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20/12/2015

Des élèves polonais tiennent leur promesse faite à une survivante de la Shoah

Des
élèves polonais entretiennent le cimetière juif de Radomsko

20/12/2015
Les élèves se sont engagés à restaurer un cimetière abandonné où sont enterrés des membres de sa famille.


La semaine dernière, Anya Ponimonsky, 77 ans, habitante de Kiryat Bialik (nord), a découvert avec surprise dans sa boîte aux lettres des photos de jeunes Polonais en train de nettoyer et d’entretenir le cimetière juif de la petite ville où elle a grandi en Pologne.
La grand-mère et la tante de Ponimonsky y sont enterrées, ainsi que 21 autres Juifs qui ont été assassinés par les nazis pendant la Seconde guerre mondiale. Ponimonsky n'en croyait pas ses yeux. En larmes, elle a appelé son mari Marek et lui a dit: "Ils ont tenu leur promesse".

Cette histoire émouvante a commencé il y a environ six semaines, lors d'une visite d'un groupe d'adolescents polonais à Kiryat Bialik. Ponimonsky a raconté à ces élèves comment elle avait survécu dans le ghetto dans sa ville natale, Radomsko. À la fin de son intervention, Ponominsky a évoqué avec douleur le cimetière juif de la ville, tombé dans l'oubli. Elle a expliqué que la dense végétation qui s'y est développée rendait presque impossible l'identification des tombes. Les étudiants polonais, profondément émus par l'histoire de cette survivante, lui ont promis qu'ils prendraient soin du cimetière juif quand ils rentreraient chez eux.

Pendant de longues années, Ponimonsky n'a jamais parlé de ce qui lui est arrivé durant la Shoah. A son arrivée en Israël, il y a 54 ans, elle a travaillé comme sage-femme et comme infirmière, a rencontré son mari Marek, a eu deux enfants qui ont lui donné des petits-enfants, puis est partie à la retraite il y a 17 ans. C'est seulement lorsqu'elle a eu 66 ans qu'elle a commencé à raconter ce qu'elle avait vécu, et à partager avec sa famille les horreurs dont elle a été témoin.
Nahum Segel / Ynet
Il y a quelques mois Ponimonsky est partie Pologne avec son mari, ses enfants et ses petits-enfants pour visiter les terres de son enfance.

"Il n'y a pas d'incident particulier", raconte-t-elle pour expliquer ce changement. "C'est arrivé naturellement. Vous atteignez un âge où vous ne courrez plus l’argent et l'éducation des enfants. Vous êtes installez et vous voyez votre vie et votre passé plus clairement". "Quand nous sommes arrivés en Israël, tout le monde gardait le silence. Nous étions jeunes, nous ne parlions pas hébreu, nous avons fondé des familles. Nous étions occupés par le présent et l'avenir. Nous ne parlions pas du passé".

"Chaque année à Yom Hashoah (Journée annuelle de l'Holocauste), nous regardions la télévision et pleurions. J'ai entendu des histoires, comparé ma situation à celle des autres, et réalisé que notre peuple avait subi un choc grave. Les enfants me voyaient pleurer et savaient que j'étais une survivante de l'Holocauste, mais ils ne connaissaient pas mon histoire", raconte-t-elle.

Ponimonsky a alors commencé à raconter son passé à ses enfants, Yossi et Haim. Puis, elle l'a raconté à ses petits-enfants, puis aux autres membres de sa famille, puis à des jeunes soldats envoyés par l’armée. Il y a environ deux mois Ponimonsky a reçu un appel téléphonique de la municipalité de Kiryat Bialik, qui lui annonçait qu'une délégation d'adolescents de Radomsko, ville où elle a grandi, devait arriver. Son interlocutrice lui a demandé si elle serait en mesure de les rencontrer. Ponimonsky a immédiatement accepté, malgré ses difficultés à parler devant un public.

"Quand je me suis retrouvée face à eux, je me suis senti investie d’une mission, et remplie d'adrénaline. Je me suis levée et j'ai parlé en continu, sans m'arrêter. Je voulais dire au monde qu'ils ne nous voient pas de la bonne façon, et qu'une minorité a effacé tout notre peuple". "Il était important pour moi qu'ils comprennent que cela pourrait également se produire aujourd'hui, que des gens qui aiment la culture, le théâtre et les concerts peuvent se transformer en assassins en un rien de temps".

Les élèves polonais ont confié avoir été extrêmement touchés par l'histoire de Ponimonsky. Maciej Zamiciwicz, un des élèves a confié : "J'ai appris de son histoire que la vie est quelque chose qui ne doit pas être pris pour acquis. Nous avons une bonne vie aujourd'hui, mais à tout moment les choses peuvent changer en raison de l'extrémisme".

Cet article est publié avec l'autorisation de Ynet.
i24news

23:16 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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