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27/12/2015

Une réflexion de Paul Zahiri…

Le passé est imprescriptible | Paul Zahiri

Paul ZahiriIls sont nombreux nos hommes politiques, ou ceux qui passent pour l’être, à penser que du passé, ils n’ont plus rien à attendre, et surtout rien à craindre. Mais c’est à tort, car le passé est imprescriptible, et qu’il passe, sans passer.

Dieu lui-même ne peut pas faire que ce qui s’est passé ne se soit pas passé, que ce qui a eu lieu n’ait pas eu lieu. Nul ne peut sauter sa propre ombre en ce sens.
Le passé propre d’un être humain n’est jamais derrière lui, révolu et dissolu. Il le suit, le talonne, et va se jeter dans son futur pour l’y attendre, à un moment donné de l’anamnèse nécessaire.

Le passé propre d’un être humain n’est jamais derrière lui, révolu et dissolu. Il le suit, le talonne, et va se jeter dans son futur pour l’y attendre, à un moment donné de l’anamnèse nécessaire.
L’étonnante coïncidence des affaires politico-juridiques de Blaise Compaoré, l’ancien Président Burkinabé, et de Guillaume Soro, l’actuel Président de l’Assemblée Nationale ivoirienne en dit long. Compaoré et Soro, le maître et l’élève, à la croisée des chemins face à leur destin historique ou toute la problématique de l’identification et de l’imitation, dans l’héroïsme des héros. Il y est toujours question d’héritage, et de transmission, d’appropriation, et de répétition, car il n’y a pas d’éducation sans modèles.
Certains ont eu de bons modèles qui les ont tenus dans l’idée du bien très loin des feux des envies, et d’autres ont eu de mauvais modèles les poussant en direction du mal triomphant, proche de l’ambition démesurée, et de sa volonté de puissance. C’est dans l’imitation qu’on se trouve, ou qu’on se perd.

A l’origine de la fracture, et du long règne de Compaoré, et de son régime, au double fond criminel, des massacres où nombre de ses frères d’armes ont péri. A l’origine de la fulgurante trajectoire politique de Soro, des massacres, une montagne de cadavres, parmi lesquels ses compagnons de route. Il en va ainsi de l’imitation, dans laquelle l’identité abrite la rivalité, qui peut différencier. Il s’agit d’imiter le maître mieux qu’il ne s’est imité, et mieux que les autres ne l’ont imité, pour se rendre inimitable. Dans l’accumulation des morts, la fin justifiant les moyens, peu importe ceux que l’on fait mourir, prématurément, et dont on insulte la mémoire à chaque occasion.
aird-ci.net

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