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22/04/2011

Où l'on reparle des "400 millions"

Monsieur Dov Zerah nous affirme sans sourciller que la Chine, le Brésil et l'Inde sont bienvenus sur le marché africain. Or quand on sait que l'une des principales raisons de l'acharnement de Sarkozy contre SEM Laurent Gbagbo tient précisément à la volonté de ce dernier d'arrimer l'économie ivoirienne au BRIC(S), on reste dubitatif. Quant aux 4OO millions d’euros, voir ici. "Puissiez-vous dire vrai, altesse ! Seul l'avenir nous l'appendra", comme aurait dit Tintin (dernière p. des Cigares du Pharaon). Malheureusement, Il n'y a aucun doute sur le fait que l'infâme Rastapopoulos est toujours en vie, et mieux portant que jamais…

 

Dov Zerah.jpgInterview de Dov Zerah (Directeur Général de l’Agence Française de Développement) :

« La France va aider la Côte d’Ivoire à payer ses arriérés et créer des emplois »

 

Le Mandat-19/4/2011

 

La reconstruction post-crise de la Côte d’Ivoire intéresse, et est une préoccupation majeure pour la France. La preuve, l’Agence Française de Développement (AFD) vient de faire un prêt important de 400 millions d’Euro à l’État ivoirien (). Cette somme selon Dov Zerah DG l’AFD servira à éponger les arriérés et créer des emplois d’intensités collectives.

 

Dov Zerah, bonjour ! 400 millions d’Euro pour la Côte d’Ivoire, c’est une somme importante. Pourquoi un tel effort ?

 

C’est un prêt pour permettre à la Côte d’Ivoire de réintégrer le plus rapidement possible la communauté financière internationale et de faire en sorte d’éviter toute récession économique.

 

C’est un prêt sur des secteurs prioritaires ?

 

Tout à fait ! Et plus particulièrement dans le règlement d’un certain nombre d’arriérés vis-à-vis des fonctionnaires, des sociétés d’électricité ou d’eau qui devrait permettre donc de redémarrer l’alimentation en eau et en électricité.

 

Donc les fonctionnaires ivoiriens vont toucher leurs salaires dans les semaines qui viennent, c’est ça que voulez dire ?

 

Tout à fait, les salaires qui n’ont pas été payés au cours des dernières semaines. Il y aura aussi une partie vis à vis des bailleurs de fonds qui sera faite en accord total, notamment avec la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement. Il y a également un volet important de ce prêt, c’est-à-dire que nous allons aider financièrement la Côte d’Ivoire, au moins momentanément à développer des emplois d’intensités collectives, c’est-à-dire qu’il y a des travaux de d’urgence à faire en termes de ramassage des ordures de nettoyage de la voierie, de remise à niveau d’équipements collectifs, à Abidjan principalement, mais également dans les villes de l’intérieur du pays. Donc le gouvernement va embaucher un certain nombre de personnes pour apporter une amélioration aussi rapide que possible de l’environnement quotidien des citoyens ivoiriens.

 

La France fait un effort, mais est-ce qu’elle n’est pas isolée dans une telle action ?

 

Non, La France est précurseur. Ce que nous faisons, nous le faisons en liaison étroite totale. D’ailleurs, Madame Lagarde, ministre de l’Economie et la direction du Trésor, ont à Washington, des discussions avec le Fonds monétaire international pour faire en sorte que les choses aillent aussi vite que possible. Mais, il était important que nous, nous marquions notre solidarité et que nous accompagnions les nouvelles autorités ivoiriennes à essayer d’améliorer le quotidien des gens.

 

Depuis deux mois, les exportations du cacao sont bloquées, les banques d’Abidjan sont en rideau. Combien de temps faudra-t-il pour remettre la machine en route ?

 

Pour vous donner un exemple précis, dans deux jours des bateaux embarqueront de nouvelles quantités d’ananas, de bananes qui sortirons de la Côte d’Ivoire. Les flux d’exportations sont en train de reprendre incessamment sous peu et pour ce qui concerne la réouverture des banques, ça devrait se faire assez rapidement et bien entendu cela est nécessaire pour pouvoir apurer les arriérés. C’est essentiel, parce que nous prêtons de l’argent à la Côte d’Ivoire et pour que le trésor ivoirien puisse décaisser, il faut qu’il y ait un secteur bancaire qui se remette à fonctionner.

 

Quand la France soutient financièrement la Côte d’Ivoire, est-ce qu’elle attend en retour de nouveaux marchés pour ses entreprises ?

 

Non, c’est un cas particulier. Nous faisons un prêt pour apurer des arriérés, financer des emplois d’intensité de mains d’œuvre. Il n’y a pas d’entreprises françaises derrière ces projets et ces financements

 

La semaine dernière, à l’Assemblée Nationale, un député français disait : il ne faudrait pas que la France produise tout ces efforts, pour se faire ensuite chasser de Côte d’voire par les Chinois ?

 

Ce qui est important, c’est de savoir qu’aujourd’hui, il y a 850 millions d’habitants en Afrique Subsaharienne. En 2050 il y aura 1 milliard 800 millions d’habitants. Nous devons impérativement réussir le développement économique de l’Afrique Subsaharienne. C’est bien parti depuis cinq ou six ans avec des croissances en moyenne de 5% par an, bien entendu, il y a des disparités selon les régions. Mais dans ce contexte là, tout le monde est le bienvenu. C’est les Chinois, les Brésiliens, les Indiens et autres. Nous ne serons pas suffisamment nombreux pour accompagner le développement économique de l’Afrique Subsaharienne comme en Côte d’Ivoire.

 

Les engagements de l’AFD représentent 6 milliards d’Euro par an. Quelle est la part pour l’Afrique Subsaharienne ?

 

Parmi les milliards à destination des États étrangers, l’Afrique Subsaharienne représente un peu plus d’un tiers d’entre eux. Entre 37 et 40%, c’est-à-dire 2,2 milliards ou 2,3 milliards d’Euro selon les années. C’est un pourcentage qui va progresser et sur lequel il nous a été demandé de concentrer les éléments de subvention, de dons et de bonification d’intérêts de nos prêts.

 

Retranscrite par Jérôme N’dri

 

Dov Zerah, directeur général de l’Agence française de développement (AFD)
(05:20)
ivorian.net

16:18 Écrit par Shlomit dans aide au développement, Forfaiture, France, pillage des ressources | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

morte, l'illusion

Aide au développement : dispositif financier et économique décliné en montages complexes, permettant d’instaurer une dépendance totale et irréversible entre les généreux donateurs et leurs assistés, tout en veillant à ce que la courbe statistique d'élévation du niveau de vie entretienne l'illusion de l'efficacité structurelle du système. En réalité, le même principe s'applique aux dirigeants et aux peuples qu'ils gouvernent : il s'agit d'acheter les premiers à prix d'or, pour qu'ils consentent à superviser la distribution des cacahuètes fournies en prime à l’intention des seconds.
Résultat : côté assistés, les fortunes augmentent, les cacahuètes grossissent; côté donateurs, les ressources affluent, les profits explosent.
Tout le monde est content.

Pour mémoire : il y a presque un an, Dov Zerah à la tête de l'AFD

AFD.jpgIl est à craindre que la "bonne nouvelle", évoquée fin mai 2010, ne se mue aujourd'hui en catastrophe pour la Côte d’Ivoire : une Côte d'Ivoire meurtrie, défigurée à force de machinations mafioso-barbouzardes, et dont la reconstruction –avec son cortège de combines, intrigues et autres manœuvres proportionnelles à la taille des profits escomptés- figure déjà –"hélas", serait-on tenté d’ajouter, le pompier pyromane se révélant difficilement crédible- en tête de liste des dossiers prioritaires de l’Agence

 

Bonne nouvelle: Dov Zerah quitte le consistoire israélite de Paris !

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01:34 Écrit par Shlomit dans aide au développement, Forfaiture, France, pillage des ressources | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |