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19/05/2015

Définition du néo-colonialisme par Nkrumah Kwamé

Quelques extraits du livre de  Nkrumah Kwamé, Le néo-colonialisme : dernier stade de l’impérialisme, Paris, Présence Africaine, 1973, 269 pages.

Le néo-colonialisme aujourd’hui représente l’impérialisme à son stade final, peut-être le plus dangereux. (...) L’essence du néocolonialisme, c’est que l’État qui y est assujetti est théoriquement indépendant, possède tous les insignes de la souveraineté sur le plan international. Mais en réalité, son économie, et par conséquent sa politique, sont manipulées de l’extérieur. Cette manipulation peut revêtir des aspects divers. Par exemples, dans un cas extrême, les troupes de la puissance impériale peuvent être stationnées sur le territoire de l’État néo-colonial et en contrôler le gouvernement. Plus fréquemment pourtant le contrôle est exercé par des moyens économiques ou monétaires. L’État néo-colonial peut-être obligé d’acheter les produits manufacturés de la puissance impérialiste à l’exclusion des produits concurrents venus d’ailleurs.» p. 9

«La lutte contre le néo-colonialisme n’a pas pour but d’interdire des capitaux des pays développés dans les pays qui le sont moins, mais d’empêcher l’utilisation de la puissance financière des nations industrielles à l’appauvrissement des nations moins développées. Le néo-colonialisme est aussi la pire forme de l’impérialisme. Pour ceux qui le pratiquent, il signifie le pouvoir sans la responsabilité et, pour ceux qui le subissent, l’exploitation sans contreparties.» pp. 10-11

« Le néo-colonialisme, comme le colonialisme avant lui, est une tentative d’exploitation des conflits sociaux des pays capitalistes. Le succès temporaire de cette politique apparaît dans l’élargissement de l’écart entre les nations riches et les nations pauvres du globe. Mais les contradictions internes et les conflits du néo-colonialisme sont la preuve qu’il ne pourra pas demeurer une politique mondiale permanente. Comment en amener la fin ? Voilà le problème que devraient étudier par-dessus tout les nations développées du monde parce qu’elles subiront le contre coup de son échec ultime. Plus il continuera, plus il est clair que son effondrement final détruira le système social dont il est le fondement. » pp. 11-12

«Le système du néo-colonialisme a donc été institué et, à court terme, il a admirablement servi les puissances développés. C’est à long terme que ses conséquences peuvent être pour elles catastrophiques. » p. 13

Tiré de
Nkrumah Kwamé, Le néo-colonialisme : dernier stade de l’impérialisme,
Paris, Présence Africaine, 1973, 269 p.

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«Le fait est qu’on ne peut libérer un peuple qui se pense et se décrit libre. Et notre peuple a tellement vécu dans des chaînes qu'il ne sent même plus le poids de ses fers. Il se prétend libre lorsqu'il croule sous les charges du colonialisme le plus violent et le plus pilleur. On ne peut rien faire face à une majorité d’africains prêts à être contre l’anticolonialisme et à proclamer que l'Afrique ne subit rien de la part du monde extérieur. En vertu d'ailleurs de cette conviction, des africains sont capables de haïr à mort les leurs qui essaient de leur ouvrir les yeux sur la réalité du monde. C’est-à-dire que dans cette institution d’inversion de responsabilités installée par le colonialisme, les africains prennent effectivement leurs ennemis pour leurs plus fidèles amis et leurs seuls amis, leurs pires ennemis.
Que faire si une large part de nous-mêmes n'a pas encore compris où se situe notre devoir et comment notre intérêt vital exige d'organiser à partir de nous-mêmes dans un esprit d'ensemble les moyens de résolution de nos difficultés pour la plupart nées de la rencontre de l'Afrique avec le monde extérieur? Autant, il n'y pas de créations sans créateurs, autant il n'y a pas de libération sans libérateurs. A nos enfants, nous dirons donc ceci : nous avons essayé de vous laisser une autre Afrique, une voie en dehors de celle imposée par le colonialisme, nous avons essayé de ne pas vous laisser en héritage le statut de peuple à terre.
Hélas ! Nous avons été férocement combattus par beaucoup de nos propres frères et sœurs. Ces derniers se sont opposés à nous plus que les maîtres dont ils sont l’émanation et donc des alliés objectifs. Et en matière de combat d’un peuple, il n’y a pas plus redoutables adversaires que ses propres congénères. C’est ainsi que nous avons dû faire face simultanément à deux fronts : celui de notre propre peuple et celui des loups du monde extérieur. Un front solidement uni par les liens de sujétion, de fascination voire de subjugation que les dominateurs ont exercé et exercent sur la partie la plus arriérée et la plus aliénée de notre peuple. »

Komla Kpogli, Leader du Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l'Afrique (MOLTRA)communiqué par Lavane Murphy

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