poursuivre les pro-Ouattara.

«Je vous parie qu'aucun d'entre des soutiens d'Alassane ne sera jamais poursuivi ici», s'est-il convaincu. Pour lui, Bensouda est «prisonnière» de ses croyances dont elle ne peut sortir. Il l'accuse de vouloir protéger les «bourreaux». «Faire disparaître les bourreaux, c'est faire disparaître les crimes, la souffrance vécue par des centaines de milliers d'ivoiriennes et d'Ivoiriens» a-t-il dit au procureur qui, à l'en croire a empilé «contre-vérités sur contre-vérités».

Certainement que lors de sa prochaine prise de parole, le procureur va fortement répliquer.

César DJEDJE MEL
Linfodrome

15:30 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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