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31/01/2016

CV du général Dogbo Blé que Ouattara aurait déchu de son rang militaire

MON GÉNÉRAL, TENEZ BON !


Il y a des faits se déroulant, des actions menées, et des actes posés qui insultent la petite intelligence que le Créateur m’a donnée. Ils viennent me «chercher», si vous permettez que je m’exprime comme mes tuteurs et amis québécois. C’est par exemple le mode d’accession au pouvoir de Ouattara Dramane Alassane et de son maintien à la tête de la Côte d’Ivoire. C’est aussi la gouvernance scandaleuse ainsi que les décisions aussi hilarantes qu’impopulaires, outrancièrement antidémocratiques et antirépublicaines prises par ce personnage qu’il me coûte de nommer régulièrement dans mes posts et qu’il eût fallu ignorer (l’histoire s’en chargera).

Tenez ! La semaine dernière, ce personnage a pris un oukase que même le tsar de Russie ne se serait pas permis : il a officiellement retiré au général Bruno Dogbo Blé son grade de général. Une façon, apprend-on de source judiciaire, de faire payer à ce brave soldat républicain son implication présumée dans l’assassinat de l’ex-général putschiste Robert Guéi.

Qui est le général Bruno Dogbo Blé ?

Pour la justesse de ce que je vais exposer infra, il est bon de répondre à cette question essentielle.
Ce brillant officier des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) est titulaire d’une Maitrise en Sciences économiques. Mais piqué par le virus du métier des armes, il a passé avec succès le concours de l’école militaire spéciale de Saint-Cyr. Un établissement militaire d'enseignement supérieur français qui forme des officiers des armes de l'Armée de terre et une partie des officiers de la Gendarmerie nationale. Elle fait partie des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (ESCC), implantées sur la commune de Guer dans le Morbihan. Elle a pour devise : «Ils s'instruisent pour vaincre». C'est par ailleurs, l'une des 210 écoles d'ingénieurs françaises habilitées à délivrer un diplôme d'ingénieur (Wikipédia).

À l’issue de sa formation dans cette prestigieuse école, Bruno Dogbo Blé intégra le bataillon blindé des FANCI, dont il prendra le commandement plus tard. Treize ans après cette première affectation, le commandant Dogbo Blé est arrivé en 2000 à la Garde Républicaine, créée très tôt par le président Félix Houphouët Boigny pour assurer la sécurité du Président de la République, celle des Institutions de la République et des personnalités de l’État de Côte d’Ivoire. Une tâche partagée avec la gendarmerie nationale et la police nationale…

Comme on peut le constater, le parcours scolaire et universitaire, ainsi que la carrière militaire du général Bruno Dogbo Blé, sont sans commune mesure avec ceux de Issiaka Ouattara dit Wattao, Chérif Ousmane, Morou Ouattara, Koné Zakaria, Hervé Touré, Ousmane Coulibaly, Gaoussou Koné, Losseni Fofana, etc. Tous ces analphabètes étaient militaires du rang en 2002, c’est-à-dire au moment où la rébellion armée qui les a révélés au grand public a attaqué la République ivoirienne. Par la suite, ces troufions ont été indécemment propulsés aux grades d’officiers supérieurs, dans leur rébellion, ensuite dans l’armée nationale, pompeusement baptisée Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), en 2011. Comptons bien : de 2002 à 2011, cela fait bien neuf ans. Dans quelle armée sérieuse peut-on passer du grade de caporal et au mieux de sergent-chef à celui de lieutenant-colonel en moins de dix ans ?

C’est vrai, dans l’histoire des armées, il est souvent arrivé que des soldats bénéficient de promotions exceptionnelles en raison de leurs hauts faits d’armes. Je voudrais bien savoir : quels sont les faits d’armes exceptionnels à mettre à l’actif de Issiaka Ouattara dit Wattao, Chérif Ousmane, Morou Ouattara, Koné Zakaria, Hervé Touré, Ousmane Coulibaly, Gaoussou Koné, Losseni Fofana ? En revanche, je sais que n’eût été le parti pris de l’armée française dans la crise militaro-politique qui secoue la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002, les rebelles de Soro Guillaume n’auraient pas tenu leurs positions de Bouaké plus d’un mois. Pas plus qu’en 2011 ils n’auraient franchi les faubourgs d’Abidjan. Ils auraient pu accéder au palais présidentiel encore moins. Comme le répète le président Laurent Gbagbo, «le travail a été fait par l’armée française».

Le général Bruno Dogbo Blé serait déchu de son grade de général du fait de son implication dans la mort du tombeur du président Henri Konan Bédié. L’ex-chef de la junte qui avait pris le pouvoir en décembre 1999 est mort, on le sait, dans un contexte très trouble d’insurrection et d’insécurité totale. D’autres personnalités civiles et militaires ont été également assassinées dans le même contexte. Je citerai le ministre d’État Émile Boga Doudou, les colonels Dagrou Loula, Daly Oblé. Je n’omettrai pas le colonel Lazare Kouamé, ancien aide de camp du président Henri Konan Bédié. Je n’oublierai surtout pas les gendarmes sommairement exécutés à Bouaké par Soro Guillaume et ses hommes.

Dès lors, une question toute simple se pose : pourquoi le régime de Ouattara Dramane Alassane est-il si hardi à traquer les assassins présumés du général Guéi, mais pas ceux des autres personnalités civiles et militaires suppliciées à la même époque ?

On l’aura compris : les victimes dites pro-Gbagbo ne méritent pas que justice leur soit rendue. Et c’est la même logique qui prévaut à la Cour pénale internationale où se tient actuellement le procès de celui qui avait été réélu, en 2010, président de la République de Côte d’Ivoire.

À travers ce post, je tenais à exprimer ma sincère solidarité au général Bruno Dogbo Blé. Je voudrais lui dire qu’il mérite bien ses étoiles de général. Qu’il sache que pour les personnes qui ont la même Côte d’Ivoire que moi (et nous sommes plusieurs millions), la décision illégitime et inique de Ouattara Dramane Alassane de lui retirer ses attributs de général est et restera frappée de nullité. Pour nous, il est toujours général des FANCI, et quand il aura quitté ce monde, il aura été un bon général ivoirien. À ce titre, son nom sera inscrit en lettres d’or dans les annales de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Depuis Mathusalem, les pays, les États, les Républiques et les royaumes sont dirigés par des hommes et des femmes. Mais l’Histoire ne retient que le nom de quelques-uns. La plupart sont royalement oubliés. Parce qu’ils n’auront pas marqué leur époque, leurs contemporains, leurs concitoyens de la meilleure façon qui soit. Ouattara Dramane Alassane est voué à ce destin. Pis, tous les actes de souveraineté qu’il pose au nom de la Côte d’Ivoire seront reconsidérés le moment venu. Qu’il se le tienne pour dit !
Jacques Mian d'Anomatuepin

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