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09/11/2014

la Côte d'Ivoire des Droits de l'Homme bafoués

TEMOIGNAGE D’UN SURVIVANT DE LA RECOLONISATION DE LA CÔTE D’IVOIRE PAR REBELLES INTERPOSES :

Alassane Cissoko* est un jeune ivoirien de 27ans qui a dû fuir son pays après avoir été torturé par les rebelles armés de OUATTARA.
Militant du FPI depuis tout jeune, il a battu campagne en 2010 pour Laurent GBAGBO à ABOBO et YOPOUGON à l’appel du Gouverneur de district. Après le deuxième tour des élections du 28 novembre 2010 et la crise postélectorale, la tension était à son comble surtout dans le quartier où il résidait avec sa femme (mariage coutumier).
Courant janvier 2011, un groupe de 50 jeunes du quartier sont venus le trouver chez lui à ABOBO à 5h du matin. Ils l’accusaient de soutenir GBAGBO alors qu’il portait le nom d’Alassane. Ils ont pillé et saccagé sa maison, emportant tout sur leur passage y compris le véhicule de fonction de son petit commerce de lavage auto et tous ses papiers. Ils s’en sont pris à sa femme qu’ils ont violemment frappée au front, déshabillée et promenée nue dans la rue. Quant à lui, ils ont également commencé à le frapper dans sa maison, puis l’ont tailladé à coups de couteaux et de tessons de bouteille. Les coups pleuvaient tellement qu’Alassane ne se souvient même plus très bien dans quel ordre il les a reçus. Entre deux tailladages à la lame (cou, front, aine gauches, poignet, intérieur du coude droits), les coups pleuvaient (ils avaient dépieuté des chaises et des tables et s’amusaient à le frapper à tour de rôle avec les bois). Il a senti son nez se casser sous la violence des coups. Il ne pouvait plus respirer par le nez et se sentait proche de défaillir. A un moment, ils l’ont emmené dehors et ont continué à le torturer publiquement en l’insultant copieusement. Des rebelles en armes se sont joints au groupe et l’ont fait asseoir dans une marmite d’huile bouillante (huile de friture pour beignets). Après cela ils l’ont encore fait asseoir et ont continué à le frapper avec des ceinturons.
Une vieille femme est venue les supplier de l’épargner, leur demandant pardon, de ne pas le tuer. A un moment, ils ont saisi un câble d’électricité et lui ont mis les mains dedans. Il a commencé à trembler de tous ses membres secoué par les décharges électriques. C’est là qu’ils ont repris leur bois en lui tapant violemment dessus et qu’il a senti un os se briser dans sa main droite… C’est ce coup qui lui a fait lâcher le câble électrique et lui a peut-être sauvé la vie. De douleur, il a alors sombré dans l’inconscience et s’est retrouvé le lendemain soir à ADJAME chez ses beaux-parents. Il apprendra qu’on l’avait conduit la veille à l’hôpital pour lui prodiguer les premiers soins. Des amis et parents l’ont aidé à se soigner. Le pays était sous tension. Ca tirait de partout. Il a trouvé refuge dans une Eglise d’ABIDJAN. Après la chute de GBAGBO, il est rentré dans son village près de BONDOUKOU où personne ne le connaissait jusqu’à début juin 2014. Il vit depuis en exil loin des soins et hanté par les tortures subies. Ses brûlures le font toujours souffrir près de 4 ans après les faits et il est souvent pris de violents maux de têtes sans aucune prise en charge médicale.

*Pour des raisons de sécurité, son nom a été modifié en attendant que sa situation administrative se clarifie.
Christine Tibala

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