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26/01/2016

Dossier CPi, avec "le crocodile et le Scorpion" en mains (1)





La chute de Gbagbo en Côte d'Ivoire

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GBAGBO : «TU DIRAS A TON AMI SARKOZY QUE  JE SERAI SON MUGABE’’…NICOLAS SARKOZY: ‘‘VOULEZ-VOUS REGLER LA FACTURE ?’’

Depuis novembre 2011- A La Haye! A quelques heures de son procès qui sera inscrit en lettres d’OR dans l’histoire de l’humanité ‘‘ledebativoirien.net’’, ouvre quelques pages des dernières minutes de la chute de Laurent Gbagbo. En s’appuyant sur les regards et témoignages de sa dernière bataille d’Abidjan, objet de sa détention dans les  liens de Cour pénale internationale, entre cris et manifestations. Tenant en main ‘‘Le crocodile et le scorpion’’ avec quelques révélations et fables du Français  Jean-Christophe Notin, compatriote de Nicolas Sarkozy qui a été en avant plan du combat d’Abidjan, ‘‘ledebativoirien.net’’, vous guide au cœur des ultimes  heures d’intrigues meurtrières….    

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Voici comment l’auteur de ces révélations qu’il est, croit savoir sur l’ombre de la chute de Gbagbo. C’est l’histoire d’un scorpion qui voulait traverser un fleuve. Ne sachant pas nager, il hèle un crocodile flottant non loin pour lui demander son aide. Le batracien dit son embarras : il aimerait bien rendre service, mais il est certain de se faire piquer par l’insecte qui jure de n’en rien faire, et pour cause, cela lui coûterait la vie.

 Le crocodile se laisse convaincre, prend la direction de l’autre rive quand, au milieu du guet, son passager le transperce. Sur le point de succomber, il se retourne, incrédule, vers le scorpion qui lui lance, contrit : «Je suis désolé, c’est l’Afrique !». Pas de doute, témoignage d’un Français.

Derrière la vitrine, un crocodile et un scorpion

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Gbagbo
L’histoire est sans doute l’une des plus répandues sur le continent, chaque pays l’adaptant à sa manière. Souvent au grand dam de ses habitants, elle est volontiers servie par les occidentaux pour illustrer la fatalité qui condamnerait l’Afrique au marasme. Depuis l’Indépendance en 1960, elle pourrait tout aussi bien imager les relations de la France avec la Côte d’Ivoire, celle de deux partenaires partageant un même destin de plus en plus contrasté.

Il y a encore une vingtaine d’années, la Côte d’Ivoire était présentée comme la vitrine de l’Afrique française, l’appartement témoin d’une décolonisation réussie. Désormais, comme l’écrit le journaliste Ibrahim Signate, elle serait «la vitrine brisée de l’Afrique francophone». Quatre crises majeures,  il est vrai, se sont succédé entre-temps, franchissant chacune un cran dans la violence, faisant de plus en plus ressembler le pays à ses voisins d’un continent marqué par deux cents coups d’Etat depuis 1960, trente-cinq guerres rien que dans l’Afrique sub-saharienne.

La recherche des causes peut paraître une gageure. Car, avec une antériorité sur la vague complotiste née le 11 septembre 2001, la Côte d’Ivoire est le pays du billard à cinq bandes. Chaque évènement est analysé, décortiqué, relu, réécrit, passé à la moulinette de dizaines de rumeurs. Pourtant, là comme ailleurs, la simplicité devrait guider les raisonnements. La mise à l’index d’un bouc émissaire ou, en  l’occurrence du scorpion, celui par qui le malheur arrive, est presque un spot national.

 Pour les adorateurs de la repentance, le coupable est tout trouvé :

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C’est forcément la France, tirant les fils d’un système néocolonial, succédané de cette vision est à la fois caricaturale et étonnamment méprisante puisqu’elle repose sur le paradigme que, hier comme aujourd’hui, les Africains seraient dans l’incapacité de faire prévaloir leurs droits et leurs volontés.

Or, au jeu de qui connaît mieux l’autre, n’importe qui aura un temps vécu en Afrique pourra témoigner que ses habitants-et les Ivoiriens en sont le meilleur exemple – sont de redoutables analystes de la pensée française quand le mode de fonctionnement des sociétés locales reste souvent hermétique aux Français

Le scorpion serait donc la Côte d’Ivoire ?

Réduire le rôle de la France à celui d’une victime serait tout aussi malvenu. Dans un des derniers pays au monde où les fables de La Fontaine peuvent être récitées dans la langue originelle en pleine brousse, à des lieues de toute contagion médiatique, Paris ne saurait s’exonérer de toute influence.

La décolonisation n’a pas été à Abidjan un point final, mais un trait d’union qu’aucun des dirigeants successifs, d’Houphouët-Boigny à Ouattara, en passant par Gbagbo, n’a vraiment remis en cause. Peut-être viendra le jour où le père de famille ivoirien ne considéra plus comme un symbole de réussite l’installation de ses enfants à paris plutôt qu’à New York.

D’ici là, il revient à la France d’assumer sans gêne son passé et d’être sûre de ses aspirations. Les crises de 1999, 2002, et 2004 ont en effet démontré que l’indécision la conduisait à chaque fois à endosser la panoplie du crocodile ou du scorpion. Parce qu’elle va survenir sous des auspices nouveaux, celle de 2011 lui permettra de faire mentir le vieux conte africain.

«Gbagbo a été capturé par les Français».

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Gbagbo
Le 11 avril 2011 l’annonce fait le tour des médias. Elle est aussitôt démentie par les autorités françaises, mais elle persiste encore de nos jours. Elle semble une si parfaite conclusion à une semaine de combats à Abidjan dont rien n’a filtré et a dix ans de relations tumultueuses entre le président ivoirien et le France. Pourtant la réalité est à la fois plus riche et plus complexe. Pendant quatre mois, tous les services de l’Etat, à l’Elysée, au Quai d’Orsay, aux finances, aux armées, à la DGSE, se sont employés à obliger Gbagbo à admettre sa défaite électorale face à Ouattara.

Avec l’expérience des crises de 1999, 2002 et 2004, ils ont combiné leurs efforts pour que la parole ne soit donnée aux armes qu’en ultime recours. Se pencher sur les relations franco-ivoiriennes de ces quinze dernières années permet donc non seulement de révéler enfin l’ensemble de ces actions pour la plupart totalement inconnues à ce jour, mais de réfléchir à l’efficacité dont la France peut faire preuve quand elle est entièrement mobilisée pour une cause qu’elle estime juste…

Cette guerre  du  carnet de chèque  a un volet parisien tout aussi méconnu. Au sein de la task force que Jean-David Levitte prend soin de réunir chaque semaine à l’Elysée, se trouve Rémy Rioux et le directeur adjoint du cabinet du ministre de l’économie, Christophe Bonnard.

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Les ministres de l’économie et des affaires étrangères, Christine Lagarde et Michèle Alliot-Marie, réuniront en effet bientôt les vingt-cinq principales entreprises françaises  opérant en Côte d’Ivoire sur la base d’une liste établie par la mission économique à Abidjan. Parmi  eux, Christophe de Margerie pour Total, Frédéric  Oudéa pour la société générale, Jean Lemierre pour BNP, Stéphane Richard pour Orange et bien sûr des représentants de Bolloré, de la CMA-CGM, etc.

«Le discours que leur ont tenu les ministres, relate Christophe Bonnard, était simple : le régime de Gbagbo allait faire l’objet de sanctions; à elles donc de prendre toutes les précautions pertinentes, d’abord pour assurer la sécurité de leurs personnels, ensuite pour ne pas se compromettre avec le pouvoir puisque le gel des avoirs ivoiriens allait progressivement leur interdire de négocier avec un certain nombre d’interlocuteurs locaux». Le but de Bercy est le même que celui de Ouattara : paralyser économiquement le régime.

Du côté des entreprises, la sanction la plus redoutée est la nationalisation. Les économistes de Bercy leur expliquent que, même au cas où cela se produirait, le régime est condamné à disparaître : elles récupéreraient tôt ou tard leur dû. Seconde angoisse : la perte de parts de marché par la faute d’un embargo aux mailles trop lâches. En ligne de mire, la Chine, qui serait prête à ramasser  la mise. Parmi les plus soucieux, figurent deux cacaotiers français, des PME, pour qui la perte d’une année de récolte aurait des conséquences irrattrapable.

Mais ils devront eux aussi se plier au contexte. «L’inquiétude des entreprises était compréhensible, souligne Bonnard. Elles craignaient pour leurs employés sur place qui risquaient de se retrouver tels les soldats de première ligne d’une guerre déclenchée à Paris». Mais le gouvernement juge qu’il est impossible de transiger.

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Il faudra cependant du  temps pour que les caisses de l’Etat ivoirien se vident.

Comme il refuse de faire parler la poudre d’ici là, Ouattara  se voit donc taxé de frilosité. « Que voulez-vous, confie Nicolas Sarkozy à son entourage : Ouattara n’est pas un guerrier, c’est un gentil. On ne peut pas attendre de lui des actions brutales !». D’où le partage des tâches qui semble avoir été instauré avec Guillaume Soro.

A Ouattara la statue de l’homme d’Etat, à l’ancien rebelle le cambouis des pick-up et la graisse des kalachnikovs. Sauf que tous les premiers efforts de ce  dernier se soldent par un échec. Après le flop de la marche sur la RTI, il lance le 21 décembre un «appel à la désobéissance» qui reste lettre morte.

Le régime prive de fait son adversaire de caisse de résonance en interdisant les journaux qui lui sont favorables, au prétexte, merveilleux d’hypocrisie tant il pourrait se l’appliquer à lui-même, qu’ils «n’ont pas le droit de démoraliser, de déprimer le peuple ivoirien par des articles violents, mensongers et qui constituent une sorte d’appel à la révolte».

Le 27 décembre, Ouattara lui-même exhorte cette fois à la grève générale censée durer jusqu’au départ de Gbagbo, mais ce n’est guère plus probant. Sa principale réussite finalement est de faire investir par ses partisans l’ambassade à Paris, pour y installer celui qu’il doit nommer à la place de Pierre Kipré, et encore doit-il se résoudre, devant le désordre créé, à leur ordonner d’évacuer les lieux. Son seul trophée pour  2010 restera donc l’avion présidentiel qui est bloqué à sa demande à l’aéroport de Bâle-Mulhouse….

L’Intraitable Gbagbo

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En coulisses ses partisans ne s’activant pas moins  pour  trouver une issue pacifique. «D’autres personnes sont venues nous voir, témoigne le directeur Afrique Stéphane Gompertz, pour essayer de nous pousser à composer avec Gbagbo, mais ils venaient de leur propre initiative…»

Coté français, Nicolas Sarkozy demande à Robert Bourgi d’appeler le président déchu même si l’amitié entre les deux hommes s’est détériorée depuis quelques années. L’homme de l’ombre s’exécute. Dans le bureau  de Claude Guéant, il appelle «Laurent» et lui transmet la, position du président Sarkozy  d’un exil doré avec le statut d’ancien chef d’Etat. Mais la réponse est glaçante :

«TU DIRAS A TON AMI SARKOZY QUE  JE SERAI SON MUGABE ! Je ne laisserai jamais la Côte d’Ivoire à Ouattara, je la baignerai dans le sang !». Selon l’auteur du témoignage Bourgi n’en croit pas ses oreilles : «Laurent, c’est Bob qui te parle ! »- «Bob, c’est la dernière fois que nous nous parlons ! ». Et Gbagbo de lui raccrocher au nez. Bourgi en a les larmes aux yeux, constate Jean-Christophe Notin. «Je savais, explique Bourgi, comment cela se terminerait….

Les critiques crieront à un retour de la Françafrique quand, à l’instar de la gestion de toute la crise ivoirienne, la coercition économique en est l’exact contraire. Tous les grands groupes français présents en Côte d’Ivoire font le siège de la rue de l’Elysée pour plaider leur cause.

Gadli
celi chante gbagbo fev 2014

Nicolas Sarkozy leur a répondu : ‘‘Je vous comprends, mais les élections également ont coûté très cher. Voulez-vous régler la facture ? De plus, l’économie doit s’effacer dans un cas pareil devant l’enjeu politique : il en va de l’avenir de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique, mais aussi de la communauté internationale qui se fourvoierait en ne faisant pas pour donner une suite aux élections qu’elle a elle-même organisée».

Le scenario est plaisant…

Acte II à suivre…

Une sélection d’HERVE MAKRE
ledébativoirien

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Commentaires

Franchement nous prends t-on pour des lecteurs idiots à publier des MERDES pareille à lire?

Écrit par : Supa | 26/01/2016

cher ami, j'ai comme l'impression que vous m'offensez! Mais je vous en prie, prenez les codes d'accès à mon blog et chargez-vous de mettre en ligne des articles moins puants que celui-ci!
Pour ma défense, je dirai que la deuxième partie à trouvé beaucoup d'échos parmi les lecteurs, aussi il m'a semblé juste de mettre en ligne la première partie, déja publiée, puis la troisième pour donner un aperçu du livre de Jean Christophe Notin qui évidemment a plus d'affinités pour la France et ses amis rebelles.
Peut-être ai-je eu tort de mettre cet article en ligne? Mais je ne suis pas là non plus pour censurer et jouer de mon pouvoir sur les lecteurs. Considérant les milliers d'heures passées à défendre la cause ivoirienne, -et sans aucune rémunération, je vous le rapelle-, votre interpellation aurait pu être directe et franche, -et je l'aurai appréciée - mais vous n'étiez pas obligé de m'atteindre dans ma dignité. Encore une fois, cher Supa, je vous attends pour que vous preniez votre part dans ce travail d'écriture et de transmission des informations au lieu de vous contenter de quelques lignes acerbes et méprisantes à mon égard.

Écrit par : Shlomit | 26/01/2016

Cher Schlomit, loin de moi l'idée de vouloir vous offenser. Bien au contraire je respecte votre travail et votre militantisme et je m'excuse au passe si mes propos vous ont paru insultants.
Parlant de "merde" en désignant cet article à cause de son contenu faux et mensonger visant à réécrire une histoire de la crise ivoirienne que nous connaissons tous.
Par exemple en relevant des mensonges et des incongruités comme ces paroles attribuées au président Gbagbo qui ne sont pas du tout vraies: «TU DIRAS À TON AMI SARKOZY QUE JE SERAI SON MUGABE ! Je ne laisserai jamais la Côte d’Ivoire à Ouattara, je la baignerai dans le sang !»
Le président Gbagbo n'a jamais tenu ces paroles!!
La ou je m’insurge contre cet article dont l'auteur lui lui même dit s’être basé sur sa rédaction en recopiant le contenu d'un livre le crocodile et le scorpion qui est un livre qui fut écrit pour réécrire l'histoire des éventements qui se sont déroulés en particulier en mars-avril 2011 en Civ, livre écrit à la gloire de l’armée française qui se bat pendant plus de 1 mois et plus jusqu'au point culminant en avril contre une force d’élite de la Garde républicaine ivoirienne, ceci sans perdre un seul homme!! Waouh je ne savais pas que l'armée de france était composée de cyborgs qui se régénèrent et invincible aux balles au point de faire pâlir de jalousie toute les armées du monde! Quelle armée digne cette force francaise, c'est comme si Diên Biên Phu n'eut jamais lieu. C’est vrai ooooh la france elle ne gagne que contre les nègres avec 0 mort!!
Bref comme je l'ai dit ce n'est pas tous les articles qui sont bons à être repris et reblogger pour informer ses lecteurs.

Écrit par : Supa | 28/01/2016

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