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26/01/2016

faute de preuves, Fatou Ben Souda est dans la tourmente

Procès du Président Gbagbo/Faute de preuve
Fatou Bensouda dans la tourmente

Le procès du siècle, du Président Laurent Gbagbo, ancien Président de la République de Côte d’Ivoire, est maintenu au 28 janvier 2016 à La Haye. Pourtant, le malveillant Procureur de la Cour pénale internationale (Cpi), la gambienne Fatou Bensouda a lutté à temps et à contretemps pour le voir reporté, en vue de donner davantage de coup de vieux au prisonnier politique en otage. Cet échec n’a pas tiédi l’ardeur noire de Fatou Bensouda qui réclame, contrairement aux usages des procès à la Cpi, que celui de Laurent Gbagbo ne soit pas retransmis directement à la télévision. Mais que veut-elle cacher de ses propres preuves accablantes contre l’accusé ? Pourquoi ne veut-elle pas que l’humanité découvre qu’elle est une virtuose, une autorité en matière d’instruction, d’enquête et de raisonnement rigoureux ? Pourquoi veut-elle cacher ses propres qualités ? Une lampe n’est pas allumée pour être dissimulée sous boisseau ! Ou alors ces prétendues qualités ne seraient que des défauts encombrants, trop gênants qu’il convient de ne pas exhiber à l’opinion ? Si elle est si sure de son affaire, pourquoi Fatou Bensouda veut-elle imposer au célèbre prisonnier un procès au noir ? Pourquoi, alors que cette procédure a commencé dans la clarté, par des audiences de confirmation et autres, sous les projecteurs des télévisions du monde, elle veut la terminer sous une cagoule ? Voudrait-elle instaurer du « djihadisme » juridique et judiciaire à la Cpi ? Quel coup méchant prépare-t-elle contre la justice et l’honnêteté ? Quel coup tordu prépare-t-elle contre les droits de tout justiciable à bénéficier d’un procès impartial et équitable ? De même, on apprend que l’accusation veut faire intervenir ses témoins par vidéoconférence. On sait que le Procureur de la Cpi a plus de moyens financiers et matériels que la Défense. Pourquoi alors, ne peut-il pas déplacer ses témoins afin que présents dans la salle d’audience du procès, ils répondent aux questions des avocats dans les mêmes conditions de température et de pression que les autres témoins et l’accusé ? Pourquoi vouloir les maintenir à distance par vidéoconférence comme si Bensouda avait la certitude qu’ils se feraient mordre dans la salle du procès par quelqu’un ? En quoi seraient-ils en danger dans la salle d’audience hyper sécurisée, s’ils ne craignent pas que leur image soit vue ? Ceux qui font peur, ne sont pas sur le banc de Laurent Gbagbo. Ceux qui font peur et qui continuent de donner l’effroi même en l’absence de celui-ci, ce sont ceux que la justice française et la justice burkinabé ont la lucidité de mettre en examen ou de rechercher par un mandat d’arrêt international.

Vouloir condamner sans preuve

La Procureure Fatou Bensouda a un problème. Elle tient à faire condamner un innocent, Laurent Gbagbo, sans établir sa culpabilité. Depuis que la Chambre préliminaire 1 lui avait dit que ses preuves contre lui étaient insuffisantes et qu’elle devait retourner sur le terrain de l’enquête, la Procureure n’est que dans l’approximation en termes de preuves. Elle pousse et repousse la date du procès. Et cela dure 5 ans. Or, un juge qui a une telle responsabilité de Procureur d’une Institution comme la Cpi (renommée de justice de haut niveau), doit être digne de ce nom et mériter la confiance des justiciables et non celle de ses mandants politiques. Il ne s’agit pas de condamner un homme, un adversaire politique, de se débarrasser de lui sur la base de l’opinion non démontrable, la foi révélée, on n’est pas à l’église ! Mais il est question de prouver qu’effectivement, Gbagbo est coupable de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et de viols. Cela se démontre et doit se démontrer devant tous, et en direct de la télévision. Et Fatou Bensouda a le devoir de ne pas dégrader l’image des magistrats et de la justice internationale. Un juge digne de ce nom, doit utiliser à bon escient ses deux yeux, à l’instar du hibou.

Les deux yeux du juge

Pourquoi le hibou ? Le hibou est un animal qui ne voit pas le jour. La lumière trop forte du jour l’éblouit. De ce fait, il devrait savoir dès le départ qu’il ne lui serait pas aisé de maîtriser la totalité du réel, la preuve pour le juge. Dans le contexte explosif de la Côte d’Ivoire post électorale en 2010-2011, où la milice pro-Ouattara, appelé Commando invisible d’Ibrahim Coulibaly dit Ib terrorisait à partir d’Abobo, quelles preuves avait Bensouda que les tirs ayant atteint le marché de cette commune, étaient partis des forces loyalistes, défendant la République ? Si elle en a une idée, jusqu’à quel pourcentage sa certitude n’est pas dans l’illusion ? Selon des spécialistes en balistique, de là d’où sont censés partir les tirs, le marché est trop proche pour qu’un obus y atterrisse. Des témoins fabriqués pour nuire à un adversaire politique peuvent faire de faux témoignages. Mais le Procureur de la Cpi, tout comme les autres juges de l’Institution, ne sont pas dans l’enfance de la pensée, dans la confiance et non la critique, comme un gamin qui pourrait « gober » tout ce que papa lui dit, sans poser la moindre question critique.
A la place de Fatou Bensouda, le premier œil qu’ouvre le hibou, c’est l’œil de la recherche de la vérité. Parce que même s’il estime que cette vérité en elle-même, est inaccessible dans sa totalité, il peut néanmoins l’approcher de nuit, sous forme d’ombre. Donc il ouvre un premier œil. Et ce premier œil regarde autour de lui. Il cherche la souris qui va passer. Il voit son mouvement. C’est un début de preuve chez le juge : des récits qu’on va lui faire, des vidéos qu’on va présenter, etc. Mais le hibou ne prétend pas que lorsque cette souris passe, il connait son essence. Mais il en connait au moins, certains aspects, son mouvement, la taille... Et un juge ne devrait plus dès cet instant, maintenir l’autre œil fermé.
Parce que le deuxième œil du hibou s’ouvre tout de suite.
C’est l’œil de la critique qui éclaire la raison. Lorsqu’il remarque cette réalité qui bouge (incertaine), le juge doit avoir à l’esprit, cette attitude d’humilité qui regarde sa propre connaissance et qui est capable d’analyser ses limites. Alors, avec ses deux yeux maintenant tous ouverts, le juge, comme le hibou, voit en relief. Il ne peut pas se tromper aisément. Si un des deux yeux se ferme, ça ne va plus. L’œil qui regarde la réalité et l’œil de la critique doivent être tous les deux ouverts. Ce, pour éviter soit le scepticisme stérile, soit l’orgueil intellectuel dommageable, issu de notre illusion d’avoir la maîtrise du réel recherché. Si Fatou Bensouda a pu présenter à la Cpi une vidéo d’une scène de violence kényane comme étant un élément de preuve des crimes commis par Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, c’est justement parce qu’elle a refusé d’ouvrir son deuxième œil, celui de la critique qui est l’instrument de vérification de la validité de cette connaissance qu’elle a approchée. L’ayant hermétiquement fermé. L’œil de la critique du juge, comme celui du hibou, ne peut pas être non plus le premier à s’ouvrir et à devancer l’œil de la connaissance qui atteint le réel. Cet œil, critique, en collaborant à la recherche de la réalité atteinte par l’œil objectif, lui donne son relief et un âge adulte au jugement. Si le juge n’a pas de critique sur sa connaissance, il est naïf. Or, la naïveté est nuisible à la recherche de la vérité et donc elle suicide la justice. Car, on peut très bien prendre une donnée diabolique, motivée par une rage de nuire, un faux témoignage et son interprétation comme étant absolument vraie, et condamner un innocent, un père de famille, un homme d’Etat dont les idées mobilisent des espoirs. Fatou Bensouda est certainement dans un jeu de rôle. Dans un conflit qui a opposé deux camps : le camp Ouattara et le camp Gbagbo, elle s’acharne sur un seul, celui de Laurent Gbagbo. Mais il lui manque les arguments juridiques pour accomplir sa mission. Voilà que pendant qu’elle est perturbée faute de preuve contre l’homme à « abattre », au moment où elle se cherche, la justice française et la justice burkinabé, déclenchent la honte sur elle. Ces juridictions montrent du doigt ceux qui méritent d’être devant la justice suite à ce conflit de 2011. Fatou Bensouda aurait-elle accepté contre Laurent Gbagbo, de jouer la chicotte d’Alassane Ouattara et des dirigeants français, eux-mêmes portés par l’affectivité qui accompagne la personne humaine surtout quand celles-ci tiennent le flambeau de l’impérialisme occidental ? Les croit-elle ? Connait-elle vraiment l’être humain ? Elle qui s’est platement trompée sur une simple petite vidéo, prétend-elle connaître l’être humain si complexe avec une vie sensible et une pensée spirituelle, dont la ruse, la jalousie, les guerres d’intérêt, l’égoïsme et la mauvaise foi ?

Renoncer à l’exploitation des peuples

En traquant Laurent Gbagbo, c’est la conscience ivoirienne que Fatou Bensouda et ses parrains veulent détruire. C’est le propre des utopies. Ces théories, au lieu de se critiquer en se confrontant au réel, vont s’imposer au réel. Et si le réel résiste, elles iront le détruire parce qu’il ne correspond pas à leur monde idéal. Toutes les utopies du XXe siècle, qui ont fait des millions de morts, ont agi ainsi. Et l’impérialisme lui, avec ses os durs, pense que les peuples exploités depuis longtemps vont continuer à pouvoir le supporter en vivant dans le dénuement et la précarité. Lorsque la politique, l’idéologie se mêle du jugement, son tenant devient dangereux. Plutôt que d’ouvrir l’œil de la critique sur sa laideur et de faire l’effort de rénover sa pensée problématique, l’impérialisme qui ruine nos nations, veut tuer le réel : la conscience de nos peuples. On a vu de tels procès à Moscou sous Lénine. Comme son projet du marxisme relatif aux grandes fermes collectives de la Russie ne marchait pas, alors qu’on s’attendait à ce que le pouvoir critiquât son idéalisme inopérant, il s’attaqua à l’homme. La terreur fusa sur les opposants vus comme des traitres sociaux. Or, au regard des fermes privés des petits ouvriers qui marchaient bien, il fallait comprendre qu’un homme ne travaille pas pour le collectif, mais pour sa famille. Et que cela lui donne de l’énergie. Parce que s’il travaille beaucoup, il veut en avoir un salaire qui correspond. Ainsi est la nature humaine. Mais ce sont les opposants à cette politique qui devaient confesser leur péché et faire un examen de conscience public. Après quoi, ils étaient rééduqués ou souvent exécutés, parce que, irrécupérables. Mais il convient de renoncer plutôt à l’impérialisme, à l’exploitation des peuples.

L’erreur et le mensonge

Fatou Bensouda va donc affronter le 28 janvier 2016, au procès, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Ce qu’il convient de rappeler, c’est certaines accusations portées contre ces deux accusés. L’accusation reproche à Laurent Gbagbo d’être populaire, d’avoir un réseau de relations puissant, ce qui représenterait un danger, un risque qu’il revienne au pouvoir une fois libéré. Quant à Blé Goudé, la Cpi lui reproche entre autres, le slogan « Y a rien en face, c’est maïs ». Au camp Gbagbo, elle reproche le slogan « On gagne ou on gagne ». Dans ces accusations, il y a la question de l’erreur appelée contre-sens et du mensonge ou du faux témoignage. Ce qui caractérise l’erreur ou le contre-sens, c’est que ce n’est pas volontaire. Le fait est lié à un défaut de notre intelligence dont le jugement final n’a pas été conforme à la réalité. L’erreur peut arriver dans la compréhension de la pensée d’un autre qui s’adresse à nous ; dans la compréhension du réel ; dans la lecture d’un livre, d’un texte séparé de son auteur… Alors que le mensonge ou le faux témoignage tient de la volonté de nuire à quelqu’un. Il relève de la morale.
Ce genre d’accusations portées contre Laurent Gbagbo et Blé Goudé pour leur nuire, a été également porté contre Jésus Christ lorsqu’on voulait le crucifier. Face à une vidéo où sont sélectionnés des bouts de phrases, un texte avec des morceaux choisis qu’on prête aux accusés, le juge se trouve face à des maitres morts, des maîtres en boîte. Parce qu’il ne peut pas leur poser ses questions pour mieux comprendre ce qu’ils voulaient dire, alors que les mots sont des choses contingentes. Et cela peut conduire à une mauvaise interprétation de la pensée de l’auteur absent. Mais lorsque le juge a maintenant en face les auteurs des textes ou des propos en question, il peut leur poser toutes les questions pour lever l’équivoque. Pour tuer Jésus, les grands prêtres jaloux ont payés de faux témoins pour l’accabler. Et le faux témoignage consistait à dire : « Jésus a dit qu’il détruirait le temple et qu’en trois jours, il le rebâtirait » Eux pensaient à leur Temple, le Temple Salomon en pierre de Jérusalem, que Jésus voudrait détruire, saboter. Mais lorsque la parole lui fut donnée, Jésus expliqua qu’il ne s’agissait pas de ce Temple. Il parlait de son propre corps qui mourrait et ressusciterait le troisième jour. Et mêmes ses apôtres ne le comprirent qu’après la résurrection.
Donc il y a une première source qui est de l’ordre de l’erreur due à l’interprétation. Malheureusement, une fois que Jésus s’est expliqué, une deuxième source de l’ordre du mensonge et du faux témoignage est apparue. Parce que certains insisteront pour dire : «C’est faux, il parlait du Temple de Jérusalem !» Il y a manifestement mensonge. Parce que la personne (l’accusé), qui est physiquement présente, a pu s’expliquer et donner une fois pour toutes, le sens de ses propos. Voilà la méchanceté devant les juridictions politiques. Il ne faut donc pas se faire d’illusion. Si on est confronté à de la véritable mauvaise foi, à une volonté de nuire, à de faux témoignages, l’accusé aura beau dire 50 fois la même chose, la vérité, mais la personne qui ment ne sera pas convaincue. Sa rage de nuire ne sera pas apaisée. Bensouda n’a pas de preuves. Voilà comment elle va forcer le barrage. Mais Dieu a le dernier mot.

Germain Séhoué
gs05895444@yahoo.fr
Germain Sehoué

20:26 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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