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16/12/2015

Cet homme doit être jugé !

CET
HOMME DOIT ÊTRE JUGÉ
Je voudrais parler aujourd'hui de la démocratie sous Gbagbo, de la dictature sous Ouattara, et du cas Soro ou de la chasse au Soro puisqu'il a pris la fuite pour échapper à la justice d'un pays pour lequel il a choisi de travailler contre les intérêts de la Côte d’Ivoire.

J'ai toujours pensé que la démocratie est un système qui est très ferme. Elle donne la liberté au citoyen et accompagne cette liberté de responsabilité pour que le citoyen réponde des actes qu'il pose.

La dictature, c'est vrai, impressionne par sa brutalité et sa propension à pratiquer une justice expéditive en jetant en prison d'honnêtes citoyens et en les y maintenant sans jugement, au mépris des lois, tandis que la démocratie, la démocratie véritable , c'est -à - dire qui fonctionne avec des juges indépendants, met plus ou moins au même niveau les citoyens du point de vue de leurs droits.

Dans une démocratie, quand tu tues ou te rends complice de meurtres, on peut t'opposer la loi, quelque soit ton rang social alors que dans une dictature, des assassins peuvent être non seulement épargnés par une justice forcément aux ordres, mais en plus, ils peuvent être récompensés, promus.

Guillaume Soro, un criminel notoire dont la responsabilité a été mentionnée dans un rapport d'Amnesty International relativement au massacre à Bouaké de gendarmes désarmés, n'a donc rien à craindre dans une dictature comme celle à l'oeuvre actuellement en Côte d'Ivoire. Mais dans une démocratie qui fonctionne, si, comme on vient de le voir avec la juge Sabine Kheris.

Hier sous Gbagbo, pendant près de dix ans, dans une démocratie cherchant ses marques parce que corrompue par la violence des rebelles dont il était le chef, et parce que la Côte d'Ivoire avait fait de la paix " la Priorité ", un homme comme Guillaume Soro Kigbafori a pu bénéficier d'une impunité grâce aux accords de paix, malgré les multiples exactions dont s'est rendue coupable la rébellion qu'il dirigeait .

Cependant, il faut le souligner, sous Gbagbo, dans cette démocratie contrainte de transiger avec les rebelles, les autres événements qui n'étaient pas liés à la gestion de la crise étaient sanctionnés par la justice. Par exemple, les barons de la filière café-cacao ont eu à répondre de leur mauvaise gestion et beaucoup d'entre eux ont payé leur égarement d'une peine de prison.

On pourrait citer d'autres exemples, mais on va en citer juste un autre. Mme Simone Gbagbo, députée, présidente du groupe parlementaire FPI et de surcroît épouse du chef de l’Etat, a dû répondre à une convocation d'un juge français dans le cadre de l'affaire Guy - André Kieffer. Elle ne s'est pas dérobée parce qu'elle n'avait rien à se reprocher mais surtout à cause de son rapport à la loi. Parce que c'est une démocrate.

Ces exemples pour dire que dans une démocratie, il y a le souci constant de se référer au droit, à la loi . Et le Président Laurent Gbagbo avait le souci que la Côte d'Ivoire ne devienne pas un pays sans lois.

Aujourd'hui, nous ne sommes plus dans une démocratie, ni même dans une démocratie corrompue par la crise militaro-politique qui a connu son épilogue le 11 avril 2011, mais dans une dictature réelle car ceux qui avaient corrompu la démocratie sont eux-mêmes désormais au pouvoir et assurent une totale impunité à tous ceux qui sont coupables de crimes de toutes sortes : crimes de masse, crimes économiques, etc.

Et c'est donc dans ce contexte d'impunité qu'un homme habitué à s'affranchir de la loi, s'illustre encore comme un indécrottable rebelle parce qu'il n'arrive pas à se couler dans le moule du législateur qu'il est devenu par la force des armes et par la volonté de son mentor Ouattara, sans remplir les conditions pour le poste de président de l'assemblée Nationale.

Alors qu'il était " invité " à répondre en tant que témoin assisté aux questions d'une juge française dans une affaire d'enlèvement, de séquestration et de mauvais traitements infligés à Michel Gbagbo, il s'est dérobé avec l'aide de Ouattara qui a volé à son secours en affretant un avion spécial pour lui éviter de se retrouver nez à nez avec des policiers munis d'un mandat d'amener. La dictature a donc protégé un criminel alors que la démocratie le poursuit.

Il n'y a cependant rien d'étonnant à cela car Ouattara lui-même et tous ceux qui travaillent avec lui craignent la justice, qu'ils réservent pourtant aux autres, comme un chat échaudé craint l'eau froide.

Déjà hier, Beugre Mambe, pris la main dans le sac alors qu'il avait tenté de modifier la liste électorale, et Djedje Mady qui avait appelé à " s'opposer par tous les moyens " à une décision du président Gbagbo, avec des conséquences dramatiques, n'avaient pas daigné se présenter devant la justice alors qu'ils avaient été convoqués. Sans conséquences puisqu'il fallait aller à la paix.

Peut - être est -ce cela qui a fini par faire croire à ces réfractaires à la loi qu'ils pouvaient braver la justice en tous temps et en tous lieux, même en France où il existe encore des juges jaloux de leur indépendance ?

Guillaume Soro vient en tout cas
de l'apprendre à ses dépens pour avoir rusé avec une juge qui voulait simplement l'entendre. Pris de peur d'être rattrapé par la loi, il a rapidement quitté la France, il a fui, mais face à la justice, on ne se sauve pas en fuyant parce qu'elle finit toujours par rattraper le criminel.

Guillaume Soro, cet homme, dont la conscience est chargée de crimes dont il a imprudemment avoué certains lors de conversations téléphoniques , devra répondre de ses actes devant la justice.

CET HOMME DOIT ÊTRE JUGÉ.

Alexis Gnagno
Mardi 15 Décembre 2015
Ladépêched'Abidjan

00:32 Écrit par Shlomit | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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