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02/02/2016

L'OMS sonne l'alarme contre le virus Zika

vous avez dit "transgénique", et pourtant le terme n'apparait pas!



Par figaro iconSoline Roy - le 01/02/2016
L'épidémie est «une urgence de santé publique de portée mondiale», estime l'Organisation mondiale de la santé.

«Nous devons agir», a déclaré lundi soir Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Lorsque la crise Ebola battait son plein, les critiques n'avaient pas manqué à l'encontre d'une OMS jugée trop lente à réagir. L'instance internationale n'a cette fois pas voulu rater le coche. Après une réunion téléphonique d'experts internationaux convoqués ce lundi, l'organisation a donc décrété que Zika était une «urgence de santé publique de portée mondiale». Une qualification censée accélérer la recherche sur un virus connu depuis bientôt soixante-dix ans, mais qui n'avait jusqu'à récemment pas provoqué l'inquiétude.

Il faut dire que Zika n'avait pas grand-chose pour faire peur. Un demi-siècle après sa découverte, moins de quinze cas humains étaient décrits. Lors des premières épidémies d'importance en Micronésie puis en Polynésie française, une majorité de la population avait été infectée (près de 80 %, selon des études sérologiques), mais très peu avaient présenté des symptômes, essentiellement bénins: éruption cutanée avec ou sans fièvre, rougeur de l'œil, douleurs musculaires ou articulaires… lesquelles passent en quelques jours. Dans de rares cas, le virus (à l'instar d'autres maladies virales ou bactériennes) peut entraîner un syndrome de Guillain-Barré, une atteinte des nerfs périphériques pouvant provoquer une paralysie généralement réversible en six à douze mois.

Mais au Brésil, où une nouvelle épidémie a été identifiée en mai dernier, tout a changé. Une hausse inhabituelle de cas de microcéphalie - enfants présentant une tête anormalement petite - chez des bébés dont les mères avaient été infectées durant la grossesse a été observée par des neuropédiatres brésiliens, qui ont donné l'alarme en octobre. Officiellement, le lien est «fortement suspecté» mais «non prouvé scientifiquement», a rappelé Margaret Chan lundi soir à Genève. «Nous avons d'une part des arguments épidémiologiques, avec une coïncidence de l'épidémie de Zika et de l'augmentation du nombre de microcéphalies diagnostiquées, d'autre part de plus en plus de “case report” avec mise en évidence du virus dans le liquide amniotique des mères d'enfants malades ou chez des fœtus mort-nés», expliquait la semaine dernière au Figaro Arnaud Fontanet, directeur de l'unité épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur de Paris.

Différer les projets de grossesse

Les suspicions sont en tout cas assez fortes pour que plusieurs pays, dont le Brésil et la Colombie, conseillent aux femmes de différer leurs projets de grossesse, et que d'autres, notamment la France, recommandent aux femmes enceintes de ne pas se rendre dans les zones touchées. Lundi soir, pour la première fois, le gouvernement brésilien a déclaré que les femmes enceintes ne devaient pas venir aux Jeux olympiques, qui débuteront dans six mois.

Les experts s'inquiètent aussi de «l'étendue géographique des espèces de moustiques qui peuvent transmettre le virus», a déclaré Margaret Chan lundi, s'inquiétant du «manque d'immunité de la population dans les pays nouvellement touchés». Repéré au Brésil il y a un peu plus de huit mois, Zika est désormais présent dans vingt-deux autres pays de la région. L'OMS s'attend à «3 à 4 millions de cas» en 2016 sur le continent américain et craint «une propagation au niveau international ». D'autant que l'on sait désormais que le moustique Aedes aegypti, présent dans toute la zone tropicale, n'est pas le seul vecteur possible de Zika: Aedes albopictus, le fameux moustique-tigre qui grignote de plus en plus de territoires et notamment la France métropolitaine, peut aussi le transmettre. C'est pourquoi les personnes infectées dans les zones d'endémies mais diagnostiquées après leur retour sont surveillées, pour ne pas transmettre le virus aux moustiques «locaux». Cinq cas «importés» ont ainsi été identifiés en France métropolitaine où l'épidémie n'est cependant pas à craindre, les moustiques n'étant pas actifs en hiver.

Il faudra, précise désormais l'OMS, «remédier aux grosses lacunes dans les connaissances scientifiques sur le virus et ses effets potentiels sur le fœtus, l'enfant et l'adulte», mais aussi accélérer la mise au point de vaccins, encore inexistants, et mieux lutter contre les moustiques. Autre chantier important: le diagnostic. Les symptômes de Zika, s'ils existent, sont peu spécifiques. Quant au test biologique, il demande une technique dite de l'amplification en chaîne par polymérase (PCR), et le résultat peut être un «faux positif» à cause de réactions croisées avec d'autres virus de la même famille. Il faudra donc des tests diagnostiques plus fiables, plus simples et plus rapides.

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13:06 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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